‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 38 sur 111 · DE LA DÉCOMPOSITION CHIMIQUE · texte numérisé non relu

DE LA DÉCOMPOSITION CHIMIQUE

être attribuée aux incertitudes présentées par quelquesuns des coefficients employés.

Une calorie équivalant à 425 kilogrammétres, la quantité de chaleur obtenue représente un travail total de 1674336 kilogrammètres ou de 23381 chevaux-vapeur. Travail énorme dont nous pouvons à peine nous faire une idée, et qui, étant employée à produire de la chaleur par un moyen mécanique, fournirait par seconde un^ quantité de calorique égale à celle dégagée dans le même temps par la formation de 1 litre d'eau. Cette quantité de chaleur est égale à celle envoyée par un pied carré de la surface solaire pendant quelques minutes. Quelle force incompréhensible a été employée pour la formation des océans! Le sujet actuel nous entraine à faire une application de ces théories à un des phénomènes les plus intéressants de la nature.

Depuis les âges historiques les plus reculés jusqu'à nos jours, la température du soleil n'a point changé, au moins d'une quantité accessible à nos procédés d'évaluation. Comment donc les pertes énormes éprouvées incessamment par l'astre central sont-elles réparées? D'où vient la chaleur du soleil et par quel moyen est-elle réparée?

Avant d'engager une hypothèse quelconque, remarquons que le soleil, dépensant sa chaleur, se refroidit nécessairement; mais son refroidissement se fait avec une telle lenteur, qu'il est insensible pour nous.

En supposant que le soleil fût un globe solide en ignition, sa combustion couvrirait au plus la dépense de quelques siècles. Si, au contraire, il est formé par une masse gazeuse à l'état de dissociation, il peut continuer à émettre chaleur et lumière pendant un temps beaucoup plus long, sans que sa température baisse d'une façon appréciable. La puissance thermique du soleil est évaluée 77000 chevaux-vapeur par mètre carré de surface. Or, 3 kilogrammes de gaz hydrogène et oxygène, en se combinant et se

transformant en glace à 0% émettent un nombre de calories équivalant à 70143 chevaux-vapeur, c'est à peu près la quantité précédente. 11 suffit donc que cette masse gazeuse se combine et se condense à l'état solide par chaque seconde de temps pour produire une énergie calorifique comparable à celle du soleil. Si la combinaison chimique s'effectue simplement sans être suivie de condensation ni à l'état liquide ni à Tétat solide, il dégagera seulement les 2153 colories de dissociation, et, pour produire le même effet thermo-dynamique, il faudra une quantité de gaz double de la précédente à peu près; cette chaleur une fois dégagée, la masse restera encore à une température extrêmement élevée. Ceci posé, la masse solaire est de 2 quintillions de kilogrammes, soit kilogrammes 2x1 0"®, il devient donc facile de calculer combien de millions de siècles devraient s'écouler pour qu'une pareille masse dissociée parvienne tout entière à l'état de combinaison; pendant tout ce temps, elle aura émis incessamment de la chaleur, et sa température n'aura point diminué. Le calcul a été fait et a trouvé un nombre de siècles égal à 2x1 0«o, c'est-à-dire 200 trillions!

Disons à ce propos que la chaleur émanée d'un décimètre carré de superficie solaire étant de 772 chevauxvapeur représente la puissance d'une de ces machines à vapeur employées à la propulsion des navires, et on a calculé que la température à la surface du soleil est de 15 à 45 fois supérieure à celle obtenue dans nos locomotives les plus puissantes. Enfin, terminons ces considérations en rappelant que la grande machine destinée au Frierfland, qui était à l'Exposition de Paris en 1867, avait une force de 4000 chevaux-vapeur, et, pour entretenir son mouvement, il ne fallait pas moins de 8 énormes fourneaux incessamment chargés de charbon.

Nous voyons ainsi combien est petite notre unité de force par rapport à la grandeur des puissances mises en jeu

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