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LA SOUPLESSE DU REGIME ACTUEL

la République. — Ils ont ensemble la liberté de réunion, la liberté d'association, qui comportent les mêmes méthodes de propagande ouverte, les mêmes moyens de gagner l'opinion, de forcer la conviction de la nation désormais souveraine.

Certes les opinions politiques ne sont pas les, mêmes, quoique, à y regarder de près, elles ries soient pas aussi opposées qu'elles le proclament ; car elles s'atténuent et arrondissent }eurs angles par la discussion memeetp^r la possibilité et l'espérance de triompher à leur tour; ce qui les oblige toujours à se nuancer d'opportunisme.

Il est, par exemple, un article fondamental de la doctrine royaliste, celui de la décentralisation, qui entre peu à peu dans la législation républicaine : on y est venu en piatière universitaire; au point de vue municipal, Ic^ commune est désormais comme une petite république à peu près indépendante, et on pourra aller plus loin : la réforme administrative est sur le chantier.

De même il n'est pas défendu aux adversaires de la laïcité de préconiser qn autre régime scolaire et d'en espérer le prochain étabUssement.

Il n'y a pas une opinion qui ne puisse entreprendre de gagner la majorité des suffrages et de s'exprimer donc en loi.

C'est une grande condition de paix, que l'on apprécierait mieux, si l'on attachait moins d'inaportance à la fureur des propos échangés.

La question sociale.

Il n'y a pas jusqu'à la question sociale qui ne soit capable, sinon de se résoudre, du moins d évoluer dans l'ordre public et dans l'harmonie des intérêts en présence; et mieux en France que partout ailleurs : nous voudrions dire pourquoi.

Elle a pourtant suscité de terribles querelles et fait couler des flots de sang. Dès i83o environ, elle avait mis en bataille les deux classes des employeurs et des employés. C'était la suite inévitable de la politique de Turgot et de la Révolution : à la place du système corporatif qui liait les intérêts particuliers de chaque patron aux intérêts généraux de la corporation et de la production, la Révolution avait proclamé, exalté la doctrine de la liberté individuelle, donc de la libre concurrence; elle avait donné naissance, au point de vue économique, à la plus farouche lutte pour la vie.

En ce sens particulier, la Révolution française marque une cassure entre l'ancien régime des corporations et les diverses tentatives de systèmes syn dicalistes qui caractérisent l'époque où nous vivons, et qui ne sont encore que des ébauches, évidemment, à la recherche d'une harmonie semblable à celle d'autrefois.

En attendant, la libre concurrence, le libre jeu de l'offre et de la demande, ont mis les petits, les ouvriers qui n'ont que leurs bras, à la merci des riches

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