‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 76 sur 111 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

OONCLDSIONS GÂNéRALES DE CE LIVRE.

Dans cette étude des phénomènes lumineux, noire but a été de rechercher en quoi consiste cette force qui nonseulement, par l'intermédiaire de Toeil, nous met en relation avec le monde extérieur, mais encore vivifie la nature par son influence thermique et la modifie sans cesse par ses propriétés chimiques. Les faits nous ont appris que cette triple action de la lumière se réduisait à des modes de mouvement â!une certaine substance ^ puis pénétrant plus avant dans la question, nous avons reconnu que ce mouvement était une vibration analogue à celle des milieux Mastiques. Alors s'est présentée la question de savoir si ces vibrations sont transmises par la matière pesante elle-même; mais cette hypothèse ayant été reconnue inadmissible, nous sommes arrivés à admettre l'existence d'un milieu impondérable répandu dans tout l'univers, imprégnant tous les corps et servant à la transmission des radiations lumineuses calorifiques et chimiques.

Cette vaste théorie présente encore quelques points incomplètement examinés. Ainsi les relations des mouvements de la matière pesante avec ceux de l'èther ont été entrevus bien plutôt que nettement déterminés et encore moins démontrés. Mais, si nous réfléchissons aux difficultés sans nombre dont il a fallu se rendre maître pour résoudre le problème du mouvement des corps célestes, problème très-simple relativement à la question présente, nous reconnaîtrons que c'est chose difficile de trouver par le calcul la loi des phénomènes fournis par l'observation de la nature. La mécanique céleste a ses

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perturbations et ses incertitudes, la mécanique moléculaire a aussi les siennes; elles sont même plus nombreuses. Nous citerons, par exemple, les phénomènes de la dispersion chromatique, la position variable des axes optiques dans les cristaux suivant la longueur des ondes et les doutes que l'on peut avoir sur la direction du mouvement des molécules par rapport au rayon *. Or, malgré les pe^ lurbations constatées dans les mouvements des astres, on a admis la gravité, il est donc permis d'en user de même à regard de la théorie de Téther.

Dans ce livre, à côté de propositions parfaitement démontrées se trouvent de simples conjectures livrées par nous à l'appréciation du lecteur. Au nombre des propositions certaines nbus pouvons citer les suivantes :. La lomière se propage par la vibration d'un milieu ; ce milieu n'est pas la matière pesante, car dans cette hypothèse, lorsqu'on communique à la matière un mouvement très-rapide, la vitesse de la lumière devrait augmenter ; et il n'en est rien. Cela posé, nous admettons l'éther, fluide matériel impondérable ; de plus, nous proposons quelques conjectures sur la structure intime des corps, à l'aide desquelles toute espèce de force abstraite imaginée

* Voyez Lamé, p. 329. D'après Fresnel, les vibrations s'accompliraient à la surface de l'onde suivant des courbes ellipsoïdales et non suivant des courbes spliériques, ce qui revient à dire qu'elles seraiint parallèles à la projection du rayon lumineux sur l'onde plane tangente à la surface, el non perpendiculaire au rayon , comme le veut la théorie de Lamé. Dans les deux hypothèses, la forme de Tonde est la même, et les rayons sont polarisés à angle droit; aussi l'expérience n'est d'aucun secours pour décider entre elles. Cauchy, dont ks formules sont plus générales que celles de Lamé, est arrivé i une conclusion conforme à celle de Fresnel. Un autre point est encore incertain : les vibrations, dans les rayons polarisés, sont-elles perpendiculaires ou parallèles au plan de polarisation? Quinke regarde U seconde proposition comme démontrée, mais la plupart des autres physiciens sont d'un avis contraire.

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