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ACTION DIURÉTIQUE DU CHLORAL DANS LES MALADIES DU COEUR

M. le docteur Bouyer (de la Creuse), dans une note adressée à I’Union médicale, attire l’attention des praticiens sur l’action diurétique du chlorql, action que Keyser (cité par G. Sêe) avait entrevue. Le docteur Bouyer avait, du reste, déjà signalé ce fait dans son mémoire sur l'emploi des préparations arsenicales dans le traitement des maladies du cœur (J. -B. Baillière, 1875). Il cite l’observation d?un malade atteint d’une affection aortique avec œdème des membres inférieurs et ascite. Cet œdème et cette ascite diminuèrent considérablement sous l’influence du chloral.

« Quand j’aurai, dit-il, à traiter des maladies cardiaques, l’emploi de la digitale continué longtemps me paraissant produire quelquefois des effels déprimants, j’établirai mon traitement comme suit : Arsenic le matin, digitale le soir pendant les quinze premiers jours; dans la seconde quinzaine, arsenic le matin, chloral le soir; ainsi de suite et alternativement. »

Traitement de l’acné rosacée. — Hébra.

L’acupüncture et le raclage à l’aide de la cuiller tranchante, qui produisent des résultats favorables dans le traitement du lupus, sont conseillés par le professeur Hébra, contre l’acné rosacea, quand elle a résisté aux autres moyens dirigés contre elle, et produit de véritables difformités. Avec l’aiguille et la cuiller, on arrive à détruire les vaisseaux dilatés qui serpentent dans l’épaisseur de la peau, et à aplatir les pustules. — N. G.

Ephéméridcs médicales. — 3 Avril 1809.

Le Publiciste rapporte un phénomène dont on cite peu d’exemples : Une femme de Sampigny (Meuse), éprouve, à l’âge de 53 ans, une dentition nouvelle ; trois molaires, deux canines et une incisive viennent de sortir. Ce fait , pour être rare, n’est pas sans exemples : Les Éphémérides des Curieux de la nature rapportent qu’un aveugle, en Bohême, âgé de 93 ans et privé de toutes ses dents, eut, à cet âge, une nouvelle dentition très-douloureuse.

La comtesse Esmonde, à près de 104 ans, eut une éruption de trois dents; et, dans l’espace de deux ans, ii poussa deux incisives et deux canines à un charpentier du port de Lorient, âgé de 80 ans, au rapport du médecin Dufay, témoin oculaire. — A. Ch.

COURRIER

Faculté dé médecIné de Lille. — Par un décret en daté du 13' mars 1879, M. Éelsch, docteur en médecine, a été nommé professeur d’anatomie pathologique et d’histologie à là Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille.

Faculté dé médecine de Montpellier. — Par un décret en date du 20 mars 1879, M. Cas tan* agrégé près la Faculté' de médecine de Montpellier, a été nommé professeur de pathologie interne à ladite Faculté.

ADMINISTRATION GÉNÉRALE DE L* ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS. — Lundi dernier, à Une

heure de l’après-midi, ont eu lieu, sous la présidence de M. Moring, directeur à l’Assistance publique, la distribution solennelle des prix aux élèves, des , hôpitaux civils (section de pharmacie),, et la proclamation des noms des internes reçus à la suite dés derniers, concours.

Les nouveaux titulaires, qui sont au nombre de soixante, entrent, en fonctions aujourd’hui mèmè,, 1", avril.,,

, Voici les noms des lauréats ;

Première division. — Prix : Médaille d’or. M. Guinochet (Louis-Joseph-Ëdmondj, interne de quatrième , apnée à l’Hôtel Dieu. — Accessit, médaille d’argent. M. Léger (Jean-Eugène), interne de quatrième année à la Charité.

Mention honorable : M. Jolivet (Gustave), interne de 3è année à Saint-Antoine,

Deuxième division. — Prix: Médaille d’argent. M. Morel (Jean-Baptiste-Louis-Josépb)', interne dé première année à l’Hôtel-Dieu. Accessit des livres. M. Lédiée (Emile- Jules), interne de deuxième année à l’hôpital de la Pitié.

Mentions honorables : Première, iM. Garnaud (Georges-Jules- Achille), interne de première année à F hôpital Saint-Antoine. — Deuxième, M. Schmidt (Jean-Frédéric-Edmond), interne de deuxième; année à Saint-Antoine.

La cérémonie a été terminée par la remise de médailles aux anciens internes.

