‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 12 sur 162 · XXIV INTRODUCTION A LA PRÉSENTE ÉDITION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION A LA PRÉSENTE ÉDITION

bleraent au matérialisme, et qu'elle est un des plus solides arguments en faveur de ces romanesques hypothèses. Nous répondrons à ces objections en temps opportun, et nous montrerons comment ces auteurs restent toujours dans Téquivoque et dans une fausse interprétation des phénomènes physiques. L'étude de ces aberrations chez plusieurs auteurs contemporains, du reste fort respectables, et la critique que nous en avons faite, nous a convaincu que la majeure partie des difficultés qui obstruent la route dans les études de ce genre, résultent de la confusion qui jusqu'à présent règne dans la nomenclature scientifique. A chaque instant, nous sommes forcé d'employer le mot Force pour exprimer les causes de phénomènes très-différents les uns des autres, et produits par des causes extrêmement dissemblables, et il n'y a peut-être pas un mot qui ait un nombre d'acceptions aussi considérable, et qui prête davantage aux abus de signification et à l'équivoque. Nous croyons donc qu'il sera bon avant d'entrer en matière, de préciser le sens de cette expression, et d'indiquer quel usage on en doit faire.

L'idée de force nous est acquise par le sens intime, à la suite des manœuvres que nous faisons pour mettre en mouvement les corps environnants, et même les membres de notre corps. L'expérience nous apprenant, en effet, que tout mouvement du corps est précédé par un effort exécuté par nous-mêmes ou par d'autres, nous étendons ce principe et nous disons que tout mouvement est produit par une force analogue à la cause qui engendre en nous l'effort accompli pour mouvoir les corps. Chez les anciens, on le sait, cette induction était poussée à un tel point que, suivant eux, les coi ps célestes étaient entraînés dans leurs orbites par des intelligences.

Les mouvements que nous pouvons observer s'accomplissent dans deux conditions. Tes uns ont lieu dans un espace libre

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en quelque sorte (au moins sensiblement), et ne rencontrent pas de résistance appréciable, tels sont les mouvements planétaires, le mouvement des projectiles dans le vide, etc.; les autres, au contraire, ne se produisent qu'en surmontant des résistances. Les premiers, le plus souvent, résultent de Faction de cause ayant une très-courte durée; on les dit engendrés par des forces inslantanées. Cette expression est inexacte, car un mouvement fini ne peut prendre naissance dans un instant^ ce mot étant pris dans son acception rigoureuse, c'est-à-dire pour représenter un temps nul ; il exige toujours un temps déterminé, mais qui peut être très-court. Toutefois, nous ne repousserons pas l'expression dès l'instant où sa signification est nettement précisée, et faute de meilleure, on peut continuer à l'employer. Dans le cas considéré, la cause ou la force qui produit le mouvement, abandonne réellement le mobile, et ce dernier pendant son trajet n'est plus soumis à l'action de la force. Par conséquent, il est inexact de dire, par exemple, que les corps célestes sont animés par deux forces, une instantanée, l'autre de gravitation. La première exista un temps, à l'origine du mouvement, mais dans la suite elle n'exista plus ; de cette force, il ne subsiste que l'effet, c'est-à-dire l'impulsion, laquelle se conserve seulement en raison de l'inertie de la matière.

Vinertie a été à tort considérée comme une force, elle n'est que l'incapacité de la matière de changer par elle-même un état quelconque dans lequel elle se trouve. Un corps est-il en repos, il y restera éternellement h moins qu'une cause ne vienne l'en faire sortir; est-il en mouvement, il persistera éternellement dans son mouvement jusqu'à ce qu'une cause étrangère l'arrête.

On peut arriver encore à cette conclusion par le raisonnement métaphysique suivant :

Le mouvement n'est autre que l'existence successive du corps dans divers points de l'espace ; or, de sa nalure (c'est-à-

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