‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 104 sur 162 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

INTRODUCTION

Le sujet que nous abordons est beaucoup plus vaste et plus com- éi. niu.* du plexe qu^aucun de ceux traités jusqu'ici ; ce ne sont plus quelques p"^''*^'"*'' détails de doctrine qui divisent les savants, mais les faits euxmêmes n'ont pas été complètement constatés et étudiés, et, à dire vrai, il n'existe pas encore une seule théorie générale à Taide de laquelle ont ait essayé de synthétiser la quantité innombrable des faits observés. Dans ce troisième livre, nous nous hasardons à aborder ce gigantesque problème, et notre tentative ne mérite pas d'être taxée de témérité, car le courage d'affronter une question aussi ardue nous est inspiré par notre profonde conviction que Faccumulalion incessante de faits et d'observations de tout genre est très-préjudiciable à la science, lorsqu'on ne cherche pas à coordonner tous ces résultats dans un ensemble systématique. Vu l'ampleur du sujet, notre travail présentera assurément des inexactitudes, au moins dans les détails, et nous nous estimerons heureux si nous parvenons à traiter d'une manière satisfaisante les questions fondamentales.

Les théories reçues par les électriciens modernes peuvent être Deux réduites à deux. Pour les uns, l'électricité est un mouvement de pHli^paîw. la matière pondérable; pour les autres, les manifestations électriques sont dues à un fluide impondérable en mouvement, et ce fluide serait le même qui produit la lumière. Il est inutile de par-

1er de la théorie des deux fluides, car elle ne tardera pas à cire complètement abandonnée. Le fluide calorifique n'existant pas, on est porté tout naturelleraenl à en dire autant de son congénère le fluide électrique. Rien de plus facile et de plus séduisant que de résoudre chaleur et électricité en des modes de mouvements propres à la matière pondérable; malheureusement nous citerons des faits qui empêchent d'accepter cette manière de voir. Nous avons déjà reconnu que Thypolbèse de l'éther était nécessaire lorsqu'on veut expliquer comment les phénomènes de lumière et d'attraction peuvent se produire dans le vide. Le physicien doit toujours ne pas s'attarder dans les cas particuliers et s'élever à la considération des problèmes sous leur aspect le plus général. Quelques-uns croient avoir trouvé la vraie solution en disant que l'électricité est une force, mais si par force on entend une abstraction, on tombe dans les anciennes erreurs; si, au contraire, on entend un mode de mouvement, nous acceptons l'expression. Reste alors à montrer qu'il est possible de concevoir les phénomènes sans admettre un état particulier de la matière ordinaire. Pour nous, fidèle à la méthode que nous avons adoptée, nous commencerons par résumer les faits en dehors de toute hypothèse particulière, puis nous chercherons à les grouper en une théorie générale.

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