DE L’ÉTAT CRIBLÉ ET STRIÉ DE LA MUQUEUSE DANS CERTAINES BRONCHITES
chroniques;
Nota, lue à la Société médicale des hôpitaux, dans la séance dp, vendredi 27 décembre ;
Par le docteur A. Ferrand', médecin dé* l’hôpital Laèhiiëé. : " •'
J’ai pu observer récemment, dans le service de l’inlirmerie des Incurables, des malades se présentant dans les conditions suivantes :
Ce sont des malades âgés, affaibls, d’un aspect plus ou moins cachectique, qui entrent à l'infirmerie pour des accidents ’ de bronchite chronique; Ils soriffrent, en effet, de la toux et de l’expectoration rhuco-purulente< qui- appartiennent h «etséla&i
Toutefois, mon âttëntiori a été appelée spécialement sür Ceux qui forit l’objet de céttê étude par le degré d’épuisement dans lequel je les trouvais. La brorichité'hhfànique, lorsqu’elle se prolonge, petit bien altérer profrihdémèrit la èrihè-titütiori dés sujets qui ëh sont attèirits; mais la cachexie qui en résulte semble être surtout ëaractéfiséë par l’anémie et par Taffaiblissemierit processif des àctès fonctionnels
Je né m’éveillai guère qüè vers Pheùré dù déjeuner; il est vraiîquel jtavais eu unê nuit à TatfNfper1; Je poussai un bouloff ’électriqu'e. et le ‘domestique, avant même deunediemandér ce que je désirais; commença par examiner le' compteur ét parilnçorire la- quantité ‘Consommée sur le livret dti n° ïli, car, depuis ’riion entrée à l’Institut, je n’étaif pluSiMiuAPébibald Heartstone, mais tout simplemeÈit Té h" là ; puis il m’apprit qu’un des médecins résidents était venu frapper à ma porté pour continuer l’examen commencé la veilleï Je dormais si prêt fonclément que je n’avais pas répondu, et je n’avaîi même pas- entendu ënfr’oüvrir la porte de ma chambre. Il devait d’ailleurs repasser dans l’après-midi. 1 ; : - uo<
Après le déjéüner, que jé pris dans ma chambre, ori m'apporta mori ' courrier : il y ayait plusieurs journaux,1 des revues, des lettrés, une; entre autres, dé sir Édouard' AVéling et1 une autre, fort longue, de mon intendant. Je gardai cette dernière, comme étant la plus sérieuse, pour la fin. Pendant que j’élàîs en train de parcourir mes imprimés, parût le médecin résident qui s’était déjà présenté le matin. • . • ;.! ,i,:. .
— Voulez-vous me përniéttre, MonsieUr, fde précéder à Téxathen dont lé profëssëurdirectéur m’a chargé pour lâ partie qui rite concerne spécialementj et qui est l’analyse des symptômes? ’
— Très-volontiers, Monsieur, je suis tout à votre disposition; seulement, au lieu de vous aire part de tout cë que j’éprouve, j’aime mieux que vous me posiez des questions, car je craindrais de m’égarer, ou d’exposer saris beaucoup d’ordrè les syroplôiiiéS que jè ressens;
— Soyez tranquille, Monsieur1, je n’ai pas un interrogatoire bien compliqué à vous faire subir; c’est plutôt une série de constatations que je vais faire, plutôt qü’un Véritable interrogatoire.
Et, sahà autre préambule, il pae fit étendre sur niôn lit. Alors il fit mouvôir une mariivéîîe
et nutritifs. On n’y trouve pas, en général, cet état d’adynamie dans lequel l’activité nerveuse paraît encore plus gravement atteinte que l’activité nutritive, ainsi qu’il arrive dans beaucoup de toxémies, et dans tous les cas que l’on range sous la dénomination de typhoïdes.
L’altération profonde de la physionomie, les traits fortement rétractés, le regard vague et indifférent, la débilité et l’incertitude des mouvements, le tremblement musculaire, la lenteur des réponses, la sécheresse de la langue et ses fuliginosités, l’état sec et terreux de la peau, tous ces phénomènes indiquent en général quelque chose de plus que le défaut des forces; ils en révèlent déjà la désharmonie et la perturbation, telle qu’elle résulte des plus graves altérations de l’économie.
Habitué d’ailleurs, selon les préceptes de nos maîtres, à chercher avant tout, dans l’altération des organes, la raison de semblables perturbations, je me demandai s’il n’y avait pas, dans les altérations dont l’appareil respiratoire était le siège, la raison d’un semblable état général.
La première pensée qui me vint à l’esprit fut que nous pouvions avoir affaire à de la gangrène pulmonaire, soit à la gangrène primitive du poumon, soit à une gangrène superficielle des bronches, soit enfin à une gangrène accidentelle compliquant une autre lésion, caverne ou dilatation bronchique. — Mais je dus abandonner cette interprétation en présence de signes physiques qui ne me faisaient rien reconnaître de semblable. Pas de signes cavitaires, comme ceux qui eussent dû traduire des cavernes ou des dilatations bronchiques, pas même de signes d’induration pulmonaire notable. Enfin et surtout je ne trouvais, ni dans les crachats, ni dans l’haleine, cette fétidité si caractéristique de la gangrène, qu’on ne peut la méconnaître quand on l’a une fois sentie.
L’état cachectique de ces malades me paraissait mal expliqué par leur sénilité seule, et je ne trouvais point d’altération organique qui pût en rendre un compte direct ou indirect.
Ce fut dans ces conditions que, pour mettre en rapport cet état de cachexie avec la lésion des voies respiratoires, je fus conduit à diagnostiquer une bronchite ulcéreuse, ne croyant pas qu’une inflammation de la surface muqueuse des voies respiratoires, simple et sans cause spécifique, sans complication consécutive, pût s’accompagner d’un semblable état général de maladie.
L’inflammation ulcéreuse, au contraire, est souvent en rapport avec les cachexies ou avec les infections les plus graves. Et deux conditions peuvent expliquer cette
à cric dissimulée par la literie : je me trouvai instantanément soulevé sur une espèce de cadre de sangle, complètement isolé de ma couche. En même temps, l’aiguille d’un cadran que je n’avais pas remarqué marquait à 10 grammes le poids de mon corps. Immédiatement après, le médecin me dit qu’il allait procéder à l’examen purement physique des organes les plus importants, ce qui était, d’après lui, le meilleur moyen d’apprécier exactement les symptômes. Il me fit comprendre que ce genre d’examen se pratiquant uniquement à l’aide d’appareils qui traduisaient eux-mêmes les résultats constatés, sans que le médecin eût en quelque sorte à intervenir, peu importait qu’il fût fait par le médecin en personne ou par ses aides, puisqu’il n’y avait qu’à prendre connaissance des données fournies et enregistrées par ces appareils, quitte ensuite à les interpréter et à en tirer le meilleur parti possible pour le diagnostic et le traitement.
. Et, là-dessus, il me prit le poignet, comme pour me tâter le pouls.
— Oh t je ne crois pas avoir la fièvre, lui dis-je.
Mais, au lieu de me tâter le pouls, il m’appliquait sur le poignet un appareil, en me disant :
— Aujourd’hui, nous ne tâtons plus le pouls, et vous allez en comprendre la raison. La sensation éprouvée par le doigt du praticien peut être tellement influencée par les mille dispositions particulières auxquelles est assujetti l’observateur (finesse de perception, degré d’habitude, d’attention, état moral, etc., etc.), qu’il y a tout intérêt à charger de cette constatation délicate un instrument inconscient qu’il suffit de bien appliquer pour en obtenir toujours un renseignement absolument précis, indiscutable. Si tous les expérimentateurs pouvaient s affranchir des nombreuses causes d’erreur subjectives, la médecine scientifique aurait fait *?n p?s 1.mm?nse< c’est ce qui a engagé les médecins vraiment dignes du nom de savants à etenare le plus possible les applications de la physique et de la chimie à la médecine.
relation. La lésion ulcéreuse est souvent la conséquence d’une altération profonde et plus ou moinsétendue des solides ou des liquides de l’économie, et les phénomènes graves dont elle s’accompagne peuvent être alors attribués à cette altération elle-même. Ce n’était pas, pour le dire de suite, oe n’était pas le cas de nos malades, puisque je ne trouvais chez eux d’autre cause que la sénilité qui pût aggraver sérieusement leur maladie.
Mais l’ulcération, ou plutôt l’inflammation ulcéreuse, peut être grave encore d’une autre façon : la surface ulcérée constitue une porte ouverte à la résorption de matériaux qui ne devraient pas rentrer dans l’économie, matériaux qui proviennent du travail ulcératif lui-même et de la régression qui y aboutit; matériaux qui, de plus, passent à la surface de la membrane ulcérée, et ne sont le plus souvent que des produits de sécrétion altérés par la stagnation dans laquelle ils restent et les fermentations qui s’y produisent.
Tels sont les motifs qui m’ont fait supposer une lésion ulcéreuse, dans les deux cas qui font l’objet de cette note, et m’ont conduit à la rechercher à l’autopsie. Les pièces que je mets sous les yeux de la Société justifient cette supposition; j’ai cru qu’à cet égard il y avait intérêt à les produire devant elle, d’autant plus que la lésion qu’elles représentent est rare et peu connue.
Historique. — Si nous recherchons en effet dans les auteurs, nous n’en trouvons guère qui fassent mention de cette lésion, et nous en trouvons moins encore qui se soient attachés à la décrire. Les auteurs des deux Dictionnaires actuellement en cours de publication, Gintrac, dans le Dictionnaire de médecine pratique ; Barth, dans le Dictionnaire encyclopédique, notent comme exceptionnelle l’ulcération simple de la muqueuse trachéo-bronchique; ils n’pn donnent aucune description. Andral, Bouillaud, Monneret, Jaccoud, n’en parlent pas davantage. Dans son Traité sur l'anatomie pathologique, Andral dit bien que l’atrophie de la membrane muqueuse des voies aériennes doit avoir lieu quelquefois , mais il ajoute qu’elle n’a pas encore été observée; les ulcérations qu’il décrit ne sont autres que les ulcérations spécifiques diverses, admises par tous les auteurs. J’en puis dire autant de Valleix, de Frank et même de Morgagni. Cruveilhier n’est pas plus explicite.
Lebert décrit, sous le nom d’ulcère catarrhal simple, une classe d’ulcérations qui occupent le larynx, et sont plus ou moius profondes et inflammatoires. J’ai trouvé
Je ne comprenais pas bien exactement tout ce que me disait ce médecin, mais je devinais à peu près le sens de ce qu’il essayait de me faire comprendre. Tout en continuant à m’exposer les nouvelles méthodes d’observation médicale, le médecin chargé de photographier mes symptômes surveillait l’espèce de menottes qu’il m’avait appliquées et dont il ne m’embarrassa pas longtemps d’ailleurs. Mais ce fut pour passer à autre chose.
Après le pouls, ce fut le tour du cœur. Jusque-là, j’avais montré la plus grande patience, car, en réalité, l’expérience faite sur les poignets ne m’avait incommodé en rien. Ici ce fut tout autre chose : ce n’est pas que la petite mécanique fût bien gênante; je crois plutôt que c’était un effet purement nerveux. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’aussitôt que l’appareil fut appliqué sur la région du cœur, je fus pris de palpitations, d’étouffement, si bien que le médecin me demanda si j’étais sujet aux battements de cœur. Je lui répondis que je n’en éprouvais que bien rarement, et que je n’avais pas souvenir d’en avoir jamais eu d’aussi forts qu’en ce moment. Il me fit l’effet de n’en pas croire un seul mot et continua ses investigations comme si rien n’était.
Tout en me laissant son appareil sur le cœur, il m’en appliqua un autre au cou, et naturellement ma gêne et mqn oppression ne firent que s’accroître.
— Nbus allons passer maintenant, me dit mon savant inquisiteur, à l’examen de la respiration. Nous savons déjà quelle est votre consommation d’air par vingt-quatre heures, mais il me reste une fouie de questions de détail à éclaircir sur cette fonetion.
