II. Petit
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 8 avril 1879.— Présidence de M. Richet.
CORRESPONDANCE OFFICIELLE
M. le ministre de l’agriculture et du commerce transmet :
1' Les comptes rendus des maladies épidémiques observées dans le département de la Marne en 1878.
2° Les rapports de MM. les médecins-inspecteurs des eaux minérales de Brides-les-Bains, Saint- Amand et Digne.
Là correspondance non officielle comprend un pli cacheté adressé par M. le docteur Millet- Carpentier, de Montécouvé. (Accepté.)
M. Bergeron présente, au nom de M. Simonin, un volume intitulé : De l’emploi de l’éther sulfurique et du chloroforme à la clinique chirurgicale de Nancy.
M. Giraud-Tedlon présente, au nom de M. le docteur Brière, du Havre, une brochure intitulée : Communications ophtalmologiques; sur l'emploi du siphon dons les ophtalmies purulentes.
M. Larrey présente, au nom de M. le docteur Bertherand, d’Alger, une brochure intitulée : L'arenaria rubra dans la gravelle et le catarrhe vésical.
M. Berndtz présente, au nom de M. le docteur Albert Puech, une brochure intitulée : tes médecins d’autrefois à Nîmes.
M. Panas dépose sur le bureau, au nom de M. Martin, une brochure intitulée : Les médecins à l’Exposition universelle de 1878.
M. Lasègue dépose sur le bureau une feuille sur laquelle les membres de l’Académie sont invités à souscrire à la réimpression du Traité d'auscultation de Laënnec.
L’Académie procède, par la voie du scrutin, à l’élection d’un membre titulaire dans la section d’anatomie et de physiologie.
La commission, par l’organe de M. Marc Sée, propose : En première ligne, M. Tillaux; — en deuxième ligne, ex æquo, MM. Mathias Duval et Polaillon ; — en troisième ligné, M. Cadiat; — en quatrième ligne, M. Richet.
Le nombre des votants étant dî 71, majorité 36, M. Tillaux obtient 61 suffrages, M. Polâillon 7, M. Mathias Duval 1, M. Cadiat 1 ; il y a un bulletin blanc.
En conséquence, M. Tillaux ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé membre titulaire de l’Académie.
M. le docteur Frédet, de Clermont-Ferrand , lit un travail intitulé : Note sur l'épistaxis à forme épidémique. En voici les conclusions :
1° L’épistaxis peut revêtir le caractère épidémique ;
2° Elle peut accompagner ou suivre l’âpparition de fièvres intermittentes ou d’autres accidents épidémiques ;
3° Dans ces conditions, cette hémorrhagie peut être considérée comme grave, assimilée à une fièvre larvée pernicieuse et traitée comme telle ;
li° La succession des faits que je viens de relater permet d’admettre comme cause de l’épidémie de fièvre typhoïde, de fièvre rémittente et intermittente, suivies d’épistaxis grave, une intoxication miasmatique produite par les émanations qui se sont dégagées des terres des rues imprégnées de matières organiques ou d’effluves insalubres.
M. Verneuil fait une communication sur les rapports de la phosphaturie avec certaines affections chirurgicales.
Le savant chirurgien rappelle d’abord que M. Téissier fils, de Lyon, dans sa thèse soutenue en 1876 sur le diabète phosphatique, avait réservé tout un chapitre de ce travail important à l’étude des rapports de la phosphaturie avec les affections chirurgicales. Il avait noté la curieuse coïncidence des diverses affections oculaires, de la cataracte en particulier, avec lè nouveau diabète qu’il introduisait dans le' cadre nosologique, et il relatait en outre, dans sa thèse, l’observation de trois phosphaturiques chez lesquels l’extraction de la lentille cristalline, faite cependant avec toute l’habileté désirable, avait été suivie dé: résultats désastreux.
M, Teissier avait aussi montré, dans , ce même travail, l’influence de la phosphaturie sur le cal des fractures. Malheureusement, il; touchait très-légèrement Ce point, et ne rappelait qu’en passant les recherches déjà anciennes sur l’excrétion exagérée des phosphates dans le rachitisme et Pogtéo-malacie.
Ces, faits avaient frappé M. Verneuil, et son attention portée sur ce point lui a fait découvrir des cas nouveaux qu’il n’hésite pas à rapporter, à la même cause.
En 1877, il avait opéré, dans les environs de Paris, une dame jeune encore, d’un simple fibrome cutané, du volume d’une noix, siégeant à la partie postérieure de la cuisse, et dont l’ablation avait été courte et facile. Cependant, les suites de cette petite opération furent des plus gravés, et la malade fut mise en péril d’abord par une hémorrhagie extrêmement abondante, ensuite par un phlegmon diffus profond .de la çuipe. La malade se rétablit lentement, la plaie mit environ six ou sept semaines à se cicatriser, et la malade ne revint à son état normal qu’au bout de cinq ou six mois après cette minime opération. L’analyse des urines révéla une quantité énorme de phosphate terreux.
M. Verneuil cite encore trois autres faits qui lui paraissent établir un rapport entre le diabète phosphatique et certaines affections du squelette. Il s’agit d’individus chez lesquels l’existence d’un diabète phosphatique a coïncidé avec une fragilité telle du tissu osseux, que des fractures se sont produites par la simple contracture musculaire, et d’autres chez lesquels la même cause a paru retarder beaucoup la consolidation des fractures.
M. Verneuil conclut de ces faits, ajoutés à ceux déjà, signalés dans la thèse de M» Teissier, que dorénavant le dosage des phosphates éliminés par lés urines doit entrer dans le domaine de la pratique.
En effet, si peu nombreuses encore qu’elles soient, et si malaisée que reste leur interprétation, les observations précédentes permettent d’affirmer les rapports qui existent entre la phosphaturie et les affections chirurgicales.
Déjà il paraît démontré que le diabète phosphatique influence défavorablement lé travail réparateur dans les plaies accidentelles et chirurgicales, et le pervertit à la manière du diabète sucré. Mais il semble surtout nécessaire de faire, dans l’histoire générale de la: phosphaturie, un grand chapitre à part consacré à l’étude des affections des os considérées comme causes ou effets de l’élimination exagérée des phosphates.
Les ébauches qu’on trouve dans la science sont absolument insuffisantes. La surcharge
phosphatique des urines dans le rachitisme et l’osléo-malacie est signalée, mais d’une façon sommaire, sans qu’on dise laquelle, de l’altération des urines ou de la lésion du squelette, a ouvert la (marche, ou qu’on décide si les os.se sont ramollis parce que les phosphates terreux ne leur sont plus parvenus en quantité suffisante, ou parce qu’ils les ont rendus malencontreusement par désassimilation forcée.
. Tout porte à croire que la phosphaturie implique la fragilité des os, même en l’absence de rachitisme ou d’ostéo-malacie, mais ce n’est là qu’une hypothèse vraisemblable, Il est permis également de supposer que la non-consolidation des fractures reconnaît parfois, pour cause un déficit dans les phosphates terreux, mais ce déficit n’a jamais été démontré par l’examen chimique des urines. Beaucoup de chirurgiens donnent le phosphate de chaux en cas de pseudarthroses ou de maladies du squelette, mais ils se laissent guider plutôt par une idée rationnelle que par la constatation formelle d’une indigence primitive ou d’une élimination exagérée du sel susdit.
S’il est logique de penser que les affections d’un organe ou d’un système jettent dans le sang ou lui soutirent certains matériaux constituants qui caractérisent au point de vue chimique cet organe ou ce système, tout indique que les affections obscures tant soit peu étendues, modifieront la crase phosphatique, et que l’écho de cette modification retentira jusque dans la composition des tissus. Réciproquement, comme il est avéré que le défaut, aussi bien que l’excès dans notre économie, d’un principe immédiat quelconque constitue une influence pathogénique des plus puissantes, il est certain qu’on découvrira des affections osseuses reconnaissant pour cause directe le défaut ou l’excès des phosphates.