— Le banquet mensuel de la Presse scientifique a eu lieu lundi dernier, chez Brébant. La réunion .était nombreuse et cordiale. Victor Meunier a proposé un toast, qui était bien en situation : Au secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences ! Ce toast demandait une explication. , De nos jours, dans la pensée de l’auteur de ce toast, la vraie Académie des sciences, c’est l’ensemble des hommes qui travaillent au progrès scientifique de l’humanité; et son secrétaire perpétuel, c’est la Presse scientifique! — Après le banquet, les convives ont assisté à un concert, qui avait été organisé avec beaucoup de goût. Ils ont entendu avec un grand plaisir, un baryton, qui a eu longtemps la faveur du public sur notre première scène lyrique, Bonnehée, dont la voix est toujours belle ; Prunet, ténor très-remarquable, et une charmante cantatrice, dont ils ont admiré la belle voix et le talent sympathique, M1Ie Marguerite Rey. M. Rey, oncle de la cantatrice et compositeur distingué, tenait le piano. Plusieurs de ses compositions ont été produites, et ont été très-bien accueillies. On a applaudi en particulier deux morceaux bien réussis, Le rat de Pille et le rat des champs, et La cigale et la fourmi, qui ont été admirablement chantés, le premier par Bonnehée, le second par MUc Rey. — Un jeune pianiste de talent et d’avenir, M. Tragoj a eu, lui aussi, un légitime succès.

Banquet annuel de l’intërnaï en médecine. — Le banquet annuel aura lieu, cette année, le samedi 19 avril, dans les salons du café Riche, rue Le Peletier, n° 1.

Le montant de la souscription, fixé à 16 francs, pourra être remis, dans les hôpitaux, à rintéme économe de la salle de garde, ou à l’un des commissaires du banquet ;

MM. Piogey, rue Saint-Georges, 24;

Bottentuit, boulevard Malesherbes, 19;

Emile Tillot, rue Fontaine-Saint-Georges, 42.

^ — M. le docteur Mallez a commencé ses cours de chirurgie des voies urinaires ( semestre d’été) le mardi 1er avril, à huit du soir, amphithéâtre n° 3 de l’École pratique. Il les continuera les jeudis et les mardis suivants, à la même heure.

. Le gérant, Richelot.

Paris. — TynagranlUe Félix M'Uteste et Ce, tue des Deux -PoTtés-Sàlnt-Sauveiir, 22.

L’UNION MÉDICALE Samedi 5 Avril 1879

CLINIQUE MÉDICALE

DGS CAS DANS LESQUELS IL CONTIENT DE GUÉBIR LES GOURMES (') i

Par le professeur Trousseau.

J’ai eu, dans mes salles de l’hôpital Necker, un jeune enfant qui, depuis plusieurs mois, était atteint d’un lichen peu grave et borné seulement à quelques points de la peau; un médecin conseilla l'application d’tm vésicatoire à demeure; peu de jours après, le bras où l’exutoire avait été mis se recouvrit d’une éruption eczémateuse qui bientôt envahissait presque tout le corps.

J’ai vu bien des enfants atteints de gourmes; j’ai ^ obéissant à la routine, à des théories même, appliqué des vésicatoires à demeure; j’ai eu souvent à m’en repentir, j’ai eu bien rarement à m’en louer.

Je proscrirais donc lès vésicatoires, dans le traitement des gourmes? Oui; en général. Non; dans les cas que je vais essayer de spécifier.

Je les proscris, quand le vésicatoire s’attaque aux gourmes cutanées.

Je les conseille, en général, quand le vésicatoire s’attaque aux gourmes des membranes muqueuses.

Je les proscris, dans le premier cas, parce que l'expérience m’a montré que, si les gourmes occupent un point de la peau, en général, le vésicatoire faisait une irritation de plus sans profit pour celle que l’on voulait détruire; tout au contraire.

Je les conseille, dans lé second cas, parce que l’expérience m’a prouvé que, fort souvent, une maladie de la peau de derrière les oreilles ou du cuir chevelu alternait avec une ophthalmie ou un coryza chronique, comme s’il y avait incompatibilité entre ces manifestations; dans ce cas, l’application d’un vésicatoire au bras est ordinairement utile, bien que, dans certaines circonstances, la dérivation ne veuille pas s’établir vers le point choisi par le médecin et qu’elle tende opiniâtrement vers la première voie qu’elle s'était habituée à suivre. Alors, tout en laissant le vésicatoire à demeure, il ne faut pas hésiter à appeler la fluxion là ou elle se fait le plus volontiers, et avec le plus d'avantage pour le malade.

