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L UNITE ALLEMANDE 2B

Les pangermanisles ont encore de la propagande à faire et des cris à pousser avant d'avoir réalisé TAlleniagne de leurs rêves.

Même dans l'Allemagne d'aujourd'hui, qui n'est que la Petite-Allemagne de i848, il y a des éléments réfractaires. Sans parler des Alsaciens-Lorrains, ou des Danois du Sleswig, ou des Polonais de la Posnanie qui défendent avec une belle vaillance le polonisme contre le germanisme et dont la population très croissante envahit môme la Silésie, on trouverait, parmi les seules populations allemandes, bien des variétés ; car l'Allemagne n'a pas cessé d'être « les Allemagnes » dont parlait Commines ; c'est là le caractère fondamental de ses traditions historiques; son unité actuelle est en contradiction avec tout son passé.

Ainsi la Bavière n'a pas accepté sans peine en 1870 la suprématie des Hohenzollern ; elle préparait même une entente diplomatique avec l'Autriche et avec la France, catholiques comme elle, lorsque la déclaration de guerre interrompit cette négociation, dont Napoléon III aurait pu tirer les plus précieux résultats. Il y a eu dans le passé de très étroites relations entre la cour de Bavière et celle de Versailles.

Le Wurtemberg est resté libéral, et le gouvernement de Berlin n'est pas sans y rencontrer une sensible opposition.

La Prusse a passé le Main en 1870 et lié l'Allemagne du Sud à l'Allemagne du Nord. Quelle est la

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solidité de ce lien ? L'histoire n'en est pas assez longue pour qu'on puisse se prononcer.

Mais encore, Tunité politique et sociale de l'Allemagne est imparfaite : le Reichstag est élu au suffrage universel ; mais le Reichstag est à peine un agent de coiltrôle. En fait, dans les institutions particulières des 26 États de l'Allemagne, le suffrage censitaire et les Chambres hautes assurent la prépondérance aux classes nobles ou riches. Le gouvernement de l'Allemagne est un gouvernement de droit divin appuyé sur les classes privilégiées par la fortune ou par la naissance, c'est-à-dire qu'il garde des caractères d'ancien régime. Il en est ainsi plus pittoresque, mais l'unité nationale n'y trouve pas son compte.

D'autant moins que cette prépondérance politique n'est que pour sauver les avantages économiques des classes supérieures. L'Allemagne ne connaît la petite propriété, fondement de la classe moyenne, que dans l'Ouest, là où fut établie pendant quelque temps l'influence française. Dans son ensemble, elle est divisée en deux classes sociales profondément différentes, les agrariens ou les grands propriétaires des plaines du Centre et de l'Est, hobereaux, dont le grand homme fut Bismarck, et les « social-démocrates ». L'Allemagne est naturellement le foyer principal du collectivisme marxiste, qui y est très puissant, puisqu'il compte plus d'un tiers des membres du Reichstag.

Chaque année, en présentant aux recrues le dra-

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