De quelque côté qu’on se tourne, on voit donc de nouvelles recherches à entreprendre et d’intéressants problèmes à résoudre.
M. Gosselin, à l’occasion de l’intéressante communication de M. Verneuil, dit qu’il n’a jamais observé, dans sa pratique, de non-consolidation des fractures. Il n’a constaté que des retards plus ou moins prolongés delà consolidation. Il est heureux de voir que la phosphaturie ne fait pas exception à cette règle, et qu’avec des soins convenables il est toujours possible, même dans ce cas, d’arriver à la consolidation des fractures.
M. Colin dit que l’observation sur les animaux conduit à des résultats opposés à ceux que M. Verneuil vient de signaler sur l’homme. En effet, on a remarqué que l’ostéo-clastie qui sévit sur les ruminants, et, en particulier, sur la vache, dans les pays où le sol est surtout constitué par des terrains calcaires, on a remarqué, dit M. Colin, que l’ostéo-clastie coïncide avec un excès de sels de chaux dans les os de ces animaux.
Quant au fait de retard dans la cicatrisation de la plaie de la malade dont M. Verneuil a parlé au début de sa communication, M. Colin ne comprend pas comment elle pourrait être attribuée à l’influence de la phosphaturie.
M. Verneuil renvoie M. Colin, en cè qui concerne sa première objection, à la thèse de M. Bouley fils, qui a étudié la fragilité osseuse comparativement chez l’homme et chez les animaux, et dont les résultats ne sont nullement contradictoires à l’opinion soutenue par M. Verneuil.
Quant à la seconde objection de M. Colin, qui déclare né pas comprendre pourquoi oh attribuerait à la phosphaturie le retard de la cicatrisation des plaies chez les nialades atteints de cette maladie, M. Verneuil y répond en faisant observer que l’on ne comprend pas davantage l’influence défavorable que l’alcoolisme et la glycosurie exercent sur le travail de cicatrisation des plaies, influence admise cependant aujourd’hui par tous les chirurgiens.
M. Bouley aurait quelque chose à répondre à ce que M, Colin a dit relativement à l’osléoclastie des ruminants ; mais, comme il n’a pas présents à l’esprit les documents qui concernent cette question, il demande à faire cette communication dans la prochaine séance.
M. Dürand-Fardel croit devoir relever, dans là communication de M. Verneuil, la proposition dans laquelle son savant collègue déclare ne pas savoir pourquoi, dans le diabète sucré, les plaies ne se cicatrisent pas, ou se cicatrisent mal. M. Durand-Fardel pense que be phénomène est dû à une sorte d’intoxication du sang par la glycose, intoxication qui retentit dans tout l’organisme et place les tissus dans des conditions défavorables à la réparation normale. Il en serait ainsi, suivant lui, dans la phosphaturie.
M. Armand Moreau lit un travail intitulé : Expériences relatives h L'action physiologique des sulfates de soude et de magnésie. En résumé, il résulte des expériences de M. Armand quoJi la présence de solutions de sulfates de soude ou de magnésie dans l’intestin aonn lieu a des phénomènes d’absorption manifeste au début de l’action; puis bientôt la
sécrétion et l’exhalation se produisent de plus en plus, et toute absorption disparait. On n’èst donc pas autorisé à admettre dans cette seconde période un double courant ; au contraire, l’anse intestinale, dans ces conditions, est comparable à une glande qui sécrète sans absorber.
M. Colin dit que les expériences de M. Armand Moreau n'ont rien de nouveau. Pour sa part, il y a vingt ans qu’il en a fait de semblables. Seulement il les a faites sur le cheval, qui se prête bien mieux que le chien à de pareilles expériences. Il formait deux anses intestinales, chacune d’ün mètre de long, qu’il étreignait entre deux ligatures. L’une recevait, par injection, une quantité déterminée de solution saline ; l’autre ne recevait rien.
Les liquides fournis par les deux anses étaient examinés comparativement. Les résultats de l’analyse ont montré que, dans les cas où la muqueuse intestinale reste saine, il y a à la fois exhalation et absorption. Si M. Armand Moreau a obtenu des résultats différents, c’est qu’il s’est placé dans les conditions les plus défavorables en provoquant l’irritation dé la membrane muqueuse intestinale, car une muqueuse irritée et gorgée de sang n’absorbe plus.
M. Colin se résume en disant que ce qu’il y a de bon dans les expériences de M. Moreau n’fest pas nouveau, et que ce qu’il y a de nouveau est mauvais.
M. Moreau ne croit pas devoir, quant à présent, répondre aux objections de M. Colin contre ses expériences. Il le fera plus tard, s’il y a lieu.
— : La séance est levée à cinq heures.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
Séance du 10 janvier 1879. — Présidence de M. IIerviecx.
SOMMAIRE. — Discours de M. Labric, président sortant. Discours de M. Hervieux, président pour l’année 1879. — Correspondance. — Rapport de M. Dieulafoy, sur la candidature de M. Vergely, de Bordeaux, au titre de membre correspondant. — Présentation de pièces relatives à un cas d’embolie de l’art'ere poplitée, survenue dans le cours d’une affection organique du cœur, par M. Duguet. — Communication de M. Bail relative à certaines préparations de pepsine. Discussion : M. C. Paul.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. Labric, président sortant, prononce devant la Société l’allocution suivante :
Messieurs et chers collègues ,
Vivant de quitter le fauteuil delà présidence, je veux encore vous exprimer toute ma reconnaissance pour le grand honneur que vous m’avez fait en me chargeant de diriger vos travaux pendant le cours de l’année qui vient de s’écouler.
Je garderai précieusement le souvenir de la haute confiance que vous m’avez témoignée.
Nos séances ont été fort suivies, et les communications qui ont été faites ont présenté le plus grand intérêt. La commission que vous avez nommée pour étudier la question d’isolement des maladies contagieuses dans les établissements hospitaliers s’est réunie fréquemment; elle a déjà rassemblé de nombreux documents, ils serviront à rédiger le rapport qui, je l’espère, pourra vous être présenté cette année et qui, certainement, sera l’occasion d’une discussion des plus instructives.
Je remercie, en terminant, tous les membres du bureau qui ont bien voulu m’aider de leur gracieux concours, et tout particulièrement notre secrétaire général, dont le dévouement aux intérêts de notre Société est au-dessus de tout éloge.
Je souhaite la bienvenue à mon cher successeur.
M. Hervieüx, président pour l’année qui commence, succède à M. Labric et prononce le discours suivant :
En remerciant mes très-honorés collègues de m’avoir appelé par leurs suffrages à l’honneur de les présider, je ne remplis pas seulement un devoir qui m’est imposé par la traditon et par les convenances les plus élémentaires; je rends hommage à une Société que son origine, sa composition spéciale, la source élevée où elle se recrute, ses travaux marqués au coin de l’observation clinique la plus sévère, placent au premier rang parmi les Sociétés savantes. Et ce n’est pas, Messieurs, vous le savez, un éloge banal que je vous adresse; ce n’est pas d’un encens grossier que j’use pour acquitter ici la dette de ma reconnaissance, c’est une vérité indiscutable que j’exprime, vérité que l’avenir se chargera de rendre encore plus éclatante.
