‹ L'unité françaiseChapitre 6 sur 178 · LETTRE-PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

LETTRE-PRÉFACE VII

Hélas! que d'oppositions, que de différends, que d'obstacles surgissent et restent encore ! Combien d'esprits réfractaires aux droits qui nous viennent de la nature et de Dieu ! Que d'écrivains de talent entretiennent à plaisir les vieux griefs et les vieilles rancunes et voudraient imposer l'ostracisme à ceux qu'ils considèrent, non comme des rivaux, mais comme des ennemis ! Que de politiques, emportés par une faconde qui ne raisonne pas et par une fausse logique, veulent faire de l'Etat un maître infaillible, intangible, absolu, et cherchent à s'imposer par la force aux libéraux, aux progressistes, aux catholiques, à tous ceux enfin qui n'acceptent pas, les yeux fermés, leurs conceptions et leurs programmes arbitraires ! « Ils crient chaque jour que la Patrie est en danger. Cela est malheureusement vrai, disait André Ghénier de leurs prédécesseurs, et cela sera vrai tant qu'ils existeront. » Il n'y a rien de plus vieillot que leurs reproches, de plus faux que leurs raisonnements, car la même phrase contient souvent une affirmation et une négation de la liberté, qu'ils invoquent avec une apparente conviction.

Les uns sont des sophistes raffinés, élégants, mondains, dont l'épiderme délicat serait blessé par le pli d'une rose et qui, au sortir de leurs fêtes et de leurs plaisirs, gémissent sur les misères d'un

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