‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 103 sur 162 · CONCLUSION GÉNÉRALE DE CE LIVRE · texte numérisé non relu

CONCLUSION GÉNÉRALE DE CE LIVRE

les mouvements des astres, on à admis la gravité, il est donc permis d'en user de même à l'égard de la théorie de Téther.

Dans ce livre, à côté de propositions parfaitement démontrées rroposiiion*

. . . . ctTlaines.

se trouvent de simples conjectures livrées par nous à Tapprcciation du lecteur. Au nombre des propositions certaines nous pouvons citer les suivantes : La lumière se propage par la vibration d'un milieu ; ce milieu n'est pas la matière pesante, car dans cette hypothèse, lorsqu'on communique à la matière un mouvement trèsrapide, la vitesse de la lumière devrait augmenter ; et il n'en est rien. Gela posé, nous admettons l'éther, fluide matériel impondérable.

De plus, nous proposons quelques conjectures sur la struc- ï^'op» j"'»"^ ture intime des corps, à Taide desquelles toute espèce de force abstraite imaginée jusqu'ici pour expliquer la cohésion des corps devient inutile.

Ces idées, nous le prévoyons bien, rencontreront une grande Admission

. . . , . j . .1 r . <« 1 i^es forces.

opposition parmi les partisans des anciennes théories ; a leur sens, pour expliquer la constitution d'un corps, la matière et le mouvement ne suffisent pas. Désireux d'éviter toute équivoque, nous répéterons encore que nous ne nions pas l'existence des forces ; nous essayons seulement de les expliquer à l'aide des propriétés d'un milieu dont l'existence. est irrécusable, et de les ramener à des modes de mouvement. Ainsi, jadis la théorie de certains phénomènes reposait sur l'horreur du vide qui alors était une force, aujourd'hui ces phénomènes sont classés parmi les effets de la pression atmosphérique ; de même, au moyen de Fcther, notre système permet d'expliquer un grand nombre de faits attribués jusqu'ici à des forces mystérieuses.

Nous émettons nos opinions avec toutes les réserves possibles ; , "yi>ou.c>e

* ^ , ^ ^ f des rotai lonn

il est juste cependant d'ajouter que déjà ces idées théoriques sont aiomiqucs. acceptées par un grand nombre de physiciens ^

Nous avons vu que les vibrations sont transversales au rayon, et en cela l'expérience est d'accord avec la théorie ;. cherchant alors

' Nous citons volontiers les noms d'auteurs, d'abord par justice, et ensuite pour faire voir que bon nombre des* explications proposées ne nous sont pas personnelles. Au reste, nous disons avec Galilée [Saggiatore) qu'il est trës-malbeureux de ne pouvoir traiter une question scientifique sans s'appuyer sur les idées des autres, et non sm. l'observation de la nature.

une explication physique de ce fait, nous avons indiqué comment au point de vue mécanique la direclion transversale des vibrations pouvait élrc regardée comme un effet du mouvement rotatoire des atomes. Dans les vibrations transversales, il n'y a pas changement de densité du milieu. On ne peut cependant se refuser à admettre la possibilité des vibrations longitudinales ; les mathématiciens ont trouvé que ces vibrations existent, mais qu'elles ne se manifestent pas comme radiations. Toujours est-il qu'elles jouent un certain rôle dans l'économie de la nature. Lequel? Jus* qu'à présent les conjectures seules sont possibles sur ce point ; les uns soutiennent qu'elles produisent le calorique, opinion inadmissible, puisque la chaleur rayonnante se polarise; d'autres leur cittribuent les phénomènes de la gravité ^ Ce sujet sera traité en temps convenable.

tourbillons De mémc que la direction transversale des vibrations de Téther

molêculaii-c.«. ^ i • . i i • »

est une conséquence de la rotation dont les atomes sont animes, ainsi la rotation des atomes matériels nous explique pourquoi dans les cristaux biréfringents l'élasticité n'est pas la même dans toutes les directions. En effet, la comparaison des faits nous a conduit iî admettre une orientation spéciale des molécules des corps, un pa^ rallélisme de leurs axes de rotation duquel résulte une distribution différente de l'éther dans les diverses directions de la masse.

La rotation des molécules détermine au sein de l'éther des changements de densité, car ce fluide autour de chacune déciles est entraîné dans un mouvement de giration et forme des espèces de tourbillons. Selon toutes probabilités, cette inégalité de la densité de l'éther est la cause de la dispersion prismatique et des variations observées dans la position des axes optiques des cristaux biréfringents lorsqu'ils sont traversés par les divers rayons colorés. La direction des axes est profondément modifiée par l'influence de la chaleur*, preuve évidente que la vibration propre à la molécule pesante, joue un certain rôle dans ces phénomènes.

