‹ L'UniversChapitre 10 sur 60 · X. UJiilVERS · texte numérisé non relu

X. UJiilVERS

honorable capitulation. lia avaient pei^

du 418 hommes, et rendu au\ vainqueurs 1000 fusils, 20 cernons et 4 ubusiers. La perte det» Espagnols s'élevait ft 180 hommes « tont tués que JUessés. I/histori(Mi Funès dit, à ce sujet, qu'on vit tous les linbit infs rivai iser de zèle et de courage ; les femmes elles-mêmes oombattaient à côté de leurs maris ou de leurs frères, et le.s enffuits à (Mité de leurs pères. < 12 aoOt

Le vice-roi Sobrémonté était alors à IMontévidco, mais le peuple ne voulut plus de lui , et deniandn à fzrands cris (jue le brave Liniers fût mis à la tète des affaires, dette circonstance doit être notée soigneuseiTient , car os V voit le premier pas des Vméricninsilspai^uois vers rinclependanee : ils fout peu a peu l'essai de leurs forces; ils apprennent à se passer des ofOciers de la métrojwle : devenus soldats par nécessite , ils continueront par goût et par orgueil.

L*annëe suivante, les Anglais pri* rent une éclatante revanche à Monfévidéo, dont ils s'emparèrent le 13 lévrier, après avoir fait éprouver aux assiégés une perte évaluée à 800 tués, fiOO blessés et 2,000 prisonniers. La roloiiie dp Sacramento tomba également en leur pouvoir. Les forces anglaises étaient alors sous le commandement de sir Samuel Auchmuty. Ce général éciivit à Vandicncia de Buénos- Ayres pour réclamer les prisonniers de sa nation qui étaient encore détenus dans cette ville au mépris de leur cafiituUitioii ; il ajoutait : Nous sommes iorces de marcher contre votre ville ; et, our éviter sa ruine, nous vous oiirons e vous conserver voa hiia, yotre reK»

gion et vos propriétés sous la pro»

te(tion du gouvernement britanm»

que. »

Vmiàimtia répondit qnt tes as»-

Haces n'intimîdaieDt pas les braves ; que l'offre de la protection an,Maise équivalait à une injure, attendu que les Espagnols n'estimaient leurs biens €t leur vie qu'autant quUls étaient utiles à leur souverain -, que d'ailleurs iB& IcopositiQBS du géaécai anglais a'a-

valent fait qu'exciter rindignation dea

Buénos-Ayriens.

Liniers , de son côt«', signifia à l'amiral Stirling et à Samuel Auchmuty qu'il était déterminé à se défendre jusqu'à la dernière extrémité.

Le cabiUlo de Buenos - Ayres fit ésalement preuve de patriotisme; il adressa aux généraux anglais une lettre où Ton remarque la passage suivant :

« Si nous songeons aux causes de la

présente gucJTe; si nous nous rap- « pelons qu'en 1804, en pleine paix et .« presque en vue de Cadix , vous vous " êtes emparés de quatre fré;:nte.s o avec leurs car^iaisons et leurs pas- « saiîers, ce serait assez pour ne point «> traiter votre nation avec les miémes » éi^ards que ceux dus aux autres pea- « pies civilisés. »

Ainsi, réi)ée seule pouvait terminer cette contestation. UAngleterrc attachait un grand prix à ta possession de Buénos-Ayres; elle prépara en conséquence un nouvel armeuient, qu'elle con6a au général Whitelocke. L'esçédition se composait d'une escadre formidable et de dix mille hommes de débarquement, en y com[)renant les troupes du général A uchmuty. Les Buénos-Ayriens, de leur coté, firent de grands {)réparatifs de défense; et, «on contents de convoquer tous les citoyens en état de porter les armes pour la défense de leurs foyers , ija organisèrent une armée netive'de 7,000 hommes au conimandemeut de Liniers.

Whitelocke devait commencer ses

opérations par le Rio de la Plats; mais sa nussion ne se . bornait pas à soumettre cette contrée, il devait encore agir dans le 'même but au CbBi et an Pérou. Il arriva à Montévidéo le 10 mai 1808, et le l*"" juillet suivant il se trouvait en présence de Liniers sous les murs de Buénos-Ayres. Il y eut un engagement dont chaque parti s'attribua riionneur ; les Anglais perdirent plus de monde que leurs adversaires, mais ceux-ci abandonnèrent le chanap de bataille .et rente^èrant dnne la ville assiéiiée.

^ Des propositions j^aut été Xaita& et

BTJÉNOS-ATRESr PAaAGUXY, URUGUAY.

vfàên ëe iiirt et dTauM , Mie attaque générale fnt |iré|ierée pour le é dir

méine ntois.

, Combat de Buénos-Àffre*. — Les Biiéiiw^Ayrieu moeUfaieiit un grand

enthousiasme; on voyait sur les places ptibli(iues W% tnembres de VantUrncia, ceux du cuOikio, les oidorsy 1 akade et toutes les autorités civiles ou magistrales, revêtues de leurs uniformes, exhorter les citoyens ;» une vigoureuse, défense ; de nonibrcusf-s guérillas sortaient incessa inuieut jpour harceler r«Nienii ; la place publMfue se garnissait (i'nrtillrrie ; diacun courait à sou poste ; tout annon(^ait enlin une journée sanglante et nieniorable.

