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ROYALISTES ET REPUBLICAINS

En tout cas, ces expériences ont mis les partis aux prises, et par leurs violences dramatiques, les ont portés les uns et les autres aux extrémités delà passion politique.

Les royalistes sont demeurés fidèles aux doctrines de l'ancien régime. Pourtantleurs conceptions ne sont pas identiques, el on ne peut confondre les légitimistes et les orléanistes. La Révolution de Juillet les a mis dans deux camps ennemis ; ils se sont encore mal accordés en 1878 lors des tentatives de « fusion », et leurs divergences ont alors fait échouer la restauration monarchique. Il est certain que la royauté orléaniste est plus près de la république parlementaire que de la royauté de droit divin. Il semble que l'on veuille aujourd'hui constituer la doctrine d'une monarchie nationale qui se fortifierait de toutes les vertus de la monarchie traditionnelle. Mais ce n'est pas facile à arranger.

Les républicains ne s'entendent pas mieux. Lors de la renaissance de la République en 1848, beaucoup de républicains étaient bonapartistes, et l'avènement du second Empire fut en grande partie le résultat de cette fusion qui depuis les Gent-Jours les avait rapprochés dans la même haine de l'ancien régime. Il est vrai que le coup d'État de i85i et Sedan ont rejeté le bonapartisme de la République, quoiqu'ils aient une même source dans le principe de la souveraineté nationale, et que les idées démocratiques et sociales se soient réalisées maintes fois par les Napoléons.

Ce n'est pas à dire que les républicains, même en dehors du bonapartisme, ne fassent qu'un « bloc ». Les républicains radicaux ont bien gardé de la doctrine plébiscitaire l'idée de centralisation; il ne faut pas oublier que les radicaux d'autrefois se sont mis volontiers au service de Napoléon et que Carnot lui donna son concours après le retour de l'île d'Elbe.

Les républicains modérés, jadis opportunistes, ont de l'orléanisme le scrupuleux respect des formes parlementaires, ce qui leur permet souvent de retarder ou de contenir les revendications démocratiques trop pressantes ou trop hardies.

Il y a en tout cela de beaux thèmes à méditations et disputes.

Les expériences sociales furent plus dramatiques et pitoyables ; c'est le grand problème du pain quotidien, plus aigu par la doctrine de l'égalité.

L'apparition du machinisme au commencement du siècle dernier eut pour conséquence immédiate l'avilissement de la main-d'œuvre et la diminution du salaire, d'où les fréquentes émeutes ouvrières du temps de Louis-Phihppe, en 1882, i834, i839 : le peuple déjà levé contre la bourgeoisie capitaliste. La bourgeoisie au pouvoir réprima l'agitation avec la garde nationale, nia la question sociale, refusa au gouvernement le droit d'intervenir entre le capital et le travail autrement que pour maintenir l'ordre, prélendit ne connaître en cette matière que le libre jeu de l'offre et de la demande. Les ouvriers malheureux, écartés par le cens électoral de toute représentation

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