Pariicuijri- Lcs mouvcments de rotation ne paraissent pas avoir le même detés de:i corps

meta 11 qucs.

* Voyez Keller, Comptes rendu», 1805. — Challis, Cosmos, 4 décembre 1863.

* Dans les cristaux de sulfate de ctinux, la direclion des axes de positive devient négative sous rinfli^ence d'une légî-re variation de température et change en présentant des couleurs variées

CONCÏX'SION CKNÉRAIE DE CE LIVRE. 2f)7

gré de stabilité dans tous les corps ; ils sont probablement plus faciles à troubler dans les métaux et les corps simples dont les molécules ont une structure peu compliquée et une forme polyédrique simple. Yu notre complète ignorance riBlativement à la constitution de réther et de la matière pesante, nous devons nous borner à ces quelques observations. Toutefois le fait de Tabsorption de la lumière par les métaux nous apprend que l'on doit rapporter à une cause commune, savoir leur élasticité imparfaite, et la propriété dont jouissent ces substances de subir des déformations permanen* tes sous rinfluence des actions mécaniques et celle d'éteindre le mouvement vibratoire et de ne le laisser pénétrer qu*à une faible profondeur.

L'observation est impuissante à nous faire connaître la nature i-'ciher n>st de l'éther ; cependant elle nous montre que ce n'est point un gaz ^**" ^ et que ses atomes sont beaucoup plus rapprochés que les molécules des corps pesants; en même temps elle met en évidence le rôle important du milieu universel dans la théorie des phénomènes physiques. L'esprit se refuse à regarder l'éther comme un milieu iic>t exclusivement destiné à vibrer, et, lorsque nous voyons les corps do piTieuf animés de mouvements vibratoires produire les effets les plus "^omcavariés, il nous est impossible de ne point tenter une explication des forces de la création fondée sur les propriétés de ce milieu. En optique, le système des ondes a fait disparaître les innombrables forces dont la théorie newtonnienne dotait tous les corps ; ainsi la théorie complète de l'influence mécanique de l'éther permettra de supprimer de la science un nombre considérable de forces admises jusqu'à ce jour pour expliquer les phénomènes. Bien plus, en voyant les efforts de nombreux et illustres savants, il n'est point téméraire d'espérer que la puissante famille des attractions et des répulsions qui à présent règne sur toute la physique (comme les divinités de l'Olympe moderne, dirait M. Emile Martin) ne tardera pas à être détrônée, car nous entrevoyons la possibilité de rattacher à la présence de l'éther les actions moléculaires et chimiques.

« L'existence du fluide éthéré, dit Lamé, est incontestablement Amoriié démontrée par la propagation de la lumière dans les espaces planétaires ; par l'explication si simple, si complète des phénomènes

Meurs fie lions.

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de la diffraction dans la théorie des ondes ; et, comme nous Tavons vu, les lois de la double réfraction prouvent avec non moins de certitude que Téther existe dans tous les milieux diaphanes. Ainsi la matière pondérable n'est pas seule dans l'univers ; ses particules nagent en quelque sorte au milieu d un fluide. Si ce fluide n*est pas la cause unique de tous les faits observables, il doit au moins les modifier, les propager, compliquer leurs lois. Il n'est donc plus possible d'arriver à une explication rationnelle et complète des phénomènes de la nature physique sans faire intervenir cet agent dont la présence est inévitable. On n'en saurait douter, cette intervention, sagement conduite, trouvera le secret ou la véritable cause des effets qu'on attribue au calorique, à l'électricité, au magnétisme, à l'attraction universelle, à la cohésion, aux affinités chimiques ; car tous ces êtres mystérieux et incompréhensibles ne sont au fond que des hypothèses de coordination, utiles sans doute à notre ignorance actuelle, mais que les progrès de la véritable science finiront par détrônera »

Nous ne pouvons rien ajouter à ces remarquables conclusions ; contentons-nous de hâter par nos vœux la venuedu jour où la philosophie naturelle sera délivrée de ces puissances imaginaires et mystérieuses.

Nous allons actuellement examiner les phénomènes électriques et chercher quels arguments ils fournissent à l'appui de notre système.

*■ Lamd, conclusion finale de l'ouvrage cite. — Pour len mouvements rolatoires moléculaires, voyez Buli. météoroL de VObservatoire de Paris, 17 docemlre i8f>3 (M. deColmet d'IIuart).

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