LA QUERELLE RELIGIEUSE
plus loin encore ceux de la politique musulmane de la France en Afrique, ouvrait l'Orient pour des siècles à la prépondérance économique et religieuse de la France.
Dans le Nouveau Monde même à peine découvert, Verazzano, Jacques Cartier, par Terre-Neuve et le Saint-Laurent, fondaient la Nouvelle-France.
Par tout l'univers, après les épreuves et les déchirements du quinzième siècle, la réconciliation patriotique ouvrait au seizième siècle toutes les directions où devait se développer la grandeur de la France.
La querelle religieuse fondue dans la libérale de conscience.
De cette Renaissance même sortirent les doctrines nouvelles qui divisèrent profondément la France en deux partis religieux, les protestants et les catholiques, les huguenots et les papistes. Dès François P'" la querelle fut dramatique : Calvin dut s'enfuir auprès de Marguerite de Navarre, puis plus loin ; les Vaudois furent massacrés ou chassés, obligés de se réfugier dans le Piémont; Etienne Dolet, Anne Dubourg furent brûlés et les conjurés d'Amboise exécutés en masse.
Alors, comme au temps de Charles VI, la France traversa trente ans de guerres civiles ; nobles contre nobles, Bourbons contre Guises, Guises contre Valois, contre les rois ; paysans contre paysans, tous en
li LES PARTIS DANS L HISTOIRE
bataille ; la France ravagée toute par les bandes des deux confessions, celle de Biaise de Monluc marquant son passage par les « penderies » dont elle décorait les arbres du chemin ; celle du baron des Adrets recevant sur ses piques les malheureux qu'on lui jetait du haut des forteresses conquises : — ainsi faisaient les sauvages rois du Dahomey lors des massacres de la Grande Coutume, avant la domination française — ; et surtout les horreurs delà Saint-Barthélémy, des Français, dans leur lit, tués par d'autres Français ; Goligny, blessé grièvement, jeté par la fenêtre, son cadavre poussé du pied par Henri de Guise ; des femmes et des enfants jetés à la Seine.
Qu'eût dit Jeanne d'Arc à voir couler tant de sang de Français ?
Naturellement, parmi ces déchirements de la patrie, naquirent et grandirent les ambitions malsaines. Les Guises faillirent fonder leur fortune sur les malheurs de la France ; ils aspirèrent à la couronne même. Gomme autrefois Louis d'Orléans, puis Jean sans Peur, Henri de Guise fut assassiné par ordre de Henri IH, Henri III fut assassiné par Jacques Clément. La France fut un moment sans roi, ainsi qu'au temps du roi fou, et comme décapitée.
Rien ne pouvait être plus avantageux aux entreprises étrangères. Des bandes allemandes arrivèrent au secours des huguenots ; les Anglais s'établirent à Dieppe, au Havre. Les Espagnols furent appelés par le parti catholique : Alexandre Farnèse fut le