XIV LETTRE-PREFACE
du syndicalisme socialiste et révolutionnaire. » C'est avec ces nouveaux éléments pleins d'activité et d'énergie que nous retrouverons, que nous établirons enfin l'union tant désirée, d'où le pays sortira plus fort et plus prospère.
Elle est d'autant plus facile que nulle nation au monde, ainsi que vous le constatez vous-même, ne possède une unité aussi forte, aussi compacte, aussi parfaite que celle de la France. Avons-nous sur ce point à envier quelque chose à l'Autriche, à l'Angleterre, à l'Italie, à la Russie, à l'Allemagne même dont l'unité repose uniquement sur la force matérielle et qui traîne à son pied, comme un boulet, des peuples enchaînés tels que le Danemark, la Pologne et l'Alsace-Lorraine, peuples réfractaires à sa culture, à ses mœurs, à sa mentalité, et qui l'obligent à s'armer jusqu'aux dents pour défendre des conquêtes qu'une guerre néfaste pourrait lui enlever, en même temps que détacher les Etats du Sud d'une alliance imposée par les circonstances beaucoup plus que par la sympathie et la communauté des intérêts ? Si la France veut être unie au point de vue social comme elle l'est au point de vue national, il lui est permis d'envisager un magnifique avenir. Elle peut arriver à fermer la plaie encore béante à son flanc depuis 1870 ; elle peut réunir sous son égide les races latines et for-