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LA CONQUETE IMPERIALE 14S

il y avait les deux chefs de la maison de Brandebourg, Jean et Adalbert de Hohenzollern.

Ce marché tint pendant plus de deux cents ans. Les traités de Westphalie en furent le premier bénéfice, pour les uns et pour les autres. La France y gagna l'Alsace et ainsi l'accès au Rhin, pour pouvoir mieux ainsi protéger les princes allemands. Car, en garantissant les sécularisations qu'ils avaient accomplies et leurs libertés religieuses, elle préparait leur émancipation politique, et particulièrement la grandeur des Hohenzollern.

Or Napoléon a poussé très loin cette politique Après Lunéville, le recès de la Diète germanique, de février i8o3, acheva presque totalement la sécularisation des terres de l'Église catholique, puisqu'il ne conserva et pour peu de temps que l'archevêché de Ratisbonne. Ainsi, selon l'expression de l'historien anglais Seeley, toute la Révolution allemande du dix-neuvième siècle y est renfermée en germe ; car, par la disparition de tous les petits Etats ecclésiastiques, le nombre des princes allemands se trouva réduit de plus des neuf dixièmes, et la carte politique de l'Allemagne considérablement simplifiée, et surtout la prépondérance séculaire de la maison catholique d'Autriche fut ruinée par la base : en sorte qu'il est vrai de dire que Napoléon a préparé plus que quiconque le rassemblement des terres allemandes sous la suprématie protestante des Hohenzollern.

Plus loin encore les rois depuis les Croisades, .

depuis les Capitulations de François P"" avec Soliman le Magnifique, avaient fondé la suprématie de la France en Orient. L'ambassadeur de France à Constantinople était comme le grand vizir des chrétiens. Même au temps de Louis XV et de Louis XVI, lorsque Catherine II et Joseph II avaient préparé leur « projet grec )^ et déjà dessiné les grandes lignes d'un partage ottoman, la France leur avait barré le « chemin de Byzance », avait redressé contre leurs ambitions la vieille « barrière de l'Est », avec la Suède, la Pologne et la Turquie.

Napoléon ne fit pas autrement. Il arrêta les Russes sur le chemin de la Méditerranée, et l'expédition de Russie, destinée à les rejeter sur l'Asie, y a en fait réussi puisqu'ils n'ont fait depuis vers le Danube et le Bosphore aucun progrès sérieux. Si les peuples des Balkans arrivent aujourd'hui à la liberté et à une sorte d'unité, qui sait s'ils ne le doivent pas en quelque manière à Napoléon et à la politique de nos anciens rois, comme l'Italie et comme T Allemagne ?

Ils ne lui en doivent, ni les uns ni les autres, aucune reconnaissance. Il travaillait pour lui ; il ressuscitait en lui la politique des empereurs romains; il aspirait à l'unité impériale, et par là il compromettait l'unité nationale française.

Il était, non pas un empereur seulement, mais l'Empereur, dans tout le sens romain du mot, qui implique un caractère de monarchie universelle. Il le disait lui-même à Maret en 1812 : « Je suis de la

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