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IDÉE GËNÉUAIE DE LA FORCE ÉLECTRIQUE

les causes de la phosphorescence, el nous pouvons en conclure que si la décharge électrique s'accompagne de brillants phénomènes lumineux, cela tient à ce qu'elle ébranle violemment les molécules superficielles des corps; surtout dans ceux où, soit par une pulvérisation, soit par une attrition préalable, la cohésion a été grandement affaiblie.

On 8*esl demandé si cette tendance à l'expansion, cet rffort incessant vers Textérieur, propre aux particules de la surface, se rencontrait exclusivement dans les corps, alors qu'ils sont soumis aux influences électrisantes, ou b'cn si elle y existe constamment, même quand ils sont à l'état naturel.

Au livre I*', chapitre viii, nous avons dit que Fusinieri, Bizio et Zuntedeschi ont réuni un grand nombre de faits lendant à prouver que les corps, pour la plupart, dans les conditions ordinaires, laissent échapper incessamment des émanations matérielles. Cette émission de particules constitue Tévaporation dans les liquides, et la sublimation lente dans les solides; celle-ci est habituellement insensible à la température ordinaire, mais elle se développe considérablement à un degré thermométrique plus élevé. La vaporisation lente des corps maintenus à l'état naturel, qui reproduit sur une moindre échelle l'émission de particules matérielles qui accompagnent les décharges électriques, est rendue palpable par l'expérience suivante. Lorsqu'on dirige l'étincelle d'une batterie à travers une médaille frottée de plombagine posée à plat sur une feuille de papier ou de verre, on obtient une reproduction exacte de la pièce dessinée sur la surface employée, image que l'on peut rendre très-apparente en y projetant un mélange de minium et de soufre, ou simplement l'humidité de l'haleine ^ Ces effets, à l'intensité près, ne diffèrent point des empreintes laissées par la foudre lorsqu'elle retrace, h des

* Fi|,nires de Lichtonberg et images de Morren.

distances souvent très-grandes, le contour des objets atteints par la décharge.

Les faits mentionnés jusqu'ici et un grand nombre d'autres semblables nous conduisent à regarder les phénomènes produits par la tension électrique comme causés simplement par Vexagération des mouvementé à la surface des corps. Afin d'expliquer ces mouvements, plusieurs physiciens ont admis certaines forces répulsives, toujours agissantes, alors même que les corps sont dans le plus grand repos apparent. Il n'entre pas dans notre sujet d'établir cette proposition par voie expérimentale, nous nous bornerons à montrer toute la rationalité d'une telle hypothèse.

D'après la théorie moderne de la chaleur, nul doute que la force répulsive en question ne diffère pas du mouvement thermique lui-même, lequel se manifeste avec plus de facilité à la surface libre des corps, car l'influence attractive des sphères d'activité moléculaire y est très-affaiblie. Quelque idée qu'on se fasse de la constitution des corps, cette conclusion subsiste toujours ; or les phénomènes de l'optique nous ont révélé l'existence de l'éther dans tous les corps. Nous sommes donc naturellement amenés à nous demander si l'éther ne joue pas un rôle dans le mouvement incessant des molécules superficielles.

Assurément la réponse ne saurait être douteuse lorsqu'on admet l'existence de l'éther comme démontrée par l'étude de la lumière; mais faisons pour un instant abstraction des connaissances acquises dans le livre précédent, et examinons à quelles conclusions nous conduira l'analyse des phénomènes électriques; réservant toute affirmation sur la nature de la matière qui entre en mouvement jusqu'au moment où, les faits eux-mêmes ayant éclairé le sujet et fourni dos données positives, il nous sera permis de formuler une opinion.

Donc, pour le moment, nous ne savons pas s'il existe

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un fluide électrique, encore moins si ce fluide est identique avec Téther, et nous laissons à l'observation le soin de nous renseigner. Cela posé, sans nous astreindre à suivre l'ordre chronologique des découvertes, nous aborderons immédiatement l'examen des faits les plus propres à nous donner des notions précises sur la force électrique, Tune des plus puissantes de la nature. Il est bon de rappeler au lecteur que dans cette étude nous conserverons la terminologie usuelle; aussi,' quand il nous arrivera d'employer des expressions paraissant impliquer une hypothèse particulière, cela ne sera jamais intentionnellement, car nous nous servirons des termes consacrés sans rechercher, au moins pour l'instant, si leur signification est exacte ou non.

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