Mais, si le vésicatoire èst utile dans les gourmes alternatives , — qu’on me per-

(1) Suite et fin. — Voir les numéros des 22, 25 février, 18 et 22 mars.

FEUILLETON

LÀ MÉDECINE DE PRÉCISION & l’institut polyclinique de artzburg-sür-l’ammer (1).

En entrant dans la salle à manger, je rèraarquai qu’elle était garnie de tables toutes de même grandeur et pouvant admettre chacune six personnes. Au-dessus de chaque table était accrochée une étiquette portant un norp de maladie, ce qui indiquait suffisamment que Chaque catégorie de malades avais une table spèciale. Je trouvai l’idée assez ingénieuse, et moi qui, à Londres, avait tant de fois constaté l’impossibilité de suivre sérieusement un régime particulier, je vis avec satisfaction qu’on devait avoir enfin résolu ce problème à l’Institut polyclinique. Je me trouvai, en effet, à table avec cinq diabétiques de nationalités assez diverses, car il y avait deux Allemands, un Autrichien, un Russe, un Américain, et, enfin, un Anglais représenté par moi.

La précision méticuleuse qui était un des caractères de l’établissement se traduisait dans tous les détails. On tenait évidemment à se rendre compte non-seulement de toutes les fonctions, mais même de détails que j’aurais cru tout à fait sans importance ; ainsi, je constatai qu’on trouvait moyen de savoir ce que chacun consommait, et cela de la façon suivante : Chaque pensionnaire, correspondant à un numéro d’ordre, avait une bouteille et une carafe à lui, l’une et l’autre graduées. Quant à la nourriture solide, comme on ne pouvait servir à la

(1) Suite. — Voir le dernier numéro.

mette cette expression peut-être peu correcte, — il n’en est plus de même si les gourmes qui envahissent les membranes muqueuses sont la propagation et non la compensation des gourmes cutanées.

Je m’explique. J’ai dit que l’on voyait assez souvent un eczéma impétigineux, par exemple, envahir graduellement, le front, les paupières, la conjonctive, le reste du visage, et pénétrer dans le nez; voilà ce que j’appelle xme propagation. Dans ce cas, le vésicatoire ne réussit pas; mais si l’ophthalmie remplace i’eczéma de la peau’ qui à son tour prend le dessus quand l’ophthalraie vient à cesser; ici, il y a alternance, compensation en quelque sorte; dans ce cas, le vésicatoire est généralement utile.

Mais s’il est utile dans ces gourmes à bascule passant ainsi de la peau à une membrane muqueuse voisine de la peau, le vésicatoire est impérieusement commandé par ces maladies des bronches et de l’intestin, qui se désignent par les dénominations de bronchite, d’entérite, ou de catarrhe pulmonaire ou intestinal, et qui, alternant avec des gourmes de la peau, sont véritablement les manifestations de la même diathèse, ce qu’un vrai pathologiste ne devrait jamais oublier.

Si l’opportunité des vésicatoires est une chose difficile à juger, celle des purgatifs ne l’est pas moins.

Les purgatifs ont, de tout temps, été considérés comme l'ancre de salut des enfants atteints de gourmes; et si, de nos jours, les idées de péril que l’école du Val-de-Grâce attachait aux agents capables de produire une fluxion sur la membrane muqueuse gastro-intestinale, ont pu prévaloir pendant quelque temps parmi les médecins, elles n’ont jamais pu entrer dans l’esprit du vulgaire, et encore aujourd’hui les parents nous parlent sans cesse de purgatifs soit pour traiter, soit pour prévenir les gourmes, soit pour garantir des accidents que leur disparition pourrait entraîner.

Une opinion si généralement accréditée peut, sans doute, n’avoir d’autre fondement que des théories médicales qui ont régné pendant plusieurs siècles ; aussi n’en ferai-je pas un argument en faveur des purgatifs; mais, en dehors des théories, il y a des faits qui parlent assez haut pour être facilement interprétés par les gens les plus étrangers à l’art de guérir.

