LES NOBLES A L AR>1EE DU ROI
Elle suivit Charles Vllï parmi les « gloires et fumées » d'Italie, par Turin, Milan, Florence et Pise, Rome et Naples. Elle se prépara à le suivre en Orient, revint avec lui parFornoue, traversa lance au poing la bataille serrée des alliés. Elle s'était un peu perdue dans les intrigues des princes italiens.
Elle suivit Louis XII à Agnadel, Gaston de Foix à Ravenne, François P'' à Marignan, une bataille de géants, deux jours de formidable lutte, quelques heures de repos dans la nuit, sur les affûts des canons, au hasard des rangs bouleversés; elle fut admirable à Pavie,elley perdit beaucoup de monde avant de laisser prendre le roi. A Cérisoles les armées étaient en présence; mais François P^ assagi par le désastre, avait défendu qu'on se battît; Biaise de Monluc courut à Paris, demanda comme une faveur au nom de tous la permission de risquer le combat; il l'obtint, il emmena avec lui toute une troupe de jeunes nobles ; ils revinrent bientôt, non pas tous pourtant, avec une moisson de lauriers.
Les nobles rapportèrent d'Italie, comme jadis les Croisés d'Orient, une provision de récits à faire « en. la chambre des dames », le goût des arts et des lettres, l'inspiration de la Renaissance, les plaisirs de la société, les magnificences des cours, la joie de vivre, cette exubérance de passions qui donne au seizième siècle un caractère si fortement coloré, si robuste et si fécond, un riche renouvellement d'impressions, d'idées et de sentiments.
Alors la France se couvrit de châteaux, non seule-
ment royaux, mais seigneuriaux, qui ceux-là, n'étant pas des cliâteaux forts, n'ont pas été renversés, sont restés une des parures, un des enseignements de notre sol.
On retrouve les nobles dans les grandes guerres du dix-septième et du dix-huitième siècle, puisque ce fut leur privilège de se battre pour la France, autour de Gondé à Rocroi, de Turenne à la reconquête de l'Alsace, de Luxembourg à Fleurus, de Villars à Denain, de Maurice de Saxe à Fontenoy; au delà des mers, à travers le monde, dans les entreprises coloniales : en Amérique, avec Champlain, avec Cavelier de la Salle, à la bataille de Québec avec Montcalm ; en Asie avec La Bourdonnais, Dupleix, Bussy, Lally-ToUendal.
Ils furent fidèles à la tradition de l'héroïsme guerrier ; ils remplirent de gloire d'innombrables pages de notre histoire ; ils prodiguèrent leur sang au service de la patrie. Il faut proclamer la part exceptionnelle qu'ils ont prise à la grandeur universelle du nom français.
Les services guerriers sont les plus honorables et les plus difficiles, car ils comportent le mépris de la mort, c'est-à-dire le sacrifice essentiel. Qu'il s'y rencontre quelque orgueil, quelque forfanterie, le goût de se montrer, et de se raconter, quoi de plus naturel? Quoi de plus excusable que la fierté du dévouement à un idéal ? Il est impossible d'y refuser une franche admiration, et elle se manifeste en effet spontanément aux exemples de cette sorte dont l'histoire de