PIIÉNOICÊNES DUS AUX RADIATIONS LUMINEUSES
vîtes soient superposées comme des forces ducs à des principes
dïF.ércnls: ce serait une erreur. Le même r.njnn pr.iil éclairer, échaufTLT et produire une action chimique; le travail exécuté ne
diffère que selon Taptitude de vibration à son unisson qu'il rencontre dans le corps, comme nous le verrons tout à l'heure. Quelques actions chimiques trcs-én(irgiques pour certaines substances dans le violet (actions photographiques) sont très-faibles dans le jaune ; tandis que les actions chimiques accomplies dans les végétaux sont sensibles dans le jaune lout autant et peut-être davantage que dans le violet. Draper, en concentrant la partie plus réfrangible du spectre, a obtenu la môme température qu'il avait trouvée dans la région moins dilatée du rouge. Ces expériences nous font apprécier toute l'insuffisance de l'œil pour constater Texistence d'un grand nombre de rayons placés aux deux extrémités du spectre auxquels notre rétine reste complètement insensible.
Hadiaiions Lcs différentes radiations se rencontrent en proportion variable lerrosi'res. ^^us la lumièrc émise par chacune des substances terrestres portées à un degré convenable de température, comme on peut le voir par la courbe PRN qui représente la chaleur dans la lumière électrique. En général les corps, lorsqu'ils s'échauffent, commencent à émettre des radiations obscures ; celles-ci, peu à peu, deviennent lumineuses, c'est-à-dire capables d'ébranler la rétine ; ce phénomène se produit vers 600° environ. Si la température est portée à un degré très-élevé, l'activité chimique des rayons et l'intensité lumineuse seront très- développées, de telle sorte que, sous ce double rapport, on obtient Teffet maximum à l'aide de la lumière électrique, dans laquelle en même temps le dégagement de chaleur est des plus considérables. Les vibrations extrêmes, propres aux corps ayant une basse température, manquent dans les rayons solaires, car elles sont absorbées par l'atmosphère terrestre et n'arrivent pas jusqu'à nous. Aussi la partie obscure du spectre est-elle beaucoup plus étendue avec la lumière électrique qu'avec la lumière du soleil. La Puissance Créatrice, inépuisable dans la variété de ses œuvres, a donné à certains animalcules la propriété de répandre une faible lumière qui semble dépourvue de rayons calorifiques ; cependant, très-certainement, ils n'échappent pas à la loi commune, mais il a été impossible jusqu'ici de vérifier comment les choses se passent réellement. Lcs milieux aqueux des tissus organiques que traverse cette lumière à la sortie des inté-
rilÉNONÈNES DUS AUX RADIATIONS LUMINEUSES.
gumcnts animaux, absorbent sans doute la faible chaleur qui accompagne la lumière.
Lorsque Newton, répétant une ancienne expérience, fit passer /pecîr^e un rayon de soleil à travers un verre prismatique ^ il reconnut «ifiaïuwièrc le premier que les divers rayons sortis du prisme étaient indécomposables ; il était réservé à Fraûnhofer de démontrer la discontinuité de la lumière dans les diverses couleurs du spectre, eu découvrant les raies obscures. A partir de ce moment les recherches se sont multipliées; dans ces derniers temps, le spectre solaire a • été analysé à l'aide de gigantesques instruments armés d*un grand nombre de prismes, et les raies se sont montrées aussi nombreuses que les étoiles sur la voûte du ciel. On a fait la comparaison de nos sources lumineuses artificielles avec le soleil, et on a reconnu que même les plus intenses d'entre elles étaient très-pauvres en lignes lumineuses relativement à la lumière solaire. La discontinuité du spectre a été observée en expérimentant même sur la lumière venue des étoiles^ et aujourd'hui l'on peut poser comme règle générale que ce phénomène se produit toutes les fois que l'élévation de température donne lieu non à une simple incandescence, mais à volatilisation et combinaison chimique. On a constaté également la discontinuité des rayons chimiques, de sorte qu'on ne peut plus les attribuer à un simple eifet d'optique. Enfin grâce à l'emploi d'appareils très-délicats, on a constaté des discontinuités dans la partie obscure du spectre calorique avant le rouge ; et si au delà de la partie moins réfrangible et invisible ces discontinuités disparaissent, cela tient à cette particularité que ces rayons partent des parties du corps moins chauflées et qui ont précisément la propriété d'émcltre des rayons sans discontinuité. L'explication de ces discontinuités sera bientôt développée ; pour le moment bornons-nous à signaler les faits.
La distribution des diverses radiations dans le spectre prismatique est iniluencée par deux circonstances : la première est l'inégale réfran<^ibilité des rayons ; la seconde est le pouvoir absorbant de la substance réfringente. De la différence de réfrangibilité des
' Ce n'est pas Ncwlon qui le premier fit cotte expérience, ainsi que cela se dit ordinairement. Quelques années avant lui, Grimaldi l'avnit indiquée ; mais à Newton revient la découYertc de la non-décomposition des rayons colorés à l'aide d'un second prisme.
Dérormatiou du .spectre
par le prisme.
DE LA LUUIÈRE.
Influence du prisme
sur le spectre ihermique.
couleurs résulte du coté du rouge une grande condensation des rayons, tctndis qu'à l'extrémité violette, on observe une notable dilatation ; par conséquent, la région plus éclairée du specirene se trouve pas en son milieu. Pour des raisons inutiles à développer ici, une distribution régulière des divers rayons colorés s'observe dans les spectres obtenus par diffraction à l'aide des réseaux au moyen desquels on obtient un spectre vraiment normal ; alors on voit la partie la plus brillante occuper le milieu de la bande colorée et les autres couleurs s'étendre à une égale distance de part et d'autre de ce point. Donc, ce spectre obtenu par réfraction n'est autre cbose qu'un spectre par diffraction, auquel le prisme a fait éprouver une déformation ; cela résulte des rccberches de Mossotti*.
L'étendue des parties extrêmes du spectre solaire dépend de la nature du prisme qui absorbe plus ou moins telle ou telle espèce de rayons. Pour les radiations calorifiques, un prisme de verre ordinaire donne le maximum dans le rouge ; avec un prisme d'eau, ce maximum est dans le jaune ; avec un prisme de flint, le maximum passe au delà du rouge, et enfin un prisme de sel gemriic rejette la chaleur bien au delà du rouge dans l'espace obscur qui le suit. L'explication de ces phénomènes ne put être donnée avant les expériences de Melloni ; celles-ci démontrèrent en effet que des substances parf^iitement transparentes pour la lumière absorbent d'une manière Irès-inégale les rayons calorifiques, et produisent un effet analogue à celui des milieux colorés sur la lumière. Ainsi, en employant un prisme de verre rouge, puis un autre de verre vert, on obtient le maximum d'intensité éclairante en des points diflércnts du spectre ; il en arrive de même aux rayons calorifiques lorsqu'ils traversent les différents milieux. Le sel gemme fait exception, car il est le seul corps à la fois incolore et alhermocroir/re. Une étude plus approfondie du. spectre, faite par le physicien dont nous rappelons les travaux, lui a montré que si l'on employait un prisme de sel gemme, le maximum de chaleur se trouve toujours du côté du rouge, et notablement en dehors ; pour la lumière du soleil, il est placé dans un espace obscur com-
* Mi'ssolli, Recherches sur les iJioi:riélés des spectres de Fraûnhofer formés par les réticules. Tisc, 18 î5.