LETTRE-PRÉFACE XIII
vellement de la loi de trois ans, tous les élèves des lycées de France, comme ceux des collèges privés, ont déployé un patriotisme, un courage, un dévouement admirables. Y a-t-il eu deux jeunesses différentes en ces cruels moments d'épreuves ? Y a t-il eu deux manières de penser au sujet des devoirs envers la patrie ? Y a-t-il eu la moindre hésitation chez qui que ce soit pour se ranger sous le drapeau aux trois couleurs, qu'un de nos généraux les plus estimés appelait si bien « le drapeau chéri ? » Non. Le môme frisson a couru dans toutes les veines et c'est là, on peut l'affirmer, la preuve la plus parfaite qu'on trouve chez nous, à l'heure voulue, l'union désirable, l'union nécessaire. Eh bien! oui, cette heure-là a sonné. Un officier norvégien, après avoir séjourné en France, écrivait dernièrement dans V Aftenposten de Christiania qu'il avait été frappé du revirement admirable de la jeunesse française. Au scepticisme qui avait suivi la guerre de 1870 et semblait écarter l'idée même de tout relèvement, a succédé un réveil indiscutable de l'énergie nationale. « En France, a-t-il affirmé, grandit une nouvelle génération active, patriotique, religieuse, dévouée, instruite, s'intéressant à la préparation militaire et aux sports de tous genres, qui aura une saine influence sur la classe ouvrière lassée des vaines et décevantes théories