SUITE DES THÉORIES ÉLECTRO-STATIQUES
éloignée de Tinductcur, la pression se faisant sentir moins énergiqucment en ce point. Pendant la durée de l'influence il ne sera pas facile de déterminer exactement la véritable condition du conducteur induit, parce que le phénomène se complique des réactions exercées par Tétlier environnant ; toutefois on peut y arriver en ayant recours à certaines dispositions expérimentales. Par exemple on peut employer un conducteur induit formé de deux parties, faciles à séparer l'une de l'autre avant que l'on décharge l'inducteur; aloVs on trouve sur la portion de ce conducteur qui était voisine de la source positive, une tension négative, et sur l'autre partie une tension positive. (Wilde.)
Il est clair que si l'inducteur est négatif, le véritable corps inducteur positif sera celui pris à l'état naturel, et les phénomènes se reproduiront les mêmes à la différence des signes qui seront renversés.
Nous n'avons donc nul besoin, comme on le voit, d'invoquer une action à dislance pour expliquer l'induction; il suffit d'admettre que l'éleclricité condensée à la surface d'un corps agit par pression sur l'éther de la surface d'un autre corps en contact avec le premier (isolant ou non) sans qu'il y ait transport effectif, mais en vertu de la simple force diffusive propre à Téther ; de telle sorte que l'excès de la surface électrisée se trouve compensé par un déficit dans la couche contiguë de la matière environnante.
L'électricité induite a dans ces dernières années soulevé de nombreuses controverses. La plupart des phy.siciens disent qu'il se fait là un développement de tension : d'autres soutiennent le contraire. Mais un état électrique «^ans tension est un contre-sens, puisque c'est la tension, au moins la tension relative, qui constitue tout état électrique. Dès lors, si les corps induits n'ont pas de tension, ils ne sont pas dans un état électrique, ce qui est absurde. Dernièrement on a expliqué cet état sans tension, en ce sens que l'action du cylindre induit négatif, par exemple, étant paralysée par l'action du cylindre induisant positif, élait nulle à l'extérieur^ et par là sans tension. Dans ce cas, nous dirons que tout le monde le comprenait bien de cette mainère, et qu'il était inutile de proclamer cela avec grand bruit comme un principe nouveau, et sous cette forme assex étrange que l électricité
Tension de
l'éleclricilé
induite.
négative.
induite ne te^id pas y car il est bien connu que Taction à distance (le deux charges égales et contraires est nulle.
Pour nous, faisant de la charge électrique une mutation d'équilibre de Télectricité naturelle, Télectricité négative ne peut avoir une tension puisqu'elle n'existe pas. Mais on entend par tension Tension négative ce qui manque pour établir l'équilibre naturel. Quelquesuns ont cru trouver une objection à l'ancienne théorie dans le fait qu'un conducteur soumis à Tinfluence d'une source positive devient négatif, après la mise en communication avec le sol de rextrémité la plus rapprochée de l'inducteur. Il semble qu'alors l'électricilé positive doive rencontrer nécessairement l'électricité opposée avant
de se décharger dans le réservoir commun, chose impossible. Cette difficulté est aisée à résoudre. Soit (figM\ le cylindre CD isolé et place Fig. 54. en face de la sphère P, il est
positif en D et négatif en C; mis en relation avec le sol a l'aide d'un fil conducteur a, il devient aussitôt entièrement négatif. Un tel résultat n'entraîne pas nécessairement la conclusion précitée. En efTet, la communication une fois établie, le cylindre ne doit plus être considéré comme le corps de dimensions finies que nous avions auparavant ; il devient un corps d'étendue immense dont fait partie le globe terrestre, avec lequel il est en contact médiat et dont il est, pour ainsi dire, une extrémité. Dans un pareil système la charge négative doit se distribuer sur la partie la plus voisine de la force inductrice, c'est-àdire sur le cylindre et le fil conducteur. Et il n'y a aucune impossibilité physique à ce que, pendant l'établissement du nouvel état d'équilibre, la quantité d'éther primitivement condensée dans la partie éloignée s'échappe dans la terre en passant par l'extrémité C, et peut-être ne serait-il pas impossible de le reconnaître avec un galvanomètre fort délicat.
