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Absolument rien

— Votre profession ou vos occupations ?

— Je fais valoir mes terres. Je suis ce que nous appelons un fermier gentilhomme. Je passe l’hiver dans mes terres, à m’occuper des fermages, à visiter les voisins, à chasser toute espèce de gibier, surtout le renard. En un mot, je mène une vie très-active, très-accidentée. Au mois de mars, je rentre à Londres, où je passe une partie de la saison, et de là je vais à quelque bain de mer ou à une station thermale.

— Veuillez, maintenant, me dire quels sont les maladies ou accidents que vous avez éprouvés, depuis combien de temps vous êtes malade, et racontez-moi ensuite succinctement ja marche de votre diabète, puisque telle est la maladie que vous ayez déclarée au bureau, et que nous admettons jusqu’à plus ample informé.

presque continuel pendant quinze jours. Puis, il passa l’hiver sans tousser, sans cracher. Fin avril seulement, retour de la toux, avec expectoration facile et sans trace de sang.

Second voyage au Mont-Dore, le 11 juin 1878 : forces revenues, appétit bon, sommeil normal. Il se sent de la vie. Examen de la poitrine : Sommet gauche, en avant, matité, gros râles muqueux au niveau de la clavicule ; en arrière, matité, respiration comme gênée, faible, accompagnée de gémissements bronchiques dans le tiers supérieur du poumon, et de râles muqueux modérés dans les deux tiers inférieurs. — ■ Sommet droit, en avant, sonorité bonne, respiration sèche, avec quelques sibilances ; en arrière, rien de notable.

Après un traitement thermal semblable à celui de l’année précédente, M. B... quitta le Mont-Dore offrant un état général excellent et une diminution marquée des signes locaux. Voici ce qu’il m’écrivait le 20 février 1879 : « A mon départ du Mont-Dore, le 2 juillet 1878, je suis allé a Paris, où, pendant trois jours, j’ai beaucoup marché et me suis beaucoup fatigué ; mais en vrai provincial, je voulais tout voir. Le temps était mauvais, et c’est par la pluie et le vent que, peu prudent, je circulais. Aussi, à mon arrivée chez moi, la toux était forte et fatigante, et les crachats abondants. Cet état, qui néanmoins s’améliorait chaque jour, a duré jusqu’en décembre. Cependant la santé générale était bonne, l’appétit et le sommeil grandement suffisants. En novembre, j’ai pris pendant vingt jours de l'eau du Mont-Dore ; et, en décembre, malgré les grands froids et les mauvais temps, la toux a presque cessé et les crachats sont devenus moins abondants et d’une expectoration facile. Cet état continue depuis. Le malin et le soir, je crache encore, mais mon état général est excellent. J’ai de la vie, l’appétit et le sommeil sont parfaits ; je sors de tous les temps, mais jamais le soir. Les crachats purulents, que j’avais tous les matins, ont cessé il y a une quinzaine de jçurs, et de plus, je dors sur le côté gauche, ce que je n’avais pu faire depuis longtemps. En résumé, je ne tousse pas ou du moins très-peu; je crache surtout le matin et le soir; mon état général est parfait, et à part l’obligation dans laquelle je crois être de ne pas sortir le soir, je vis comme tous le monde, sans aucune préoccupation sur ma santé.

« J’ai prié mon frère (médecin) de m’ausculter; voici la copie de la note qu’il m’a laissée : Léger gargouillement sous la clavicule gauche, presque sous le bord externe du grand pectoral, dans une étendue de la largeur d’une pièce de 2 francs. En arrière, bruit de souffle à l’angle supérieur de l’omoplate, inspiration un peu rude dans cette partie. Partout ailleurs, ainsi qu’à droite, la respiration est souple. Les crachats purulents ont cessé il y a environ quinze jours ; ils sont aujourd’hui complètement muqueux, »

Il y a loin du malade accablé par une longue souffrance, condamné par ses médecins, menacé de succomber pendant le trajet de sa ville natale au Mont-Dore, cloué sur le grabat par la destruction de ses forces, à l’homme vaillant qui circule dans Paris par le vent et la pluie, qui, dans son pays, sort par tous les temps et vit

Je tâchai de répondre avec le plus de précision possible aux questions que me posait le médecin résident. Connaissant, grâce à mon ami le docteur P..., l’importance que cela avait au point de vue de l’origine de ma maladie, je ne manquai pas de signaler ma chute de cheval à l’âge de 15 ans.

