PHOSPHORESCENCE
contraire, il se produit une succession de désoxydations, et, par conséquent, chaque kilogramme de carbone, mis en liberté, doit absorber une quantité de travail égale à celle qu'il absorberait en se combinant à Toxygène. Toute cette force vive lui est donnée par lé soleil. La plante isole l'oxygène h l'état de pureté, mais il n'en est pas de même pour le carbone; ce corps, s'unissant à d'autres substances, donne naissance à des combinaisons généralement instables. Les composés ainsi formés sont brûlés par les animaux et transformés en d'autres d'une plus grande stabilité, en oxyde de carbone et acide carbonique, par exemple^.
Lés radiations obscures peuvent aussi exciter les réactions chimiques, mais généralement il est impossible ou tout au moins très-difficile de séparer les rayons chimiques dans le spectre des corps incandescents. Ces faits nous montrent que pour donner naissance à des rayons chimiques, la matière doit être amenée à l'état de molécules complètement isolées et libres. Nous trouvons donc encore ici la confirmation d'une loi déjà indiquée, à sa- \oir que toute action chimique suppose une préalable atténuation de la matière, car pour vibrer de manière à engendrer des ondes tellement courtes, qu'elles puissent exciter les combinaisons et les décompositions chimiques, il faut des molécules matérielles amenées aux dernières limites de la ségrégation. Anciennement on avait refusé toute activité chimique aux rayons rouges el jaunes, mais cette proposition est inexacte, et les photographes savent parfaitement que ces rayons peuvent au moins continuer une réaction commencée par d'autres. Tyndall, ayant isolé
^ Un grand problème social réclame TaUention des observateurs. La consommation du charbon comme combustible est énorme , les machines à vapeur seules jettent chaque année dans l'atmosphère 10 miniards de tonnes d'acide carbonique. Les forêts, qui de jour en jour disparaissent devant les progrès du défrichement , sont-elles capables de rédnire cette masse énorme d'acide carbonique?
les rayons calorifiques obscurs des rayons lumineux en leur faisant traverser une dissolution d'iode dans le sulfure de carbone, n'a obtenu aucun effet chimique et seulement des phénomènes d'incandescence.
Les ondes très-courtes jouissent encore d'une autre propriété : elles peuvent exciter dans les corps des ondes secondaires, suffisantes pour leur permettre de rester lumineux après la disparition du foyer dont ils recevaient les rayons. Ce phénomène est connu sous le nom de phosphorescence. Tous les solides, les métaux exceptéS) sont phosphorescents à un degré plus ou moins prononcé; certaines substances sont très-remarquables sous ce rapport : ainsi, le phosphore de Bologne, celui de Canton obtenu par la calcinaUon du soufre avec des écailles d'huitres, le spath-fluor, certains diamants, etc., brillent dans l'obscurité pendant un temps considérable. Avec la plupart des autres corps, le phénomène est encore sensible, seulement il dure un temps trèscourt. La phosphorescence fut regardée par les newtoniens comme une preuve très-concluante de la matérialité de la lumière, « car, disaient-ils, ce fluide est d'abord absorbé par les corps, puis il s'en échappe peu à peu ^. n Mais cette supposition était erronée ; en effet, à supposer qu'elle fût vraie, la lumière émise par les substances phosphorescentes devrait avoir la même couleur et la même nature que celle dont elles ont subi tout d'abord l'influence; or il n'en est rien, car chaque substance est inégalement impressionnée par les différents rayons du spectre. L'effet maximum est obtenu avec les rayons violets, et même avec les ultra-violets, c'est-à-dire à l'aide des rayons chimiques, et en outre la teinte émise par les phosphores correspond à des rayons d'une moindre réfrangibilité que ceux de la lumière active.
Un corps peut donc avoir été soumis à l'influence d'ondulations étherées appartenant à un type déterminé, et
* Priesllcy, op. cU., Per. VI, cap. ii.