Il en est des Sociétés savantes comme des savants eux-mêmes. Elles ont leurs destinées, habent sua {ata. Or, il n’est pas difficile de prévoir celles qui sont réservées à notre Société. Pour établir ce pronostic, il faut considérer deux choses essentielles ; ce qu’elle a, cette Société, et ce qu’elle n’a pas.
ce qu’elle a, Messieurs, c’est une phalange serrée de cliniciens préparés, par les rudes épreuves du concours, aux études austères de l’hôpital ; c’est le plus vaste champ d’observation clinique qui existe au monde; c’est un esprit pratique qui ne l’abandonne jamais, ni dans les discussions théoriques les plus transcendantes, ni dans les investigations les plus délicates du laboratoire; c’est, enfin, le sentiment de la probité scientifique et de l’honneur professionnel porté à sa plus. haute puissance.
Ce qu’elle n’a pas, et ce qu’elle obtiendra tôt ou tard, parce que quand on mérite on finit toujours par obtenir (chacun de vous, Messieurs, le sait de reste), ce qu’elle n’a pas, dis-je c’est une notoriété qui soit en rapport avec l’importance de ses travaux. Sans doute, cette notoriété est déjà grande; mais je la veux plus grande encore. —Ce qu’elle n’a pas, c’est une situation financière qui lui crée l’indépendance; c’est enfin sa reconnaissance comme établissement d’utilité publique, reconnaissance qui l’investira du droit d’avoir une individualité, de vivre de sa vie propre, de recevoir des legs, de posséder enfin des ressources financières susceptibles de s’accroître, comme s’est accrue chaque jour sa fortune scientifique. Tels sont du moins, Messieurs, les souhaits de bonne année que forme pour votre Compagnie celui que vous avez bien voulu hausser jusqu’au fauteuil de la présidence.
Qu’il me soit permis, en terminant, d’adresser des remerciements à M. Labric, qui a su imprimer à sa présidence un cachet tout particulier de modestie bienveillante et d’aménité patriarcale; à M. le Secrétaire général, dont les comptes rendus trimestriels ont acquis une popularité si légitime; à MM. les Secrétaires particuliers, si habiles à retracer la physionomie de nos séances et à en reproduire les débats, et enfin à M. le Trésorier, qui a su, par des miracles d’équilibre, maintenir à flot notre barque financière, cette barque dont on pourrait dire, comme du vaisseau de la ville de Paris : Fluctuai, nec mergitur.
Correspondance imprimée : De la 'propagation de la fièvre intermittente, par M. Lecadre, du Havre. — Discours de M. Delasiauve à la distribution des prix des enfants de la division des aliénées et aux élèves adultes du gymnase.
M. le Secrétaire général présente à la Société un travail de M. le docteur Lecadre, du Havre, intitulé : L’année 1877 au Havre, considérée sous le rapport de la statistique des naissances, des mariages, des décès, et aussi de la constitution météorologique et médicale. Contribution a C histoire de la phthisie pulmonaire, et s’exprime ainsi :
Je’ ne saurais trop vivement attirer l’attention de la Société sur ce dernier travail, aussi remarquable par le fond que par la forme; remarquable encore en ce qu’il fait partie d’une série par laquelle ce savant médecin constitue l’histoire épidémiologique de la ville du Havre. De semblables travaux ne sauraient être trop hautement loués , et je saisis cette occasion de donner à M. Lecadre le vif témoignage de notre estime commune.
M. Diedlafoy lit un rapport sur la candidature de M. Vergely, de Bordeaux, au titre de membre crrrespondant :
Messieurs, M. le docteur Vergely, médecin des hôpitaux de Bordeaux, agrégé à la Faculté de la même ville, sollicite de vous le titre de membre correspondant de votre Société.
A l’appui de sa candidature, M. Vergely a l’honneur de vous présenter un travail sur lequel vous m’avez chargé de faire un rapport.
Le travail de M. Vergely est basé sur l'emploi du chloroforme dans les affeclidns du cœur. Le titre de ce travail prouve déjà quelles doivent être son importance et son intérêt. En effet, au sujet de l’administration du chloroforme, deux opinions contraires ont été émises; la première qui jusqu’ici, il faut le dire, a réuni' le plus grand nombre de partisans, c’est que le chloroforme doit être prohibé chez les gens qui ont une lésion cardiaque ; à ce point que chez les malades destinés à subir une opération, la lésion cardiaque devient une contre-indication formelle de l’administration du chloroforme.
L’autre opinion, d’après laquelle le chloroforme est un agent utile dans les affections du eœur, compte encore peu de partisans, et la raison, c’est que cette médication, peu expérimentée, peu connue, n’a véritablement été formulée d’une façon nette et précise que depuis les recherches de M. Vergely.
Que veut prouver M. Vergely? Il veut prouver :
l* Que les maladies du cœur ne sont pas une contre-indication formelle à l’emploi du chloroforme ;
2* Que le chloroforme est un sédatif efficace contre les accès de douleurs thoraciques avec dyspnée et palpitations qui se montrent dans le courant des affections cardiaques ou cardioaortiaues : 1
3° Que le chloroforme doit être administré avec prudence et en ayant soin de ne laisser pénétrer que lentement dans les voies respiratoires un mélange d’air et de chloroforme.
Ce travail est divisé en quatre parties. Les trois premières parties sont consacrées aux réflexions générales et aux observations cliniques; la quatrième partie est réservée aux réflexions, à la critique pour ainsi dire du traitement.
La première observation est fort intéressante, elle a trait à pn malade atteint d’hypertrophie cardiaque avec aortite chronique et angine de poitrine. Les accès de dyspnée alternaient avec des acccès d’angoisse et de douleur; les médications les plus variées avaient été employées, on avait mis en usage les purgatifs drastiques, le régime lacté, les préparations de digitale; on avait administré l’aconit, la vératrine, etc., sous forme de potion, le chloroforme et la morphine. Certaines de ces médications avaient eu un succès passager, notamment les purgatifs drastiques, mais les crises reparaissant'plus violentes et plus tenaces, M. Vergely eut recours aux inhalations de chloroforme.
On versait par cuillerées à café du chloroforme dans un mouchoir et le malade respirait lentement les vapeurs de l’anesthésique. Ces inhalations étaient toujours suivies de calme, de repos et même de sommeil, et jamais aucun accident ne s’est produit. Le malade demandait lui-même avec insistance le chloroforme à chacun de ses accès, et pendant deux mois, il a pris chaque jour, en inhalations, 200 grammes de chloroforme environ, ce qui donne 6 kilogrammes de chloroforme en soixante jours.
Je n’insiste pas sur tous les détails de cette intéressante observation, dont je viens de donner le résumé. -
La seconde observation concerne une malade atteinte d’insufflsance et rétrécissement de l’orifice mitral avec hypertrophie cardiaque, accompagnés de palpitations violentes et d’accès de dyspnée, auxquels se joignaient de véritables accès hystériformes.
Chez cette malade, les inhalations de chloroforme furent associées à de faibles injections de chlorhydrate de morphine, avec un succès non douteux, et avec la même innocuité que dans le cas précédent.
Dans la troisième observation, il est question d’une malade atteinte d’une double lésion de l’orifice aortique avec aortite chronique et angine de poitrine. Plusieurs fois les inhalations de' chloroforme furent employées chez cette malade, mais il fallut renoncer à la médication, à cause du malaise que laissait après lui le chloroforme.
Ces différentes observations sont suivies de remarques et de réflexions fort judicieuses de la part de l’auteur :
1° Le chloroforme a pu être administré chez des personnes atteintes d’affection cardiaque sans causer d’accidents promptement mortels.
2° Ce médicament, employé avec prudence et avec discernement dans les accès d’angine de poitrine, dans les accès de palpitations, peut, soit employé seul, soit combiné avec la morphine, devenir une ressource thérapeutique très-ütile pour enrayer ces redoutables accidents.