— Très-bien, dit alors mon enquêteur : ainsi, nous avons dans les commémoratifs une chute héréditaire, particularité très-intéressante pour la question étiologique.

Ensuite, je me crus obligé de lui parler des divers traitements que j’avais suivis jusqu’à ce jour ; mais il m’arrêta tout de suite.

— Ces détails sont tout à fait inutiles pour moi : je n’ai pas à m’occuper de cette partie de votre observation, cela regarde mon collègue en thérapeutique, qui viendra à son tour faire son enquête à ce point de vue.

— 11 me reste enfin, ajoutai-je, à vous dire quel est mon état actuel.

— Cela ne me regarde pas non plus: un autre de mes collègues viendra examiner l’état de

vos principales fonctions, la circulation, la respiration, l’innervation, etc. Chaque partie d’une enquête sur un malade exigeant des études très-approfondies, le seul moyen d’arriver à un résultat aussi favorable au progrès de la science qu’à l’intérêt de nos clients, c’est de le faire diriger par un ensemble de spécialistes qui .

— Je comprends parfaitement, Monsieur, interrompis-je, — car ce jeune pédant commençait à m’agacer, — c’est le principe de la division du travail.

Vous l’avez très-bien dit,, c’est le principe de la division du travail. Si, au lieu d’être dans notre Institut, vous vous trouviez en ce moment à Londres, désireux d’avoir l’avis d’une de vos so>nmités médicales, vous iriez trouver tout naturellement le docteur Cull ou le docr

de la vie commune. Ici encore, nous avons eu le spectacle d’une tuberculose devenue aiguë, profondément diathésique, avec état général des plus graves. Et, chose remarquable, la première visite du malade au Mont-Dore date déjà du 7 juillet 1877, c’est-à-dire d’un an et demi! Combien il importe que ce malade intéressant ne commette pas d’imprudences!

( A suivre dans un prochain numéro .)

ACADÉMIES, ET SOCIÉTÉS SAVANTES

Séance du l»'r avril 1879,— Présidence de M. Richet.

La, correspondance non officielle comprend :

1° Un pli cacheté adressé par M. le docteur Pierre Thomas et contenant la description d’une méthode mixte d’embryotomie par le crochet de Braün et la ficelle-scie de M. Thomas. (Accepté.)

2° Une lettre de M. de Masquart, sériciculteur à Nîmes (Gard), dans laquelle l’auteur proteste contre les affirmations de M. Pasteur, relativement à l’extinction, par son procédé, de la maladie des vers à soie dans le Gard et les autres départements séricicoles.

3° Une lettre de M. Boëns, accompagnant l’envoi d’une brochure intitulée : Des plaies engénéral, pansements et soins divers.

M. Bergeron offre en hommage à l’Académie, de la part de M. le docteur Proust, membre du Comité consultatif d’hygiène de France, son Rapport général sur les travaux des Conseils d’hygi'ene des départements.

M. Pasteur demande à répondre quelques mots, à la lettre adressée à l’Académie par M. de Masquard, sériciculteur à Nîmes, relativement à la maladie des vers à soie. Dans cette lettre, M. de Masquard affirme que la maladie des vers à soie est loin d’avoir disparu dans le Gard ni dans les autres départements sériGicoles. M. Pasteur dit qu’il se trouve un peu embarrassé pour répondre à M. de Masquard, qui, par une espèce de parti pris, ne cesse d’envoyer, à toutes les Société; savantes dont M. Pasteur fait partie, des notes destinées à combattre ses doctrines sur les maladies des vers à soie.