Que, chez un enfant atteint de gourmes, il survienne une diarrhée un peu violente, le jour même on voit les gourmes pâlir, et bientôt, la diarrhée continuant, la fluxion inflammatoire dont elles étaient le siège disparaît, et la guérison s’effectue

portion comme dans un restaurant à prix fixe, on tenait note de ce qui était consommé par chaque table, et comme rien ne sortait de la cuisine sans être pesé et porté au crédit de chaque table, celte quantité divisée par six était considérée comme la moyenne de chaque malade. On avait soin d’ailleurs, paraît-il, — car je n’ai pas eu le temps de m’en assurer, — de tenir compte de la moyenne habituelle du déjeuner, pour corriger au besoin ce que la moyenne individuelle pouvait avoir de légèrement erroné pour le dîner. Pour le déjeuner, le calcul.de la npurrilure consommée était bien plus simple, car ce repas se prenait ■privalim, pour ipe. servir de leur expression. On n’avait, en effet, qu’à tenir note de ce qu’on apportait à chacun de nous dans sa chambre, et en défalquer ce qui n’était pas consommé.

Quant à la qualité de la nourriture, je n’ai pas besoin de dire qu’elle était ou me paru être adaptée aux exigences de chaque catégorie de malades. Sur ma table, en effet, je ne vis figurer ni pain blanc ni ordinaire, ni pommes de terre, ni autres féculents, ni fruits doux, etc. L’Américain m’assura même que nos aliments et nos boissons étaient analysés tous les jours par un des nombreux chimistes attachés à l’établissement, de manière à ce qu’on pût tenir compte, dans le relevé des observations, de la petite quantité de sucre inséparable de certaines substances, telles que la viande, le vin et autres. Etait-ce bien exact, ou bien avait-on eu seulement le talent de le faire croire, c’est ce que je n’ai pas eu l’occasion de vérifier.

Au premier abord, je ne trouvai en moi-même que des éloges pour cette façon de résoudre la question alimentaire dans un Institut de ce genre, et je convins qu’ainsi comprise et pratiquée, elle devait être d’une aide précieuse pour le traitement, dont on pouvait dès lors augurer très-favorablement. Comparée surtout aux vagues préceptes du docteur Iradio, je sentais toute la différence qu’il y avait entre la méthode scientifique et le laisser-aller de mon fantasque ami de Trieste. Néanmoins, cette précision outrée me parut exercer, à table, une

sans l’intervention d’aucun remède topique. Mais que, spontanément ou bien sous l’influence d’une médication quelconque, la diarrhée s’arrête, tout aussitôt vous voyez l’irritation cutanée reprendre la vivacité qu’elle avait perdue.

L’antagonisme de la peau et de la membrane muqueuse gastro-intestinale est ici bien évidente.

Venons à l’application pratique.

Pour beaucoup de médecins, il semble qu’il y ait parité entre la diarrhée spontanée et la diarrhée artificielle. Pour eux, il n’y a qu’une fluxion intestinale et un flux qui en est la conséquence. L’observateur voit autre chose. Dans la diarrhée spontanée, il y a une opportunité; toute l’économie s’est préparée à un mouvement fluxionnaire nouveau, et, quand ce mouvement fluxionnaire s’établit, il entraîne dans sa sphère d’action une multitude d’actes vitaux secondaires. lia donc une sorte d’autocratie. Dans la diarrhée sollicitée, en dehors d’une indication, l’économie résiste à l’attaque ; sans doute une fluxion s’établit à la surface de l’intestin, mais l’acte reste isolé ; tous les mouvements du reste de l’économie conservent leur indépendance. Comparez l'état d’un homme qui prend de la diarrhée à celui d’un homme qui prend une bouteille d’eau de Sedlitz; voyez la fatigue, le malaise de l’un, et, au contraire, le peu de trouble que des garde-robes beaucoup plus fréquentes éveillent chez l’autre.

Ce que je viens de dire delà diarrhée s’applique à beaucoup d’autres phénomènes morbides; et, toujours, la même loi préside à des actes en apparence divers. Une femme n’a pas ses règles, elle perd, chaque mois, 20 grammes de sang. Un homme n’a pas son flux hémorrhoïdal habituel, il perd, chaque fois, 1 gramme de sang; quelquefois même tout se bornait à une simple fluxion des vaisseaux hémorrhoïdaux. Mettez quarante sangsues à la vulve, répétez cette application; mettez dix sangsues au podex, et dites-moi si vous obtenez les mêmes effets thérapeutiques que si un flux naturel si minime qu’il fût avait commencé à apparaître. Il est des personnnes qui, plusieurs fois par an, ont un gonflement érysipélateux d’une oreille ou du nez; à cette irritation spontanée, substituez celle que vous produiriez par un large vésicatoire, et voyez si le résultat final sera le même. C’est que, dans tous ces actes spontanés, il y a une disposition telle de l’économie que toutes les fonctions se subordonnent en quelque sorte au mouvement qui va se faire, et qui n’a jamais ou presque jamais lieu quand l’effet a été cherché à l’aide d’un agent thérapeutique, à moins que l’indication ait été bien préparée et bien saisie.