Là-dessus, il m’appliqua un appareil qui avait l’apparence d’une ceinture, mais qui s’adaptait beaucoup plus haut, et qui était muni d’un cadran indiquant l’amplitude des mouvements respiratoires, leur rhythme, que sais-je encore?
— Mais, dites-moi, docteur, ma maladie est-elle donc si difficile à reconnaître, que tous ces appareils soient indispensables?
toutefois dans le TVaüé d'anatomie pathologique de Lebert, une description se rapportant à « des franges rubanées » et à « des lacunes celluleuses », qui seraient dues, selon lui, à une simple macération de la muqueuse, et qui se rapprochent un
peu de ce que j’ai observé.
Hardy et Béhier, après avoir constaté la rareté des ulcérations, font exception pour les cas de bronchite de cause pulvérulente, et citent, à ce propos, Williams et Hastings. Niemeyer signale la desquamation dont la muqueuse bronchique peut être le siège, et rappelle à ce sujet l’idée de Reinhardt, d’après laquelle les abcès bronchiques seraient souvent le point de départ de la fonte tuberculeuse du poumon.
Dès 1839, Barth, publiant, dans les Archivés de médecine, nhe étude sur les ulcérations des voies; aériennes, accepte qu’il y a des ulcérations simples, de eause catarrhale qu’on trouve par ordre de fréquence dans le larynx, la trachée et les bronches, et que quelquefois les bords de ces ulcérations, à peine apparents,- ne limitent qu’une simple érosion.
G’est dans l’ouvrage de Durand-Fardel que j’ai trouvé le mieux indiquée la lésion qui se : rapproche le plus de celle que j’ai observée. La description qu’il en donne est, en effet, fort analogue à ce que j’ai observé ; et c’est d’élle, je pense, que Hayem s’autorise pour la noter dans sa. thèse sur les bronchites ; car sa description reproduit assez bien celle deDurand-Fardel.
Kindflei'Ch, qui n’accepte’ guère Fütôèfè catarrhal pur et simple, professe cependant que l’ulcération Se développe souvent dans les bronches des tuberculeux, sans que le tubercule en ait été la cause directe et immédiate, ce que Louis, du reste, avait déjà cru pouvoir conclure de ses recherchés sur Ce sujet.
Le traité récemment publié dé notre collègue, M. Laboulbène, n’est pas plus explicite sur ce point. Dans celdi de Cornil et Ranvier, H est bien dit que l’on rencontre sur les muqueuses brohchiques dés points dépolis par desquamation ; mais c’est une lésion que ces auteurs attribuent à la bronchite aigue et intense; et, à propos de la bronchite chronique, ils ne parlent guère que de l’épaisSissement de la muqueuse, lis signalent' l’atrophie et l’amincissement de cette muqueuse et lé relief des fai ceaux musculaires se manifestant au travers ; maïs ils n’attribuent ce caractère qtFlî là dilatation bronchique, a l’exclusion dé^ bronches non dilatées, lia description qu’ils donnent des üieérations des bronches ne Se rapporte donc pas à ce qüe j’ai* observé. (A suivre.)
— Votre maladie. Monsieur, 1 est' très-facile â reconnaître; mais l’étudier èst autre chose. Ici, Udus approfondissons lè plus possible le problème de la maladie, quelle qu’elle Soit, et nous poussons l’analyse le plus loin qu’il est permis de le faire à l’aide des moyens perfectionnés, quoique bien imparfaits encore, que nous possédons et que nous perfectionnons toüs es jours.
Cëpèndant, docteur, on ne tn’a jamais examiné àVéc üné pareille minutie,
— Ce quë vous me dites n’est pas à l’éloge des médecins qiii vops ont soigné avant .nous,'
— * Il y a pourtant dans le nombfë, car' je. vous dirai que j’en ai déjà vu au nioins une
demi-doüzaine, de< gens fort distingués?
— Alors, Monsieur, cès médecifis n’ont pas pris leur tâche au sérieux, probablement faute de temp«,. puisque c’étaient dëâ gens fbrt distingués.
Ce jeune sava t agissait et 'parlait d’iïn air sec, froid èt psSabI#Uéhl pédant; il aVaif peutêtre raison, et c’était moi sàns douté qui avais tort d’être agacé et ennuyé par tous Ces détails; mais je commençais à trouver cette enquête terriblement longue et ërtëivantç. Pour qn riën, j’aurais envoyé promener lè ruédecin résident et tous' ses appareils avec lui. Jè me contins cependant et réussis à ne rien laisser paraître de ma mauvaise humeur.
Quand il m’eut bien ausculté: et përeuté aVec toutes ses petites machines perfectionnées, je croyais en avoir fini avec lui, mais pas du tout. Il tint à constater jusqu’à quelle distance ] entendais le tic-tac d’une montre, quel degré d’acuité avait ma vue, s’il ne me manquait pas miaen*«i 6 (*ue*cIue c°uleur, etc., etc. Puis il me fit mettre les bras én croix, marcher pieds fois’ S 6r’ er* rester. debout les yéux fermés, etc., etc., car j’en oublié pas mal. Cette n’flràis h™! „-en ]Ue c élail fini . Lfi mâdécin cherchait simplement d’autres engins : je
Il mé mo , 'meux à faire 1116 ligner.
P mena alors les pointes d’une espèce de compas sur plusieurs parties du corps,
MEMENTO BIBLIOGRAPHIQUE
ÉCOLE DES ENFANTS DE LA Salpêtrière. — Distribution des prix aux enfants de la division des aliénées et aux élèves adultes du gymnase. — Discours de M. Delasiauve. *— ■
« . Chacun S'émerveillait du calme et de la tenue des jeunes malades. Des intermèdes
variés accompagnés par leur professeur de chant, M. Gordier, organiste de la chapelle, des scènes agréablement jouées, des récits de fables et de poésies, des exercices de gymnastique, à la fois motrice et vocale, n’ont pas permis à la curiosité de faiblir un instant..;.,. » — M. le docteur Delasiauve, dans un discours émouvant, adracé l’historique des institutions destinées à secourir les pauvres insensés et des asiles consacrés aux enfants arriérés. La France a eu l’iniliative de ces dernières écoles; mais lés pays étrangers, qui sont venus se renseigner chez nous, nous ont laissés loin derrière eux. Notre '-statu quo est flagrant. Bicètre, la Salpêtrière* Vaucluse, réunis, renferment à peine 250 enfants dans dès compartiments d’hospice. L’Angleterre, depuis vingt^cinq ans, possède dix à douze asiles spéciaux, grandioses, confortables. Earlswood, seul, compte plus de 670 pensionnaires. L’Allemagne se peuple de maisons analogues. Aux Etats-Unis surtout la ferveur est très-grande. « ... Pourquoi notre tiédeur en. France? L’irréflexion y est pour beaucoup; mais certaine philosophie, la plus commune, n’y a pas une moindre part. Faisant dériver du discernement toute éclosion mentale, elle croit volontiers stériles les soins accordés aux déshérités chez lesquels cette .faculté fondamentale paraît nulle ou rudimentaire... » « En réalité, fëduèation deè défëctuéiïx est, sous maint rapport, d’une importance considérable. » M. Delasiauve a proposé la création d’établissements
dans ce but : « Une fermette d’flne vingtaine d’hectares, en un site salubre . dans des
circonscriptions communales,. de -Lois àqpalj;ç,mille( habita nlsv... » Mais « la dépense? Cotons à 50,000 francs, au total 500 millions, la subvention du Trésor, quelle guerre n’a dépassé cette somme? Celle de Crimée nous a coûté 1,500 millions, celle du Mexique, 700, millions, celle d’Italie, Ô00 millions...» Que nous reste-t-il de ces guerres? Qui obligeait la France à les entreprendre?.— Le discours de M. Delasiauve mérite d’être lu. ^ G. R.
Agenda dü chimiste. — Ce petit livre a eu uh succès ‘considérable. U renferme, én effet,' un nombre immense de renseignements patïëmment extraits d’ouvragés' volumineux, de mémoires épars, et condensés sous une forme concise. En tête Se trbüVè ui} calendHer avec des lignes tracées pour inscrire les choses faites ou à, faire ; â la tin, des pages sont disposées pour recevoir dés notes. U se compose de trois1 chapitres : chapitre 1, documents physiques et mathématiques ; chapitre If, documents relatifs à lq chimie pure;, chapitre III, renseignements relatifs à la chimie appliquée et à l’industrie. Il est impossible de renfermer un plus grand nombre de notions utiles dans un aussi petit espace, et ces notions sont exposées de la
enfonçant assez les. pointes parfois pour me faire du mal» Une fois même, il enfonça assez pour faire sortir quelques gouttes de sang* à la vue desquelles je fus sur le point de me fâcher très-sérieusement. Mais le médecin, sans perdre de son assurance, s’empressa de me dire :
— Voilà, Monsieur* une. exploration qui aété un. peu indiscrète; ij, est vrai quelle nous servira à deux fins : j’aurais ■ été obligé de vous faire tantôt une piqûre avec une aiguille pour avoir une ou deux gouttes de sang, car il nous fallait de toute nécessité nom procurer de ce liquide pour en faire l’analyse physique et chimique; . voilà donc l’opération faite.
L’air aimable et presque plaisant que ce médecin avait pris pour me dire cela me le. rendait tout à fait insupportable,: et. j’allais me décider, à me débarrasser de lui n’importe de quelle façon; mais comme je tenais à- aller jusqu’aux dernières limites de ma patience, je trouvai encore moyen: de lui répondre que tout était alors pour le mieux.
Profilant de mon apparente bonne humeur, le médecin laissa là ses compas, et faisant marcher une pile électrique adaptée à un autre appareil extrêmement compliqué que je n’avais pas encore aperçu, il me dit qu’il allait enfin procéder à :ün examen très-intéressant, mais trèsdélicat, à savoir : le degré de rapidité de transmission de ma volonté.
— Pardon, Monsieur le docteur, interrompis-je brusquement, c’est, en effet, une question fort intéressante, mais je commence à- être sérieusement fatigué; cet examen si long et sj minutieux m’a mis dans un état qui me rendrait impossible la continuation d’une pareille séance.
— Mais, Monsieur, me qui me reste à faire de la part d’enquête dont je suis chargé est aussi
court qu’important. i
— Eli bien, je vous serai très-obligé de le remettre à demain. J’espère néanmoins que cette lacune n’empêchera pas le directeur de me mettre en traitement dès depaain?
*~ Je l’espère. Monsieur; mais, sur ce point, je n’ai aucune autorité.
(La fin à m prochain, numéro.)
manière la plus claire et la plus pratique. Pour ne citer que quelques-uns des documents qui intéressent les médecins, nous trouvons : Réduction des mesures linéaires anciennes, des mesures linéaires anglaises, des anciennes mesures de surface et de capacité, des mesures de capacité anglaises, des anciens poids, des poids anglais , des mesures anciennes allemandes , valeur en grammes des poids médicinaux de divers pays, etc. , etc. — Réduction des degrés du thermomètre de Farenheit, du thermomètre de Rèaumur, etc., etc, — Relation entre la hauteur barométrique et l’altitude. Le chapitre II donne des renseignements nombreux sur l’analyse qualitative, sur l'analyse spectrale, sur l'analyse quantitative, avec des tableaux destinés à abréger le calcul des analyses ; un résumé important des propriétés physiques d'un très-grand nombre de composés minéraux et organiques. Dans le chapitre III, hydrotimétrie, acides , alcalis, sels. — Essai des beurres. — Préparation de la liqueur de Feliling. — Dosage du glucose dans les urines. — Coloration des vins par la fuchsine. — Essai rapide des urines. — Examen des sédiments et des calculs. — Réactions différentielles des matières albuminoïdes , etc., etc., etc. Nous l’avons dit et nous le répétons, le nombre des renseignements est immense ; aussi, ne faudrait-il point juger du livre par les maigres indications qui précèdent. Tout y est au niveau de la science moderne. On y sent l’école de notre éminent professeur, M. Wurst. C’est un guide précieux pour les chimistes et aussi poulies médecins. — G. R.