Ce que l’on désigne sous la dénomination générale de maladie des vers a soie comprend, en somme, deux maladies très-distinctes : 1° la maladie des corpuscules, ou pèbrine; 2° la fla—

— Nous en avons bien d’autres, Monsieur; nous avons George Johnson, Murchison, Pavy, Wilson Fox, Reynolds, etc., etc., que je vous cite au hasard au milieu d’une vingtaine ou une trentaine de célébrités que je pourrais vous énumérer.

— Parfaitement; mais ce à quoi je veux arriver, c’est que, si. vous alliez consulter une de ces célébrités, comme vous dites, vous obtiendriez à peine une demi-heure ou trois quarts d’heure au plus de conférence, et encore ce ne serait que d’une seule personne. Tandis que, dans notre Institut, vous êtes examiné avec le soin le plus scrupuleux par trois ou quatre médecins successivement, chacun ayant son domaine distinct et limité, et de la plus grande compétence dans sa spécialité. Vous comprenez donc qu’on parvienne, en procédant de la sorte, à réunir sur un cas donné la plus grande quantité de lumière possible, à laquelle vient ensuite se joindre l'expérience consommée de notre maître à tous, le célèbre professeur Von Humbug. En définitive, je crois pouvoir conclure, pour ce qui me concerne, que nous avons affaire à un diabète traumatico-hépatico-nervoso-diathésique, sous réserve des faits que révélera la suite de l’enquête, et sous réserve également de l’appréciation du directeur.

Là-dessus, le médecin me quitta en me prévenant, après avoir consulté sà montre, qu’il était trop tard pour que ses collègues pussent continuer mon examen.

Cet interrogatoire, dont je n’ai rapporté que quelques mots, avait en effet duré deux heures ; il est vrai que le médecin sténographiait toutes mes réponses, et de temps en temps me relisait ce qu’il avait écrit, absolument comme le coroner, dans son enquête, relit pour savoir si on persiste dan3 sa déposition. Bref, l’heure du dîner n’était pas loin; d’ailleurs, je n’étais pas fâché que l’instruction de mon cas subît un temps d’arrêt et que la suite en 'lût remise au lendemain, attendu que ces façons de procéder, toutes nouvelles pour moi, m’avaient un peu fatigué plus encore moralement que physiquement. Cela tenait-il à ce que je n’avais

cherie. Or, la première a certainement et complètement disparu citez tous les éducateurs qui ont suivi ponctuellement les conseils de M. Pasteur relativement à l’examen et au choix de* la graine, et qui ont eu la précaution d’élaguer toute graine provenant de papillons atteints de corpuscules.

Quant à la flacherie, les idées de M. Pasteur sur ce point ont soulevé tant de contradictions, que les éducateurs, troublés par ces contradictions, n’ont pas su prendre avec assez de résolution les mesures indiquées par M. Pasteur dans son livre. De là, suivant M. Pasteur, la persistance de la maladie, qui ne cessera que lorsque les éducateurs, mieux éclairés, seront revenus aux vrais principes.

M. Poggiale, au nom de la commission des eaux minérales, donne lecture d’une série de rapports sur des demandes en autorisation d’exploiter de nouvelles sources minérales pour l’usage médical. Les conclusions de ces rapports sont adoptées sans discussion.

M. le docteur Féréol, médecin de l’hôpital Lariboisière, lit un travail intitulé : Bons effets du sulfate de cuivre ammoniacal contre la névralgie de la cinquième paire ( tic douloureux ).

M. Féréol ayant plusieurs fois rencontré des névralgies de la cinquième paire qui, après avoir résisté à une foule de moyens, ont rapidement et plus ou moins complètement disparu après l’administration du sulfate de cuivre ammoniacal, a cru qu’il était permis d’attirer l’attention de l’Académie et des médecins sur un médicament un peu trop oublié et capable de rendre des services dans la pratique.

