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DBS ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS ÉLECTRO-DYNAMIQUES

liquide décomposé par voie électrolytique. Suivant eux, dans une dissolution aqueuse quelconque traversée par un courant, l'hydrogène de toutes les molécules se trouverait électrisé en plus, et l'oxygène en moins, le passage du courant se faisant par une série de décompositions successives. Dans les piles la polarisation consiste tout simplement en une couche de produit chimique précipité sur les plaques et n'a rien à faire avec la polarité magnétique. Bizio (voy. p. 442) entend par polarité une orientation matérielle des centres de gravité produite par le courant, laquelle serait essentiellement différente de la polarité magnétique. En6n on parle souvent de la polarité électro-statique, telle que celle des cristaux thermo-électriques ; cette polarité se distingue de celle des aimants en ce que la charge des premiers réside à leur surface, tandis que dans les seconds elle se trouve à Tintérieur de chacune des molécules ; en effet, tandis que les cristaux électrisés mis en contact avec un corps conducteur peuvent lui communiquer l'électricité de leur charge, dans les mêmes conditions les aimants ne perdent rien de leur force. Dans les deux cas les phénomènes sont moléculaires, et lorsqu'on brise un aimant, les fragments conservent les pôles dans la direction de ceux que présentait la masse entière avant sa division. Par exemple, si on casse l'extrémité d'un barreau aimanté rectangulaire AB (fig. 56) de manière à en détacher un morceau mn de même

base que le barreau, mais dont la moindre dimension corresponde à la longueur de la barre ; on obtient ainsi un nouvel aimant dont les pôles sont dispoi^és dans le sens de la moindre dimension CB. A la vérité, cette polarité se détruit avec le temps, mais enfin elle dure assez longtemps. Enfin, quelques physiciens ont désigné sous le nom de polarité Tétat des conducteurs d'une machine électrique à disque, mais c'est donner à ce mot une extension abusive. Grove compare la polarité magnétique à la direction que prennent un certain nombre de girouettes, lorsque le vent venant à souffler d'un point déterminé de l'espace les dispose toutes parallèlement les unes aux autres ; puis il ajoute que si le vent vient à cesser elles reprendront leurs positions primitives ou conserveront

Fig. 56.

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SCCCHJ. — FORCES PHYSIQUES. — f ÉDITIOX.

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leur orientation suivant qu'elles sont ou non en équilibre indiffcrent. Mais cette comparaison qui rappelle assez bien les idées de Qizio sur la polarité, n'explique en rien Taclion que ces girouettes exerceront sur leurs voisines pour les disposer parallèlement à leur propre direction, a moins que l'on n'imagine en chacune d'elles, deux centres d'action opérant à distance et dont les signes soient contraires. C'est là précisément l'idée fondamentale de rancîeniie théorie d'après laquelle chaque molécule possédait du fluide austral et du fluide boréal. La découverte d'Œrsted le conduisit, comme. nous l'avons dif, à attribuer aux conducteurs une polarité transversale, hypothèse reprise par Cantoni, mais les travaux analytiques d'Ampère et les phénomènes de rotations électromagnétiques ont démontré le peu de fondement d'une semblable doctrine.

Opinion « L'impossibilité, dit Ampère, d'imiter avec des aimants seu-

^ ' lement, de quelque manière qu'on les dispose, le mouvement continue, toujours dans le même sens, qu'offrent les circuits voltaïques non fermés, soit sous l'influence d'un circuit fermé, soit sous celle d'un aimant ou du globe terrestre ; mouvement qu'on ne peut produire avec les circuits fermés, les seuls que ma théo* rie assimile aux aimants ; cette impossibilité, dis-je, prouve directement ce que je cherchais à établir dans cette discussion sur des preuves complètes et indirectes, savoir : que quoiqu'on puisse rendre raison de tous les phénomènes que présentent les aimants, en y admettant les courants transversaux formant autour de leurs particules des courants fermés, on ne peut pas expliquer tous ceux qu'offrent les fils conducteurs en y admettant une aimantation transversale, et qu'ainsi l'hypothèse de ces physiciens ne saurait être admise ^

La polarité ampérienne se distingue de tout cela : elle considère chaque molécule comme un tore tournant, un gyroscope, ou autrement un petit tourbillon ou courant moléculaire fermé. Elle satisfait ainsi rigoureusement à la condition d'une action égale et opposée aux deux extrémités de l'axe, et est capable d'une action sur le milieu environnant, comme nous verrons tout à l'heure.

* Ampère, Heciieil d'observations électro-dynamiques ^ p. 253.

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