EFFETS CALORIFIQUES DU COURANT
est réduite à moitio, on peut donc dire en général que : la boussole permet de mesurer la quanlité d'électricité en mouvement.
Rét-iproquement si, un fil métallique étant placé dans un calorimètre, on emploie la force du courant à échaui'fer une masse d'eauS on trouve que la température est proportionnelle à la longueur du fil et au carré de la déviation de la boussole. Or, dans cette expérience la masse pesante restant constante, la vitesse a dû varier, mais les températures sont proportionnelles aux forces vives acquises par les molécules, et les forces vives sont entre elles comme les carrés des vitesses ; donc ici la boussole mesure un élément dynamique proporiionncl à la vitesse du courant, ou, en autres termes, la quantité du flux qui la traverse dans un temps donné. En effet soient t et t\ les températures, D et D' les dévia-
tiens, on a'pz= — ; mais la masse pesante échauffée' restant
t v* constante, on a- =-77,
, D V donc^, = -,
Nous avons vu un peu plus haut que la boussole mesurait la masse ; par conséquent, elle mesurera le produit de la masse par la vitesse de rélectricilé, c'est-à-dire la quontité d'électricité qui passe dans un temps donné. D'après cela, la boussole peut être comparée aux instruments employés en hydraulicfue à la mesure des cours d'eau, dans lesquels, comme dans le pendule hydrométrique, on estime la vitesse du liquide d'après la valeur de l'angle que fait avec la verticale Al) une pièce pesante pi mobile autour du centre B de Tare divisé AO (fig. 25). Il en es! de nic:ne de la balance rheumamétriquc^
Fij:. 2^.
La I ou-o>ole.
rsl analogue
mil
liicomèlrcA liylrauli'iue»
' Ou peut cniiiloycr siinplcmcnl un (il de plilinc, immergé dans un vnsc conlc .".ut l'eau, mnis il faut alors tenir compte des pertes.
^ Comme exemple de balance ilieumamétriq-ie, on peut citer le rhéomèrc de PoU-tii [fiç. 2G), dans lequel le cours d'eau agit sur I.1 pnklte l\ et incline le. fléau DCA. U charge qfli, placée en A, rétablit Téquilibrâ de la barre oscillante, mesure en kilugramroeâ et fractions de kilogrammes l'énergie du courant. (Note du traducteur.)
8CCC111. — Fonces i'iiT.<ivuFS. — r fdîtio.x. 19
290 DE L'ËLEGTRIGiTË.
Lo courant La deuxième loi relative à l'influence de la seclion nous loi de montre que le mouvement qui constitue le courant n est pas
de/*flllx? '^ simple vibration thermique de la matière pesante du conducteur, ninis un véritable flux de quelque matière, car il obéit à la loi de continuité des fluides. En effet, l'intensité de la force
Fip. 2G.
vive de la vibration thermique est exprimée dans chacune des sec-
fît V
tionsdufilparmi;*=mV*,d'où— = -r, et dans les diverses sec-
tiens la masse de matière ébranlée étant proportionnelle à l'aire
de la section on aura — r = — > i d'où
tù
Les températures étant dans le rapport du carré des vitesses, il en résulte - = -r-^ d'où
c'est-à-dire que si le courant était constitué par une simple vibra-
EFFETS CALOUIFinUES Db' COUIWNT. 201
tion la température devrait être en raison inverse et simple des sections. Mais Texpérience établit que ces mêmes températures sont inversement proportionnelles au carré des sections, c'est-:' dire que nous avons
donc il est impossible d'admettre l'hypothèse précédente. Au contraire, si dans la formule
ri t '
qui est purement expérimentale, on substitue aux températures le carré des vitesses auxquelles elles sont proportionnelles, on obtiendra l'égalité
d'où
ce qui revient à dire que les vitesses qui animent les molécules sont en raison inverse des sections.
Cette règle est précisément celle qui, formulée par Léonard de Vinci touchant l'écoulement des fluides, est nommée habituellement loi de la continuité ou encore règle de Castelli, d*où il faut conclure que l'électricité se comportant comme les fluides, le courant doit être un véritable flux^
A la vérité les vitesses introduites dans la formule indiquée sont les vitesses thermiques, c'est-à-dire les vitesses des molécules du conducteur, et non celles du fluide qui les ébranle; mais comme nous avons prouvé déjà que le simple mouvement oscill toire ne peut constituer le courant, il faut admettre que la vitesse en question est celle d*un fluide qui traverse les molé-
* Voy. Lombardini, De VOvigine, etc.. Actes de Vlnsl. lombard, vol. VUI. Dernièrement M. Edlund [Archives des sciences physiques de Genève, 15 juillet 1875), partant de cette équntion propre aux fluides, il en a déduit la lui des températures. Ce procédé n'est au fond que le nôtre renversé : mais le nôtre est prérérablc, (ïar nous ne formons aucune hypothèse sur réleclricilé comme le fait cet auteur, mais nous sommes conduits par les faits à reconnaître que l'électricité se comporte comme les fluides. 11 est très-probable que M. Edlund ne connaissait pas notre démonstration
onnée, il y n déjà dix an?.
»3 ii& L'ËiicrniciTË.
cules, et les ébranle en leur communiquant une vitesse propor> tionnellc à la sienne. Nous voilà encore ramené à cette conclusion que la boussole permet de mesurer la qiiantilé de Qiix électrique qui passe en un temps donné.
On doit à riùker une belle expérience qui rend sensible à l'œil l'accroissement de l'intensité de la vibration dans les sections étrnitcs. Un tube de Geia 1er (fig. 27) renfermant un gaz extrême-
ment rarelic préscnle deux parties d'inégal diamètre : une grande et une capillaire, l'emlant le passage du courant d'induction la partie capillaire devient c\trcme:nent brillante, tandis que, dans ta |)artie élargie, on observe seulement une légère lueur phospliorcscente. La couleur et le spectre sont difTérents pour une même subslauce dans les deux scelions, ce qui prouve une oscillation moléculaire différente. De la Rive, étudiant la distribution de ta chileur au sein de ces tubes, a trouvé qu'elle est soumise aux lois thcrmiqurs de la propagation du courant dans tes lils ; les doux phénomènes sont donc de même nature, et, pour ne citer qu'un exemple, un tube rempli d'hydrogène rarétié s'échauffe fortement pendant le passage du courant comme le ferait un Ql métallique.
Ces fails nous auloriscnt à regarder le courant comme un véritable llux de matière traversant le conducteur, fluidont la vitesse croit à. mesure que la section diminue ; mais ils ne peuvent nous apprendre si le flux dont il s'ngil ici est constitué par de in malièrc impondérable ou |iondér;iblc. Sur ce point, les idées sont