‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 48 sur 111 · RÉSUME DU PREMIER LITRE · texte numérisé non relu

RÉSUME DU PREMIER LITRE

i^ir, et de la chaleur en travail. Le mouvement des corps, cessant comme déplacement total de la masse, se continue comme vibration moléculaire, et vice versa, La dilatation des corps, et spécialement des gaz, est l'intermédiaire ordinaire de ces phénomènes réciproques; le travail produit par le mouvement intérieur des molécules gazeuses est même utilisé dans nos machines pour mouvoir des poids plus ou moins grands; et dans toutes les transformations de ce genre, il se produit une perte de calorique équi* ▼alente au travail produit.

Quant à la nature du mouvement intime des corps, les atomes étant invisibles, il nous est complètement impossible de la déterminer par Texamen direct, mais l'ensemble des faits indique une agitation continuelle des parties élémentaires se faisant tantôt suivant des courbes fermées, tantôt suivant des lignes indéfinies, comme il arrive dans un véritable mouvement de projection, et on peut établir, en thèse générale, que toutes les molécules des corps sont animées d'un doulsle mouvement simultané de translation et de rotation. La température des corps est un phénomène dépendant de l'inlensitè du choc des molécules, et, par suite de leur masse et de leur vitesse, elle se mesure d'après l'augmentation du volume des corps, c'est-à-dire Técartement plus ou moins grand de leurs parties intégrantes; par conséquent, sa mesure revient à celle d'un véritable travail, accompli par les molécules elles-mêmes; donc elle est représentée par la moitié de la force vive qui anime le système, puisqu'il en est ainsi pour tous les autres genres de travail mécanique. Le travail de dilatation est double : il est à la fois intérieur et extérieur; en vertu du premier (Vintérieur) se fait l'augmentation de volume des corps et s'accroit la vites e des molécules; le second (Vextérieur) repousse les obstacles qui peuvent s^opposer à la dilatation.

Le travail intérieur est toujours en antagonisme avec les

liens qui réunissent les diverses parties des corps, ti quelle que soit l'origine et la nature de ceux-ci, les rffets produits par la chaleur sont toujours proportionnels au travail à effectuer pour les détruire, et, par suite, au mouvement imprimé à la substance estimé d'après la quantité de force vive correspondante.

La théorie qui regarde le calorique comme un mouvement, rend parfaitement compte des divers états physiques de la matière et des phénomènes accompagnant le passage des corps de l'un de ces états à l'autre; daltas cette manière de voir, l'absorption de chaleur dont s'accompagnent la fusion et la vaporisation est considérée comme une transformation de mouvement ayant pour effet d'éloigner les molécules réunies les unes aux antres et de leur communiquer une certaine vitesse de projection suivant des orbites plus ou moins bien limitées, réciproque* ment il est aisé de comprendre pourquoi cette force est mise en liberté dans les changements d'états inverse des précédents.

En cherchant les lois des échanges de clialtiur, nous avons découvert une relation fort remarquable entre les masses des équivalents chimiques des corps et les quantités de calorique nécessaires pour produire une égale tension calorifique dans ces mêmes corps. Voici sur ce siyet les conclusions auxquelles nous nous sommes arrêtés: 1^ les atomes libres et isolés présentent une égale facilité au mouvement, et i"" ils sont soumis au grand principe mécanique qui régit les échanges de mouvement en vertu duquel il y a constamment proportion inverse entre la vitesse et les masses. Nous avons reconnu combien étaient justes les idées modernes sur l'expansibitité gazeuse, et quelle utilité peut avoir la théorie mécanique dans l'étude des diverses propriétés physiques des corps. Ici même un vaste champ est ouvert aux recherches des savants désireux d'examiner les propriétés moléculaires à ce nouveau

RÉSUMÉ DU PREMIER LIVRE. iSO

point de vue. De nombreuses lacunes ont été rencontrées chemin faisant; elles seront promptement comblées par le zélé des expérimentateurs, il faut l'espérer du moins, et Fauteur de ce livre s'estimera heureux si le présent travail peut appeler l'attention des chercheurs sur ces desiderata scientifiques.

Jusque-là peu nous importait le mode de production du calorique, et nous pouvions le concevoir engendré simplement par des actions mécaniques; mais cet agent prend aussi naissance dans d'autres conditions, par exemple dans les combinaisons chimiques; Tétude de la corrélation des forces naturelles nous a donc conduit nécessairement à examiner quel rapport existe entre les réactions chimiques et les dégagements de chaleur concomitants. Nous avons alors reconnu deux lois capitales :

1^ Vaction chimique est une action définie, autrement dit une certaine quantité d'action chimique produit toujours une égale quantité de calorique;

.2^11 existe une étroite relation entre les équivalents des composés de divers ordres et la quantité de chaleur dégagée lors de leur formation.

Ces lois, tout imparfaites qu'elles sont, nous montrent cependant que les actions chimiques, elles aussi, obéissent a une loi mécanique dont l'origine pourrait bien être la simple réunion de masses diverses, mais douées d'une égale quantité de mouvement, lesquelles, faute d'élasticité dans leur choc, dégagent une certaine quantité de force vive.

Ainsi, pour expliquer tous les phénomènes calorifiques, l'inertie et le mouvement suffisent. Les forces élastiques elles-mêmes, sans être regardées par nous comme complètement secondaires, ne sont pas, à notre avis, des forces primitives, la simple rotation des atomes pouvant produire des effets en tout comparables à ceux de l'élasticité. Le problème que nous nous étions proposé est donc

résolu : nous avons montré que les phénomènei calori' fiques peuvent être ramenés à de véritables transforma^ tUms de mouvement et qu'il n'est pas nécessaire de re* courir à de nouveaux principes pour les expliquer.

Cette théorie est indépendante de toute idée préconçue sur la nature des tiens moléculaires antagonistes du eaiorique. L'agrégation des molécules peut être attriiraée à des causes diverses, à une force sui generis propre aux atomes ou à l'action extérieure d'un milieu. Le preoiîer système est plus commode, mais il n'explique rien, puit* qu'il se borne à admettre l'existence de forces spéciales dam chaque cas particulier; le second s'efforce, au contraire» d'expliquer les phénomènes à l'aide des lois physiques dn mouvement. Que Ton adopte l'une ou l'autre de ces deux hypothèses, la théorie mécanique est toujours vraie, car elle s'appuie seulement sur les communications de mouvement, et, de plus, elle est complètement indépendante des idées métaphysiques proposées par certains physiciens pour expliquer la cause primordiale du mouvement. A ceux qui nous objecteraient que la nouvelle théorie renverse par la base les principes de certaines écoles, nous répondrons que notre intention n'est pas de fournir appui à ces doctrines, un pareil soin appartenant à leurs défenseurs.

Qu'il nous soit même permis de faire à ce sujet une petite réflexion. Pour peu que l'on songe à l'immense quantité de faits dont la réunion et la coordination ont dû être faites soigneusement avant d'arriver à en déduire les quelques principes formulés plus haut, on ne peut s'empêcher d'être pris d'étonnement (nous ne voulons pas dire plus) lorsqu'on voit certains physiciens assez hardis pour trancher les questions en s'appuyant sur des théories a priori, et on s'estime heureux de voir les véritables savants aui. vre avec ardeur la voie pénible de l'observation. Les beaux résultats déjà acquis à la science, et ceux plus grands encore que l'on est en droit d'espérer, doivent encourager

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