‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 3 sur 111 · VI PRÉFACE DE U PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE DE U PREMIÈRE ÉDITION

gnant d'être incomplet, j'ai préféré être un peu long. Le grand nombre de faits qui se trouvent réunis dans cet ouvrage, surtout en certaines parties, suffisent à montrer qu'un lien commun réunit les diverses branches de la physique, et alors même que le présent travail n'atteindrait pas le but principal en vue duquel il a été entrepris, ce résultat bien que secondaire ne serait certainement pas sans profit pour le lecteur. Le livre que nous présentons est donc rédigé de manière à permettre aux jeunes gens déjà instruits des faits élémentaires de la physique de compléter leurs études, en leur donnant une notion générale de la partie la plus élevée de la science.

Je crois utile de dire dès maintenant que, vu la multiplicité et la difficulté des matières traitées dans les pages qui suivent, leur lecture exigera une attention soutenue. Je ne me suis pas proposé d'écrire une de ces œuvres moitié littéraires moitié scientifiques, où la science est présentée sous une forme attrayante. Ce genre de littérature, très en faveur depuis quelques années, a une grande utilité au point de vue de la vulgarisation scientifique , mais il ne contribue en rien au progrès de la science. Mon intention a été de faire quelque chose qui profite au développement de la philosophie naturelle. Les difficultés n'ont pas fait défaut, mais j'ai toujours été soutenu par la pensée que, quand même j'échouerais dans mon entreprise, elle aurait au moins cela d'utile

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que peut-être elle donnerait à des savants plus habiles que moi le désir de trouver la solution qui m'avait échappée, en leur montrant combien de précieuses données sont déjà acquises au problème.

C'eût été chose facile que d'introduire en maints passages d'attrayantes digressions, car un sujet aussi vaste se prèle facilement à des développements d'un haut intérêt. Je me serais par là rendu plus agréable à lire, mais aussi ces déails n'auraient pas manqué de distraire lelecleur et de l'empêcher de suivre le fil de la démonstration. Et même sous ce rapport, pour faciliter l'enchaînement des raisonnements, j'ai, à la fin de chaque livre, résumé les choses principales qui y sont développées; si bien qu'en lisant seulement le dernier chapitre de chaque livre, on peut prendre une idée générale de l'ouvrage entier.

J'avais d'abord eu l'intention d'ajouter quelques notes, tant pour exposer diverses théories à peine ébauchées dans le texte, que pour démontrer par le calcul certaines propositions données comme exactes, et même pour en indiquer d'autres plus nouvelles; je ne l'ai pas fait, car déjà l'étendue de l'ouvrage dépassait les bornes dans lesquelles j'espérais pouvoir le renfermer.

Durant * l'impression la science a fait des acquisitions importantes. J'en ai profité au fur et à mesure que j'en avais connaissance, et j'ai vu avec grand

* L'édition fut commencée dans les premiers jours d'août 1865.

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plaisir que tous les faits nouveaux étaient autant de preuves nouvelles en faveur de ma thèse, et qu'aucun d'eux ne s'inscrivait en faux contre les vues théoriques exposées dans cet essai. Je suis donc en droit d'espérer que l'exactitude de ces théories se confirmera chaque jour davanlage à mesure que les phénomènes de la nature seront mieux connus.

Peut-être considérera-t-on certaines conjectures ici exposées comme un peu hasardées; mais comme cela ne veut pas dire, tant s'en faut, qu'elles sont erronées et dénuées de tout fondement, j'espère que le lecteur impartial, avant de les rejeter, voudra bien les examiner. De plus ce sont des conjectures, et nous ne les donnons que pour telles.

Ce dont je ne saurais m'excuser aussi facilement, c'est d'avoir osé embrasser un sujet trop vaste et de beaucoup supérieur à mes forces, et j'avoue que ce travail une fois terminé, n'aurait pas élé imprimé, si l'on ne m'avait pas vivement sollicité à en entreprendre la publication. Sans cette proposition, que j'ai acceptée avec plaisir, je me serais regardé comme amplement récompensé de ma peine par la satisfaction que j'éprouvais d'avoir pu enfermer dans une synthèse générale toutes les forces de la nature. Puissé-je avoir élé assez heureux dans l'exposé de ma théorie pour faire goû'er aux autres cette même satisfaction.

A. Secchi.

Rome, 10 avril 186i.

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