‹ L'unité des forces physiques (volume 2)Chapitre 77 sur 111 · CONCLUSION GENERALE DE CE LIVRE · texte numérisé non relu

CONCLUSION GENERALE DE CE LIVRE

jusqu*ici pour expliquer la cohésion des corps devient inutile.

Ces idées, nous le prévoyons bien, rencontreront une grande opposition parmi les partisans des anciennes théories; à leur sens, pour expliquer la constitution d*un corps, la matière et le mouvement ne suffisent pas. Désireux d'éviter toute équivoque, nous répéterons encore que nous ne liions pas Texistence des forces; nous essayons seulement de les expliquer à l'aide des propriétés d'un milieu dont l'existence est irrécusable, et de les ramener à des modes de mouvement. Ainsi, jadis la théorie de certains phénomènes reposait sur Thorreur du vide qui alors était une force, aujourd'hui ces phénomènes sont classés parmi les efiets de la pression atmosphérique ; de même, au moyen de l'éther, notre système permet d'expliquer un grand nombre de faits attribués jusqu'ici à des forces mystérieuses.

Nous émettons nos opinions avec toutes les réserves possibles; il est juste cependant d'ajouter que déjà ces idées théoriques sont acceptées par un grand nombre de physiciens ^

Nous avons vu que les vibrations sont transversales au rayon et en cela Texpérience est d'accord avec la théorie ; cherchant alors une explication physique de ce fait, nous avons indiqué comment au point de vue mécanique la direction transversale des vibrations pouvait être regardée comme un effet du mouvement rotatoire des atomes. Dans les vibrations transversales, il n'y a pas changement de densité du milieu ; on ne peut cependant se refuser à

* Nous citons volontiers les noms d'auteurs, d'abord par justice, et ensuite pour faire iroir que bon nombre des explications proposées ne nous sont pas personnelles. Au reste, nous disons avec Galilée [Saggiatoré) qu'il est très-malheureux de ne pouvoir traiter une question scientifique sans s'appuyer sur les idées des autres, et non sur Tobsenration de la nature.

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admettre la possibilité des Yibrations longitudinales ; les mathématiciens ont trouvé que ces vibrations existent, mais qu*elles ne se manifestent pas comme radiations. Toujours est-il qu'elles jouent un certain rôle dans l'économie de la nature. Lequel? Jusqu'à présent les conjectures seules sont possibles sur ce point; les uns soutiennent qu'elles produisent le calorique, opinion inadmissible, puisque la chaleur rayonnante se polarise; d'autres leur attribuent les phénomènes de la gravité ^. Ce sujet sert traité en temps convenable.

De même que la direction transversale des vibrations de l'éther est une conséquence de la rotation dont les atomes sont animés, ainsi la rotation des atomes matèrieb nous explique pourquoi dans les cristaux biréfringents l'élasticité n'est pas la même dans toutes les directions. En effet, la comparaison des faits nous a conduit à admettre une orientation spéciale des molécules des corps, un parallélisme de leurs axes de rotation duquel résulte une distribution différente de l'éther dans les diverses directions de la masse. La rotation des molécules détermine au sein de l'éther des changements de densité, car ce fluide autour de chacune d'elles est entraîné dans un mouvement de giration et forme des espèces de tourbillons. Selon toutes probabilités, cette inégalité de la densité de Téther est la t;ause de la dispersion prismatique et des variations observées dans la position des axes optiques des cristaux biréfringents lorsqu'ils sont traversés par les divers rayons colorés. La direction des axes est profondément modifiée par l'influence de la chaleur', preuve évidente que la vibration

* Voyez Keller, Comptes rendus^ 1863. — Ghallis, Cosmog, 4 décembre 1863.

* Dans les cristaux de sulfate de chaux, la direction des axes de positive devient négative sous l'influence d'une l^ère variatioD de température et change en présentant des couleurs variées.

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propre à la molécule pesante, joue un certain rôle dans ces phénomènes. Les mouvements de rotation ne paraissent pas avoir le même degré de stabilité dans tous les corps; ils sonf probablement plus faciles à troubler dans les métaux et les corps simples dont les molécules ont une structure peu compliquée et une forme polyédrique simple. Vu notre complète ignorance relativement à la constitution de Téther et de la matière pesante, nou^ devons nous borner à ces quelques observations. Toutefois le fait de Tabsorplion de la lumière par les métaux nous apprend que Ton doit rapporter à une cause commune, savoir leur élasticité imparraite, et la propriété dont jouissent ces substances de subir des déformations permanentes sous Finfluence des actions mécaniques et celle d'éteindre le mouvement vibratoire et dé ne le laisser pénétrer qu'à une faible profondeur.

L'observation est impuissante à nous faire connaître la nature de Tètber ; cependant elle nous montre que ce n'est point unxgaz et que ses molécules sont beaucoup plus rapprochées que celles des corps pesants; en même temps elle met en évidence le rôle important du milieu universel dans la théorie des phénomènes physiques. L'esprit se reruse à regarder l'éther comme un milieu exclusivement destiné à vibrer, et, lorsque nous voyons les corps animés de mouvements vibratoires produire les effets les plus variés, il nous est impossible de ne point tenter une explication des forces de la création fondée sur les propriétés de ce milieu. En optique, le système des ondes a fait disparaître les innombrables forces dont la théorie newtonnienne dotait tous les corps; ainsi la théorie complète de l'influence mécanique de Téther permettra de supprimer de la science un nombre considérable de forces admises jusqu'à ce jour pour expliquer les phénomènes. Bien plus, en voyant les efforts de nombreux et illustres savants, il n'est point témé-

raire d'espérer que la puissante famille dfs attractions et des répulsions qui à présent règne sur toute la physique (comme les divinités de l'Olympe moderne, dirait M. Emile Martin) ne tardera pas à être détrônée, car nous entrevoyons la possibilité de rattacher à la présence de Téther les actions moléculaires et chimiques.

c L*existence du fluide éthéré, dit Lamé, est inconlestablement démontrée par la propagation de la lumière dans les espaces planétaires ; par l'explication si simple, si complète des phénomènes de la diffraction dans la théorie des ondes; et, comme nous l'avons vu, les lois de la double réfraction prouvent avec non moins de certitude que Téther existe dans tous les milieux diaphanes. Ainsi la matière pondérable n'est pas seule dans l'univers ; ses particules nagent en quelque sorte au milieu d'un fluide. Si ce fluide n'est pas la cause unique de tous les faits observables, il doit au moins les modifier, les propager, compliquer leurs lois. U n'est donc plus possible d'arriver à une explication rationnelle et complète des phénomènes de la nature physique sans faire intervenir cet agent dont la présence est inévitable. On n'en saurait douter, cette intervention, sagement conduite, trouvera le secret ou la véritable cause des effets qu'on attribue au calorique, àTélectricité^au magnétisme, à l'attraction universelle, à la cohésion, aux affinités chimiques; car tous ces êtres mystérieux et incompréhensibles ne sont au fond que des hypothèses de coordination, utiles sans doute i notre ignorance actuelle, mais que les progrès de la véritable science finiront par détrônera i

Nous ne pouvons rien ajouter à ers remarquables con-

• Lamé, conclusion finale de louTnige cilé. — Pour les mouTemenls rolatoires moléculaires. Toyei Bull. mél^i>rol. de robservatoire de JUnrù, 17 décembre IReS (M. de Coinet d'Huart).

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