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 31 mars 1879. — Présidence de M. Daübrée.
M. Henri Becquerel adresse à l’Académie une note sur le pouvoir rotatoire magnétique des gaz.
M. Du Moncel dépose sur le bureau et prie l’Académie d’accepter, à titre d’hommage, un volume dont il est l’auteur, et qui traite de l’éclairage électrique. De très-nombreuses expériences ont été essayées déjà, à ce sujet, en Amérique et en Angleterre. On en a fait aussi quelques-unes en France. L’ouvrage de M. Du Moncel décrit et compare ces différents essais, établit les prix de revient qui ont été déterminés dans les divers pays, et, enfin, pose les conditions les plus favorables pour la solution du problème de l’éclairage, soit public, soit privé.
M. Lalanne, récemment élu membre titulaire de l’Académie, et successeur de M. Belgrand, lit une très-courte note sur les niveaux atteints par la Seine, à Paris, pendant les crues de ces dernières années.
M. Jamin, au nom de M. Colline, rend compte des observations qui ont été recueillies, dans la Floride, à l’occasion du verglas du mois de janvier dernier ; c’est un phénomène excessivement rare dans ces climats, et il est tout à fait extraordinaire que des palmiers et des orange^ soient couverts de glace; c’est cependant ce qui est arrivé : « Les oranges, dit M. Colline, emprisonnées dans leur couche de verglas, ressemblaient aux fruits confits qui se trouvent chez les confiseurs. Elles ne furent, d’ailleurs, nullement altérées pour avoir subi celte épreuve, et ne perdirent aucune de leurs qualités. M. Jamin se demande si ce verglas, qui a été observé dans tant de lieux divers, ne doit pas être considéré comme un phénomène météorologique obéissant à des influences analogues à celles qui nous amènent si fréquemment. des tempêtes et des orages d’Amérique. C’est le h janvier que M. Colline notait les effets du verglas à la Floride, et c’est le 22 du même mois que le verglas sévissait en France, et notamment -dans la forêt de Fontainebleau. On voit qu’il aurait mis, à nous venir du golfe du Mexique, sensiblement le même temps que les cyclones et les tempêtes.
M. Paye inscrit au tableau les variations magnétiques qui ont été relevées pendant la dernière période décennale dans quelquelques observatoires de l’Europe, à Munich principalement.
Le savant académicien insiste sur ces deux points, à savoir : que les variations dont il s’agit ont été nulles en France depuis l’année 1871; — et que ces variations, contrairement à ce qui a été avancé par plusieurs personnes, n’ont aucune relation avec le nombre des taches du soleil.
M- ïteubrée dépose sur le bureau un travail relatif à la conformité qui existe entre le système des cassures artificielles obtenues dans son laboratoire et le système des falaises de la Normandie.
M LT°nnr 6 fs ^ur appelle la nomination d’un associé étranger dans la section de minéralogie. rr‘ , «, „ „ Smilh> de Louisville, si nous ne nous trompons, obtient, au premier tour de scrutin, Û2 suffrages sur U 7 votants, et est proclamé élu.
— A quatre heures, l’Académie se forme en comité secret, et le public habitué des séances, ainsi que les journalistes, vont grossir la foule des curieux qui assistent, du haut du pont des Arts et des quais, aux manœuvres qui ont pour but de dégager le navire le Frigorifique, échoué en travers et en amont dudit pont. Malgré les efforts de deux remorqueurs, malgré les centaines d’hommes de bonne volonté qui le halaient énergiquement, comme il n’avait pas bougé d’une ligne au bout d’une heure, j’ai jugé que mes devoirs de badaud étaient suffisamment remplis, et j’ai cédé ma place à d’autres, plus persévérants. — M. L.
JOURNAL DES JOURNAUX
Érysipèle facial, péri-ophlhalmique et cérébral; mort, par M. Cuignet (de Lille). — Observation d’une jeune fille de 16 ans atteinte d’un érysipèle de la face depuis quinze jours. Le jour où M. Cuignet la vit (le 19 novembre 1878), les paupières étaient très-luméfiées, dures, œdémateuses; un chémosis considérable entourait les cornées, qui étaient claires et toujours transparentes; le globe de l’œil était fixe, immobile, très-porté en bas, la vision absolument abolie. A l’ophthalmoscope, la rétine est blanche, les vaisseaux très-minces, les papilles à peine appréciables, à bords indistincts, œdémateux, se fondant dans cet œdème général de la rétine. Des collections purulentes se forment du côté gauche, aux paupières et à la région temporo-orbitaire, du côté droit à la racine du nez. Mais les symptômes locaux ne se modifient pas : globe oculaire droit immobile, en protrusion, avec les paupières œdémateuses, le chémosis plus dur, la pupille plus dilatée. M. Cuignet plonge sans résultat un couteau étroit jusque dans la profondeur de l’orbite, en passant à côté du bulbe. Celui-ci reste immobile, ferme, tendu. Le lendemain, la malade succombe à des symptômes de méningite par propagation.
L’auteur fait remarquer que, parmi les signes ophthalmoscopiques, il a signalé ceux d’une myopie très-prononcée, myopie qui n’existait pas, même à un faible degré, avant le début de la maladie. Il est donc probable qu’elle s’est produite par une modification rapide dans la longueur du bulbe et la convexité plus grande de la cornée, sous l’influence de la pression exercée par la péri-ophthalmite. « Ce surcroît d’élongation a contribué, en même temps que le bourrelet cbémosique postérieur, à faire saillir l’œil d’une manière très-prononcée. ( Recueil d'ophthalmologie, n” 2, 1879.) — H. H.
Mémoire sur une épidémie de fièvre typhoïde dans la commune de Roucy (Aisne), de juin 1878 h janvier 1879, par M. Lécuyer (de Beanrieux). — Roucy, village de 638 habitants, est traversé par un ruisseau sur le parcours duquel se trouve un lavoir. Or, dans cette épidémie, le mode de contagion par le cours d’eau ne fait pas de doute. Aussi, l’auteur propose de reporter le lavoir, qui est à l’entrée du ruisseau dans le pays, à sa sortie.
Dans cette épidémie, on ti’ouve un total de 77 malades, c’est-à-dire le huitième de la population. La mortalité n’a été que de 3/77, c’est-à-dire à peine k pour 100. ( Union médicale et scientifique du Nord-Est, numéro du 28 février 1879, page 33.) — H. H.
Observation d'un cas de maladie de Werlfhoff (purpura hêmorrhagica) h marche foudroyante, par M. Bourreiff. — U s’agit d’un malade mort après sept heures de maladie, après avoir présenté des hémorrhagies multiples (hématémèse, hématurie, hémoptysie, enterorrhagie, pétéchies de la peau et purpura, etc.). Il n’existe qu’un seul cas aussi foudroyant dans la science observé par le docteur Dupouy (Tribune médicale, 16 janvier 1870). L’auteur pense que l’étiologie de cette affection doit être cherchée dans les lésions constatées à l’autopsie (quelques tubercules pulmonaires et bronchiques, et altérations assez profondes des capsules surrénales). On trouva encore, à l’autopsie, une hypertrophie assez considérable du ventricule gauche, sans lésion valvulaire. (Recueil de Mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, 1878.) — ■ H. H.
Manifestations rhumatismales blennorrhoïques sur la conjonctive et C urèthre, par M. Deboussaux. — D’après l’auteur, qui publie à ce sujet plusieurs observations concluantes, dans certains cas assez rares mais évidents, le rhumatisme peut devenir la cause de manifestations inflammatoires vers l’urèthre et la conjonctive. Ces accidents, bien que ressemblant aux accidents blennorrhagiques vrais, s’en distinguent par leur apparence subaiguë, leur fugacité et leur ordre d’apparition, la conjonctivite précédant l’uréthrite de deux ou trois jours. Ces manifestations blennorrhoïques sont liées surtout au rhumatisme à marche subaiguë, qui se rapproche de la goutte chronique ou atonique, ou encore du rhumatisme noueux. (Recueil de Mémoires de méd. et chir, militaires, n° 183, 1878.) — H. H.
Injections de morphine dans les vomissements incoercibles de la grossesse, par M. Chaba-
lier. — L’auteur parle de trois cas où l’emploi répété des injections de morphine ont pu seules déterminer la disparition de ces vomissements. ( Lyon médical , n° 22, 1878.) — fl. H.
Méningite aiguë, traitée et guérie par t'iodure de potassium, par M. Rodet. -h- Jeune fille de 19 ans, pré, senlant'des symptômes non douteux dé ménihgite. Les doses d’iodure ont été élevées progressivement jusqu’à' 5 grammes par jour, et la guérisrin survint après onze jours de traitement. Cette médication a été conseillée par le dôcteur Bourrousse de Laforre ( Moniteur des sc. mêd., 1861)' dans un travail où cet auteur exagéré assurément les résultats obtenus. (Lyon médical, h" 52, 1878.) — II. B.
Vertige uréthral, par M. Ërlenméyer. ■*- Malade de 3i ans chef lequel le vertige survenait seulement au début de la miction et cessait dès que l’urine avait commencé à couler. Au bout.d’pn certain temps, on résolut de, pratiquer la dilatation de l’urèthre, après laquelle les troubles vertigineux cessèrent complètement et définitivement. ( Deutsch Wochensch., nov. 1878). — H. H.
FORMULAIRE
Sparadrap siccatif. — E. Vidal.
Emplâtre de diachylon. , . . . . 26 grammes.
Cinabre . . . . . . ;. . . . 1 gr.,50
Minium . . . 1 gr. 50
^ Avec éë sparadrap, «jui est très-promptement siccatif et cicatrisant, on couvre tés régiôhs envahies par l’ecthyma^et on' abrège ainsi la durée dü traitement, car on empêche le malade de déchirer les pustules anciennes et de s’en inoculer de nouvelles, en éraillant la pëàù avec les1 ongles chargés de la sérosité de l’ecthyma. — N.. G.
Éphésnértdes Médicales. — 5 Avril 1809.,
, ,.,Ûne:jutyer .nçpiréfc Sara ' Vfolf,' meurt à Frânkenbérg, fen WéSîphatî^ à l’âgé' dé 107 ans, laissant quatre fils, cinq filles, quarante-cinq pètits-enfants et qùara.nlè-six arriërè-petits-enfants. En tout, cent individus de sa race. — A. Ch.
COURRIER
Association générale, vr Nous rappelons à nos lecteurs que l’Assemblée générale de l'Association générale des médecins de France aura lieu les 20, et 2|L, avril courant. — Voici l’ordre du -jour de la, séance du, dimanche 2Q avril (à 2 heures précises) :
1° Allocution de M. le Président.
2* Exposé de la situation financière de l’ Association générale, par M. Brun, trésorier.
3° Rapport sur cet exposé et s.ur la gestion financière du Trésorier, par M. Gallard, membre du Conseil général.
4° Compte rendu général sur la situation et les actes de rAssociation générale pendant l’année 1878, par M. A. Latour, secrétaire général.
6P Rapport de M* Bucquoy, au nom de la Commission chargée d’examiner et de classer les demandes de pensions viagères (1“ partie).
A sept heures et demie le banquet.
Le banquet aura lieu à l’Hôtel Continental, ruè de Rivôli.
Le prix de la souscription est de 20 francs.
On souscrit directement, ou par lettre, phez M. le docteur Bri^n. trésorier, 23, rue d’Aumale.
— Par décision ministérielle en date du 2 avril, MM. les docteurs Cyr et Çornillon, médecins-consultants aux eaux de Vichy .(Allier), viennent d’être appelés aux fonctions, de second inspecteur-adjoint de cet établissement..
-- Une horrible famine sévit dans le district de CoCàchamba, un des plus fertiles de la Bolivie. Dans plusieurs localités, huit à dix personnes meurent journellement de faim. Dans un petit vi)iage, 206 personnes sont mortes d’inanition en vingt jours.