Dans les recherchés bibliographiques qu’il a faites en France et à l’étranger, M. le docteur Vergely a rencontré quelques essais, quelques hypothèses, quelques théories, mais jamais la médication n’avait été largement expérimentée et nettement formulée.
M. Vergely, dans cette partie de son travail, étudie le mode d’action de l’anesthésique et se demande si le chloroforme agit sur le cœur par l’intermédiaire du sang, ou bien par une action directé sur les centres nerveux; ce point de doctrine n’est pas suivi de conclusions.
En résumé, M. Vergely est complètement d’accord avec les auteurs du remarquable article intitulé Cœur, du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.
MM. Potain et Rendu disent en effet, à propos de l’insuffisance aortique, que la prédominance des symptômes dyspnée et douleurs nécessite une médication spéciale, et que les inhalations de chloroforme rendent alors service.
M. le docteur Vergely est l’auteur de plusieurs travaux très-justement appréciés dont il a fait hommage à la Société dans la dernière séance, la position honorable qu’il occupe dans le Corps médical de Bordeaux, ses titres de médecin des hôpitaux de cette ville et d’agrégé de la Faculté, le recommandent à toute votre bienveillance et à votre intérêt.
J’ai donc l’honneur de vous demander : 1° de renvoyer le travail de M. Vergely au comité de publication; 2° de proposer à l’élection M. Vergely dans une des séapces suivantes, conformément au règlement sur la matière.
Les conclusions du rapport de M. Dieulafoy sont mises aux voix et adoptées.
M. Duguet présente des pièces relatives à un cas d’embolie de l’artère poplitée survenue dans le cours d’une affection organique du cœur. (Sera publié.)
M. Ball fait une communication relative à certaines préparations de pepsine contenant de la belladone. (Sera publiée.)
M. C. Paul fait remarquer qu'il existe une pepsine amylacée, une pepsine opiacée et d’autres encore, mais il ne connaît pas de pepsine belladonée.
— La séance est levée à cinq heures.
* Le secrétaire, Dhgüet.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du 28 décembre 1878. — Présidence de M. Géut.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
A l’occasion du procès-verbal, M. Gillebert Dhercourt père demande la parole et s’exprime ainsi :
Messieurs, veuillez me permettre de vous donner des nouvelles du malade dont je vous a parlé dans la dernière séance. Mais, auparavant, je dois satisfaire aux demandes qui m’ont été faites par plusieurs de nos collègues relativement à la forme de l’instrument vulnérant et à l’état de la prostate.
L’instrument vulnérant se compose d’une tige de fer, ayant environ 6 millimètres de diamètre; elle est aplatie à son extrémité libre, qui a la forme d’un octogone tronqué, dont' le bord supérieur a 17 millimètres de longueur sur 1 millimètre et dem} d’épaisseur ; il n’est donc pas précisément tranchant. Cette extrémité aplatie a 21 millimètres dans sa plus grande longueur; à son centre, elle est percée d’un trou qui donne passage au fil de fer, dont la courte branche s’abaisse et s’enroule aûtour de la tige. Du sommet de Cette tige audit. trou, il y a environ 6 millimètres. Le dessin que j’ai l’honneur de vous montrer rend ces dispositions évidentes. Après l’accident, la longue branche du fil de fer avait été légèrement forcée et abaissée brusquement à partir de la tige, qui ellë-même avait été ébranlée et légèrement inclinée vers le sol par le Çhoc et par le poids du corps de M. D... Il est évident encore que, sans la présence du fil de fer, la tige aurait pénétré dans les tissüs plils profondément qu’elle ne l’a fait. Quoi qu’il en soit à cet égard, elle a dû blesser quelques filets nerveux appartenant soit aux nerfs hémorrhoïdaux, soit au rameau inférieur du nerf honteux, qui se jettent dans les muscles releveur et sphincter de l’anus. Cette supposition, autorisée par le siège; de la blessure, me semble d’autant plus fondée que, aussitôt après l’accident, M. D... a éprouvé le besoin d’aller à la garde-robe.
J’ai examiné les vêtements : le pantalon de drap, le caleçon et la chemise ont été percés, non régulièrement comme ils l’auraient été par un instrument tranchant, mais sans qu’il existât, pour l’un ou pour l’autre, une perte de substance. En conséquence, on ne peut admettre qu’un fragment d’étoffe ait été introduit dans la plaie; d’un autre côté, vu le peu d’épaisseur du sommet de la tige, il est également difficile de supposer qu’un grain de sable ait pu y être porté ; mais, quand même cela aurait eu lieu, le petit fragment d’étoffe ou le grain de sable eussent été entraînés au dehors par l’abondance du sang et par l’urine qui ont coulé par la plaie.
Quant à l’exploration du rectum, que j’avais négligée pour les motifs que j’ai déjà fait connaître, je l’ai pratiquée, le lendemain de notre, réunion, le dimanche 15 décembre. L’introduction du doigt a eu lieu sans exciter de douleur; la pression sur la prostate et sür l’urèthre n’était pas douloureuse ; l’un et l’autre organes avaient leur 'volume normal. « Je sens la pression de votre doigt, me dit le malade, mais elle ne me fait pas de mal. » lien fut de même d’une pression exercée sur le périnée par les quatre doigts réunis. Enfin, il n’existait pas encore de fièvre au moment où j’observai les symptômes que j’ai signalés' dans ma première communication. Donc, ils n’étaient pas dus à la 'présence d’un corps étranger renfermé dans le trajet de la plaie, ni à un abcès en voie de formation dans la prostate ou dans le voisinage.
Mais alors, quelle en était la cause?
Messieurs, lorsque je vous ai entretenus de ce malade pour la première fois, j’étais préoccupé de la possibilité de l’invasion du tétanos chez lui. Ma préoccupation était fondée sur la cause de la blessure, sur la nature nerveuse des accidents observés, sur leur point de départ, sur leur apparition tardive, et enfin sur l’absence de la fièvre.
Ma visite du dimanche matin, 15 décembre, semblait devoir confirmer cette préoccupation ; les spasmes, non accompagnés de fièvre ni de fourmillements, étaient encore bornés aux membres inférieurs, qui étaient fortement contractés ; mais, dans la soirée du même jour, l’apparition de la douleur rachidienne me fit prévoir que j’aurais sans doute affaire, pour le moins, à une méningite spinale. Ce qui a suivi non-seulement a confirmé ce diagnostic, mais encore a
montré l’extension progressive de la maladie aux enveloppes du cerveau. Aujourd'hui, ce malade, paraplégique, est contracturé dans plus de la moitié inférieure de son corps; le nombre des pulsations du pouls est de 420 ; il a, depuis plliéieu'rs joùrs, du trismus ét de la dlfnctnté à avaler et à parler, quoique n’ayant pas de raideùr du cou; là sensibilité est CorisérVée ; depuis la même époque; il a eu de temps en temps dû subdélirium; cé niàlin, le déliré était completel accompagné de cârphologie; la fin paraît prochaine.
L’origine traumatique de cette Méningite n’est pas' contestable; elle me pat-aît due au processus inflammatoire qui, des petils filets nerveux lâdéréà par là tige de fer, a gagné successivement les méningés spinale et cérébrale.
Correspondance imprimée : Quatre fascicules de l’année 1877 des Mémoires et Bulletins de la Société de médecine dé' chirargie^dé Bordeaux. — Deux fascicules du Corhpendio de patkologia cirurgica elementar , pelo Dr Domingo Carlos, professtiur de pàt'hoiogie'ChirürgiCale à la Faculté de médeciné* déBallia. — La Bévue rn'êdïbatè'de '/io‘ûïc)iisë.—-'Le Prog’rès médical. — Le Journal des sages-femmes. -^ h'ïhstru'clioHl]fabtii}Ué, 'MüQ' des lettres , Scièhcèà et arts. • ■ '■ -
Correspondance manuscrite ;
Lettre dé reffiérc'îmerils du docteur Luiaud, récemment nommé membre titulaire.
