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LA CENTRALISATION NAI^OLEONIENNE

grâce à la vigoureuse impulsion qu'il y donna. Sur un cadre d'institutions et de prescriptions venues des empereurs romains, le Code fut une adaptation des principes de 89 à toutes les relations de la vie civile, et dès lors, il ne fut plus possible de revenir sur les conquêtes essentielles de la Révolution : elle était dans les mœurs et dans le détail des lois.

Il fonda, avec la vigueur que l'on sait, et en quelques semaines, dans le seul hiver de Tan VIII, la centralisation administrative, financière, judiciaire, universitaire, qui n'a pas cessé de caractériser tout particulièrement l'État français. Elle est surtout marquée par l'institution des préfets, dont on peut bien dire qu'elle en représente la principale signification. Il couronna cet édifice du régime moderne par le Concordat, qui ramena encore sous l'autorité du gouvernement central la nomination des évêques et des prêtres.

Presque tout cela a duré et durera, non pas tant parce que ce fut fait de main de maître, mais parce que ce fut conforme aux traditions fondamentales de la nation. Il est facile en effet de les suivre depuis les origines romaines de notre histoire. Les noms mêmes de préfets, comme de consuls, de tribuns, de sénateurs, d'Empereur enfin, sont des noms romains, et pleins de sens romain. Combien de fois a-t-on remarqué les traits romains du masque de Napoléon,, que l'on croirait en effet être celui d'un empereur de la maison de César et d'Auguste ! Aussi bien, avons-nous déjà eu plus haut l'occasion de remar-

qùer que les dernières années du dix-huilième siècle, et les premières du dix-neuvième, ont vu une remarquable renaissance de l'art antique, et que les monuments de l'époque, surtout ceux qui sont d'inspiration directement napoléonienne, colonnes ou arcs de triomphe, sont véritablement romains.

Cette forte constitution de l'État romain, concentrée définitivement dans les ordonnances des empereurs et dans le Code Justinien, a, par-dessus les invasions franques, inspiré la politique de nos rois, et Philippe-Auguste en créant les baillis, et Philippe le Bel en restaurant l'administration financière perdue depuis la chute de l'Empire romain, et Charles VII en réservant au souverain le droit de déterminer le chiffre des impôts, et Louis XI et Richelieu, en organisant fortement le pouvoir central par les conseils du gouvernement, et Louis XIV enfin en reconstituant le droit divin des rois et une étiquette quasi-religieuse qui rappelait le temps où les empereurs romains se faisaient adorer et se donnaient pour des êtres surnaturels, tous ils représentaient à travers les siècles un effort continu vers le rétablissement de l'État monarchique selon les lois de Rome.

La Constituante avait supprimé les intendants de l'ancien régime et dissous l'État en une poussière de républiques départementales et municipales pour détruire d'un seul coup la monarchie absolue. Mais la Convention avec ses Comités et ses représentants en mission, le Directoire avec ses commissaires exé-

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