influence réfrigérante générale. Tout le monde avait l’air de s’alimenter, mais non de prendre un repas : point d’entrain, point d’animation; on semblait remplir un devoir, on avait l’instinct qu’on suivait une médication. J’ai idée que l’appétit devait se ressentir de cette espèce de contrainte morale qui planait dans l’air plutôt qu’elle n’existait réellement. Pour ma part, je me rappelle que j’avais un tout autre entrain et un appétit bien' plus vaillant à Paris, quoique je fusse seul, quand je prenais mes repas formulés par cet excellent docteur X...

Après le dîner, je songeai à faire un peu connaissance avec la petite ville de Artzburg-surl’Ammer ; mais, avant, j’allai passer quelques instants au salon pour jeter un coup d’oeil sur les feuilles du jour,, et je ne tardai pas à être pris d’un telle envie de dormir que, malgré ma répugnance pour un# retraite aussi précipitée, je me décidai à regagner ma chambre et à me coucher.

Je passai de nouveau en revue tous les ^détails de ma chambre. Je trouvai sur ma table une carafe graduée, avec un petit flacon de kirsch et un autre de glycérine, — cette dernière, je suppose, pour remplacer le sucre, — ces deux flacons également gradués. Mon vase de nuit, encore gradué, et même par 20 grammes. Enfin, des water-closets étaient attenants à ma chambre, dont ils complétaient l’installation, et ils étaient munis d’un appareil enregistreur à bascule indiquant le poids des matières solides qui tombaient sur la cuvette.

Je ne pus m’empêcher d’admirer la précision mathématique qui entourait et réglait l’existence des malades, et grâce à laquelle le médecin était ponctuellement au courant des moindres faits et gestes de chaque pensionnaire. Mon imagination en fut même quelque peu frappée, et je me demandai qu’est-ce qu’on pouvait encore graduer ou enregistrer. Mais j’étais encore loin d’être au bout de mes étonnements.

Je commençais à me déshabiller quand on frappa à la porte, et un domestique se présenta,

Pour en revenir au sujet qui nous occupe, ce que je viens de dire fait assez voir qu’il ne faut pas juger de l’influence qu’aura un purgatif, parcelle qu’a eue une diarrhée spontanée. Mais, si au lieu d’une action transitoire obtenue par un purgatif donné de lemps en temps, on a une action de tous les jours, de tous les instants ou bien une action passagère, mais très-énergique et très-souvent renouvelée, on pourra obtenir des effets thérapeutiques moins marqués, il est vrai, que ceux qui succèdent à une diarrhée spontanée, néanmoins assez considérables encore pour que le médecin en doive tenir grand compte.

Reste à savoir, maintenant, si la médication conçue et exécutée sur ce plan est applicable dans les cas ordinaires. Je n’hésite pas à dire que non.

Elle est dangereuse pour les petits enfants, soit qu’ils tètent encore, soit qu’ils viennent d’être sevrés. Chez eux, les phlegmasies gastro-intestinales sont ordinairement graves, soit par les obstacles qu’elles opposent à la nutrition et à la reconstitution si active, si nécessaire dans le bas âge, soit par les accidents aigus et souvent mortels qu’elles déterminent, soit parles maladies auxquelles elles prédisposent. Or, comme dans lé traitement des gourmes, quand on veut employer la médication purgative, on doit le faire avec énergie, il est facile de dépasser le but, et de donner lieu à dés désordres beaucoup plus sérieux que ceux que l’on voulait combattre.

Cet excès de prudence n’est plus de saison chez les adultes, chez les adolescents et même chez les enfants qui ont passé les trois premières années, parce que, chez eux, les irritations gastro-intestinales, outre qu’elles s’établissent difficilement, sont, en général, exemptes de dangers et guérissent sans beaucoup de peine.

