‹ L'unité françaiseChapitre 5 sur 178 · VI LETTRE-PREFACE · texte numérisé non relu

VI LETTRE-PREFACE

reste un p^ws, mais il n'}^ a plus de patrie ! » Ce mot admirable de Chateaubriand est la vérité même. Tout ce qui peut porter atteinte à nos croyances, à nos traditions, à nos droits séculaires, à notre drapeau, à nos gloires, à nos souvenirs, à nos espérances, tout cela est le contraire de la liberté. C'est une offense à la patrie ellemême, à cette patrie qui n'est pas seulement l'œuvre du père, mais de la mère, comme le remarque Platon : Ttjv TràXa: cpUr]v fAvjTptSa (1), « la mairie », terme souverainement expressif. Certes, les enfants doivent aimer le père qui leur a donné la vie, mais combien plus encore la mère qui les a portés, nourris, soignés, élevés, entourés à toute heure des attentions, des tendresses, des sollicitudes les plus parfaites. Oui, la patrie doit être pour nous cette mère adorée, mais il faut qu'elle se présente à nous avec ce trésor incomparable de soins, de tendresses, de bontés, de bienfaits.

Il semblerait, Monsieur, après ce que je viens de dire et que vous admettez comme moi, qu'il ne devrait j avoir qu'un même sentiment parmi les Français sur ce point indiscutable : la liberté, c'est-à-dire la faculté de penser, de parler, d'agir en respectant les droits d'autrui.

(1) De la République, t. II. (Cf. Plalonis Opéra ex recensione Schneider; vol. II, p. 164. — Didot, 1846, in-lbl.)

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