‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 120 sur 162 · DES LOIS DE PR0PAG\T10.N DE LA DECHARGE ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

DES LOIS DE PR0PAG\T10.N DE LA DECHARGE ÉLECTRIQUE

potasse ; or, si les tubes éprouvent une très-faible élévation de température, immédiatement courant et lumière les traversent, parce que, sous l'influence de la chaleur, les matières solides ont dégagé des traces de vapeurs. Cette très-remarquable expérience nous apprend que là où le courant passe la matière pesante doit exister; mais en conclure que l'élément impondérable, tel que nous l'avons défini, ne prend aucune part à la transmission du courant, c'est assurément aller au delà des faits qui ne prouvent en rien l'impossibilité d'une telle intervention. Du reste, admettons que les expériences faites jusqu'ici dans le but de constater le pouvoir isolant du vide soient parfaitement concluantes ; cela montrerait seulement que le vide ne transmet pas les mouvements longitudinaux tels qu'on les conçoit dans le courant, et qu'il transmet au contraire les mouvements transversaux de la lumière. En cela, le vide ne serait pas différent des autres corps transparents. Par contre, dans l'intérieur des corps pondérables et spécialement des métaux, Téther serait susceptible à un degré plus ou moins prononcé de vibrer longitudinalcment. Voilà pourquoi la présence de la matière est une condition nécessaire au passage du courant. Certains savants prétendent qu'elle est aussi insuffisante, et que Téther ne prend pas part au phénomène. Dans cette hypothèse il reste toujours à expliquer quelle est la force assez puissante pour lancer un flux de matière avec une violence capable de surmonter tous les obstacles, et à montrer comment, si le courant est exclusivement constitué par la matière pondérable, on peut concevoir l'origine de l'énorme vitesse dont elle est animée. Cette vitesse est évidemment île l'ordre de celle de la lumière, comme nous verrons plus tard. Or aucune expérience ne prouve que la matière pondérable est capable d'une telle vitesse surtout dans la propagation du mouvement vibratoire. Cette vitesse dépendant de l'élasticité du milieu, nous n'avons aucun exemple d'une élasticité capable de produire de telles vitesses : donc, même de ce côté, nous sommes assurés que l'électricité n'est pas un mouvement vibratoire de la matière pondérable. Quant à être un effet de sa projection il faut en assigner une cause capable de la produire. Or la force répulsive, mise en jeu dans ces circonstances, surpasse de beaucoup en énergie celle qui produit l'évaporation

et la sublimation des solides, car les phénomènes de ce genre sont fort différents des manifestations électriques. Fusinieri lui-même reconnaissait la dissemblance dos deux agents que nous comparons, puisqu'il nommait le premier : « calorique natif. »

En étudiant Torigine du courant, nous verrons clairement pour quelle paît la matière pesante et rélher entrenl chacune dans son développemcnl^ conciuiun. Comme conclusion de ce chapitre, nous dirons que le courant est certainement un flux de matière circulant dans le fil rhéophore du pôle positif au pôle négatif. Mais est-ce un flux de matière pondérable, ou d*éther? Nous avouons qu*il peut encore rester quelque doute sur celle question, et pour y répondre sans incertitude, il nous faut recourir à un autre genre d*observations.

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