Mais si, chez un enfant du premier âge, il s’établit une diarrhée légère qui ne cause ni fatigue ni amaigrissement et qui modifie puissamment les gourmes, cette diarrhée, si elle vient à céder, doit être sollicitée de nouveau par quelque purgatif, et entretenue, autant que possible, dans la mesure où elle s’était établie auparavant.

Certains médicaments passent pour être dépurateürs. Ils sont, tous les jours, conseillés dans le traitement des gourmes. Le sirop antiscorbutique , la tisane de douce-amère, de pensée saunage, les végétaux amers de la tribu des chicoracées, le sirop de feuilles de noyer et même V huile de foie de morue et l’ iodure de potassium, servent à défrayer les consultations des médecins.

Je ferai, tout d’abord, le procès à l’huile de foie de morue et à l’iodure de potassium. Quelle que soit la cause, quelles que soient les formes des gourmes, -4 je n’excepte pas la cause scrofuleuse, — j’ai presque toujours vu ces deux agents thè¬

me demandant si j’avais tout ce qu’il me fallait, et si je n’avais besoin de rien. Sur ma réponse négative, il remonta le cadran d’un compteur que je n’avâis pas remarqué et qui était près de ma porte, et il m’apprit que c’était mon gazomètre à air. Ainsi, à partir de ce moment jusqu’au lendémàin malin, mon compteur allait fonctionner et indiquerait la quantité d’air que j’avais consommé durant la nuit, d’où l’on pourrait calculer la quantité consommée en vingt-quatre heures, en tenant compte de la différence dans l’activité de la respiration pendant le jour et pendant la nuit.

Je m’endormis avec l’idée que je ne pouvais pas respirer un peu plus ou un peu moins, sans que mon dôippteur traduisît fidèlement ces variations, et je continuai à trouver qu’on poussait peut-être uh peu tiop loin la précision et l’exactitude dans les renseignements fournis par les malades. J’étais évidemment inconséquent avec moi-même, mais enfin voilà ce que j’éprouvais.

Mon sommeil fut lourd et accidenté de cauchemars plus bizarres les uns que les autres. Je rêvai que j’étais devant une table chargée des mets les plus éucculents et les plus variés, et qui me tentaient tous également. Chaque fois que j’étendais la main pour en prendre un, un monsieur à lunettes, ressemblant extraordinairement au médecin résident qui m’avait fait subir mon premier interrogatoire, m’arrêtait la main en médisant : « Oh! pas si Vite, Monseigneur, attendez que j’aie constaté à quel degré vous en avez envie. » Puis ses traits changeaient peu à peu, et je finissais par trouver qu’il ressemblait à Sancho Pança. Et je me disais : « Ah çà, voyons, est-ce une hallucinatiçn? Tous ces mets sont-ils purement imaginaires? Est-ce que je rêve, ou bien sùis-je fou? » Plus tard, je rêvai qu’on me chargeait de liens et de fers; on me mettait les menottes et on m’emprisonnait la poitrine dans une espèce de cuirasse qui gênait considérablement ma respiration ; et jç me demandais quel crime j’avais donc commis pour

qu on m eût appliqué ces moyens énergiques de contention.

rapeutiqnes exciter des éruptions papuleuse et vésieuleuse; et, dans le traitement du rachitis, où l’huile de foie de morue joue un rôle si important,, souvent je suis obligé de suspèndre l’usage de ce remède, parce que la peau se couvre d’éruptions capables, dans certains cas, d’éveiller une fievre assez vive. . k-

Je rie ferai pà's si bon marché dès rëmècïés Végétaux doritfai parlé tout à l’heure. Évidemment, ces agents thérapeutiques ont de ratilité. En première ligne, je place le Sirop et le vin antïseorbutiques, les tisanes et lés extraits de douce-amère et de riëriséë' sauvage. Sont ce là des moyens héroïques? Non, certes ; mais ce Sont deè adjuvants utiles qu’il convient d’employer pendant longtemps» en éri Suspendant l’usage seuleirient quand ils paraissent fatiguer l'estomac; Les -très-jeunes enfants nè s’accommodent guère que du sirop vies tisrines, le vin, lés extraits, ne sont dès ti nés qll’à un autre âge; Enfin, je ne terminerai pas sans mentionner les sucs des ëhicôracées, qui concourent utilemèht au traitement des gourmes, mais qui, ainsi que le régime végétal, ne peuvent être conseillés qua un-âge voisin de l’adolescence. ■

PATHOLOGIE

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