‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 63 sur 111 · FLUORESCENCE · texte numérisé non relu

FLUORESCENCE

ses molécules rester aminées de vibrations d'une aufre espèce ; de même un corps sonore, alors que toute excitation a disparu» nous fait souvent entendre des notes étoufi'ées, véritables échos harmoniques du son fondamental. Pour appuyei* notre opinion, nous rappellerons encore que la phosphorescence est plus vive et de plus longue durée lorsqu'elle se manifeste dans des espaces contenant seulement une matière trés-raréfiée, et par suite sous une pression bien inférieure à celle de Talmosplière, dans les tubes.de 6eissler,par exemple, les molécules jouissant alors d'une plus grande liberté. Cependant , rien ne prouve que dans ces circonstances d'autres forces, et spécialement l'électricité, ne jouent pas un certain rôle, d'autant plus que, chose remarquable, les phosphores sont constamment mauvais conducteurs de l'électricité, et d'un autre cété, la moindre trace d'humidité suffit pour empêcher la phosphorescence même dans les corps doués de cette propriété à un trés-Iiaut degré. L'action très- puissante do la lumière électrique pour exciter la phosphorescence pourrait bien tenir à sa très-grande richesse en rayons chimiques, et même nous serions assez portés à croire que par son action directe la lumière est capable de produire l'èlecfrisation des corps, aussi bien que peuvent le faire les actions mécaniques les plus légères ; de récentes expériences sont très-favorables à cette manière de voir, nous les citerons pins tard.

Les physiciens modernes ayant reconnu, par les faits précédents, que les molécules de la matière pesante pouvaient vibrer sous l'influence du mouvement de l'éther, ont proposé une nouvelle théorie de la coloration permanente des corps. Pour eux, la couleur d'un corps serait due à ce que ses molécules prendraient un mouvement vibratoire plus ou moins analogue à celui du rayon incident; aussi repoussent-ils la théorie de Ne^vton, fondée sur les phénomènes des lames minces.

La phosphorescence se rapproche beaucoup d'une autre

classe de phénomènes dont nous allons dire quelques mots.

Les rayons chimiques n*exei*cent ordinairement aucune action sur Toeil; mais en tombant sur certaines substances ils deviennent visibles : tel est le fait nommé fluorescence. Alors les rayons deviennent visibles indirectement , car leur réfrangibilité est changée par Taclion de la substance, comme Ton peut s'en assurer en regardant à travers on prisme une bande étroite d'une substance fluorescente; on voit la couleur se décomposer en plusieurs teintes à la manière de la lumière blanche. Il est donc impossible d'admettre ici le synchronisme des oscillations proprsi aux molécules matérielles, et de celles appartenant à Tonde éthérée diflusée par la surface du corps; or la même chose se présentant dans la phosphorescence, on est porté à réunir ces deux ordres de phénomènes sous un seul nom en les distinguant l'un de l'autre seulement, parce que dans les phosphores los nouvelles vibrations durent un certain temps après l'action excitalrice de la lumière, tandis qu'au contraire elles cessent immédiatement dans les corps fluorescents. Mais une semblable hypothèse exige que toutes les substances phosphorescentes soient fluorescentes au moins à un degré plus ou moins prononcé, et il n'cii esl pas ainsi dans la réalité ; par conséquent, il est boU; à notre avis, de conserver les deux dénominations.

La fluorescence nous offre un exemple de la transformation d'ondes très- courtes en ondes plus longues. M. Tyndall a découvert le phénomène inverse, et lui a donné la nom de calorescence. Il expose un corps à l' action des rayons calorifiques invisibles du soleil et le corps devient lumineux, c'est-à-dire émet des ondes plus courtes que celles dont il a subi Timpression. Ces faits nous montrent que la matière pondérable peut réagir sur l'éther.

xVujourd'hui, les physiciens sont d'accord sur un point théorique fondamental : ils admettent que les phénomènes

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