IDÉE GÉNÉRALE BE LA FORGE ÉLECTRIQUE. 30S
manière continue sur toute la surface induite, c'est-à-dire que l'on n'observe point cette succession de tranches à signes alternativement contraires, dont on constate Texistence dans les corps isolants.
On a prétendu que la force inductrice se propageait en lignes courbes ^, car ses effets ont été observés sur certaines parties de corps tellement disposés qu'il était impossible de concevoir une action rectiligne ; et on rappelait, à ce propos, que les émanations lumineuses des corps électriques affectent des directions curvilignes. Mais c'était confondre la ligne géométrique, qui représente une certaine intensité constante de la distribution électrique aatour d'un corps, avec la ligne de propagation de la force elle-même ; or, tandis que celle-ci est essentiellement droite, l'autre peut être courbe.
Les théories imaginées par les physiciens et adoptées par les géomètres dans le but de représenter les phénomènes électriques jouissent d'une telle célébrité, qu'il importe sur ce point de rappeler immédiatement qu'elles sont de pures hypothèses, et qu'elles ne nous apprennent rien sur la nature de la cause. Nous ne pouvons pas en ce moment parler en détail delà force électrique, mais il est indispensable de rappeler les lois fondamentales de son action.
1* La force électrique agit en raison inverse du carré de la distance.
2** Elle ne peut se manifester en l'absence de la matière pesante, les expériences récentes de Grove et de Gassiot, faites au milieu du vide obtenu par procédé chimique, ont prouvé que dans un espace privé de matière pesante, la décharge électrique directe ne passe pas. 11 n'a pas encore été possible de décider si une action inductrice pure et simj!)le est transmissible à travers le vide; car les expériences faites sous le récipient de
* Faraday. (Note du traducteur.)
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la machine pneumatique ne sont nullement concluantes.
5° Elle se range parmi les forces expansives. Arrivée à un certain degré d'intensité, elle sépare de la substance électrisée des parcelles en quantité appréciable ù la balance, et les met en vibration calorifique et lumineuse. Telle est le cas de la décharge disruptive ou par étincelle. Il est établi d*une façon indubitable que l'étincelle consiste dans une volatilisation et une combustion de parcelles détachées des corps entre lesquelles elle éclate ; en effet, l'analyse spectrale de l'étincelle fournit une bande colorée composée entièrement des raies lumineuses caractérisant les métaux transmettant la décharge. La diffusion lumineuse des solides ne diffère pas au fond de celle qu'on observe lorsque l'électricité se décharge à travers un fluide ; ainsi l'eau est rapidement dispersée et diffusée par la décharge électrique.
Les traits de feu que l'on tire des métaux électrisês, les aigrettes brillantes qui apparaissent quelquefois à leur surface, ne sont pas les seuls effets lumineux de l'électricité ; de toutes les substances isolantes frottées ou frappées dans l'obscurité au milieu d'une atmosphère suffisamment sèche, on peut faire jaillir une étincelle ; quelques-unes émettent de vives lueurs lorsqu'on les brise (sucre, soufre, chlorure de calcium, etc.). Ces lueurs ont certainement une origine électrique, elles sont produites par l'agitation moléculaire dans les points soumis à l'action mécanique. On les a d'abord nommées phosphoriques ; mais elles diffèrent essentiellement de celles produites par le phosphore, car ces dernières accompagnent ordinairement l'oxydation du métalloïde, et les lueurs électriques sont provoquées par certains mouvements moléculaires, ou par l'agitation et les variations de pression dans l'atmosphère ambiante^. Nous avons déjà indiqué
* Voyez Bizio, Dinamica chimica^ t. I, page 104.