M. Féréol a essayé une première fois ce médicament sur un homme de 32 ans, vigoureux, ayant depuis deux mois des crises atroces et tellement multipliées que c’est à peine si , dans certains jours, elles étaient séparées par quelques minutes d’intervalle. L’insomnie était absolue. Le malade s’était fait arracher six dents de la mâchoire supérieure, plus ou moins saines. On essaya successivement le sulfate de quinine, le bromure de potassium, le çhloral, le nitrate d’aconitine de Duquesnel, qui fut porté de U à 16 granules, c’est-à-dire de 1 à h milligrammes par jour; la teinture de gelsemium, de 5 millimètres cubes à 8 centimètres cubes par jour; les vésicatoires morphinés; les injections hypodermiques de morphine; les, granules de dioscoride, etc., tous ces médicaments n’eurent que peu ou point d’effets.

C’est alors que M. Féréol essaya le sulfate de cuivre ammoniacal. Dès le premier jour, l’amélioration fut considérable, et, le second, le malade dormit toute la nuit, ce qui ne lui était pas arrivé depuis deux mois. Le médicament fut continué dix jours, et quand le ma.lade quitta l’hôpital, il n’avait pas. eu de crises depuis quatre jours, et se trouvait guéri. Malheureusement il n’a pas été revu depuis, malgré les recommandations que lui avait faites M. Féréol.

Chez un jeune homme vigoureux, non alcoolique, atteint depuis quelques jours de névralgie

pas dormi la nuit précédente passée en chemin de fer, mais je me sentais nerveux, agacé, énervé. Enfin, j’en avais assez pour l’instant : il me semblait qu’on s’occupait beaucoup trop de moi.

Voilà bien l’inconstance des malades ; la veille, ou l’avant-veille, je trouvais que le docteur Iradio en agissait peut-être un peu légèrement avec moi, qu’il mettait dans sa manière de me traiter un peu trop de faritaisie; j’étais avide de sérieux, de science positive, et maintenant il me semblait qu’on m’en accablait. Mais, je le répète, j’étais dans de mauvaises dispositions physiques pour le moment; aussi, je n’attachai pas plus d’importance qu’il ne fallait à ma mauvaise humeur, et je pris la bonne résolution de montrer plus de patience, et aussi plus de suite dans les idées. Là-dessus, la cloche du dîner appelant les pensionnaires, je me rendis à la salle à manger, tout disposé à faire bonne contenance.

(A suivre.) Traduit de C anglais par le docteur XXX .

— La Société française de tempérance a tenu sa séance solennelle le 30 mars, sous là présidence de M. le professeur Bouillaud, membre de l’Institut.

Après avoir entendu une allocution chaleureuse de M. Bouillaud, le rapport sur la situation morale et financière de l’œuvre, par M. Lunier, secrétaire général, ceux de MM. Dujardin- Beaumetz et Edmond Bertrand sur le concours de 1879, et le rapport de M. Riant sur les r®‘ ®njPenses» la Société a décerné : à M. Metman, un prix de 1,500 fr. ; à M. bâiller,’ une médaille d’argent et une récompense de 300 fr.; à M. Schœlhammer, une médaille de vermeil; a M. François Lemaire, une médaille d’argent. La Société a décerné en outre 81 diplômes d onneur, 23 médailles d’argent, 360 médailles de bronze et U7 livrets de caisse d’épargne de 25 francs.

sus-orbilaire à frigore , se produisant chaque matin pour cesser à midi, une application de sangsues, un vésicatoire, le sulfate de quinine à la dose de 1 gram. 50 avaient été impuissants. Le sulfate de cuivre ammoniacal en potion, à la dose de 0,10, puis de 0,15 centig. par jour, amena, dès le premier jour, un apaisement considérable de la douleur, et, le second jour, le malade se disait guéri. La médication fut continuée encore . une semaine, et la névralgie ne reparut pas.