. . / Le gérant, Richelot.
Paris. — Tynographie Fbiix Maætbstb et G«, rue des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
No 41
Mardi 8 Avril 1879
PATHOLOGIE
DE L’ÉTAT CRIBLÉ ET STRIÉ DE LA MUQUEUSE DANS CERTAINES BRONCHITES CHRONIQUES (') $
Note lue à la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du vendredi 27 décembre 1878,
Par le docteur A. Ferrand, médecin de l’hôpital Laënnec.
Observations. — Avant d’aller plus loin, je crois devoir donner le résumé des deux observations dans lesquelles j’ai reconnu cette forme spéciale de bronchite. Les voici telles qu’elles ont été recueillies par M. Le Vaillant, externe du service; fy joins les pièces anatomiques que j’ai l’honneur de mettre sous les yeux de la Société* et qui sont ici décrites.
Obs. I. — Doucement, âgé de 70 ans, entre à l’infirmerie des incurables le 20 novembre 1878, salle, Saint-Jean-Baptiste, n9 20.
Les antécédents héréditaires du malade sont excellents : son père et sa mère sont morts, i’im, à 70 ans, hydropique; l’autre, à 71 ans, d’une maladie sur laquelle nous ne pouvons avoir de renseignements. Sur quatre enfants nés de cette union, deux ont déjà dépassé 80 ans, le troisième est mort l’année dernière, à 74 ans; le dernier est notre malade, qui vient d’atteindre sa 70* année.
Nous n’avons presque rien à noter, quant à ses antécédents personnels ; ni syphilis, ni scrofule; dans son enfance, il n’a jamais été malade. Il y a une dizaine d’années, il est entré pour la prem^re fois à l’hôpital, dans le service de Mvle docteur Moissenet, pour un rhumatisme articulaire; après six mois de traitement, il est sorti guéri, En 1870, il est admis aux incurables et placé dans la classe des valides.
Au mois de novembre 1877, il entre à l’infirmerie, se plaignant d’une toux opiniâtre qui dure déjà depuis un mois et l’empêche de dormir; outre cela, il souffre d’une diarrhée qui remonte à huit jours.
État actuel : Le malade est couché dans le décubitus dorsal; sa peau est chaude, sa température paraît très-élevée, son pouls est petit et fréquent,
Biep que tourmenté par une toux quinteuse, il n’accuse pas, de bien grande oppression et pe se plaint d’aucune douleqr. L’expectoration est faqile, muco-purulente et aérée.
La percussion ne dénote rien de particulier. A l’auscultation, on entend dans les poumons,
(I) Suite, — Voir le dernier numéro.
FEUILLETON
LA MÉDECINE DE PRÉCISION A L’INSTITUT POLYCLINIQUE DE ARTZBURCS-SUR-l’àMMER (1),
Quand je fus débarrassé de l’homme aux petites machines, je fus tenté d’aller prendra un, peu l’air pour respirer librement, me remuer sans entraves, me. sentir vivre enfin autrement que sous l’œil inquisiteur de la science. Je me rappelai malheureusement, — ou plutôt fort heureusement, car j’y étais très-intéressé, — que j’avais une longue lettre de mon intendant à lire et à méditer. Il y était, en effet, question de nombreuses affaires, dont quelques-unes fort urgentes, sur lesquelles j’avais à me prononcer sans délai. Pendant que j’étais en train de faire des calculs relatifs à des baux de fermages en instance de renouvellement, on frappa à ma porte, et un troisième médecin résident vint me demander si je voulais bien lui donner des renseignements sur les traitements que j’avais suivis. On comprendra aisément que ce troisième enquêteur tombait assez mal. Je fis néanmoins meilleure contenance que je ne craignais.
— Ce que j’aurais à vous raconter sur ce sujet, docteur, serait si long qu’il m’est impossible de l’entreprendre en ce moment.
— Le directeur ne peut cependant vous indiquer quel est le meilleur traitement qui vous convient, s’il n’est d’avance au courant de ce que vous avez déjà fait. Vous n’êtes pas venu, je suppose, de Londres jusqu’à ArUburg-sur-l’Amraer. ....
<î) Suite et fin. — Voir les feuilletons des 27 et 29 mars, S et 6 avril.
Tcne XXVII. — Troisième série. 52
et surtout dans le tiers moyen, à droite, des bruits morbides ayant l’apparence de craquements humides et, vers le sommet, une respiration rude et soufflante.
Le malade s’amaigrit de jour en jour, et tombe dans un état cachectique de plus en plus
prononcé. , ■
15 décembre. Les signes physiques permettent de diagnostiquer que le poumon droit est le siège d’une quantité de cavernules; à gauche, les bruits sont moins nets; on entend mal la respiration, et, au sommet, on perçoit facilement un bruit de souffle.
Le cœur, examiné à plusieurs reprises depuis l’entrée du malade, n’a jamais offert rien de, particulier, si ce n’est un prolongement du premier temps.
La diarrhée continue toujours. On constate la présence de l’albumine dans l’urine.
La cachexie est extrême et le malade meurt le 16 décembre.
Autopsie faite le 18, dans la rigidité cadavérique.
Pas de liquide dans les plèvres. Le poumon n’èst nullement adhérent, pas même au sommet.
A la coupe des poumons il s’écoule, en assez grande abondance, une sérosité spumeuse et sanguinolente. On trouve alors qu’il existe un nombre considérable de petites cavernes, dont la plus grosse ne dépasse pas le volume d’un pois. Ces petites cavités se trouvent toutes à la terminaison d’une bronche de troisième ou de quatrième ordre. Leurs parois sont inégales et n’offrent aucunement l’apparence d’une membrane continue. Du reste, la couche épithéliale de la muqueuse bronchique paraît avoir disparu le long des bronches correspondantes; et, dans plusieurs points, la muqueuse elle-même est tellement amincie qu’elle laisse voir les trousseaux de la couche fibreuse élastique mise à nu. On voit nettement la disposition de ces fibres, longitudinales pour la plupart, et croisées de fibres transversales, ce qui donne à la surface intérieure des bronches, en ces points, une apparence criblée et striée des plus remarquables.
A chaque division bronchique, il y a ainsi une usure plus accentuée de la muqueuse, et c’est à la partie inférieure de la trachée, au voisinage de l’éperon qui la termine, que cette lésion est le plus marquée. L’éperon lui-même est aminci, transparent, prêt à se déchirer à la moindre traction.
On ne constate pas de dilatation régulière du calibre des bronches. La sécrétion qui remplit les canaux est identique à celle que montrait l’expectoration; un muco-pus peu lié, plus purulent que muqueux, ou plutôt un pus mêlé de stries muqueuses.
Le cœur préseute un volume normal; il est un peu gros. On observe quelques larges plaques d’athérome sur les valvules sigmoïdes, sur l’aorte et sur la face interne de la valvule mitrale.
Les reins sont hypérémiés et n’offrent pas d’autre altération. Le foie est normal, bien que peut-être un peu augmenté de volume,
Obs. II. — Mabire, âgé de 72 ans, entre à l’infirmerie des Incurables le 5 octobre 1378, salle Saint-Jean-Baptiste, n° 9.
— En passant par Vichy, Karlsbad et Trieste .
— Pour recommencer l’essai de médicaments ou de médications qui ne vous auraient pas réussi.
— Sans doute, docteur; je suis venu, attiré par la grande renommée de l’Institut et dans la conviction qu’on saura ici me trouver un traitement meilleur que les précédents.
— Eh bien, Monsieur, il nous est absolument indispensable de connaître ce que vous avez
déjà fait jusqu’à présent .
— Et comme il m’est absolument impossible pour le moment de vous satisfaire, attendu que j’ai à régler des affaires tout à fait urgentes, je vous rédigerai Une petite note sur ce que vous me demandez, avant ou immédiatement après le dîner, et j’y joindrai les ordonnances que j’ai conservées, étiquetées par ordre chronologique.
Le ton dont j’accentuai ces paroles était si décidé que le docteur comprit bien qu’il n’y avait pas à insister. Il tint néanmoins à faire une retraite honorable.
— Je regrette, Monsieur, que vous n’ayez pas quelques minutes à m’accorder, car la façon dont j’aurais procédé à votre interrogatoire aurait eu pour résultat une sérieuse économie de temps. Je vous recommanderai alors seulement de rédiger cette note avec beaucoup dé soin ; car, ainsi que je vous l’ai fait comprendre tout à l’heure, la bonne direction de votre traitement en dépend.
— Croyez bien, docteur, que je n’omettrai rien de ce que je croirai susceptible d’intéresser le professeur.
Sur ce, j’inclinai la tête et me remis à mes comptes. J’arrivai assez vite à donner une solution aux affaires les plus pressées, et je pus faire partir ma réponse à l’intendant par retour
On ne sait rien sur les antécédents héréditaires du malade, non plus que sur ses antécédents personnels. Depuis cinq ans qu’il était entré à l’asile, il ne s’était jamais plaint, n’avait jamais toussé; et le 5 octobre, quand il entre à l’inflrmerie, c’est de ses hémorrhoïdes qu’il se plaint. Il tousse aussi, surtout depuis une dizaine de jours, mais cela n’attire guère son attention.
Il est vrai que ses hémorrhoïdes sont énormes, gonflées et enflammées. L’une d’elles vient même à se gangréner et tombe au bout de quelques jours.
La toux qu’il éprouve alors devient bientôt si opiniâtre qu’elle motive l’examen de la poitrine. On découvre alors dans les deux poumons des râles inégaux et humides, mêlés d’une respiration rude et soufflante, et, dans le sommet du poumon gauche, un souffle véritable de peu d’étendue et entouré de petits râles fins et inégaux.
Des craquements humides ne tardent pas à remplacer ces râles dans le sommet gauche, et bientôt les bruits bronchiques étendus à tout le poumon gauche trahissent un ramollissement étendu à plusieurs cavités disséminées dans ce poumon. Le poumon droit devient à son tour le siège de signes physiques analogues, bien qu’on y trouve moins de gros râles et que ceux-ci soient moins diffus et moins étendus.
Enfin, après un mois et demi de traitement par l’alcool, par la digitale, par la teinture de mélisse et les potions cordiales, le malade meurt dans l’état de cachexie le plus avancé.
Son expectoration présentait d’ailleurs la même apparence que le précédent ; c’est-à-dire qu’elle était composée d’un muco-pus mal lié, ou d’une sécrétion purulente mêlée de stries muqueuses, sans stries sanguinolentes et sans fétidité gangréneuse.
L’ autopsie, faite pendant la rigidité cadavérique, fait voir le long des bronches des lésions fort analogues aux précédentes.
On ne trouve pas de liquide dans les plèvres; les poumons, au contraire, sont fortement adhérents aux parois thoraciques. Ils se montrent, à la coupe, semés de nombreuses petites cavernes contenant du pus; ces cavités s’abouchent à des bronches de troisième et de quatrième ordre; elles sont inégales, anfractueuses, renferment un pus mal lié. Dans quelquesunes, on découvre des produits caséeux ou tuberculeux, dont on rencontre aussi quelquesuns en dehors de ces cavernes et dans le tissu des poumons. Ceux-ci toutefois paraissent être en voie de transformation mélanique ou fibro-celluleuse.
Vers le sommet du poumon gauche, une caverne plus vaste et plus anfractueuse est creusée dans le poumon, et entourée de tissu manifestement infiltré de tubercules.
