‹ L'Union médicaleChapitre 98 sur 176 · INTÉRÊTS PROFESSIONNELS · texte numérisé non relu

INTÉRÊTS PROFESSIONNELS

LES HONOfiAIKES MÉDICAUX EN ALLEMAGNE.

Les journaux politiques, peu au courant comme on le sait, et médiocrement soucieux des affaires médicales, ont publié récemment la taxe des honoraires légalement attribues aux médecins en Allemagne. 11 semblait que ce fût une innovation, quand il s’agissait de reviser l’état de choses établi en Prusse depuis le 21 janvier 1815.

Il ne nous est permis d’ignorer ni ce qui touche aux intérêts de la science, ni ce qui se rattache aux intérêts professionnels. On apprend plus par les expériences poursuivies à l’étranger que par des vues supposées originales et dépourvues de sanction.

Un très-court exposé suffira pour faire connaître l’état actuel dés choses en Prusse, et les phases par lesquelles a passé cette réglementation condamnée par tous les esprits libéraux. Si

jours, sachant à peine le nom de son jeune élève, ayant remarqué ses yeux et sa main pendant une dissection : « Dites donc, lui cria-t-il d’un bout de la table à l’autre, je vous prends pour mon préparateur au Collège de B’rance. » A partir de ce jour, la carrière de Claude Bernard était tracée. Il avait trouvé rétablissement qui seul pouvait convenir au développement de son génie. »

Maintenant, voulez-vous me permettre de vous exprimer un désir, un vœu, une espérance? C’est de vous voir tous, autant que vous le pourrez, mes bien-aimés lecteurs, le dimanche 10 avril, à deux heures, dans l’amphithéâtre de l’Assistance publique, avenue Victoria. Je peux vous assurer que l’un des orateurs qui doivent prendre la parole ce jour-là, fera tous ses efforts pour vous retenir et vous ennuyer le moins longtemps possible.

Si vous saviez combien il est heureux de voir des figures connues et sympathiques l

Dr Simplice.

— Selon les renseignements fournis par la statistique, il y a en Espagne 9,860 sourdsmuets et 17,379 aveugles. Les provinces où il y a le plus de sours-muets sont celles d’Oviedo, Lugo, Leon, Lerida, Orense et Gerone, et celles où il y a le plus d’aveugles, de Valence, Cordoue, Murcie, Séville, Cadix, Alméria, Alicante, Malaga, La Corogne et Grenade.

— On mande de Madrid, 8 avril : « Les journaux de Gibraltar disent qu’une terrible fièvre sporadique sévit à Casa-Bianca, sur la côte du Maroc. Elle atteint les indigènes et les Européens. La récolte est splendide, mais tout Commerce est suspendu. »

608 VUNÏON, MÉDICALE.

nous avons à apprendre de la Prusse, elle eût encore mieux foif de s’instruire près de nous dè ne pas S’isoler, par trn formalisme démodé, des autres nations, et de laissef éhaque parfit contractante régler à son gré les relations multiples du malade et dû mé&ècin.

La taxe de 1815 avait soulevé de nombreuses réclamations; quelque peu amendée en (1,824 et en 1859, confirmée, à titra provisoire, le 21 juin 1869, elle fût maintenue sans modification jusqu’au il mars 1873. A cette époque, le ministre déclara formellement que de gêneuses études étaient nécessaires, et que la taxe ne resterait en vigueur que jusqu’à la date prochaine où., pour parler la langue administrative allemande, Y émanation d’une taxe nouvelle aurait lieu,

La taxation adoptée en 1815 était une sorte de prix courant estimant toutes les marchandises médicales au plus bas prix; médecins, chirurgiens, dentistes, médecins fonctionnaires du gouvernement, du cercle, de la province, de la commune, médecins légistes, tous avaient leur part fixée.

Ce tarif contenait d’étranges curiosités : ainsi la visite d’un malade atteint d’une affection contagieuse de nature à compromettre la vie du médecih comptait double. iVtais, l’adminis* tfation se rayisant, avait, en avril 1824, biffé la scarlatine, et, en février 1853, rayé le choléra du cadre des maladies contagieuses.

Des stipulations réglaient le prix du déplacement, suivant que le médecin prenait une vqv» ture publique, qu’il usait d’un locati ou qu’il se servait de sa prppfe voiture ; la dépense, dé pourriture pendant les voyages et de logement était strictement spécifiée quand le voyage dépassait quelques lieues. y

les chirurgiens n’étaient gùère mieux traitéy, La visite d’un homme mordu , par un. <Éim enragé et enragé lui-même avait été libéralement’ cotée double : on la réduisit de moitié.1 Des difficultés s’étaient probablement élevées à l’occasion du toucher ; le ministère décida, en janvier 1819* que le toucher était compris dans la rémunération de la visité; par compensation, la taxe accordait fini pour un cathétérisme dè là trompé, 'tant pour une insufflation.

Ces remaniements de détail offraient peu d’intérêt et ne valaient l’honneur ni d’une approbation ni d’un blâme. Il restait acquis pour chaque Allemand ja perspective, eu se luxant le bras, de ne devoir au chirurgien que 3 théiers, tandis qu’il en aurait fallu payer 10 s’il s’était luxé la cuisse.

Cependant les réclamations se multipliaient, les Sociétés médicales discutaient, non plus tes détails, mais le principe même jfa Ja taxe. On pétitionna, on rédigea des mémoires, etc. , le ministre promit d’envisager la question SOUS toutes ses faces et de la résoudre à la satisfaction générale ; cette lente éluhorafion a abouti au tarif actuel.