Des effets analogues ont été observés par M. Féréol chez une dame de A3 ans, délicate et nerveuse, mais non hystérique, atteinte d’une hémicrânie droite persistante, mais sans vomissements ni fourmillements dans les membres ni de troubles cérébraux, éprouvant, en outre, des crises douloureuses atroces dans les nerfs de la cinquième paire, qui la rendaient comme folle, chez laquelle avaient été inutilement employés divers traitements, en province, et, à Paris, le sulfate et le bromhydrate de quinine, les pilules d’aconitine, le quinium de Moussette, les injections hypodermiques de morphine, etc. Semblables résultats ont été également obtenus chez un vieillard d’une soixantaine d’années, atteint depuis dix-huit mois au moins d’une névralgie horriblement douloureuse ayant son point de départ dans le rameau nasal de la cinquième paire du côté droit, et chez lequel la cautérisation avec le nitrate d’argent, la pommade au calomel, le bromure de potassium, le sulfate de quinine, les narcotiques, les injections hypodermiques de morphine, le nitrate d’aconitine, avaient été essayés inutilement. Malheureusement les résultats ne se sont pas maintenus, le malade ayant éprouvé des vomissements qui lui ont inspiré de la répugnance pour le sulfate de cuivre ammoniacal et qui lui ont fait abandonner la médication.

. Assurément, dit M. Féréol, ces faits sont encore trop peu nombreux pour entraîner une conviction absolue; ils en appellent d’autres et exigent de nouvelles recherches. Mais la plupart des observations citées plus haut concernent des névralgies très-anciennes, qui avaient atteint les proportions du tic douloureux épileptiforme et comportaient par conséquent un pronostic grave ; toutes avaient résisté à une série plus ou moins longue de médications; dans les l\ cas de M. Féréol, la sédation a été rapide; elle a été complète et: définitive lorsque les malades ont eu la patience et le courage de continuer la médication pendant une douzaine de jours au moins; elle a été temporaire lorsque le médicament a été abandonné trop tôt; dans un qas même, l’amélioration; suspendue après une interruption prématurée de la médication, est devenue définitive après la reprise immédiate et suffisamment prolongée du médicament. U est donc difficile de ne pas admettre l’efficacité du moyen employé. Les phénomènes congestifs qui accompagnent habituellement la névralgie de la cinquième paire ont été manifestement modifiés par la médication cuprique.

fia forme sous laquelle le, médicament a paru le mieux toléré par les malades est ia potion

formulée de la manière suivante :

Eau distillée. . . . . . .... 100 grammes.

Sirop de fleurs d’oranger ou de menthe. . 30 —

Sulfate de cuivre ammoniacal . ..... 0,10à:Ô,15Centigr.

A prendre dans les vingt-quatre, heures, en ayant soin de la donner surtout au moment des repas, afm de moins irriter la muqueuse stomacale.

Chez un malade, M. Féréol. a porté la dose de sulfate de cuivre, ammoniacal jusqu’à 60 centigrammes par jour, sans, autre inconvénient que quelques douleurs d’estomac et un peu de diarrhée. La dose moyenne est de 0,10 à 0,15 centigrammes, qu’il faut' continuer pendant dix, douze ou quinze jours environ; même après la disparition complète des douleurs.

Le travail de M. Féréol a été renvoyé à l’examen d’une commission composée de MM. Pidoux, Qulmont et Maurice Raynaud.

— A quatre heures un quart, l’Académie se réunit en comité secret pour entendre la lecture du rapport de M, Marc Sée, sur les titres des candidats à la place déclarée vacante dans la section d’anatomie et de physiologie.

SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE

Séance du 26 mars 1879. —Présidence de M. Tarnier.

Sommaire. — Suite de la discussion sur les pansements antiseptiques.