Lettre du docteur Belhomme^ .accompagnant l’envoi d’unp brochure sur le Itaüementprévêntif du 'charbon, dë C anthrax et des affections infectieuses. .
Lettre du docteur Domingo Carlos, sollicitant le litre; de membre correspondant. Une^ commission composée. de MM. Perrin, Motet et Camuset, rapporteur, est chargée. d’examiner les titres du candidat. , oim t
M. Le Blond communique à la Société une formule tænifuge, qu’il tient de l’Un de ses clients et qu’il a administrée, avec succès, chez plusieurs de ses; malades : , >
Écorce de racine de grenadier . . 15 grammes.
Pépins de courge . . . . 30 . —
Ext, élhéré de fougère mâle . .. . lx —
Poudré de seigle ergoté . ........ .2. —
Gomme arabique. . . . . 8 —
Huile de croton tiglium . . . , . , . . :. 2 g.outtes?i
On fait bouillir l’écorcé de grenadier, les pépins de courge concassés et le seigle ergoté, pendant quinze minutes, dans 250 grammes d’eau, puis on filtre.
On émulsionné ensuite à l’aide de la gomme, et l’on ajoute l’extrait éthéré de fougère mâle et l’huile de croton.
A prendre le matin, à jeun.
Au préalable, on débarrasse l’intestin en administrant, la veille au soir, 30 grammes 'de tartrate de potasse et de soude dans un verre d’eau.
M. Gért demandé s’il' y a quelque avantage à prescrire cette formulé, dompôsée, ;en majeure partie, de substances tænifuges connues, et qui ne doit pas être bien :agréâl)le â!U5t malades. M. Le Blond est-il sûr des résultats obtenus? Art-il constamment retrouvé la; tète dans les portions du tænia éliminées?
M. Le Blond croit avoir obtenu des succès dans les quelques cas où il a expérimenté sa ormule ; mais il n’a pas toujours eu l’occasion de s’assurer si la’ tête du tædia avait été rendde.
M. Blondeau se sert habituellement' des semences de courge qui lui donnent les meilleurs résultats. Il repousse absolument le kùu'Sso, qui est un agent détestable et dont ou abarujoane l’usage même en Egypte et en Abyssinie, doirt il est originaire.
M. Marcet fait usage* de l’apozème d’écorce déraciné de grenadier, et cela avec un succès qui ne s’est jamais démenti. M. Blondeau vient de nous dire qu’il . obtient des résultats aussi avantageux avec la racine de courge. Cela prouve que les moyens efficaces de combattre le tænia sont nombreux ; que chaque médecin a adopté le Sien; Ordinairement simple et facile ; et qu’il n’y a pas dès lors utilité à reproduire dans la thérapeutique une formulé aussi complexe que celle que vient de reproduire M. Le Blond.
M. de Beauvais appuie les conclusions formulées par M. Marcet, Il emploie, à Mazas, une formule pour ainsi dire traditionnelle dans la prison, et qui consiste eu un apozème d’écorce de racine de grenadier, adieftionnée dbm peu de cannelle ; les succès sont constants. Les graines
de courge, d’ailleurs, lui ont donné les mêmes résultats. Lé guérison ne doit être considérée comme complète que lorsque la tête est rendue.
M. Perrin se rappelle, en effet, avoir vu le prédécesseur de M. de Beauvais, à Mazas,
M. Jacqiiemin, employer avec .succès l’apozème de racine de grenadier. Il croit se rappeler’ toutefois, que ce sont des ç|pus de girofle et non de la cannelle qu’il y ajoutait.
Au sujet de l’action des graines de courge, M. Perrin exprime l’idée que le principe actif qui réside dans les semences doit aussi exister, dans une certaine proportion, dans la courge elle-même. La petite fille de son jardinier, ayant fait un abondant usage de la soupe de potiron, a renclu une grande quantité de ver, ce qui pourrait faire croire à la possibilité d’une guérison. U y aurait lieu d’examiner la question à ce point de vue.
M. de Ranse donne lecture de son rapport sur la candidature de M. le docteur Fabre, médecin à Commentry (Allier).
Sur les sept mémoires présentés par M. le docteur Fabre, à l’appui de sa candidature au titre de membre correspondant, M. de Ranse mentionne : '
i° L’eDgorgement isolé ou primitif des glandes sous-maxillaires dans une épidémie d’oreillons. >
2° L’extraction d’une concrétion pierreuse développée dans la cavité buccale et vers la base de la langue.
3" Il donne les conclusions de l’auteur sur l’enseignement de la gymnastique, dans les écoles, au point de vue hygiénique et médical.
A0 Le rapporteur analyse, avec autant de talent que d’examen approfondi, quatre brochures fort intéressantes, d’abord la thèse inaugurale du candidat, sur la mélanodermie, et en particulier sur la mélanodermie parasitaire. Puis les mémoires suivants :
De l’élévation de la température dans les houillères et des phénomènes qui s’y rattachent au point de vue médical
De l’anémie, et spécialement de l’anémie chez les mineurs.
De l’influence du travail souterrain sur la santé des mineurs.
M. de Ranse termine son savant rapport, que nous regrettons de ne pouvoir publier, par les conclusions suivantes :
« Vous le voyez, Messieurs, par l’analyse de ces divers travaux, M. le docteur Fabre est un de ces médecins, trop rares en provihCe, qu’une : pratique étendue ne peut distraire d’études scientifiques sérieuses. Quand j’aulai ajouté' qu’il occupe à Commentry (Allier) une position des plus honorables, et qu’il- joüit de l’estime générale, vous accueillerez, je n’en doute pas, avec faveur, la double proposition que j’ai. l’honneur de yous faire au nom de la commission :
« 1° Inscrire M. le docteur Fabre sur la liste des candidats au titre de membre correspondant;
« 2° Déposer honorablement ses travaux dans nos archives. »
Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées.
Le scrutin d’élection aura lieu dans la prochaine séance.
M. Delasiauve aurait voulu voir figurer dans le travail de M. Fabre la mélanodermie due à l’action du nitrate d’argent.
M. de Ranse rappelle qu’elle a été signalée, mais désignée par l'auteur sous le nom de pseudo-mélanodermie.
M. de Beauvais : Messieurs, dans la séance du 9 novembre dernier, noire savant collègue, M. Polaillon, qui a le privilège des communications intéressantes, nous a présenté deux observations d’opération d’exostose sous-unguéale. Je me suis engagé à vous fournir le récit exact de deux faits analogues et de vous apporter, selon le désir de plusieurs de nos collègues, quelques renseignements sur l’examen histologique de ces curieuses exostoses. Je dois à l'obligeance de notre distingué confrère, M. Périer, chirurgien des hôpitaux, les deux observations suivantes que je soumets à votre appréciation.
Obs. I. — m11* C..., âgée de 19 ans, d’un tempérament lymphatique, est atteinte depuis trois mois d’une exostose sous-unguéale du gros ofeil du pied droit. Le début. de cette exostose remonterait à trois mois environ, et la malade attribue son apparition à ce qu’on lui aurait marché très-violemment sur le pied, il y a six mois, en dansant. Quoi qu’il en soit de cette origine, au moment où nous voyons M110 C... pour la première fois, sôn exostose a le volume cl une graine d’amande, elle siège au côté externe de l’ongle, qu’ellé soulève, et tend à
L’UlNJON médicale.
s’enfçncer dans les chairs par son côté interne. C’est surtout de cette incarnation de l’ongle qu’elle se plaint.
