‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 105 sur 162 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

IDÉE GLMÉRALE DE L\ FORCE ÉLECTRIQUE. — SA NATURK RÉl'ULSIVE.

For.ncs Hc L'élcctricité, cet agent puissant qui nous fut révélé par le pou-

c cctiiciie. ^^j^ attractif développé dans l'ambre (tjXsxTpov) à l'aide du frottement, affecte deux modes bien distincts : à l'état de tension, elle se manifeste par des attractions et dos répulsions exercées sur les

TcHMon. corps légers : à l'état de courant électrique, elle se reconnaît faci* ment par la déviation qu'elle fait subir à une aiguille aimantée.

Counint. L'électricité de tension devient courant électrique toutes les fois qu'il se produit une décharge entre des corps électrisés; cette déch^T^e peut SG hive silencieusement à travers un conducteur; d'antres fois, au contraire, elle est explosive lorsque, par exemple^

IDÉE GÉNÉRALE DE l.A FORCE ÉLECTKIQUE. 271

elle éclate violemment dans Tair en s'accompagnant d'une production de chaleur et de lumière. Les faits que nous venons de rappeler sommairement sont connus de tous, et, pour être clairs, il nous a fallu employer les expressions communément reçues. Ces expressions impliquent certaines idées systématiques , car, à mesure que les physiciens découvraient de nouveaux phénomènes, ils imaginaient, pour les représenter, des dénominations fondées sur les analogies qui leur paraissaient les plus évidentes. Il serait donc nécessaire d'examiner la valeur de ces termes, afin de reconnaître si nous devons continuer à les employer ; cependant, pour faciliter l'intelligence du sujet, nous continuerons à parler le langage habituel des électriciens, mais nous prévenons le lecteur que parfois les mots employés paraîtront contredire nos idées.

Des phénomènes de tension qui cependant furent les premiers imporiaiice découverts, il est difficile de tirer des notions exactes sur la nature phLiio^néneâ de la force électrique ; mais leur importance est telle, que nous ^^ ^'" '°"' devons leur accorder la première place dans notre résumé dos faits principaux de l'électricité, nous réservant de donner plus tard leur explication.

La force électrique se manifeste toujours sous deux modalités égales et opposées^ nommées l'une positive^ l'autre négative^ parce que, toutes les fois qu'elles se développent, elles sont d'égale intensité, et, de plus, si leurs tensions présentent la même intensité, réunies elles rétablissent l'état naturel des corps, c'est-à-dire leur condition habituelle. Ces locutions sont indépendantes de toute théorie, elles sont la traduction immédiate des faits. Dans tous les cas oiJ, parles rapports établis entre deux corps, la force électrique prend naissance, elle apparaît constamment sous ses deux formes à la fois, l'un des corps se constituant à l'état positif et l'autre à l'état négatif. Le mode d'excitation peut être une action mécanique, telle que frottement, pression, percussion, ou une réaction chimique, ou une influence thermique, peu importe, le résultat reste toujours le même. Dans ces expériences, une même substance ne présente pas invariablement le même état électrique, et le sens de son électrisation dépend des conditions de l'expérience elle-même; telle substance qui est positive avec un corps donné est négative avec un autre. Lorsqu'on expérimente sur des

Douille

modal ilé de

la lensiion

+ et — .

Conditio:i rclalivc.

Allraclious

répiihions.

corps de même nalure, Peffet résultant dépend du degré de poli ou d'âpreté de la surface, de l'étendue plus ou moins grande sur laquelle opèrent les agents mécaniques, delà température plus ou moins élevée de l'un des corps en présence, etc. Nous pouvons donc énoncer cette règle générale : Uétat électrique qui pretid un corps n'a rien d'absolu^ il est purement relatif.

La force électrique est caractérisée par les attractions et les répulsions qui s'observent, suivant leur état électrique opposé ou semblable, entre masses rendues convenablement mobiles. On admet comme principe fondamental de l'action de la force électrique que les corps électrisés de la même manière se repoussent, et ceux électrisés contrairement s^altirent. On a d'abord regardé ces attractions et ces répulsions comme s'exerçant à distance. Dans la suite, les faits étant mieux interprétés, on reconnut qu'il fallait tenir grand compte des conditions du phénomène. Ainsi : i^ l'intervalle qui sépare les corps électrisés peut être occupé par une substance pondérable, ou bien : 2^ les corps électrisés sont placés dans le vide absolu. Dans le premier cas, d'après les recherches de Faraday et de Matteucci, il se produit au sein du milieu interposé une iniiuciion. modification nommée induction^ par l'intermédiaire de laquelle Faction électrique se transmet d'un corps à l'autre. Les effets d'induction diffèrent avec les substances : ainsi, dans certaines substances, dites isolantes, telles que l'air, le verre, la gomme laque, etc., tout se réduit à un simple jeu de force intermoléculaire, s'établissant progressivement dans les couches successives de la substance. Voici un exemple : un paquet de feuilles de mica étant enfermé entre deux armures métalliques qui reçoivent des tensions électriques opposées, chacune des feuilles se montre électrisée, et le signe de l'état électrique appartenant à l'une de ses faces est contraire à celui de Tarmure vers laquelle cette face est tournée, tandis que de l'autre c6té la feuille de mica est électrisée semblablement à cette même armure. M. le professeur Blasevra vient de découvrir que la vitesse de propagation de l'induction dans les corps isolants est très-faible. Pour l'air elle est do 153" par seconde, et pour la gomme laque et le soufre encore moindre de 55" et 57". Cette lenteur prouve le rôle joué par la matière pondérable dans ce phénomène, etc. Toute discussion sur

ViiCfSc lie l'iiidurtion.

Action ilan^ le ville.

de<) métaux

Page 1