La discussion sur les pansements antiseptiques pendante devant la Société de chirurgie nous paraît toucher à son terme. Nous croyons que l’on a dit, pour ou contre la méthode antiseptique, et particulièrement pour ou contre le pansement de M. Lister, type ou modèle du genre, à peu près tout ce qu’il y avait à dire d’essentiel. Les futurs orateurs ne pourront guère que se répéter, La discussion générale semble absolument épuisée. Déjà on tombe dans

les discussions particulières ; déjà surgissent des débats, nous allions dire des combats singuliers, entre tel ou tel chirurgien, tel ou tel orateur : procès en revendication de priorité, entre M. Léon Le Fort et M. Trélat, relativement au principe de la réunion immédiate profonde des parties molles avec les os dans les Amputations des membres ; réfutations d’arguments, contestations de résultats statistiques, rectifications de chiffres, affirmations, négations, contradictions mutuelles et réciproques, voilà, en résumé, ce qui s’est passé dans la séance d’aujourd’hui, et voilà, très-probablement, pour ne pas dire certainement, ce qui se passera dans la séance prochaine.

Le procès en revendication de priorité qui avait commencé, vers la fin de la dernière séance, par une vive réclamation de M. Trélat contre un passage du discours de M. Léon Le Fort, s’est poursuivi, au commencement de celle-ci, par une lettre de M. Léon Le Fort adressée à M. le président Tarnier, et dont ce dernier a donné lecture. M. Léon Le Fort, empêché d’assister à la séance, écrit que, depuis mercredi dernier, il s’est livré à des recherches pour savoir au juste jusqu’à quel point serait fondée la réclamation de M. Trélat et que, vérification faite, il maintient absolument ses droits à la priorité de l’idée et de l’application du principe de la réunion immédiate profonde des parties molles avec les os. M. Trélat, qui n’était pas encore dans la sàlle au moment où M. le président Tarnier a donné lecture de là lettre de M. Le Fort, n’a pu prendre connaissance de cette lettre que dans le cours de la séance, et s’est réservé la parole pour répondre, mercredi prochain, à son contradicteur.

La plus grande partie de la séance a été remplie par un nouveau discours de M. Desprès, le plus terrible adversaire de la méthode antiseptique en général, et du pansement de Lister en particulier. M. Desprès a parlé abondamment, comme à son ordinaire, avec un esprit et une verve qui ont déridé plus d’une fois l’assistance. M. Desprès, dont les discours, marqués au coin d’une incontestable oraginalité, respirent une sorte d 'humour toute britannique, M. Desprès cependant n’aime pas les Anglais ni la chirurgie anglaise. Il est vrai qu’il n’aime pas davantage les Allemands ni la chirurgie allemande. Chirugien patriote et même quelque peu chauvin, il ne se fait pas prier pour dire que la chirurgie française peut se suffire à ellemême, et qu’elle n’a rien à envier ni à emprunter à la chirurgie étrangère. Il est scandalisé de voir l’accueil si flatteur que l’on fait en France aux idées et à la pratique des chirurgiens d’outre-Mànche ou d’outre-Rhin. M. Lister et son pansement ont, en particulier, le don de lui agacer les nerfs. Il décréterait volontiers l’établissement d’un cordon sanitaire contre ce produit d’importation anglaise qui, depuis quelques années, après avoir fait le tour du monde, envahit la France et y exerce les ravages d’une véritable épidémie antiseptique.

Il n’est pas jusqu’à l’exquise et minutieuse propreté du pansement de Lister qui n’excite la verve gauloise de M. Desprès et qu’il ne poursuive des traits mordants de sa raillerie. Dans ce nouveau discours, qu’il nous est impossible d’analyser et dont nous essayons simplement de donner une idée à nos lecteurs, M. Desprès a raconté que, à l’époque du dernier voyage de M. Lister à Paris, il invita le célèbre chirurgien anglais à venir visiter les salles de l’hôpital Cochin. M. Lister n’y vint pas et se, borna à envoyer un de ses élèves anglais sachant parler français. M. Desprès montra à ce jeune chirurgien divers malades de son service, en particulier un amputé dont la plaie était remarquablement belle. L’élève de M. Lister demanda naïvement si l’on n’avait pas fait chez ce malade le pansement phéniqué,.tant la plaie lui paraissait belle. Or, ce malade était précisément ifn de ceux sur lesquels M. Desprès fait ce qu’il appelle le pansement sale, pour montrer l’inanité de la théorie des vibrions de M. Pasteur et de l’application qu’en ont fait, dans la pratique, les partisans de la doctrine antiseptique.

