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L ECOLE SECONDAIRE

Toutes ces discussions scolaires, ou scolastiques, ne sont que manifestations d'opinions particulières à peu près vaines. Il y aura toujours, heureusement, différences de conceptions religieuses et de doctrines philosophiques; c'est un phénomène de liberté. Mais tous maîtres ont approximativement même formation scientifique, ou littéraire, ou historique, et tout se résoudra, comme toujours, par la tolérance, dans une mentahté semblable, faite d'espérances et de souvenirs communs, d'une culture de même degré, dans un même milieu : traditions lointaines et vivantes autrement fortes que toutes ces petites querelles d'aujourd'hui qui ne peuvent pas affecter le fond de l'unité française.

Au lieu de restreindre le nombre des écoles et d'en rétrécir l'esprit d'une manière ou de l'autre, en forme de monopole, catholique comme en Belgique, ou protestant comme ailleurs, ou laïque comme on le voudrait dans certains milieux politiques, il est beaucoup plus utile et plus urgent d'élargir et de multiplier les écoles, de répandre l'instruction à profusion, puisqu'il y a encore des illettrés, puisque l'instruction est un accroissement de dignité et de valeur, non seulement intellectuelle, mais aussi morale, non seulement pour chaque individu, mais pour toute la nation.

Or, si l'on a fait jusqu'ici des efforts louables pour généraliser l'instruction primaire, c'est-à-dire un

minimum d'instruction, on a conservé, en ce qui concerne l'enseignement secondaire, qui conduit aux fonctions dirigeantes, des privilèges qui ne se peuvent défendre en aucune manière et surtout qui sont absolument contraires à l'unité nationale dont ils retardent et peuvent compromettre l'achèvement et la perfection.

En effet, la plupart des enfants sont enfermés dans l'école primaire sans pouvoir en sortir pour aller plus loin, quelle que soit leur intelligence, parce que leurs parents sont pauvres, ont besoin de leurs petits bras, ou n'ont pas le moyen de faire pour eux des sacrifices. Quelle perte pour le pays que toutes ces ressources intellectuelles sans emploi !

On nous dispensera de tenir compte de ceux qui par des bourses sont admis à l'enseignement des lycées : ils sont très rares, les bourses sont distribuées selon la faveur beaucoup plus que selon le mérite, et, même avec une bourse qui n'est pas souvent entière, il faut que les parents de ces petits boursiers aient encore une certaine aisance pour suffire à tous frais accessoires. On peut poser en principe quasi-absolu que les enfants de la classe pauvre, ouvrière ou paysanne, ne peuvent pas recevoir une autre instruction que celle de l'école primaire.

En fait, les enfants des écoles primaires, les plus distingués ou aussi les plus favorisés, sont dirigés de préférence, en petit nombre encore, vers l'enseignement primaire supérieur, et l'on va multiplier,

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