Le 15 avril 1877, avec l’assistance de mon confrère le docteur de Beauvais, je procède à l’opération. Après avoir anesthésié le gros orteil à l’aide du mélange réfrigérant de sel et de glace pilée, et pratiqué l’hémostase par la compression élastique, avec de forts ciseaux j’incise l’ongle par son milieu, j’en arrache successivement les deux moitiés, puis j’excise la tumeur jusque dans l’épaisseur de la phalangette osseuse, au moyen d’un bistouri à lame de serpe et fortement emmanché. Pour assurer la destruction du point d’implantation de la tumeur qui était sessile, j’applique sur la plaie des rondelles d’amadou imbibées de perchlorure de fer.
Le surlendemain, sans toucher aux rondelles qui sont fortement adhérentes, j’applique. des compresses trempées dans la solution de chloral au centième. Les rondelles d’amadou ne se détachent que le quatorzième jour, laissant au-dessous d’elles une eschare qui tombe sept jours après, le 6 mai.
Le i!i mai, une légère lamelle osseuse nécrosée se détache encore, la plaie bourgeonne ; je la panse avec la pommade au calomel. Malgré plusieurs cautérisations, après des pansements variés, soit au diachylon, soit à l’onguent styrax, la plaie resta fongueuse, jusqu’à ce que, le 19 juin, il sortit un fragment osseux. fort petit; la plaie marche alors rapidement vers la guérison. La malade se lient debout sans douleur.
Le 25 juin, élimination d’une dernière parcelle osseuse ; la cicatrisation se compiète quelques jours après. Pendant ce temps l’ongle a repoussé, un peu difforme, mais la marche s’effectue aisément et sans aucune douleur.
A la fin de juin, la malade quitte la France et nous, cessons de la revoir.
Obs. II. — Depuis, j’ai eu l’occasion de répéter cette opération, avec l’assistance de M. Ovion, mon interne, chez une petite fille de il. ans, qui portait au pied gauche une exostose occupant la moitié interne de ia matrice de l’ongle, avec redressement de l’ongle de ce côté, mais sans onguis à la partie interne. ...
La tumeur, qui se développe lentement depuis pu an, a le volume d’un très-gros pois et n’occasionne pas de douleurs.
Le 12 octobre, après anesthésie locale par la glace et le sel, et hémostase par compression élastique, j’enlève l’ongle d’un seul coup à l’aide d’une spatule, j’abrase la tumeur avec un fort .bistouri ,à, lame épaisse, .puis je creuse la, phalangette osseuse au moyen d’une cuiller tranchante. Pansement avec l’ouate au perchlorure. de fer.
L’enfant n’a rien ressenti pendant l’opération. Elle a souffert une demi-heure après, et pendant une heure. Depuis, elle n’a plus éprouvé de douleur,. Le troisième jour, je lui fais un pansement par occlusion avëc le sparadrap ; je le lève le huitième jour; l’ouate, qui était restée adhérente à la plaie, se détache; je renouvelle le pansement par occlusion. Huit jours après, je panse au vin aromatique. Aujourd’hui, 29 novembre, la plaie est cicatrisée à peu près complètement, la malade marche facilement. L’ongle commence à pousser vigoureusement.
Examen histologique par M. Oviôh, interne à la Salpêtrière.
Sur les préparations que je vous soumets, il est facile de constater que la tumeur était constituée par une masse de tissu osseux confondue avèc le tissu osseux de la phalange, et revêtue à sa surface externe d’une couche de tissu iibro-càrtilagineux , nettement reconnaissable à ses cellules spéciales plongées au milieu d’une gangue amorphe que parcourent de minces fibres entrecroisées.
Est-ce là un état définitif? Ou bien, s’il faut en croire MM. Cornil et Ranvier, ce nouveau tissu osseux n’est-il que transitoire, et doit-il être envahi plus lard par du sarcome? Il ne nous appartient pas de trancher la question. Bornons-nous à constater l’état actuel et, employant le langage des histologistes, disons qu’il s’agit' d’un chondrome ossifiant, tumeur autrefois rangée dans la classe des exostoses, et rappelant, par sa constitution, les apophyses des os longs pendant leur phase de développement,
M. Düroziez fait une communication intitulée : Des sphincters et de l’occlusion présystolique des veines cave et cardiaque.
Nous voulons montrer que les veines caves, à leur entrée dans l’oreillette, sont fermées par des sphincters qui agissent comme ceux de l’estomac, de la vessie, et s’opposent au reflux du sang au moment de la présystole. C’est là une idée qui n’a pas cours dans les livres actuels. M. le professeur Sappey dit seulement que la valvule d’Eustachi ferme mal.
Les médecins des xv*, xvi* et xvii* siècles se sont plus préoccupés que les médecins actuels du bon fonctionnement de l’oreillette droite. Leur but principal était de rompre les courants
l’union médicale.
sanguins, venant à' lh rencontre l’un de l’autre, de la veine cave supérieure et dè la veine cave inférieure et d’empêcher qu’ils ne butassent l’un contre l’autre. Eustaclii, au xv* siècle, décrit sa valvule, qui est oubliée au point d’être découverte de nouveau par Ch. Le Nôble, et d’être appelée nàlvula nobilis, un siècle plus tard. Lower découvre son tubercule, placé comme un mur mitoyen entre les deux entrées des Veines caves. De longues disputes s’établissent pour et contre le fameux tUberdùlé. Nous croyons que l’expression avait trahi la pensée. Le dessin donné par Lower indique un éperon assurément bien disposé pour obvier au choc des sangs des deux veines caves. Duverney fait faire quelques progrès à la bonne circulation du sang dans l’oreillette ; il est question de sphincters. Vieussens décrit son anneau; mais il nous semble qu’un peu plus de netteté était désirable dans la description de ces sphincters; de ces anneaux, de ces tubercules. Chacun a soulevé un coin du voilé que nous avons la prétention, peut-être mal fondée, de soulever tout entier.
Quand on enlève, comme on' le ferait du couvercle d’une tabatière, la paroi antérieure de, l’oreillette qui comprend l’auricule et les muscles pectinés, on aperçoit dans le fond trois anneaux oü sphincters étagés de liant en bas ou d’arrière em avant. L’anneaii supérieur appartient à la veine cave supérieüre, l’anneau moyen à la veine cave inférieure et au trou ovale, l’anneau inférieur à la veine cardiaque. Plus ie ccèur est sain, moins l’oreillette est dilatée, mieux les anneaux le dessinent. L’anneau moyen, celui qui appartient à la veine cave infé-r rieure et au trou ovale, est le plus important. Quand on tire sur les extrémités de l’anneau ou sphincter, on fait disparaître les deux enfoncements, comme on fait disparaître le fond de la bourse d’un roulier en tirant sur les cordons. La fente, de ronde, devient linéaire.
Nous insistons pour nous faire bien comprendre. Un canal est formé derrière les bords de la bourse, canal qui joint la veine eave inférieure au trou ovale : c’est ce qu’on trouve Chez le fœtus; seulement, ici, le trou ovale est ouvert. Les bords de la bourse sont formés en bas ou en avant, suivant la position qu’on suppose au cadavre, par la valvule d’Eustachi, et eh haut ou en arrière par le tubercule de Lower. L’ànneau ou sphincter supérieur est formé par dés brides qui se détachent dii sphincter moyen et par un muscle propre qui remonte plus ou moins haut sur la veine cave supérieure. Parfois, on trouve dès sigmoïdes à l’entrée de la véine cave. Enfin, Te sphincter de la veine cardiaque est compris entre la valvule d’Eustachi et le bord supérieur de la trjcuspide.