La muqueuse des bronches présente des ulcérations ou érosions superficielles multiples sur un grand nombre de points, sans apparence de tubercules sous-muqueux et sans aucune trace d’inflammation sous-muqueuse. Ces érosions sont surtout manifestes dans les grosses bronches, au niveau surtout de leurs bifurcations et vers les parties inférieures de la trachée. Il semble
du courrier. J’allais me mettre à rédiger la note sur mes traitements antérieurs, lorsque la cloche du dîner m’avertit qu’il fallait encore différer l’accomplissement de cette nouvelle corvée. Je me rendis donc à ma table, — section des diabétiques, — d’assez mauvaise humeur. J’y retrouvai mes partenaires de la veille, avec le même entrain de condamnés, ayant toujours l’air de vaquer à un besoin bien plutôt que de prendre un plaisir. La veille, je les étudiais avec quelque intérêt; aujourd’hui, ils me laissaient si parfaitement indifférent que je n’échangeai avec eux que les banalités obligées de la politesse la plus élémentaire. De vagues idées de révolte, une sourde colère commençaient déjà à m’agiter; mais je ne voulais pas me l’avouer, ou bien j’espérais les étouffer.
Je montai chez moi immédiatement après le dîner pour expédier la note que j’avais promise pour le directeur; mais, au lieu d’une rédaction méthodique, je me contentai d’une simple nomenclature que mes souvenirs très-fidèles me permirent d’ailleurs de faire fort complète. J’y joignis un certain nombre d’ordonnances classées par date; je remis le tout, sous enveloppe, au bureau, à l’adresse du directeur, et j’allai enfin respirer un peu plus librement sur la promenade de peupliers qui longe l’Ammer.
Là, bien certain que je ne serais pas poursuivi par quelque médecin résident, je, donnai un libre cours à mes pensées.
Je me demandai jusqu’à quel point j’avais bien fait de quitter Trieste, si gaie, si animée, pour venir dans cette espèce de nécropole consacrée à la science. A en juger par les premières vingt-quatre heures, l’existence ne promettait pas d’être bien riante dans cet Institut, avec des enquêtes qui n’en finissaient pas, des repas où régnait la plus complète froideur, et une ville très-heureusement située sans doute, mais d’un calme et d’une monotonie insupportables, et où la vie semblait graduée comme l’eau, comme l’air, comme le vase de nuit ! Où l’ennui enfin était la seule chose qui ne fût pas graduée! .
en ces points que les trousseaux fibreux sous-muqueux sont mis à nu, et leurs entrecroisements laissent entre eux de petits hiatus qui donnent à la surface ainsi altérée un aspect strié et criblé.
Le cœur, légèrement athéromateux quant à ses valvules, est sain d’ailleurs.
Le foie et les reins ne présentent rien d’anormal.
J’ai tenu à mettre sous les yeux de la Société les pièces elles-mêmes, afin qu’elle Juge du caractère des lésions bronchiques et de l’exactitude que je me suis efforcé de donner à leur description.
(La suite dans un prochain numéro.)
THÉRAPEUTIQUE
6ALICYLATE 1)E SOUDE ET BHUMATISMB
Hôte sur deux cas de rhumatisme très-grave traités par Le salicylate de soude, par M. H. Desplats, de Lille, — Cette note comprend deux observations très-intéressantes, dont voici le résumé ;
Une jeune fille de 20 ans est atteinte, pour la première fois, d’un rhumatisme polyarticulaire très-aigu. En deux jours, le salicylate de soude fait disparaître complètement les douleurs ; mais alors se montrent une série d’autres manifestations rhumatismales portant sur la peau, le cœur, le péricarde, le poumon, les plèvres et l’intestin, sur lesquelles la médication salicylée n’exerce aucune action. L’endopéricardite se transforme en affection organique du cœur, et la malade succombe à l’asystolie six mois après le début du rhumatisme.
Dans le second fait, le salicylate a fait également disparaître les douleurs; mais, pendant le cours de ce rhumatisme, est survenue une albuminurie avec complications sérieuses de pleurésie et de congestion pulmonaire. La malade finit par guérir après avoir présenté les symptômes les plus graves, dus à cette albuminurie. A ce sujet, l’auteur fait remarquer avec raison que l’ai* buminurie est un accident extrêmement rare dans le rhumatisme; et que, d’üne autre part, vu l’action prépondérante du rein dans l’élimination du salicylate de soude, ce sel n’a certainement pas dû être étranger à la production de cette complication.
Il résulte donc de ces faits que le salicylate de soude peut bien faire disparaître les douleurs du rhumatisme, mais qu'il ne fait pas disparaître le rhumatisme , et qu’il ne préserve pas des complications les plus graves.
Dans la première observation, il est même à remarquer que les complications si nombreuses, — rarement aussi nombreuses, — du côté de la peau, du cœur, du péricarde, des plèyres, du poumon, de l’intestin, sont survenues après la disparition des douleurs articu¬
le me dis cependant que je n’étais pas venu à Artzburg pour m’amuser, mais pour me guérir. Alors je réfléchis à ce qu’on m’avait fait depuis mon entrée à cet établissement. Je revis par la pensée tous ces appareils de précision, et pensant à la gêne qu’ils m’avaient infligée, je me demandai si les résultats qu’ils avaient fournis pouvaient avoir une valeur bien sérieuse. Qu’avait pour but le médecin qui m’examinait avec un soin si méticuleux? De constater de la façon la plus mathématique possible l’état et le fonctionnement de mes organes; il voulait photographier en quelque sorte ma vie végétative et ma vie de relation. Or, il était arrivé avec lui précisément ce qui arrive presque toujours chez le photographe : ce dernier vous fixé à une tige de fer, vous emprisonne le crâne dans un demi-cercle de fer, vous force à garder une position qui n’est nullement dans vos habitudes, enfin, vous impose une tournure si peu naturelle que vous en êtes tout ahuri, et qu’au lieu d’une figure simple, vraie et vivante, la photographie vous donne un air dur ou forcé ou guindé, souvent hagard, quelquefois niais. C’est une traduction traîtresse. La contrainte et la gène que j’avais ressenties pendant l’application de ces appareils avaient certainement dû paralyser la spontanéité de mouvement de mes organes, aussi bien qu’ils avaient désagréablement affecté mon moral, et ils n’avaient par conséquent pu que traduire ou reproduire un état anormal.
Tout en me faisant ces réflexions, je me reprenais à douter de l'efficacité de ce système dont je tenais cependant à faire l’essai; je regrettai de m’être engagé dans cette voie où je craignais de n’éprouver que des déceptions. Pour échapper à ce courant d’idées, j’entrai dans une brasserie, que je trouvai à peu près exclusivement peuplée d’étudiants et où ma présence parut jeter un froid instantané. J’étais évidemment considéré comme un intrus et le Dlire 5e loute ,n réunion. Je ne voulus pas jouer plus longtemps le rôle de trouble-fête, et me décidai à reprendre ma promenade et le cours de mes réflexions.
laires. On n’est sans doute pas autorisé, d’après une seule observation, à accuser le salicylate d’avoir provoqué tous ces accidents, mais on peut affirmer au moins qu’il n’a pas empêché leur production, comme quelques aüteUrs tendent à le croire.
De plus, on peut certainement accuser lé médicament de favoriser la congestion rénale et l'albuminurie quand il est administré longtemps et à haüte dose. ( Gazette hebdom. de iné.d. et chir. 0° 3, 17 janvier 1879, pages 34-36.) — U. H.
Observation d'un cas de rhumatisme articulaire aigu traité par le SaliCylàté de Solide {rhumatisme cérébral et périostite phlegmoneuse. Mort par infection purulente ), par M. ïti docteur Robërdéàu. — ■ Exemple de rhumatisme mono-articulaire du genou. Trois jours épris l’emploi du salicylate de soude, qui amène rapidement une sédatidn considérable de la douleur, on voit se produire des phénomènes cérébraux. ( Le malade, en trois jours, avait pt1 is 24 gr. de salicylate qu’il avait -très-bien supportés.)
Le rhumatisme cérébral à forme délirante, puis cdmatèüse, èSt SU rvènu pendant le et) vis de la médication salicylique; or, il s’agit de savoir si cette médication a joué un rôle, et quel rôle, dans la production d’accidents aussi grades. L’auteur dît avèÜ raison qu’on né peut Se prononcer absolument à cet égard; cependant, il est bon de faire remarquer que lé salicylate' de soude produit presque généralement des troubles des organes des sens, et peut même déterminer dû délire. De plus, l’auteur a Une tendance t‘rès-légîtimé à penser « que là médi- , cation du rhumatisme articulaire aigu par le salicylate de soude peut :favdriser lëâ accidents cérébraux par son action perturbatrice Sur les fluxions articulaires, et cela surtout; dans les cas de rhumatisme liés à une disposition diathésique et à une prédiSpositibti du mâiSdè aüx accidents nerveux. » Fort de ces considérations très-justes et irès-pràtiqùés, lè doctéiir Roherdeau donne le conseil d’emploÿér le salicylate de soude avec une grande prudence dans le rhumatisme. Or, ces réserves si sages s’adressent bien plus encore à la goutte, èn raison des complications si 'fréquentes (lésions ou troubles ^ fonctionnels) q'ùï àtteigriënt , le rèin dahs cette maladie. ( Recueil de mémoires de méd. et cicir. militaires, p. 26l, n" 184, 1878.) — H. H.
BIBLIOTHÈQUE
DICTIONNAIRE DE CHIMIE PURE ET APPLIQUÉE, comprenant la chimie organique et inorganique, la chimie appliquée à l’industrie, à l’agriculture et aux' arts, la chimie analytique, la chimie physique et la minéralogie , par Ad. Wcrtz, membre de l’Institut (Académie des sciences). — Paris, librairie Hachette et C‘e.
La seconde moitié du xix* siècle, en France, se distingue par ses publications, C’est l’époqUé des monuments littéraires et scientifiques. Au premier rang vièüëeht'éëplëèer ïe Di icïidttnafre
Quand je rentrai chez moi, vérs dix heures, favais les nerfs 'singulièrement àgacèi'p'âHè" souvenir de tous cës enregistrements, ces; mensurations, :'cés i'ttterrôgaitbires'i cet établiésement où je ne pouvais faire ' un pas, — car on m’avait naturellement muni d’un podomètre, — boire Une gorgée d’eau, pousser même un soupir,’ oui, ‘ pdUsSèr' Ün- sOupif, qUi né fût ëôntfrôlé et enregistré à l’actif bu au passif du n* 14, nie fit* Féfiré.l--d*Wnlé * ' MA maUvàiSè' hUmeUr, me disais-je, 1 Vë-ff-éllé aussi' être enregistrée? Ëdgard Foê pourrait' ëri faire le'sbjet 1 d’un conte fantastico-scientifique, le Symptôme rêp'élateür.f.'L' EU biëmqü’ëllé aille’ grossit mon dossier, ma mauvaise humeur. AU faity pourquoi' né l’enre'gistrëMièntUië pal? !
' A ce mbmënt; je me séntis de plus èn plüâ envahi pair le dëütel,‘ nnii;&bbté d’aütarrtlpltl& pénible qUe j’avëis eu une foi absolue dans Ce genre de médëcînè qui me paràiàsâit Seul ' logique, Seul digne dé 'confiance, je me dis tout à côüp : Et èï tout ‘éëlë'; n’était que de là1 fantasmagorie? Si cette prétendue précision, cë: grand dépMemënt- de mécanique n’étàit fait1’ qûe potir 'amuser lè malade, frapper son imagination, le faire ctOiré 'à üiie sÇiencé plus ^'parente que réelle, en un mot pour lui en imposer? Un mbmenl j’eus ridée1 de me sàuëer ët
d’envoyer à tous lés diables ces mécaniciens . Heureusement; ce débordement de paroles
me soulagea pôur rinstànt; et je parvins^ me calmer. Je me dis pue puisqbe j’avais1 voulu tenter une expérience de plus, il fallait la poursuivre jusqu’au bbtitï qÜ’en sbmmê', je n’étais pas très-compétent dans tout cela, et que peut-être il sortirait de cet essai un résultat inattendu. Je me disais cela en quelque sorte du bout des lèvres ët'sans' gfânde conVîCtibn: Néanmoins, je m’armai encore une fois de patience et me résignai A me prêter jUsqii’à la fin i leurs recherches expérimentales, à leur enquête qui ne pouvait d’ailleurs pas tarder à ' Allé terminée. Qüe pouvaient-ils bien, en effet, avoir encore à enregistrer avant que je m’endérme? Puis je récapitulai mentalement toutes mes sënsàtlbhs, 'je paësHl !èp réVüe tôUtes’mesl'
de la langue française, par Littré, la Nouvelle gtogra-phie universelle, par Elisée Reclus, le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, (le Dechambre, le Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, de Jaccoud, le Dictionnaire de botanique, de Bâillon l'Histoire des Plantes , par ce même professeur, le Dictionnaire de chimie, de Wurtz, etc.’ etc., etc. — Le xix* siècle, avant de terminer sa course, fait la revue des connaissances qu'ij possède et dans la création desquelles il a une si grande part, et les rassemble en un certain nombre de faisceaux magnifiques, pour les livrer aux siècles qui doivent lui succéder.