Dans la lqngue période écoulée de 1815 à 1879, la vie s’était transformée, les prix de toutes choses s’étaient accrus; mais surtout Ja loi sur les professions (Gewerbe, Ordnuvg, 1869), promulguée en Prusse, avait changé l.a condition de, la médecine et transformé les médecins a^nt titre et privilège en médecins., wprouvès. L’exercice de la médecine devenait libre. ‘ .. .

Cè fût un soulagement, car, avant 1869, non-seulement le praticien devait s’incliner devant la taxe, mais il était . obligé d’obtempérer à )a réquisition de tout citoyen qui fappèlâit de jour ou de nuit, sous peine d’amende.

Une révision complète du tarif fut officiellement promise à court, délai en 1876, C’est celle qui vient d'éveiller quelque curiosité. Le docteur Falck est à la tête, depuis de longues années, du ministère des cultes, de l’instruction publique et des affaires médicalès; c’est à ce dernier litre qq’ii a rendu l’arrêté destiné à régler définitivement la question des honoraires médicaux eq Prusse. ■

Par qq acte gracieux, le ministre a transmis à la Société de médecine de Berlin et aûf autres l’arrêté avec l’exposé des motifs, en déclarant qu’il Sérail heureux d’accueillir todtes les observations, la. taxe né devenant d’ailleurs obligatoire qu’à partir du 1er octobre 1879.

Les considérants méritent d’être brièvement résumés. Le ministre rappelle que, dès 1876, il a adressé aux Société de médecine et aux autorités locales l’invitation de lui transmettre leur avis. Les opinions, absolument diverses et contradictoires, ont été recueillies et discutées, et de leur examen il est résulté la conviction pour le ministre qu’il fallait prendre une résolution immédiate. La pensée de supprimer la taxe a été éloignée surtout en considération des honoraires à payer par les établissements de bienfaisance. Toutefois, la taxe ne représente qu’un minimum; la résidence dans un grand centre où à la campagne, la situation pécuntyirê dü malade, la nature de la maladie, la notoriété du médecin, sont autant d’éléments impossibles à classer; aussi est-il question de rien moins'que de la fixation d’un maximum. En somme, le mwîstre, qui nq semble pas pris d’admiration pour soq oeuvre, l’a présentée ooquna un Pis" aller ou à peu près en ce qui touche les bourgeois, et comme une règle à l’usage des pensionnats, des prisons, des établissements charitables, etc.

b’Wm MÉDICALE

La tas# ainsi revus» çprigée, mais non pas considérablement augmentée quant au* émoluments, comprend 94 articles. Bien qu’elle soit en progrès sur sa devancière, et qu’elle abuse à qn upojpdve degré, des divisions et des subdivisions poqr, les fournitures médicales, c’est eicore une entreprise ridicule que n’excuse même pas le désir de fournir aux juges des à-peu-près en cas de contestation, et qui ne va ni aux mœurs de notre temps ni même à la législation prussienne actuellement en vigueur. 11 suffirai dé quelques articles détachés çà et )4 pour donner aux médecins frappais, ce que M. Falck appelle lq norme des honoraires médicaux en Prusse.

Art. 1. Pour la première visite, 2 iparks (le mark vaut 1 fr, 25). — 2. Pour chaque visite suivante, 1 m. — .3. Si plusieurs personnes d’une même famille ou habitant la mêmp maisph sont à la fois en traitement, les prix seront réduits de moitié. — 4. Pour une consultation yerbaîe de plusieurs médecins, chaque consultant, 5 m. et 3 aux consultations suivantes, — 7. Examen à l'ophthalmoscope, au laryngoscope, ' à rbtoscô’pé, au spéculum, 2 m. — 8. ;Cblur.dform^atinip pour, le diagnostic de la maladif g m. —10. Pour unè consultation écrjte relative à la santé, 3 x». ; mais si la consultation s’appuie sur des bases scientifiques, elle vaut 6 m.; on pe nous croirait pas si, nous ije jdoqpions lè texte : « Fùr ein mij, Wissènschaï» tlichen Grunden unterstutztes Gutachten. »

, Vient le tour des chirurgiens : Art, 22. Pour UPC paracentèse abdominale, 10 marks; pour, une ponction de la poitrine ou de la vessie, 15 m. -? $►, Ppur la transfusfpp, 5.0 m, — 37. Pour opérer un bec-derlièvre, 12 m< s’il est simple; $P ip, s’il.mst plus, çptppjlqixé» — 41, La trachéotomie, 20 m., et la pharyngotomie 50 m, ^ % Extirpation partielle de Tutérus, 20 m.; 60 m., si l’utérus est enlevé en totalité. , ’ , •

Les prix:des luxations et des fractures ne pèchent pas par le défaut de variété : fracture d’un os du visage, 3 marks; d’une ou plusieurs côtes, 9 nu; d’un PS du bassin, ü m,; de la clavicule, 3 m. ; d’un ou de plusieurs os de la jambe, 9 m., etc,, etc.

Art. 81. Accouchement naturel, 6 marks; 3 m. en plus s’il s’agit de deux jumeaux. — 84. Pour l’opération césarienne sur le vivant; 30 m.; après la mort, 12 m. — 90. Pour l’ovariotomie ou la fistule vésico-vaginaie, au choix, 60 m.

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