EXAMEN DU TRAVAIL INTÉRIEUR DES CORPS
rable à la cohésion moléculaire, donc a fortiori il en sera de même pour un assemblage de sphères et par suite de points matériels, quelle que soit Thypothèse admise sur la constitution de la matière.
Ainsi la théorie de Laplace ne rend pas exactement compte de l'attraction moléculaire, et ceile-ci ne peut être attribuée exclusivement à la gravitation.
Il ne faut pas conclure cependant que Thypothèse de Laplace soit inadmissible; on doit reconnaître seulement qu'elle est impossible en apposant la distribution uniforme des centres d'attraction. Si ces centres se réunissaient de manière à donner à la substance une texture filamenteuse, on pourrait obtenir un effet comparable à la cohésion, en admettant que la densité des filaments fût telle, que la section transversale d'un d'entre eux pût être contenue 10 »« •<>^ «oo oooooooooooo fois dans 4 centimètre
carré; à la vérité, une densité aussi démesurément énorme est difficile à admettre. En effet, si la sphère limitée par les étoiles les plus voisines de nous était remplie de platine, et que tout ce métal pût être condensé au point de présenter le volume d'une lét« d'épingle, on aurait ainsi à peine une idée de la densité représentée par le nombre cité plus baut.
Donc les forces moléculaires ou dépendent d'un principe autre que la gravitation universelle, ou bien si le principe est le même, la loi d'action est certainement différente. Du reste, comme nous le verrons plus tard, l'étude des autres forces de la nature conduit à la même conséquence. On peut encore citer le fait suivant comme une preuve palpable de la différence d'origine qui existe entre les deux forces en question. Lorsqu'un corps est rompu, il ne suffit pas, pour ressouder les morceaux, de les affronter exactement, il est nécessaire de lui faire subir une nouvelle fusion. La raison en est simple : en remettant les parties séparées en contact, on ne rétablit pas les distances intermoléculaires dans leurs rapports nécessaires, et les mouvements atomiques dont l'ordonnance a été complètement troublée, et qui s'étaient constitués dans un nouvel élat d'équilibre, ne reprennent pas ainsi leur régime primitif. Lors de la rupture d'un corps, il se produit un ébranlement violent dans les tranches solides qui se séparent. On sait en
Conclusion.
Principe
particiiHer
de:» forces
moléculaires.
effet que si une corde de piano vient a se casser, il se dégage fréquemment lumière et chaleur.
Passons maintenant à l'examen des modiGcations que subissent les corps dans les changements d'état.