A plusieurs reprises, dans le cours de sa publication, nous avons attiré l’attention des lecteurs de I’Union Médicale sur le Dictionnaire de chimie pure et appliquée, et nous avons cherché à en faire apprécier le mérite, l’importance, et, en particulier, l’utilité pour les médecins. Aujoud’hui, l’œuvre est achevée ; son 26e et dernier fascicule est sous nos yeux. Donnons-lui un rapide coup d’œil d’ensemble. Il serait long et difficile de porter un jugement sur un travail aussi considérable, s’il prêtait le flanc à la critique. Mais, grâce au soin soutenu et à la science élevée et complète qui ont présidé à sa réalisation, il est facile de le caractériser par quelques mots.
C’est une œuvre consciencieuse, qui résume l’ensemble de nos connaissances chimiques. M. Wurtz a placé en tête du premier volume une histoire des doctrines chimiques, dans laquelle il a tracé à grands traits le mouvement des idées théoriques depuis un siècle. C’est l’hypothèse atomique de Dallon, confirmée et rajeunie par les découvertes de Gay-Lussac, par la conception d’Avogadro et d’Ampère, et plus tard par les efforts des Gerhardt, des Çannizzaro, etc., qui est le fondement théorique de ce grand ouvrage, et qui sert de guide à travers la multiplicité infinie des faits et des détails, qu’elle relie entre eux. Bien que la science chimique s’agrandisse et se transforme par un développement rapide et continu, ce fondement théorique n’a pas varié et donne à l’œuvre entière une unité et une solidité qu’on ne saurait méconnaître.
M. Wurtz a rédigé lui-même les articles qui traitent de la théorie atomique, des poids atomiques, de X atomicité. Ses distingués collaborateurs, MM. Friedel, Salet, Debray, Grimaux, Willm, Gautier, Naquet, Henninger, etc., etc., ont fourni des articles de fond sur diverses questions théoriques, telles que l 'affinité, la dissociation, Visomêrie, la chaleur, l 'électricité, la thermo-chimie , etc., etc., et sur un grand nombre de corps importants. Or, tous ces articles sont autant de monographies précieuses, où l’on trouve, non-seulement des faits groupés avec ordre, mais aussi toutes les indications bibliographiques nécessaires aux recherches.
Ajoutons que la chimie appliquée n’a pas été traitée avec moins de soin que la chimie théorique et la chimie physique. Des articles importants ont été consacrés aux industries chimiques, à la chimie agricole, etc. — Appareils, procédés, leurs perfectionnements, tout a été décrit avec les détails nécessaires, et les descriptions ont été éclairées par d’excellentes figures.
Le Dictionnaire de chimie pure et appliquée fait le plus grand honneur au professeur qui
fonctions; rien n’y manquait, tout avait été noté . Tout?... Il ne leur manque plus que de
m’envoyer maintenant quelque aimable, — appelons-la en faveur de l’endroit, — prêtresse d’Esculape, pour contrôler le degré d’énergie virile que m’a laissé la maladie. Mais j’étais bien décidé d’avance à m’épargner l’humiliation que m’aurait peut-être infligée ce dynamomètre d’un nouveau genre. Heureusement, rien ne vint justifier mes craintes. Il y eut là certainement une lacune grave dans leur enquête. Je m’endormis néanmoins dans l’attente de la prêtresse imaginaire, mais je n’en rêvai point.
Mon sommeil fut plus paisible que celui de la nuit précédente; pas de cauchemars, à peine quelques songes. Il me sembla, en effet, voir le docteur Iradio entouré d’une auréole, comme au dernier acte d’une féerie au tableau de l’apothéose ; puis ses traits s’effacèrent peu à peu, et, à sa place, m’apparurent successivement, toujours avec la même auréole, le docteur P...» de Londres, le docteur X..., de Paris, et les autres que j’avais connus.
Je fus réveillé par un des médecins résidents, encore un nouveau, car la veille je dormais si bien à pareille heure que je ne l’avais pas entendu entrer. Celui-là était chargé des analyses chimiques. Je l’entendis vaguement opérer sur la table de nuit, car j’étais encore a moitié endormi, et en me quittant au bout de quelques instants, il me dit qu’il allait remettre ces derniers renseignements au professeur. Mon dossier complet avait été rédigé dans la soirée, et le directeur n’attendait plus que cette constatation pour faire sa visite, aiih aU bout d’environ un fiuart d’heure, je vis enfin entrer dans ma chambre le célèbre professeur-directeur Von Ilumbug en personne. Je dois avouer qu’au physique, il ne répondit pas à l’idée que je m’en faisais, je ne sais trop pourquoi. A part les inévitables lunettes et une calvitie non moins inévitable, le reste des détails était l’opposé de ce que je m attendais à voir. Au lieu d’une figure un peu ascétique montée sur un torse long et amaigri.
en a dirigé l’exécution, à ses savants collaborateurs, et à la maison Hachette, qui l’a édité. C’est in des plus respectables monuments parmi ceux que j’ai signalés au commencement de cet article, et l’un des plus précieux pour les savants, qui sont nombreux dans notre grande famille médicale.
G. Richelot père.
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 2 avril 1879. — Présidence de M. Tarnier.
Sommaire. — Suite de la discussion sur les pansements antiseptiques. — Rapport.
La séance d’aujourd’hui, au point de vue de la discussion sur les pansements antiseptiques, peut se diviser en deux parties : la première, comprenant la réponse de M. Trélat à la lettre de M. Léon Le Fort relative à la revendication de priorité du principe de la réunion immédiate profonde, et la réponse de M. Lucas-Championnière aux divers adversaires ou contradicteurs du pansement de Lister; la seconde, dans laquelle M. Panas a fait l’exposition de sa propre pratique concernant le pansement antiseptique, exposition remarquable qui nous a paru faire sur l’assistance toujours nombreuse une vive impression. Nous insisterons donc, dans notre compte rendu, plus particulièrement sur le discours de M. Panas, après avoir brièvement analysé l’argumentation de M. Trélat et celle de M. Lucas-Championnière.
M. Trélat commence par déclarer qu’il ne veut élever aucune prétention à la priorité de l’idée et de l’application de la réunion des parties profondes avec les os dans les plaies d’amputation; mais il ne saurait accepter que son collègue, M. Léon Le Fort, revendique à son propre profit cette priorité. Vainement M. Le Fort allègue, comme titre, un passage du premier volume de la réédition qu’il a publiée, en 1874, du Traité de médecine opératoire de Malgaigne; un an auparavant, à l’occasion d’une communication de M. Houzé de Laulnoit annonçant à la Société de chirurgie qu’il obtenait la réunion immédiate profonde en recouvrant la surface de la section osseuse à l’aide d’une manchette de périoste, M. Trélat déclarait, séance tenante, qu’il avait depuis longtemps proposé et pratiqué ce même procédé, et que, en 1861 ou 1862, dans une amputation par la méthode de Choppart, il avait obtenu une réunion primitive complète du lambeau avec les surfaces articulaires ; d’ailleurs, bien avant lui et bien avant M. Le Fort, divers chirurgiens, entre autres Laugier et M. Broca, avaient cherché à obtenir cette même réunion primitive profonde en exerçant sur les lambeaux, au moyen d’attelles de carton ou d’autres procédés analogues, une compression destinée à favoriser leur affrontement avec l’os. M. Trélat, en pratiquant la réunion immédiate
je vis une face rubiconde, épanouie, mais s’efforçant d’être sérieuse, et ayant l’air de sortir d’un tonneau, en un mot un vrai Falstaff de presbytère. Il était escorté de trois médecins résidents, d’un privât docenten et de deux élèves, tous d’une gravité exemplaire, tous également, sauf un, armés de lunettes.
Après un salut général, très-froid, le professeur donna la parole à un des médecins résidents qui lut lentement l’observation, — je pourrais presque dire le réquisitoire, — du n° 14. Aussitôt la lecture terminée, et sans interrogatoire ni examen, le célèbre Von Humbug me déclara que j’étais diabétique et formula en latin un traitement dont prit note un des médecins et dont je ne pus retenir que le mot de Thtriacum. Là-dessus, il me fit un autre salut non moins grave que le premier et il quitta ma chambre, suivi de ses acolytes. La visite avait duré juste neuf minutes..... Il est vrai que l’instruction avait duré près de quarante-huit heures.
Je renonce à peindre ma stupéfaction dès que je vis ma porte se refermer sur le dernier de ces personnages. Je l’essayerais d’ailleurs que je n’y parviendrais pas. Ces interrogatoires multipliés et interminables, cette inquisition exercée sur tous mes organes, avec des instruments de précision très-compliqués, tout cela pour venir m’apprendra que le n° 14 est diabétique ! Je ne suis pas entré dans cet établissement pour y entendre des politesses, pour y trouver des prévenances, de l’affabilité ; on peut évidemment faire de bonne médecine sans cela et un esprit rigoureux peut considérer ces manières comme du temps perdu. Mais ce pédantisme sec et froid, qui supprime la personnalité, la sociabilité, pour ne voir que des numéros, me mettait hors de moi. Mais ce qui surpassait tout, c’était ce traitement dont je n’avais pas suivi tous les détails, à cause de la prononciation particulière du professeur, mais où la thériaque devait jouer le rôle capital. Or, j’avais assez fait connaissance, depuis le début de ma maladie, avec la matière médicale, pour savoir de quoi il s’agissait là. Ainsi done, me
profonde, quatorze ou quinze ans avant la réédition du Traité de médecine opératoire de Mal. gaigne par M. Le Fort, n’avait pas cru devoir prendre un titre écrit pour une invention déjà tombée depuis longtemps dans le domaine public.
M. Lucas-Chmpion nière s’est attaché, dans son discours, à répondre aux arguments mis en avant par les adversaires et les contradicteurs de la méthode de M. Lister. Parmi eux, à dire vrai, la méthode antiseptique ne compte, suivant lui, qu’un seul ennemi, M. Desprès, mais celui-là est un adversaire absolu, systématique, irréconciliable; tous les autres l’ont plus ou moins adoptée en principe, en ont reconnu et proclamé la grande valeur et ne lui ont fait en somme que des objections de détail. Aussi M. Lucas-Championnière, qui a relevé avec une certaine aigreur et une certaine vivacité les arguments de M. Desprès, a-t-il usé avec ses autres contradicteurs d’un ton de discussion plein de courtoisie al|iée à une grande franchise. M. Lucas-Championnière, adepte fervent et enthousiaste du pansement de M. Lister, comme nul ne l’ignore, s’est constitué, en France,, le défenseur ardent et le propagateur infatigable de la doctrine du maître. Il est heureux et justement fier de ce rôle, quoique secondaire, en quoi il fait preuve de modestie. Il se plaît à donner à Mi Lister ce titre glorieux de maître, si rare aujourd’hui, et il luiest arrivé plus d’une fois dans la discussion de rappeler en quelque sorte le Magister dixitï des disciples d’Aristote. M. Lucas-Championnière ne saurait admettre que l’on change rien à la formule donnée par M. Lister. Cette formule constitue évidemment à ses yeux un tout harmonique dans lequel chaque partie, chaque élément a son rôle, sa valeur, sa tonalité, pour ainsi dire, et il n’est pas permis de toucher à quelqu’une de ces parties sans détruire l’harmonie de l’ensemble. Toute dérogation à la règle stricte établie par le maître est une faute qui entraîne avec elle sa punition, c’est-à-dire l’imperfection des résultats obtenus parle pansement. Ainsi plusieurs des collègues de M. Lucas-Championnière, très-partisans, d’ailleurs, du pansement antiseptique, ont cru pouvoir négliger, les Uns la pulvérisation, les autres le protective , celui-ci la gaze antiseptique, celui-là la ligature au catgut; tous ont eu tort, suivant M. Lucas-Championnière, et ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes si les résultats obtenus pas eux ont laissé quelque chose à désirer. Si le pansement a produit de l’irritation, de l’érythème ou de l’érysipèle, s’il y a eu de la suppuration; si . des fistules se sont produites, si l’on a remarqué de l’odeur, si l’on a trouvé des vibrions 4 la surface de la plaie ou dans les liquides sécrétés par elle, si la proportion des succès n’a pas été assez satisfaisante, cela n’a pas été certainement la faute du pansement, mais celle des qhirurgiens qui l’ont imparfaitement appliqué.
