‹ L'unité françaiseChapitre 9 sur 178 · X LETTRE-PREFACE · texte numérisé non relu

X LETTRE-PREFACE

sons sans cesse à la Patrie qu'il faut défendre contre des ennemis implacables et insatiables. Je voyais il y a quelques jours, sous le portrait de Gambetta aux Archives des Affaires étrangères, ces lignes écrites de la main du ministre luimême : « Oui, tout pour la Patrie. Il faut l'aimer sans rivale et être prêt à tout lui sacrifier, jusqu'à nos plus intimes préférences. Je ne mets rien audessus de ce beau titre : Patriote avant tout ! » Est-ce que cette déclaration ne prend pas à l'heure présente un caractère encore plus vrai et plus marqué ? N'entendons-nous pas à chaque instant les clameurs, les insultes, les outrages de voisins irréconciliables et jaloux ? Je parcourais récemment une brochure du professeur Ottfried Nippold sur le Chaiwinisme allemand^ et j'y voyais que dix grands journaux de Berlin, tirant ensemble à un million d'exemplaires par jour, ne cessent de surexciter contre nous le patriotisme de leurs compatriotes, préconisant la guerre, une guerre nécessaire, fatale et prochaine. Ces journaux où domine l'influence de chefs pangermanistes, tels que le comte de Reventlow, le général Von Bernhardi, le général Keim et autres, conquerront peut-être demain la majorité des lecteurs allemands, et c'est alors que le péril menaçant deviendra le péril instant. Voilà ce qu'il faut voir et qui n'est point le

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