‹ L'unité françaiseChapitre 8 sur 178 · LETTRE-PREFACE IX · texte numérisé non relu

LETTRE-PREFACE IX

penseurs, serait le seul qui n'oserait accorder la liberté à ses propres enfants ? Et pourquoi cela ? Parce que, d'après certains dogmatistes entêtés et féroces, rÉtat devrait posséder la souveraineté absolue et commander en maître à ses subordonnés. On le demande, dit-on, au nom de la République. On le demanderait demain au nom d'un autre gouvernement, si les événements amenaient un changement de régime, et ce serait toujours la liberté qui en souffrirait. Et tous les citoyens, par une conséquence fatale.

Pourquoi donc vouloir faire entre eux des distinctions, et refuser à la majorité ce qu'on accorde à la minorité ? N'ont-ils pas tous les mêmes droits, puisqu'ils ont les mêmes obligations? Ils donnent, sans discuter, leur argent, leur temps, leur vie à la patrie. En échange, n'ont-ils pas le droit d'en recevoir quelques bienfaits et, entre autres, le plus précieux de tous, la liberté de penser et d'agir sans entraves pour eux-mêmes comme pour leurs enfants ? N'ont-ils pas droit à une tolérance réciproque, condition essentielle de la paix sociale et du respect des droits de chacun ? Tout d'ailleurs le commande et aujourd'hui plus que jamais. Au lieu de jeter des regards soupçonneux sur nos compatriotes, ayons l'œil fixé sur le vrai côté d'où peuvent venir les menaces et les dangers. Pen-

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