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ACTION CBIHIQUE DE LA LUMIÈRE

gnésium bhftant à Tair et se transformant en magnésie nous offre le foyer lumineux le plus vif après la lumière électrique; il équivaut à une surface solaire ayant un diamètre égal à la grandeur apparente du fil, lorsque cet astre est à 9^ de hauteur au-dessus de Tiiorizon. Hais les propriétés chimiques et éclairantes de cette flamme sont loin d'être proportionnelles. En effet, Téclat du soleil est à celui de la flamme du magnésium : : 325 : 1 , tandis que le rapport des actions chimiques de ces deux sources est seulement de 37 : i ; réciproquement, la lumière électrique est très-riche en rayons chimiques comparativement h celle du soleil; cependant son degré thermométrique est, d'après Becquerel, à peine égal à 207G% température bien iulèrieure à celle attribuée au soleiP.

Bunsen et Roscoe ont montré que la lumière solaire qui arrive aux limites supérieures de notre atmosphère est capable dans chaque minute de temps de transformer en acide chlorhydrique une colonne d*un mélange hydrocbloré,ayant pour base la surface éclairée et 55 mètres de hai^ur; mais de ces rayons chimiques, un tiers seulement arrive jusqu'à la surface terrestre; le reste est absorbé par l'atmosphère. Il nous serait facile de déterminer l'équivalent mécanique de cette force, sachant que la chaleur dégagée par la combinaison de 1 centimètre eube d'hydrogène avec le chlore peut élever i gramme d'eau de 2^,08 ; mais sans faire le calcul, on voit facilement que le résultat serait un nombre énorme.

Depuis longtemps, les botanistes avaient reconnu que la lumière est nécessaire au développement de la chlorophylle dans les plantes, et que, grâce à cette action, elles peuvent croitre et se reproduire. La lumière exerce donc une influence considérable sur la végétation , et il est admis

• Becquerel, Ann. ch. etph., III« série, voL LXVII, p. 142.

désormais que les climats botaniques ne sont pas eiclusivement déterminés par les lignes isothermes, et dans leur délimitation, il faut tenir grand compte de la distribution de la lumière solaire. Les nuages, en diffusant les rayons du soleil, agissent d'une manière trës-efScace pour porter la fertilité dans tous les points qui, privés du rayonnement direct, seraient complètement stériles^.

L'action chimique de la lumière ne se borne pas seulement aux phénomènes de la végétation et aux opérations de la photographie. Chacun a pu reconnaître combien était grande son influence sur la coloration de la peau des animaux, comment elle détruit un grand nombre de couleurs, tandis qu'elle favorise le développement de certaines autres : ainsi, les anciens préparaient la pourpre en avivant par l'exposition au soleil la teinte légère que présente la matière organique de certains mollusques. On peut donc s'étonner en voyant un phénomène aussi général complètement ignoré pendant très-longtemps, et en présence d*un fait semblable, il est permis de soupçonner l'existence d'un grand nombre d'autres forces encore complétëlhent ignorées par nous, tant est grande l'imperfection de nos connaissances en philosophie naturelle.

Il est intéressant de rappeler ici la double série de phénomènes diamétralement opposés que présentent les deux règnes des êtres vivant sur la terre, c'est-à-dire les animaux et les végétaux.

Les manifestations biologiques chez les animaux sont toujours accompagnées par des phénomènes d'oxydation, si bien que par le fait des combinaisons lentes, accomplies au sein de leur organisme, ils produisent 8,080 calories pour chaque kilogramme de charbon converti en*acide carbonique. Il en résulte donc une force mécanique disponible, utilisée par eux pour travailler. Dans le végétal, au

* Bunsen et Roscoe, Philos, tranè.^ 1859, loc. cit.

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