IDÉE GÉNÉRALE DB LA FORCE ÉLECTRIQUE
d'abord nommées phosphoriques ; mais elles différent essentiellement de celles produiles par le phosphore, car ces dernières accompagnent ordinairement l'oxydation du métalloïde, et les lueurs électriques sont provoquées par certains mouvements moléculaires, ou par l'agitation et les variations de pression dans l'atmosphère ambiante^ Nous avons déjà indiqué les causes de la phosphorescence, et nous pouvons en conclure que si la décharge électrique s'accompagne de brillants phénomènes lumineux, cela tient à ce qu'elle ébranle violemment les molécules superficielles des corps; surtout dans ceux oii, soit par une pulvérisation, soit par une attrition préalable, la cohésion a été grandement affaiblie.
On s'est demandé si cette tendance à l'expansion, cet effort in- Force cessant vers l'extérieur, propre aux particules de la surface, se rencontrait exclusivement dans les corps, alors qu'ils sont soumis aux influences électrisantes, ou bien si elle y existe constamment, même quand ils sont à l'état naturel.
Au livre I*', nous avons dit que Fusinieri, Bizio et Zantedeschi Ont réuni un grand nombre de faits tendant à prouver que les corps, pour la plupart, dans les conditions ordinaires, laissent échapper incessamment des émanations matérielles. Cette émission de particules constitue l'évaporation dans les liquides, et la sublimation lente dans les solides ; celle-ci est habituellement insensible à la température ordinaire, mais elle se développe considérablement à un degré thermométrique plus élevé. Cette évaporation peut être rendue considérablement plus intense avec Télectricité. Ainsi une masse d'eau quelconque s'évapore rapidement étant mise en communication avec une machine électrique.
Mais il y a une différence considérable entre les effets qui s'ac- Disgrégniion complissent tranquillement dans l'évaporation ordinaire, et ceux ®"**'^'*"^'^ qui s'accomplissent sous l'action électrique. Les premiers supposent toujours une température de la masse proportionnelle à l'effet, tandis que sous l'action électrique les disgrégations superficielles ont lieu avec une élévation de température du corps entier qui n'est point proportionnelle au résultat obtenu.
Cela nous fait voir que l'électricité est quelque chose différente bim-icncc de la chaleur, et que sa force répulsive tient à un autre principe chîiiu/ct
iVleclriciië.
*■ Voyez Bizio, lyinamica chimicaj t. I, paiçe 104.
MouvemeiiU »iiporliciol#.
L*électricitc
force
nouvelle.
que la simple oscillation moléculaire. De plus, l'action électrique se manifeste indépendamment de la température sur la surface des corps et y produit des effets différents selon la cohésion des particules qui sont adhérentes à la masse. Si Tadhérence est faible, les matières sont projetées à distance avec violence. Ainsi, lorsqu'on dirige Tétincelle d'une batterie à travers une médaille frottée de plombagine posée à plat sur une feuille de papier ou de verre, on obtient une reproduction exacte de la pièce dessinée sur la surface employée ; même sans plombagine, on peut obtenir Timage sur le verre ou autre corps isolant : image qui est due à la projection de l'oxyde et des poussières plus ou moins adhérentes qui sont sur la médaille. Cette image est rendue très-apparente en projetant un mélange de minium et de soufre, ou simplement Thumidité de Thaleine sur la lame isolante ^ Ces effets, à l'intensité près, ne diffèrent point des empreintes laissées par la foudre lorsqu'elle retrace, à des distances souvent très-grandes, le contour des objets atteints par la décharge.
Les faits mentionnés jusqu'ici et un grand nombre d'autres semblables nous conduisent à regarder les phénomènes produits par la tefision électrique comme causés simplement par r exagération des mouvements à la surface des corps. Un certain nombre des phénomènes que produisent les décharges électriques violentes, comme les coups de foudre, sont Pciïet de réchauffement intérieur des masses et surtout de l'évaporation de l'eau et de l'humidité rencontrées danis son trajet par l'étincelle, mais à la surface des corps se manifeste toujours une accumulation d'énergie cpii ne saurait s'obtenir par une simple élévation de température de la masse. Ainsi nous pouvons conclure que : ici nous sommes en présence d*une force nouvelle; force capable d'exciter de la chaleur, c'est-à-dire d'ébranler les molécules des corps, mais dans laquelle tout ne peut pas se réduire a ce simple ébranlement. Le problème qui se présente à nous actuellement est de rechercher en quoi consiste ou quelle est l'origine de cette nouvelle force.
Ici il n'y a de solution possible que l'une des deux suivantes : 1° ou nous sommes en présence d'une force abstraite, sui generis
Figures de Lichlenberg et imnges de Morren.
Réellement nVsii liante (les forros connues.