CHAPITRE II
mKMliRES RECHERCHES SUR LÀ NATURE DU COURANT ÉLECTRIQUE.
ACTIONS ÉLECTRO-DTNAMIQUES.
Les phénomènes de tension présentés par les corps électrisés statiquement nous donnent bien la preuve de l'existence d'une force résidant à la surface des corps, mais ils ne nous apprennent rien touchant les modifications intérieures qui peuvent être déterminées par elle ; heureusement le rhéomoteur ou pile imaginée par Yolta nous permet d'étudier ces effets sous les aspects les plus variés. Lorsque, cet appareil étant isolé, on l'étudié sous le rapport de la tension, on trouve ses deux extrémités électrisées l'une positivement, l'autre négativement, mais il serait impossible encore aujourd'hui de dire en quoi consistent physiquement ces deux états électriques différents. Une seule chose est parfaitement démontrée, c'est que les attractions, les répulsions, les effets calorifiques
et physiologiques produits par la pile ne diffèrent pas des phénomènes de même genre produits par un corps èlectrisé à l'aide du frottement. Cette identité reconnue d'abord par Volta lui-même a été définitivement établie par Faraday. D'où on a conclu que la même force électrique pouvait avoir des origines différentes.
Vient-on à réunir les extrémités d*une pile au moyen d'un conducteur, alors apparaissent des phénomènes d'un tout autre genre. Si le conducteur est un liquide décomposable, il se réduira en ses éléments, qui, une fois séparés, se dirigeront, les uns vers le pôle positif, les autres vers le négatif. Si la communication interpolaire est établie à l'aide d'un fil métallique, il s'échauffera, bien plus il pourra fondre, de même que cela lui arriverait sous l'influence d'une décharge de Leyde ; en outre, il influencera les aiguilles aimantées, les attirera ou les repoussera, et il produira divers autres effets mécaniques dans le cas où certaines parties du circuit sont rendues mobiles à l'aide de dispositions spéciales. Tous ces phénomènes différant entièrement de ceux dont il a été question jusqu'ici, la ligne affectée par la force électrique (cette expression a l'avantage d'êlre indépendante de toutes vues théoriques)^ ou bien encore le courant^ en employant le terme reçu habituellement, nous fournit de nouvelles données sur le mode d'action de la force électrique, et il nous permettra d'éclairer les phénomènes de tension.
Les effets que nous venons de rappeler succinctement sont décrits tout au long dans les cours élémentaires de physique ; nous ne nous arrêterons donc pas à leur explication ; il nous suffit de faire remarquer que ceux obtenus lorsqu'on ferme le circuit d'une pile diffèrent seulement par l'intensité de ceux que l'on obtiendrait en réunissant, à l'aide d'un fil métaHique, les coussins de la machine électrique ordinaire avec ses conducteurs. Cependant la pile nous offrant une plus grande facilité pour répéter les