‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 2 sur 111 · IV PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

la science fussentexposéset réunis dans un ensenible synthétique. Les nombreux travaux de ma charge ne me permirent pas de m'occuper de ce travail. Seulement dans un second opuscule publié ultérieurement, j'abordai cette question*, et à cette occasion, par la nature même des oppositions que soulevèrent les idées émises dans ce travail, je pus me persuader que nombre d'idées déjà fortement enracinées dans la science n'étaient pas encore répandues et sulfisamment connues parmi nous. Aussi je résolus de consacrer à la rédaction de ces pages les rares moments de liberté que me laissaient mes autres devoirs.

Dans ce livre je n'ai point la prétention de créer une nouvelle philosophie de la nature, je veux seulement exposer les vues théoriques qui chaque jour s'affirment davantage grâce à une étude plus sérieuse des phénomènes. Le lecteur verra que ces idées nouvelles sont la conséquence directe des travaux accomplis par les savants qui illustrent notre siècle. Qu'il nous suffise de citer Mayer, Séguin, Joule, Thompson, Grove, Hirn, Lamé, Moigno, Tyndall, Clausius, Dumas, Cantoni, Fusinieri, Zantedeschi, Bizio, Turazza, Graham, Bunsen, Foucault, Dupré, etc., etc., qui tous ont fait progresser et ont vulgarisé celte théorie en un très-petit nombre d'années. Et ce seul fait, à défaut de tout autre, parle assez haut pour

* Ijettre sur un problème cosmologique. Rome (Marini), 1862.

PRÉFACE DE U PREMIÈRE ÉDITION. r

montrer que l'âge actuel n'a rien à envier aux autres époques scientiûques, même aux plus glorieuses.

Je ne cache pas qu'ayant voulu exposer cette synthèse scientifique de manière à la rendre accessible à la majorité des lecteurs, j'ai rencontré des difficultés plus sérieuses que je ne me les étais figurées tout d'abord. Il fallait dépouiller les démonstrations de leur appareil de formules et de calculs, sans leur faire perdre leur force ; de plus, les principes fondamentaux ne pouvaient être établis par la voie des mathématiques. En effet, l'analyse géométrique, fort utile quand on veut tirer d'un principe toutes ses conséquences et qui par là donne de précieux moyens de vérification, est tout à fait impuissante à prouver directement la vérité du principe lui-même.

La partie expérimentale elle-même, pour être traitée d'une manière convenable, m'a demandé une grande attention. Sans entrer dans le détail des expériences, ce qui est le propre des ouvrages spéciaux, il fallait rappeler les résultats obtenus, de telle façon qu'on pût en comprendre la signification et l'importance, alors même qu'on n'en posséderait pas une complète connaissance préliminaire. Autrement, j'aurais été ennuyeux pour les uns et inintelligible pour les autres. Me trouvant ainsi enfermé entre deux écueils également dangereux, et dans l'impossibilité d'échapper à l'un et à l'autre, afin d'éviter le second, j'ai préféré donner dans le premier : en un mot, crai-

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