DES ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS ÉLECTRO-DYNAMIQUES
se heurter changer de direction et suivre la résultante des deux impulsions priroiti?es ? De même, un yent violent dévie un jet d'eau et le déplace dans le sens de sa propre direction, et réciproquement, un jet d'eau communique un mouvement d'ascension à la niasse d'air environnante. En dirigeant un courant d'air à une petite distance d'une flamme, et parallèlement à sa direction, la flamme se dirige vers le point d'où Tair souffle, il y a en quelque sorte une attraction : dans le cas où le flux atmosphérique se fait en sens contraire du mouvement ascensionnel de l'air chaud, il y a éloignement ou répulsion ^ Rappelons en tin les phénomènes d'aspiration qui accompagnent l'écoulement des liquides, et dont nous avons parlé assez ci-dessus : à tout ce que nous avons dit alors, comme exemple d'attraction apparente, on peut ajouter le fait très-connu d une mince rondelle plate, de papier, par exemple, qui est attirée contre une paroi plane dans laquelle se trouve une ouverture laissant échapper un jet d'air comprimé *.
En examinant les choses au point de vue purement théorique, . Diminutk.n on peut dire que toute masse fluide qui se met en mouvement pr^u'îtrpar relatif par rapport aux objets circonvoisins détermine nécessaire- ïesflmde, ment dans le milieu ambiant une diminution de pression tout au- mouvemcni. tour d'elle. Cela est une conséquence du principe de continuité, c'est-à-dire de ce fait fondamental que dans l'écoulement d'un liquide la section de la masse en mouvement est inversement proportionnelle à la vitesse. Par conséquent toutes les fois que dans une masse de fluide un mouvement prend naissance suivant une direction donnée, la section de la masse qui s'écoule deviendra plus petite, et par là il se formera dans le milieu environnant un vide ou tout au moins une diminution de pression. Il s'ensuivra donc comme effet corrélatif une rupture d'équilibre, non-seulement dans le fluide lui-même, mais encore par l'intermédiaire de celui-ci dans les masses pondérables au milieu desquelles il coule. Ainsi lorsque le tuyau de décharge d'un réservoir plein d'eau est à parois flexibles, il éprouve une compression de dehors en dedans pendant l'écoulement, par suite de la diminution de
* Ce phénomène s observe facilement avec la flamme fuligineuse de l'essence de térébenthine.
* Nous avons, dans le chapitre YIII, exposé plusieurs phénomènes qui démontrent la modirication de l'espèce autour des aimants, et nous y renvoyons le lecteur.
pression. Concluons donc que les attractions el les répulsions électrO'dynamiqnes peuvent résulter simplement des actions mécaniques d'un fluide, A la rigueur, nous pourrions nous contenter de reconnaître que rien ne s'oppose à accepter cette manière de ?oir, en attendant que des études théoriques ultérieures sur les fluides et la découverte de nouveaux faits expérimentaux viennent jeter une lumière plus vive sur ce sujet ; cependant il ne sera pas maavais de préciser ces indications générales.
Sans doute nous rencontrons une sérieuse difficulté à expliquer comment s'exerce à distance Faction des courants, que nous comprenons facilement lorsqu'il y a contact. Aussi est-il nécessaire de déterminer quelle peut être la modification qui a lieu dans l'éther environnant, par lequel se transmet l'action d*un point h un autre. En un mot, essayons de combler la lacune qui est inévitable lorsqu'on n'admet pas l'action à distance. Nodificaiion Lcs faits de Tinductiou dynamique nous ont prouvé que durant autour des* Ic passage coutinu du courant dans un conducteur, Téther enviaimanu. sonnant est profondément modiGé tout autour de ce même conducteur ^ Cette modification est toujours faible quelque puissants que soient les courants employés, cependant elle peut être reconnue plus aisément à l'aide des aimants très-énergiques résultant de rinfiiuence du courant électrique sur le fer doux. Alors les effets sont notablement renforcés, et comme ils ne diffèrent en rien de ceux obtenus avec les courants seuls, il est préférable de les prendre comme sujets d'étude. Parmi les faits nombreux propres à mettre en évidence les changements qui surviennent dans l'éther autour d'un conducteur traversé par le courant, nous rappellerons rénorme résistance qu'on éprouve à entretenir la rotation d'un disque de cuivre entre les pôles d'un électro-aimant, la violence du bruit que fait l'étincelle électrique, jaillissant entre ces pôles, comment enfin un cube de cuivre animé d'une rotation rapide et placé sur la ligne polaire d'un électro-aimant, s'arrête lersqu'on lance le courant dans le fil ; tous ces faits nous prouvent qu'il y a là une force, c'est-à-dire une modification profonde
* Voyea les id^es d*Anipère sur ce point dans Recueil ^ de , (p. 214), et Felici, Memoria sulla induzione [Annales de VUniversUé toscane, vol. III, p. 9), et Bfascma, mémoire déji cité.