Quant aux expériences de Melloni et de tous ceux qui ont prétendu prouver l'absence de tension dans les corps induits en met' tant des plaques métalliques entre les petits pendules attachés au cylindre soumis à l'influence ou en employant d'autres disposi-
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tions analogues, quels que soient les résultats obtenus par ces expérimentateurs, ils ne sont pas concluants; car les pièces ajoutées au cylindre constituent en réalité autant de nouveaux systèmes soumis à Tinfluence. Dans de semblables conditions, les expériences s*éloignent beaucoup des cas théoriques que l'on se propose de vérifier ; il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les résultats obtenus ne concordent pas avec les théories soumises au contrôle de l'expérience, et leur discussion ne doit pas nous arrêter.
Arrivons enfin aux attractions et aux répulsions, dont la théorie Auraciion a fait imaginer tant de forces diverses. L'idée fondamentale pour réimUiou. leur explication est celle-ci : toutes les fois que l'clher se trouve en excès ou en défaut dans un corps, l'équilibpe tend à se rétablir par lous les moyens possibles ; et par conséquent la force vive de l'éther pourra se communiquer à la matière pondérable, laquelle se mettra en mouvement si elle est suffisamment mobile, d'où ces mouvements des corps légers, appelés attractions ou répulsions. La cause déterminante de ces mouvements est l'énergie de léthcr condensé, qui produit encore la condition spéciale de la matière électrisée nommée ordinaiiiement état répulsif. Quelques-uns expliquent cette condition par une atténuation de la matière pondérable superficielle : nous, au contraire, nous l'attribuons à un accroissement de la charge d'éther. Cela n'exclut pas le mouvement moléculaire qui du corps pondérable se transmet à l'espace ambiant plein ou vide.
Cependant il ne faut pas confondre la tension électrique avec la BHTérence tension calorique. La seconde est impossible à conserver dans les électrique corps, et elle se dissipe malgré tous les soins possibles, car elle calorique. consiste dans une simple oscillation qu'on ne peut empêcher de se transmettre : au contraire la charge électrique peut se conserver très-longtemps, en empêchant le contact de matière conductrice. La tension électrique présente encore une autre différence, car il suffit de toucher le corps électrisé par un seul point pour le décharger d'électricité, ce qui. ne s* obtient pas pour le décharger de chaleur. Il faut conclure de là que cette charge électrique contient un élément plus mobile que la matière pondérable et sa vibration : un fluide accumulé, en un mot.
SECGBI. — F0BGE8 PHISIQUB8. — î* ÉDITION. 2.S
On n'a pas manqué de nous objecter que si rélectricité de tension est un mouvement, sa déperdition devait être immédiate, de sorte qu^un corps ne pourrait jamais conserver une charge électrique. Les vues théoriques développées ci-dessus nous fournissent une réponse facile à cette objection. Il ne s'agit pas ici d'un simple mouvement, mais d'un fluide accumulé ou raréfié, et qui pour sa décharge exige une communication matérielle de contact; quoique celte accumulation coexiste avec une exaltation de l'état répulsif.
Cela posé abordons la théorie des attractions et des répulsions. Dans les substances isolées, avons-nous dit plus haut, 1 éther accumulé n'est pas libre de céder à tous les mouvements, par conséquent s'il exerce une pression supérieure à celle que comporte Télat naturel du corps sur lequel il est condensé, il en résulte une force. Cette force devant nécessairement être équilibrée, cela ne pourra se faire que, ou par le transport de l'éther, ou par le transport du corps à la surface duquel l'éther est adhérent, dans le cas où il présente une mobilité suffisante. Considérant l'action résultante de la tendance expansive de Téther, on reconnaît que nécessairement :
i-casde 1^ Dcux corps élcctrisés en excès doivent s'éloigner l'un de
deux corps P„„*-p
positifs. * auire.
Soient (fig. 55) deux sphères égales chargées par excès ; chacune en vertu de sa force répulsive exercera une pression sur l'éther circonvoisin ; et dans l'éther occupant l'intervalle AB la pression sera la somme des deux, tandis que dans l'espace extérieur SIN la pression est simple et peut, du reste, se répandre dans le milieu non condensé. Par conséquent, en vertu des lois d'équilibre dynamique, si les sphères présentent une suffisante mobilité, leur distance augmentera nécessairement. En effet, le rétablissement de l'équilibre ne pourrait se faire que de deux manières : ou l'éther de l'intervalle AR se retire de lui-» mcme vers les parties éloignées M et N, ou la distance des deux sphères A et B augmentée Le premier cas se rencontre quelque^