M. Desprès conteste d’ailleurs absolument que les résultats statistiques obtenus, soit en Angleterre, soit en Allemagne, soit en France, par le pansement de M. Lister, soient supérieurs à ceux qu’il obtient lui-même sous le pansement ordinaire, voire sous le pansement sale. Delà comparaison qu’il établit entre la statistique intégrale de son service de l’hôpital Cochin et les statistiques de ses collègues, MM. Panas,- Guyon, Le Dentu, tous partisans du pansement de Lister, il résulterait même, suivant lui, que la palme de la victoire serait incontestablement pour le chirurgien de l’hôpital Cochin.

M. Desprès ne pense pas non plus que l’on doive attribuer au pansement de Lister le mérite d’avoir fait disparaître où du moins d’avoir beaucoup diminué les cas d’infection purulente dans les services de chirurgie. 11 croit que ces résultats heureux sont dus principalement à l’amélioration croissante des conditions hygiéniques des malades et des hôpitaux

depuis ces dernières années.

rpttpC°a 6S-le’ enfin’ possibilité de la vraie réunion immédiate sous le pansement de Lister, pnrns 4tumcm ^st toui?urs incomplète, à .cause de la présence du tube à drainage, véritable sous ur/te?661 introduit dans l’intérieur de la plaie. S’il est vrai que la cicatrisation des plaies, pansement, soit plus rapide, il ne l’est pas moins que cette cicatrisatiou hâtive, en

L’UNIOiN MÉÜ1CALK.

avance sur le travail de la réparation des tissus, expose, d’une part, les malades à des abcès sous la cicatrice et, d'autre part, ne permet pas l’application et l’usage immédiats des appareils prothétiques après la guérison des plaies d’amputation.

C’est à la fois une impossibilité et une erreur, suivant M. Desprès, de prétendre faire la réunion immédiate dans les cas de plaie avec perle de substance. En tout cas, on ne l’obtient jamais sous le pansement de Lister, pas plus qu’on ne préserve les malades ni de l’infection purulente, ni de l’érythème et de l’érysipèle.

M. Desprès termine en protestant, à son double titre de chirurgien et de Français, contre cet engouement pour les pansements antiseptiques, importation étrangère avec laquelle, suivant lui, on égare la chirurgie française.

M. Trélat, que M. Desprès avait mis en cause, ainsi que tous les autres membres de la Société de chirurgie qui se sont déclarés partisans du pansement de Lister, et à qui M. Desprès avait demandé une statistique des résultats qu’il avait obtenus par ce pansement, M. Trélat a répondu que sa pratique du pansement de Lister n’était pas assez longue pour fournir une statistique probante. D’ailleurs, suivant lui, ce sont moins les résultats statistiques que les caractères du processus du travail de cicatrisation et de réparation de la plaie qui donnent la valeur réelle d’un pansement.

Contrairement à l’opinion de M. Desprès, M. Trélat affirme que l’on obtient la réunion immédiate des plaies avec perte de substance, ét, pour sa part, il l’a obtenue dans une circonstance récente, sur une jeune fille qu’il a opérée d’une tumeur du sein. En quatre jours, la plaie, qui avait 10 centimètres d’étendue et avait nécessité l’application de onze points de suture, était complètement cicatrisée, sans avoir sécrété une goutte de pus. Or, ces faits de réunion primitive des plaies, exceptionnels, il faut le reconnaître, avec les pansements ordinaires, deviennent beaucoup plus fréquents, grâce au pansement antiseptique.

En terminant, M. Trélat dit qu’il répondra mercredi prochain à la lettre de M. Léon Le Fort relative à la question de priorité soulevée entre eux.

Dr A. Tartivel.

THÉRAPEUTIQUE

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