‹ L'unité françaiseChapitre 10 sur 178 · LETTRE-PREFACE XI · texte numérisé non relu

LETTRE-PREFACE XI

péril laïque ou social, mais le péril germanique. Pourquoi ne pas imiter les patriotes qui ont collaboré si énergiquement à l'unité et à l'union de l'Allemagne ? Pourquoi ne pas nous inspirer de leur vaillant et instructif exemple ? J'aime à lire et à relire les Discours de J. G. Fichte à la nation allemande (1), car c'est là que se trouve le secret du relèvement de la Prusse, alors qu'elle se débattait dus l'étreinte des Français, ses vainqueurs. Fichte avait incité ses compatriotes à l'action, au dévouement, au sacrifice, aux plus nobles mouvements pour sortir de la décadence et des ruines qui les affligeaient. Il parlait en 1808 dans une salle de l'Académie de Berlin et sa faible voix était entendue et comprise des étudiants, malgré le bruit des tambours français qui retentissait autour de la salle. L'influence du philosophe fut immense sur la jeunesse allemande. Celle-ci en vint à le considérer comme un prophète et à le louer de ne point séparer la pensée de l'action. Elle le remerciait de lui enseigner à mépriser l'égoïsme, l'oisiveté, la paresse, le vice, les travers étrangers. Grâce au verbe convaincu et passionné de Fichte, elle apprenait à recréer sa personnalité, à refaire son éducation, à élever la

(1) Voir l'excellente traduction de Léon Philippe et la préface éloquente de F. Picavet.

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