Les collègues de M. Lucas-Championnière qui n’ont pas eu à se louer du pansement antiseptique autant que M. Lister ou que M. Lucas-Championnière, ne le doivent qu’à la faiblesse de leurs convictions ou à la défaillance de. leur foi; ils auraient certainement obtenu les mêmes succès si, plus soumis aux enseignements du maître et plus croyants en sa parole, ils avaient appliqué la méthode dans toute sa rigueur, sans y rien ajouter et sans en rien retrancher. M. Lucas-Championnière a sans cesse ramené ses contradicteurs au pied du mur du
dis-je, tous qes engins perfectionnés avaient été déployés pour en arriver à prescrire une substance connue depuis quinze cents, ans! Toute cette précision rigoureuse aboutissait à un remède des plus complexes, dans la composition duquel entrent une trentaine de plantes! Décidément je n’avais pas tort, hier soir, en me demandant si toutes ces machines, cet attirail
savant, n’étaient pas un trompe-l’œil et ne servaient pas à masquer une insuffisance notoire.,...
Eh bien, il ne sera pas dit que j’aurai été longtemps la dupe de ces artifices. Qu’ils continuent
4 cultiver tant qu’il leur plaira ce genre de médecine, s’ils le trouvent lucratif, qu’ils conti¬
nuent à. perfectionner leurs petites machines et les moyens d’en éblouir leurs clients : quant
4 moi, je ne me prêterai pas un jour de plus à leurs expériences; que jè considère comme pure mystification.....
Joignant l’exemple à la parole* je m’habillai à la hâte, je fis ma valise, et sonnant un garçon :
— Vous allez me faire lé plaisir de porter de suite cette valise à la gare. Voilà pour vous.
Comment, monsieur nous quitte déjîi?
— Faites ce que je vous ai dit.
Il avait à peine quitté l’Institut, que je le rejoignis, 1 * * 4 * * * * * * Il -
— Quand vous rentrerez à l’établissement, dis-je, au garçon, faites savoir au directeur que je suis parti parce que je m’étais trompé de maison.
Une demi-heure après, le train m’emportait daps la direction de Trieste.
Traduit de Canglais par le docteur XXX-
même argument, leur opposant la même fin de non-recevoir, les exécutant, si l’on peut ainsi dire, au tranchant de cette formule invariable et inflexible : Vous ne pouvez pas vous vanter d’avoir fait le vrai pansement de Lister, s} vous ne l’avez pas appliqué suivant toute la rigueur de la méthode ; c’est votre faute si vous avez eu des accidents ou si vous n’avez pas eu d’aussi bons résultats que M. Lister ou moi-même. Vous réussirez comme nous lorsque, animés de la même confiance et obéissant aux même règles, vous aurez acquis plus d’expérience dans la pratique de la vraie méthode antiseptique,
M. Lucas-Championnière a rappelé les brillants avantages acquis à la pratique chirurgicale depuis l’introduction du pansement antiseptique : disparition de l’infection purulente des services de chirurgie; possibilité d’exécuter avec succès des opérations jusqu’alors impossibles, à moins de faire courir aux malades des dangers de mort presque certaine, opérations telles que l’ouverture des abcès par congestion, l’ouverture des grandes articulations, etc.; modification si heureuse et si remarquable du processus de réparation et de cicatrisation des plaies; modification qui, bien plus que les résultats statistiques, toujours discutables, donne le véritable critérium de la valeur d’un pansement ; enfin, sécurité parfaite offerte au chirurgien opérateur; sécurité telle que l’on peut aujourd’hui dire avec vérité : Si les opérés meurent encore, du moins, grâce au pansement antiseptique, ils ne mourront plus désormais de l’opération.
Tel a été, résumé dans ses parties essentielles, le discours de M. Lucas-Championnière, discours peut-être un peu long, mais empreint d’une conviction chaleureuse et communicative eh faveur du pansement .antiseptique..
L’heure était fort avancée lorsque M. Panas est monté à la tribune pour apporter à son tour l’autorité de son témoignage en faveur de la méthode listérienhe, qu’il a mise, dit-il, en pratique depuis cinq ans avec un succès inespéré qui a fait de lui un partisan absolument convaineu de l’excellence de cette méthode.
M. Panas a commencé par présenter un employé du chemin de fer du Nord auquel il a pratiqué, ji y a un an, l’ouverture de l’articulation du genou pour une hydarthrose chronique, de cause traumatique, ayant amené une distension énorme de l’articulation, avec accompagnement de douleurs atroces et de fièvre. Une incision de 6 à 7 centimètres sur lès parties latérales de là rotule amena l’issue d’une grande quantité d’un liquide jaunâtre, louche, mêlé de flocons fibrineux. Le doigt, introduit par cette incision et promené dans la cavité articulaire, lui permit de constater l’intégrité des cartilages; mais là synoviale était considérablement épaissie, les franges en étaient énormes, comme polypeuses. M. Paffas a fait le pansement de Lister, se bornant à placer le genou sur un coussin, sans prendre la précaution de l’immobiliser dans une gouttière. Jusqu’au dixième jour, il ne s’est manifesté aucun signe d’irritation locale ou de réaction générale. A ce moment, un mouvement fébrile s’étant accusé, M. Panas constata, du côté opposé à l’incision, une tuméfaction fluctuante et douloureuse évidemment due à un défaut dans l’écoulement des liquides ; il pratiqua donc une nouvelle incision semblable à la première, introduisit deux drains, l’un dans l’incision interne, l’aùtre dans l’incision externe, et refit le pansement de Lister. Dès le lendemain, la fièvre tombait complètement et ne se reproduisait plus jusqu’à la guérison, qui était entièrement achevée au bout de six semaines. L’articulation avait repris ses fonctions normales, ne conservant de cette gravé maladie d’autre trace qiie les cicatrices des deux incisions. En effet, à la demande de M, Panas, j’o.pérç a pu, devant, les membres dé la Société de chirurgie, marcher et exécuter les mouvements les plus étendus de flexion et d’extension du genou, comme si cette articulation n’avait jamaisélé malade.
M. Panas a obtenu les mêmes résultats dans trois autres cas d’ouverture de l’articulation du genou pour des corps étrangers, et pour un cas d’arthrite purulente qui avait paru à plu-' sieurs chirurgiens nécessiter ^amputation de la cuisse. Sur le conseil de M. LUoas- Championnière, qui Voulut bien se charger du malade, l’articulation fut ouverte, pansée suivant la méthode de Lister, et le malade guérit parfaitement
Ainsi, voilà üiié série de cas dans lesquels l’ouverture de l’articulation du genou, opération réputée téméraire et absolument interdite auparavant dans la pratique chirurgicale, a été faîtè sans amener le moindre accident et a été suivie de la guérison complète des malades, grâce an pansement antiseptique.
Dans une série de là amputations du seip, pratiquées par M. Panas, et traitées suivant la méthode lislérienne, la guérison a été obtenue, dans tous les cas, dans un laps de temps qui a été, en moyenne, de vingt, -quatre jours qq trois semaines, taudis que le traitement à plat exige au moins six semaines.
chose remarquable l la guérison s’est constamment opérée sans la moindre complication et, surtout, sans cette complication si terrible, cause si fréquente de mort sous le pansement ordinaire, e’ëst-à-dire l’érysipèle, ce fléau redouté de tous les chirurgiens d’hôpitaux* particulièrement dans les opérations d’amputation du sein. Or, M. Panas opérait alors à l’hôpital La-
riboisière, 1 une époque où l’érysipèle y sévissait avec un# telle intensité que les chirurgien avaient renoncé momentanément à y pratiquer la moindre opération.
Depuis qu’il a mis en pratique le pansement de Lister, M. Panas a vu disparaître de son service l’infection purulente, comme l’érysipèle. « Or, dit-il, supprimer l’érysipèle et l'infection purulente chez les opérés, n’est-ce pas supprimer les deux principales causes de la mortalité, à la suite des opérations chirurgicales? »
M. Panas a obtenu des résultats non moins heureux du pansement de Lister appliqué à l’opération de la hernie étranglée dans des cas de la plus grande gravité. Tous ses opérés, au nombre de 1 h, ont complètement guéri, sauf deux, dont l’un avait un anus contre nature, et dont l’autre est mort d’un tétanos spontané, alors que la plaie de l’opération était entièrement cicatrisée.
Dans un de ces cas de kélotomie, M. Panas s’étant aperçu, après l’incision du sac, qu’il existait une perforation de l’anse intestinale, pratiqua, malgré cette redoutable complication et le mauvais état général du malade, un lavage avec la solution phéniquée et une suture de la perforation avec le catgut, rentra l’anse intestinale dans le ventre, fit le pansement antiseptique, et guérit parfaitement son malade.
Ainsi, M. Panas a obtenu, grâce au pansement de Lister, 12 guérisons, au moins, sur IA opérations de hernie étranglée, tandis que, auparavant, il était heureux quand il pouvait, à la fin de l’année, compter une proportion de 1 malade sur 2 opérés.
C’est avec juste raison que M. Lucas-Championnière a dit que l’excellence de la méthode antiseptique éclatait surtout par les résultats obtenus dans le traitement chirurgical des abcès par congestion. Ces abcès, auxquels n’osaient toucher les chirurgiens les plus éminents et les plus consommés dans la pratique de l’art, guérissent admirablement, sans la moindre complication, sous le pansement de Lister. M. Panas a été émerveillé, de la facilité avec laquelle s’opère cette guérison, jadis impossible.
Si, du champ opératoire que nous venons de parcourir, on passe dans le domaine des grandes opérations, les succès de la méthode antiseptique ne sont ni moins nombreux ni moins étonnants. M. Panas rappelle que, pendant le siège de Paris, à l’hôpital Saint-Martin, avant de mettre en pratique son pansemént ouaté, M. Alphonse Guérin perdait à peu près tous ses opérés; quelques mois après, pendant la Commune, c’est-à-dire chez des opérés placés dans les conditions hygiéniques et morales les plus déplorables, il obtenait, grâce au pansement ouaté, des résultats complètement différents; le rapport des cas de mort à ceux de guérison était complètement renversé. M. Panas a obtenu des résultats analogues avec le pansement de Lister. Il était autrefois ultra-conservateur, il est devenu aujourd’hui radical dans la pratique. Il s’est donc produit, en thérapeutique chirufgicalè, grâce au pansement ouaté et au pansement antiseptique, un immense progrès, une véritable révolution qui a changé la face de la chirurgie et qui permet de pratiquer des opérations auxquelles on n’osait songer auparavant.
Il serait donc à désirer que la méthode antiseptique fût généralisée, adoptée par l’immense majorité des chirurgiens, et pratiquée par eux en se conformant aux règles posées par l’inventeur de la méthode; jusqu’à présent, en effet, les modifications, les simplifications et les prétendus perfectionnements qu’on a voulu y apporter n’ont pas été heureux.
