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LA CRISE OUVRIERE

qui disposent des capitaux, et du travail, et des salaires. D'où une crise de vingt-cinq ans d'abord, qui correspond à peu près au règne de Louis-Philippe, puis un état de guerre qui n'a pas cessé depuis.

Les grandes émeutes ouvrières de i83i, 1882, i834, 1889 ont été le résultat immédiat du machinisme ; à la production plus facile, plus rapide, moins coûteuse, ne correspondaient pas encore des débouchés proportionnés, et la main-d'œuvre perdait donc une grande partie de sa valeur, outre que les employeurs pouvaient remplacer par des machines un grand nombre de leurs ouvriers. La situation des travailleurs fut pendant quelques années extrêmement critique; ils furent littéralement menacés de mourir de faim. Ce n'est que peu à peu que les chemins de fer, la navigation à vapeur, ouvrirent de nouveaux débouchés, augmentèrent la production et rendirent à la main-d'œuvre la valeur qu'elle avait perdue.

La crise fut portée à son paroxysme par la Révolution du 24 février, qui exagéra les espérances des travailleurs en proclamant la formule du droit au travail et en annonçant une prochaine harmonie de l'organisation économique. Au lieu de cela, ce fut la dissolution des ateliers nationaux et la sanglante répression desjournées de Juin, la bourgeoisie républicaine se montrant aussi impitoyable que la bourgeoisie orléaniste.

Ce fut une des causes de l'avènement de Napo-

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léon III, parce que la bourgeoisie et les paysans, effrayés du spectre rouge, voulurent un pouvoir fort, et parce que les ouvriers, confiants dans « l'extinction du paupérisme », comptèrent sur l'Empereur. Ils avaient raison; il leur donna du pain; il multiplia les grands travaux, les chemins de fer, les canaux ; il transforma Paris ; il favorisa la création des grandes sociétés financières, instrument des entreprises les plus hardies ; il entra même dans la voie de l'interventionnisme parla loi de i864 sur le droit de coalition.

Cependant un tel problème social était de nature à exciter l'attention et les méditations des philosophes ; et la même époque en effet fut fertile en essais de solution. C'est le grand hpnneur de la France d'avoir donné naissance à des doctrines de bonté, cherchant la conciliation des intérêts des diverses classes sociales, au lieu d'exciter leurs haines et leurs déchirements.

Il faut sans doute en relier la tradition à la vieille histoire de nos corporations, si familiales autour de l'atelier patronal. Pourquoi ne referait-on pas un jour en plus grand cette jolie miniature ? C'est-à-dire, pourquoi ne réajiserait-on pas, autour de la production nationale, la concorde harmonieuse des employeurs et des employés?

Nous n'y sommes pas encore. Mais nous avons le droit de rechercher, s'il n'y a pas, même dans les discordes d'aujourd'hui, les signes précurseurs d'un autre avenir; nous estimons qu'il ne convient pas,

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