La valvule de Thébésius est le plus souvent très-incomplète, et la fermeture dé la veine est bien plus l’œuvre du sphincter que de là valvule,
La valvule d’Eustachi varie beaucoup comme développement ; parfois, elle est complètement musculaire, parfois elle est bordée par une membrane plus ou moins large.
Au moment de la présystole, tous les sphincters se resserrent, et le sang de l’oreillette proprement dite est séparé du sang des. veines. Nous ne comprenons pas qu’à chaque présystole le sang puisse refluer dans les veinés.
De plus, la saillie décrite par Lower entre les deux veines existe bien et sépare les Courants des deux veines caves qui se rencontrent à angle un peu obtus.
Qu’on fasse la préparation comme nous l’avons indiquée, et on verra la disposition que nous avons décrite, d’autant plus nettement que les veines caves auront été moins forcées.
Élection. — M. le docteur J. Cyr est nommé membre titulaire.
-T- La séance est levée à cinq heures et demie.
Le secrétaire annuel, Dr A. Marcet.
FORMULAIRE
Traitement du catarrhe de l’estomac. — Kuster.
Parmi les nombreux médicaments essayés contre le catarrhe de l'estomac, le docteur Kusteé en recommande tout particulièrement trois, qui sont : l’acide chlorhydrique, le sel de Carlsbad, et le nitrate d’argent. — L’acide chlorhydrique se prend à la dose de 5 à 8 gouttes, dans un verre de vin, avant et après le repas ; le sel de Carlsbad, à la dose quotidienne d’une ou deux cuillerées à thé, dissoutes dans de l’eau chaude. Quant au nitrate d’argent, on le prescrit sous forme de. pilules, contenant chacune 5 milligrammes de nitrate d’argent et 7 milligrammes d’extrait de belladone.,
L acide chlorhydrique est indiqué, dans le cas de sécrétion trop peu abondante du suc gastuque, quand l’appétit est peu développé, quand il se produit de la douleur et de la pesanteur au niveau de l’estomac après les repas, et surtout après l’usage de la viande. Il l’est ega emenl lorsqu’il existe une diarrhée abondante; tandis qu’il est contre-indiqué quand le
l’union médicale.
malade se plaint de flatuosités et. d’éructations acides. .— Le sel de Carlsbad.est, au contraire, efficace quand restomaç sécrète un excès de suc gastrique, car il le débarrasse des mucosités abondantes qui s’y sont accumulées. — Quant au nitrate d’argent, .l’auteur le prescrit sans indication spéciale, pourvu qu’il n’existe point d’ulcères dans la cavité stomacale. — N* G.
Éphémérides SBcdicaies. — 10 Avril 1838.
Mort de Xalmade (M.-A.), docteur en médecine, chirurgien de l’hôtel des Invalides, aidenaturalislç au Muséum d’histoire naturelle, membre de l’Académie de médecine, médecin par quartier du roi. Il, est autour d’un grand nombre d’ouvrages. — A. Ch.
COURRIER
Association générale. — Nous rappelons à nos lecteurs que l’Assemblée générale de l’Association générale des médecins de France aura lieu les 20 et 21 avril courant. — Voici l’ordre du jour de la séance du dimanche 20 avril (à 2 heures précisés) :
1° Allocution de M. le Président.
2° Exposé de la situation financière de l’Association générale, par M. Brun, trésorier.
3° Rapport sur cet exposé et sur la gestion financière , du Trésorier, par M. Gallard, membre du Conseil général. , . •
lx° Compte rendu général sur la situation et les actes de l’Association générale pendant l’année 1878, par M. A.: Latour, secrétaire général.
5° Rapport de, M. Bucquoy, au nom de la Commission chargée d’examiner et de classer les demandes de pensions viagères (lre : partie)., . .
A sept, heures, et demie le banquet.
Le banquet aura lieu à l’Hôtel Continental, rue de Rivoli.
Le prix de la, souscription est de 20 .francs.
On souscrit directement, ou par lettre, chez M. le docteur Brun, trésorier, 23, rue d’Aumale.
Administration générale de l’Assistance publique a Paris. — Concours public pour la nomination à deux places de médecin du service des aliénés à l’hospice de, la Vieillesse- Hommes (Bicêtre).
Ce concours sera ouvert le lundi 9 juin 1879, à midi, à l’amphithéâtre de l’administration de l’Assistance publique, avenue Victoria, n° 3.
MM. les docteurs qui voudront concourir se feront inscrire au secrétariat général de l’administrai, on de l’Assistance publique, de midi à trois heures, et y déposeront leurs titres. Le registre d’inscription des candidats sera ouvert le jeudi 1er mai 1879 , et sera clos le mardi 20 mai ,1879, à trois heures.
École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Arras. — La chaire d’histoire naturelle et matière médicale de l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Arras J>renA â& chairë dé pharmacie et matière médicale. r.opis'i
La chaire de chimie et pharmacie de la même École prend le- titre: de chaire de chimie et toxicologie. ' '■ > 1.
Il est créé à l’École préparatoire de médecine et pharmacie d’Arras :
1° Une chaire d 'hygiène et thérapeutique ;
2!-Upe chaire d ' histoire naturel ,
— Sont nommés à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Arras :
Professeur d’anatomie : M.< Leprieur, suppléant/et chef des , travaux anatomiques ;
Professeur de physiologie : M. Leclercq, professeur adjoint ;
Professeur de pharmacie et de. matière médicale : M. Ségard, professeur adjoint;
Professeur d’histoire naturelle : M. Lobert, suppléant;
Professeur de chimie et toxicologie : M. Gossart, professeur.
ÉCOLE PRÉPARATOIRE DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE RENNES. — La Chaire d’IlistOlfe
naturelle et matière médicale à l’École préparatoire de médecine et de "pharmacie de Bennes prend le titre de chaire d’histoire naturelle.
La chaire de chimie appliquée à la médecine et à la pharmacie prend le titre de chaire de chimie et toxicologie.
La chaire de pharmacie prend le titre de chaire de pharmacie et matière médicale.
La chaire de thérapeutique prend le titré de chaire d’hygiène et thérapeutique.
La secte des légumistes. — Ce n’est pas seulement en Amérique et en Angleterre qu’on trouve des partisans de la secte des légumistes, c’est-à-dire de ceux qui ont renoncé à pUsa„e de la viande pour se nourrir uniquement de végétaux. En Allemagne, celle doctrine a aussi conquis des adeptes.
La Gazette d’Augsbourg rend compte d’une lecture qui vient d’être faite ces jours derniers dans la salle de la Bourse de celle ville, et où l’orateur a fait l’éloge du régime qu’il appelle pythagoricien, contraire à la consommation de la viande. Depuis douze ans, le conférencier dirige un établissement près de . Saint-Gall où il emploie la médecine naturelle, et pendant ' ce laps de temps il n’a pas consommé un seul gramme de viande, sans que cette abstinence ait eu quelque influence sur son organisme, ainsi que les spectateuHs ont pu s’eh convaincre.
Nous apprenons par son discours qu’à l’exemple de ce qui existe aux États-Unis et en Angleterre, on trouve en Allemagne des restaurants où l’on ne sert qu’une nourriture végétale. Les populations rurales, surtout celles du haut' pays, ont renoncé à l’usage de la viande ou du moins ne s’en nourrissent qu’à de certains jours de l’année, et rien dans leur constitution physique ne dénote que ce régime leur fasse du mal.
Ces légumistes ne sont pas seulement anti-carnivores; ils s’abstiennent de toutes les boissons alcooliques et excitantes pour le système nerveux, telles que eau-de-vie, vin, bière, café, thé, etc. En revanche', Pair pur est leur élément de prédilection, et ils veillent soigneusement à ce que leurs habitations et surtout les chambres où ils couchent en soient imprégnées et baignées.