Adoptant les idées de M. Pasteur et les résultats de ses observations sur la présence, dans l’eau potable, de vibrions de très-mauvaise nature, M. Panas ne se sert jamais d’eau pure Hans ses pansements ; il emploie toujours l’eau additionnée d’une substance antiseptique, telle que l’acide borique, l'acide salicylique, l’acide phénique ou le chloral.
— M. Nicaise lit un rapport sur un travail adressé par M. le docteur Lenepveu, relatif à l’ ulcération des téguments dans la 'paralysie atrophique de l'enfance. Nous regrettons que le défaut d’espace nous force à nous borner à mentionner cet excellent rapport, ainsi que l’échange d’observations auquel il a donné lieu entre MM. Verneuil, Théophile Anger et Nicaise.
Dr A. Tartivel.
FORMULAIRE
Traitement des tranchées utérines. — Ernoul.
nh?HnI*d '* Se ,pr?duit des tranchées utérines après l’accouchement, et qu’elles reviennent nnfnt Piusifurs i°urs de suhe, le docteur Ernoul conseille de pratiquer à l’hypogastre ordinairempnr nio3*68 i!!aques’ c’est-à-dire dans les points où la douleur se manifeste le plus ment, un# injeetion sous-cutanée de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine.
— On peut la répéter deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures si la première n’a point réussi à abolir complètement les tranchées. — N. G.
Ephcmérides médicales. — 8 Avril 1794.
Nicolas Pascal, médecin, domicilié à Sègne (Var), est condamné à mort par le Tribunal criminel du département des Bouches-du-Rhône, « comme contre-révolutionnaire ». — A. Ch.
COURRIER
Le Comité supérieur de la protection des enfants du premier âge s’est réuni, le mercredi 2 avril, sous la présidence de M. le ministre de l’intérieur et des cultes.
Après avoir entendu divers rapports sur l’organisation de la surveillance médicale des nourrissons, le Comité s’est préoccupé des moyens de fomenter dans les départements la création de Sociétés protectrice de l’enfance.
M. le docteur Bertillon, qui avait été convoqué à la séance, a soumis ensuite au Comité ses idées personnelles sur le fonctionnement de la statistique de la mortalité du premier âge.
Le Comité a entendu cet exposé avec le plus vif intérêt, et, à la demande du ministre, il a été décidé que la question reviendrait à l’ordre du jour de la prochaine séance.
— Par décret en date du 4 avril 1879, rendu sur la proposition du ministre de l’intérieur et des cultes, M. le docteur Broca, membre de l’Académie de médecine et professeur de clinique chirurgicale près la Faculté de Paris, a été nommé membre du Comité supérieur de protection des enfants du premier âge, en remplacement de M. le docteur Laussedat, décédé.
Faculté de médecine de Montpellier. — M. Caizergues (Raymond-César-Guillaume), né à Montpellier le 30 mai 1855, docteur en médecine, est institué chef de clinique médicale à la Faculté de médecine de Montpellier, en remplacement de M. Carrieu, dont le temps d’exercice est expiré.
M. Grynfell, agrégé près la Faculté de médecine de Montpellier, est nommé, en outre, conservateur des collections de ladite Faculté, en remplacement de M. Quissac, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Faculté de médecine de Nancy. — M. Tourde, professeur de médecine légale à la Faculté de médecine de Nancy, est nommé doyen de ladite Faculté pour une période de cinq années, en remplacement de M. Stoltz, admis, sur sa demande à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
— Hergott, professeur d4accouchements à la Faculté de médecine de Nancy, est transféré, sur sa demande, dans la chaire de clinique obstétricale vacante à ladite Faculté par l’admission A. la retraite de M. Stoltz.
— La chaire d’accouchement et de maladies des enfants est déclarée vacante à la Faculté de médecine de Nancy.
Un délai de vingt jours, à partir de la publication du présent arrêté, est accordé aux candidats pour la production de leurs titres.
Faculté de médecine de Bordeaux. — M. Grégory (Walter), né le 15 février 1854 à Caudéran (Gironde), est nommé prosecteur à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux.
— Sont chargés des fonctions de maître des conférences à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux :
MM. Périer, chargé des fonctions d’agrégé à ladite Faculté. — Conférences de toxicologie ;
Caries, chargé des fonctions d’agrégé à ladite Faculté. — Conférences de chimie et de pharmacie.
— M. Négrié, docteur en médecine, est chargé d’un cours annexe de clinique médicale des maladies des enfants à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux.
M. le docteur Bitot est chargé d’un cours annexe de clinique chirurgicale des maladies des enfants à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux.
Faculté de médecine de Lyon. — M. Weill (Edmond), né le 8 février à Haguenau (Bas- Bhin), est nommé chef des travaux histologiques (laboratoire de M. Lépine), à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lyon, en remplacement de M. Vesselle, démissionnaire.
Ecole de plein exercice de médecine et de pharmacie de Nantes. — M. Audrain
(Armand-Maurice) est nommé préparateur de physique et d’histoire naturelle â l’École de plein exercice de médecine et de pharmàcre de Nantes, feu remplacement de M. Barbin démissionnaire.
— M. Bellouard (Viétotj est nommé second aide d’anatomie à l’École de plein exercice de médecine et de pharmacie de Nantes (emploi nouveau).
ÉepLE DE PLEIN EXERCICE DÉ MEDECINE ET DE PHARMACIE DE MARSEILLE. — Un COUCOUrs
pour un emploi de suppléant dés chaires dè sciences naturelles s’ouvrira, le 3 novembre 1879, à l’École de plein exercice de médeeine et de pharmacie de Marseille.
Le registre d’inscription sera clos UQ mois avant l’ouverture dudit concours.
École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Angërs. — La chaire de chimie appliquée à la médecine et à la pharmacie de l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Angers, prend le titre de chaire de chimie et de toxicologie.
La chaire, d’histoire naturelle et matière médicale dé jà même École prend le titre de chaire d'histoire naturelle.
La chaire de pharmacie et toxicologie prend le titre de chaire de pharmacie et matière médicale*
La chaire de thérapeutique prend le titre de chaire d'hygiène et thérapeutique.
ADMIdlSThATlON GÉNÉRALE DE L’ ASSISTANCE PUBLIQUE À PARIÉ. — Concours public pour la nomination à deux places de chirurgien au Bureau central d’admission dans jes hôpilaüx et hospices civils de Paris.
Ge concours sera ouvert le lundi 12 mai 1879, à quatre heures, è F Hôtel-Dieu, ,
MM. les docteurs qui voudront concourir se feront inscrire au secrétariat général de l’administration de l’Assistance publique, de midi à ti’ois heures, et y déposeront leurs titres. Le registre! d’inscription des candidats sera ouvert le jeudi 10 avril 1879', et sera clos définitivement le samedi 26 avril, à trois heures.
— M; le docteur Emile Bourgarel, ancien interne des hôpitaux de Paris, ancien médecin
consultant à Vais, est nommé médecin-inspecteur des eaüx de Pierrefonds. , .
^TécRGlciGîé. — On écrit dé foulon, le $ avril :
« Le corps de M. Toir, aide-médecin, mort victime de là catastrophe d© l'Arrogante^ a été retrouvé hier, à onze heures et demie du matin, au Gannier, presqu’île de Bepet. . < ^
«Le séjour prolongé è la mer avait rendu les restes de M. Toir. méconnaissables, L’i^futité .de cet officier a été établie par la marque de son linge et une. bague ornée d’un diamant qu’il portait à son doigt.
« La canonnière de Saint-Mandrier, pavillon en berne, a amené' aujourd’hui à quatre heures, sur le quai, le cercueil de M. Toir. Une foule immense l’attendait, ainsi que M. l’archiprètre Tortel, » lg ^tç du clergé de la cathédrale, où les honneurs funèbres lui ont été rendus.
« Le vice-amiral de Suryille, le major-général, le directeur du service de la santé ét le commissaire général faisaient partie du cortège, où l’on remarquait ün grand nombre dvoffi- Ciers supérieurs de la marine pt de l’armée, et tout le corps médical. Deux discours ont été prononcés. »
ft&çjÉTÉ MÉDiftAup DES Bure Aï x pe bienfaisance. — JLa Société rqédicale des Bureaux de bienfaisance tiendra sa prochaine séance mercredi 9 avril, iyhpit heures précisés du soir, à l 'administration de l'Assistance publique .
Ordre du jour ♦ 1° Élections de membres titulaires et d’associés libres nationaux. — 2° Compte rendu des élections du 23 mars. — 3B Du meilleur mode dè nomination des médecins adjoints des Bureaux de bienfaisance.
Etat sanitaire de la ville de Paris. — Population (recensement de 1876) i 1,988,800 habitants,— Pendant la semaine finissant le 3 avril 1879, on a constaté , 1,297 décès, savoir :
Variole, 82. — Rougeoie, 29. «- Scarlatine, S» — Fièvre typhoïde, 39. — Érysipèle, 7. - Bronchite aiguô, 76. — Pneumonie, 109. — Dysenterie, 1. — Diarrhée cholériforme des enfants, 6. — Angine couenneuse, 28. — Group, 21* — Affections puerpérales, 3. nr. Autres affections aiguës, 306. — Affections chroniques, 565. — Affections chirurgicales, U 6. — Causes
accidentelles, 29.
' Le gérant, fllCHELOT.
Pari». — Typographie Félix Maitbsth et G», tue des Ûeux-Porles-^altit-Saüveiir, 22-
Jeudi 10 Avril 1879
BULLETIN
SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
M. Tillaux a été élu membre de l’Académie de médecine, dans la section d’anatomie et de physiologie, par 61 voix sur 71 votants. Cette belle majorité, une des plus éclatantes et des plus rares qu’il ait été donné à un candidat académique d’obtenir, montré à la fois le mérite du nouvel académicien et la sympathie universelle si justement acquise qui s’attache à sa personne. M. Tillaux n’a pas eu à forcer les portes de l’Académie, elles se sont ouvertes d’elles-mêmes devant lui lorsqu’il s’est présenté, portant sous son bras sou beau Traité d’anatomie topographique , récemment publié par la maison Asselin.
Celle même librairie (c’est M. Lasègue qui nous l’a annoncé dans cette séance)
. va offrir à la fin du mois, au public médical, une réimpression du Traité, d'auscultation de Laënnec. Les diverses éditions de celte œuvre grandiose, si parfaite que, depuis son ..apparition, les progrès de la science n’y ont guère introduit que d’insignifiantes modifications de détail, étaient depuis longtemps complètement épuisées. Une réimpression était devenue nécessaire pour l’honneur de la science médicale française, qui ne doit pas laisser périr un de ses plus magnifiques monuments, et pour l'instruction des générations nouvelles dont l’immortel inventeur de l’auscultation doit continuer d’être le phare et le guide. M. Bardoux, l’ancien ministre de l’instruction publique, dont le zèle pour les intérêts sacrés de la science ne le cédait en rien à celui du grand-maître actuel de l’Université, ce qui n’est pas peu dire, avait compris cette nécessité; il avait fourni les fonds indispensables et avait confié à M. Lasègue le soin de surveiller cette réimpression. Elle est maintenant, terminée, et M. Lasègue annonce a l’Académie qu’une centaine d’exemplaires de cet ouvrage, tirés à part et plus luxueusement édités, seront mis à la disposition de ceux de ses membres qui voudront bien souscrire à cette publication. Avant la fin de la séance, la feuille de souscription, déposée par M. Lasègue sur le bureau de l’Académie, était naturellement couverte de signatures. Le tirage à part était enlevé d’avance et complètement épuisé.
Un honorable confrère de la province, M. le docteur Fredet (de Clermont- Ferrand), a lu un travail intéressant intitulé : Note sut V épistaxis à forme épidémique . L’auteur de ce travail a eu, dit-il, occasion d’observer cette forme grave
FEUILLETON