RÉSUMÉ DU PREMIER LIVRE
les physiciens à expérimenter sans relftche et à se livrer aux spéculations théoriques seulement pour reconnaître les lacunes laissées par leurs devanciers et susciter de nouvelles recherches.
Si maintenant on veut pousser plus avant la recherche des rapports du calorique avec les autres forces de la nature, on se trouvera arrêté par de graves et nombreuses difficultés, à cause de notre ignorance complète touchant la constitution intime des corps. Ici même, pour connaître tout à fait le mode d'action du calorique, nous avons fréquemment éprouvé le besoin de savoir quelles sont ces forces antagonistes dont la cohésion est l'expression. Afin de dissiper toutes les ténèbres de ces problèmes, il est nécessaire de rechercher, en premier lieu, s'il existe ou non un milieu universel imprégnant et enveloppant tous les corps , et de déterminer quelle est sa part d'action dans les phénomènes naturels.
L'optique, rélectricilé, nous permettront de répondre à cette question, et leur étude établira la théorie de la chaleur sur des preuves non moins solides que celles ayant pour base la considération de l'équivalent mécanique de la chaleur. En effet, il résulte de nos premières recherches que la chaleur est le résultat d'une transformation de mouvement; mais en quoi consiste cette transformation? Tel est le point à éclaircir par de nouvelles investigations. En effet, la réflexion suivante se présente tout naturellement à l'esprit : entre le salaire d'un ouvrier et le temps de son travail, existe un rapport, un coefficient constant; cependant nous ne disons pas : le temps est de l'argent ; de même nous ne pouvons identifier chaleur et mouvement par la seule considération de leur équipollence ; en outre, il nous faut connaître le mode suivant lequel s'opère la transformation des divers genres de mouvements en calorique.
La découverte de l'équivalent mécanique de la chaleur est une donnée expérimentale établissant empiriquement
la permanence du mouremenlt, ou son indestractibiliié, au môme titre que les expériences de Lavoisier ont démontré l'indestructibilité de la matière. Elle a fourni one base solide sur laquelle l'analyse mathématique a pu édifier ses formules; et celles-ci, par leurs développements successifs, ont permis de constater la justesse du principe fondamental dans des circonstances peu accessibles à l'expérimentation directe ; tel est, du reste, le très-grand et tràiréel avantage des mathématiques. Ces travaux théoriqutt forment un des plus beaux monuments de la science physico-mathématique de notre époque ; et au point de vue de leur iipportance ils soutiennent la comparaison avec ceux de la mécanique céleste, de l'optique et de Télectro-dynamie; mais nous ne sommes pas dans l'intention de les développer ici.
Certains phénomènes examinés superficiellement nous font croire très-souvent que les forces naturelles s'anéantissent alors qu'elles ne font que se transformer. Un corps est-il immergé dans Tcau, il perd une partie de son poids égale à celui du volume de liquide déplacé ; est-ce à dire que la pesanteur abandonne ses droits? Non assurément, car si le corps paraît moins lourd à la main qui le soutient , de son côté le poids du vase renfermant l'eau augmente d'une quantité correspondante, chose facile à vérifier par expérience. De même encore, dans un baromètre la colonne de mercure soutenue par l'atmosphère ne produit aucune pression sur le fond delà cuvette; mais si le tube est attaché à un support, ce dernier aura à soutenir une charge égale au poids de mercure contenu dans le tube barométrique, comme le prouve le baromètre à balance. Donc, souvent pour des yeux inexpérimentés les forces de la nature semblent perdre toute leur action, et cependantellesnefont que changer déforme; il appartient alors à la science de rendre aux faits leur véritable signification.
Dans ce premier livre, plusieurs questions n'ont pas
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reçu une solution rigoureuse, car nous n'avions pas les éléments nécessaires pour traiter complètement ces problèmes. En parlant de la lumière nous compléterons nos connaissances et nous serons à même de dissiper toutes les incertitudes sur la nature de la chaleur.
Grâce aux connaissances que nous fournira Tétude des phénomènes lumineux» ces mouvements atomiques, qui échappent complètement aux yeux du corps, prendront une figure devant les yeux de Tesprit. Aussi le physicien qui traiterait de la chaleur sans tirer profit des immenses ressources que lui offre Toptique serait dans les conditions d*un observateur qui entreprendrait d'explorer la nature sans jamais recourir au sens de la vue. La seconde partie de cet ouvrage sera donc consacrée à résumer les faits principaux de l'optique.