Les ablutions quotidiennes à l’eau froide pour endurcir le corps et tonifier , l’action de la peau, sont également en usage chez eux : ils font beaucoup do mouvements en plein air et renoncent au tabac qui, dans leur idée, donne soif et, par suite, fait boire démesurément!
L’orateur sait fort bien, ainsi qu’il l’a dit, que la viande, les spiritueux, le café, les épicés, le tabac, etc., sont devenus une habitude vitale pour la plus grande partie du genre humain. Les hommes, les uns par fausse honte, les autres par un penchant passé à l’état de seconde nature, sont très-peu disposés, — et il ne se le dissimule point, — à se passer de toutes ces jouissances : leur palais est trop émoussé pour trouver du plaisir à la dégustation unique des fruits; cependant, il ne renonce point à l’espérance devoir les parents ne plus imposer à 'leurs enfants une nourriture animale répugnante à l’âge jeune, ne demandant, suivant lui, que du pain et des fruits.
Assurément, le légumisme, — le conférencier a bien voulu l’avouer, — ne détruira pas tous les maux répandus sur cette-terre; avant comme après, la mort fera sa funèbre besogne; mais il y aura au moins cet avantage, c’est que l’homme satisfera à meilleur marché son besoin naturel de nourriture.
Le journal allemand annonce qu’à la suite de cette conférence, il s’est formé à Augsbourg une société tendant à populariser l’alimentation végétale.
La sirène ou lamantin. — La principale curiosité de l’aquarium de Westminster, à Londres, la sirène ou lamantin, vient de mourir; U y avait neuf mois que ce singulier amphibie était exposé au public, et jamais un animal de cette espèce n’avait vécu aussi longtemps en captivité.
On sait que les voyageurs ont toujours prêté à la sirène une intelligence : merveilleuse celle que l’on a pu observer à l’aquarium de Westminster était d’un naturel si doux, , qu’elle venait prendre la nourriture que lui présentaient les visiteurs et qu’elle se laissait paresser comme un chien. Sa tête était d’un bel ovale, comme celle d’une femme ; elle avait des mamelles et des nageoires en forme de mains. On l’avait capturée à l’embouchure de l’Essequibo, dans la Guyane anglaise.
Société médicale des hôpitaux (3, rue de l’Abbaye, à 3 heures 1 /2 précises). — La Société se réunira le vendredi 11 avril 1879.
Ordre du jour : Sur fes tubercules du vagin et du col de l’utérus, par MM. Rigal et Cornil. — Communications diverses.
— MM. Desnoix et Cle, pharmaciens, 17, rue Vieille-du-Teffiple, à Paris, préparent, depuis plusieurs années déjà, toutes les pièces pécessaires au pansement antiseptique par la méthode Lister et les tiennent à la disposition des médecins et chirurgiens qui désirent employer ce mode de pansement.
Le numéro de ce jour contient un Supplément de huit pages.
Le gérant, Richelot.
Paris. — Typographie Faux Maaté.stb et Cfi, lue des Deiu-Pirtes-Salnt-Sa tireur, 22.
Vo 45 L’UNION MÉDICALE Samedi 12 Avril 1879
THÉRAPEUTIQUE HYDRO-MI N ÉR AÏ.E
ÉTUDES CLINIQUES SUR LA PHTHISIE PULMONAIRE AU MONT-DORE (f) j
Par le docteur G. Ricuelot ,
M^decin-füspécteto (Iffl’él^lisaefliéilt fteÿmal de dette dation'.
A Monsieur le Professeur LAENNEC,
Directeur de l’École, de médecine de Nantes.
L’observation VÎ n’est pas moins instructive que les deux précédentes. Le père de M. F... est mort poitrinaire; il est donc sous le coup d’une terrible tare.de famille. M. F..., âgé; aujourdliui de 23 ans, a fait deux cures au Mont-Dore, en juillet 1876 et en juillet 1877. C’e'st' une chose intéressante que de suivre lès progrès de. la santé générale et l’amélioration dé l’état local, sous, l’influence de ces deux cures, dont, j’ai donné l’historique ,dàns mon mémoire. La maladie s’était manifestée pour la première fois par une violente et grave hémoptysie en mai 1876. Éxamen de la poitrine le 8 juillet ;1876, à l’arrivée du, malade, au Mont- Dore : Sommet droit, éù avant, respiration rude; en arrière, matité, respiration rude ; expiration légèrement prolongée, ayèc craquements secs disséminés, bulles sèches. Sommet gauche, rien d’anormal. Au moment de son départ, après le traitement thermal, M. F... toussait, crachait encore, mais sa respiration était plus libre, et je constatai une amélioration marquée des signes physiquès. Lès effets ultérieurs de la cure thermale ont été excellents. L’hiver s’est bien . passé... A peine y a.-t-il eu quelques crachats, légèrement sanguinolents.
M. F... est revenu au Mont-Dore le 4 juillet 1877.. Son père était mort quelques mois auparavant, succombant à la tuberculose.. A la percussion et à l'auscultation, tout paraissait formai, à l’exception d’un seul point : au sommet droit en arrière, màti té, et craquements peu intenses à l’inspiration. Après dix-neuf jours de . traitement* M. F... a quitté le jMonf- D6¥é dâns Fêtai suivant : Augmentation des forces, respiration libre, toux nulle, il n’y avait plus âü sommet droit, én arrière, qu’un peu de matité et une expiration prolongée. Fendant toute la durée des deux cures qu’il a faites au Mont-Dore, M, P... n’a pas eu trace de sang dans sès .crachats; et les crachements de sang qui se sont produits entre ces deux criées ont été Tarés ‘ et tout à fait insignifiants.
On ne peut pas, disaisrje* id’ans mon mémoire, ne pas être frappé, non-seulement des bohries conditions de l’état généïai, mais encore de la diminution très-prononcée de la lésion
fiÿ saiter ^ Voit1 lès nutoéros des- # mars et 3 dvéii'.
FEUILLETON
CAUSERIES
Il ÿ a dd brûif dans Landélneau. Notre Landérnëau, écst notre Facuïid pàrisîehné, dont les eàux ordinairement si calmes se trouvent en ce moment bouleversées par une violente tempête. Pourquoi cette agitation ? Assurément personne n’aurait pu prévoir que la compétition à la chàire’ d’fiisïôire dé là médecine eût été la cause de la vive émotion qui règne a cètte heure dans le vieux quartier des Cordeliers. Tant il est vrai qu’en toutes choses de l’ordre physique, intellectuel et moral, comme en pathologie, l’étiologie est Téléaient' le' plus ôbscur èt le plus difficile à déterminer.
Cette compétition àvaif déjà.dofiné lieu à un fait assez singulier, que’ nous n’aV’ôns' pas mis ici peut-être assez en lûiniëre, et cèfa par drairiie dé désobliger ûn honorable et savant professeur, dont noüs pè nôus expliquions guère la conduite èn cette cifconstaticé.
Lorsque, il y â un mois, la Faculté fut misé en demeure dé présenter fa liste de candidats pcrür la chàiré d^hisféirè de fa médè’ciné, élle avait à cKoistf- entré trois candidats : MM. Làboutbèhe, 0‘ïîvîéi' et Chereaü, qu’elle devait cttAsseî* au premier, àu deuxième et au troisième fàug.
Le nombre des votants était de trente.
Le scrutin S’ouVrè’ pottHe premier, raûg et dctèm’e quinze voix à' M. Laboülbëh'e et quîiize
Voix à M. Olivier.
Ancnn cdtididat n’ayant obtenu la màjoiitë, un secohd totrr devient hécesSah'e^ét/éé'sècond’ tour donne le mèmè résultat : quinze voix à Mi Laboulbène, quinze voix h Ni. 'O'iVièr.