Whitelocke avait disposé son amée de manière h envelopper la ville entière. Klle l'oniiait trois divisions, chacune de trois colonnes. La division de droite, soos les otdrea do brii^adier Auchmuty, s'avança par la rue Saiiit-Mrui;is tians l'intention d'occuper lu place du Mtiro et les couvents de SainteOatherfBe et de la Merced, Le Retire était défendu par six cents lioniiiiesqui obéissaient à D. Guttières de la C>onci)a. Les Anglais turent repoussés vivement, et éprouvèrent, peihlantdeux heures de combat, une perte considérable. Knfin, les Kspagnuîs a^aut épuise leurs. nmnitionSi se retirèrent sur la place del l\3f9.

Le centre de l'armée, aux ordres du hl iuilciier Crawfurd et du lieutenant'-culonel Pack , devait attaquer à la fois l'ei^lise de San-Mi^uel . te Collège des Orphelins et celui de Stm»

Carlos. P.'irtotit eelte division rencontra une resist.im('e opuiiàtre. Les tours et les clocliers , les croisées et les toits étaient gamtsdie soldats et de milieiens, de feiiimes et d'enf^mts qui faisaient j»le:iv<)ir ime îrrèle de halles, de tuiles et de pierres. L(;s assaillants furent oomplétenwnt battus aur ee point, et obligés de se rendre à discrétion après avoir laissé le sol jonché de nmrts et de blesses. D'autres colonnes détachées l«mt égaleflMAt ODuCraintes à nw^ tffe bas les armes.

La division de gauche, commandée pac ie iNUgadier Luiuley , avait eu seule.

Ha metHeor suooès; eU6 s^étaH eas^

parée , h peu près saos coup férir, de i'hùpital de la liesOmeia^ pesitiond* nulle importance.

Whitelocke, aocaUé par œ revem inattendu, battit en retraite, ayant perdu , dans cette journée mallieu-^ reuse, environ 3,.>00 hommes, dont 1,200 prisonniers; le reste avait été tué ou mis hors de combat. Sa position n'était |>his tenable; car, dans la supposition qu'un second assaut eilt mieux réussi, chose qui était possible , mais noa pas probable, il ne lui restait plus aue 5,000 hommes disponrhles , nombre insuffisant pour se mainteuir avec avantage dans un |>ays uù chaque habitant était un ememi. Aussi le izéiKT'il atrj;lais s'empressa -t- il d'arce^)ler les conditions qui lui turent oflertes par Linters : elles consistaient à évacuer, dans le délai de deux atois^ le territ(»ire du Rio de la Plata et la ville de Montevideo, moyennant quoi on lui rendrait, non-seulement tous ses prisonniers, mais enoore ceux qui avaient été faits, dans le teoips, sur I* généra! liéresford.

, W hitelocke était un brave militaire

£j avait servi avec disttnctiOD pen-.

nt 90 années ; mais ce désastre oc<^

casiona sa perte. Traduit devant une cour martiale , il fut déclaré incapable de servir dans un grade militaire.

La victoire de^ Buénos-Ayriens eut un ixrand retentissement en Ktirope.

Liniers fut promu au grade de brigadier , et les conipat^ons de sa gloire reçurent aussi des témoignages desa»

tisfaetion non moins éclatants.

Jmiratiiude cks Huénos- ltfriens.—^ Si l'ambition est le défaut des chefs de parti, Fingratitude est celui des peuples. Périrlès et Aleihiade dans les beau.K jours de la Grèce, Corioiaii et Scjpioii dans ceu.v. de Rome, en avaient fitit nue fiioesce eipérienee; il était réservé aux Huénos-Ayriens de donner le même spectacle au nouveau monde- La gloire de Liniers lit ombrage à oeux même qu'elle avait sauvée; de misérables intrii^es, dont un oertain Xavier Klio était le principal agent , lui suscitèrent de nombreux ennemis»

L'UNIVE&S.

En TaÎD qoelques hommes snges et leconnaissants lui oiTrirent- ils leur appui, Liniers aima mieux s'exiler volontaireiiu lit que d'exposer la ville aux iMireara d*une guerre civile.

Prof/rrs de la révolutînn. La politique du cabinet de Saint-.Iames sauva BuénoS'Ayres du sort oui semblait lui être réservé. George III et Ferdinand VII signèrent un trnitr de paix et d'alliance le 14 janvier lso<»;et, le du même mois, un décret royal dédam les provinces de l'Amérique capable iwrtif intégrante de la monarchie, avec des droits égaux à oeux des provinces de la métropole.

L'année suivante, la régence de Madrid s'adressait aux Américains espagnols , et leur tenait un langage libéral : « Vous êtes enfin élevés à ia « dignité d'hommes libres ! vous n*étes « plus à cette époque où , courbés sous « un jouî! in!înpportnh!p, en raison de « votre eloiiinoniciit du cctitre du nou- « voir, vous étiez les victimes de rar- « bitniire , de Tavarioe et de l'igno- « rancp. HnppHpz-vousqn'rnnommrmt « vos mandataires au congrès natio- « nal, vos destinées ne dépendent plus « de ministres, de vioe-rois, ni de « gouverneurs, mais qu'elles sont dans a vos propres mains. »

A partir de cette époque, les esprits clairvoyants purent pressentir que les 49oloniés de T Amérique espagnole allaient échapper à la métropole. Les colons avaient fait l'essai de leurs fotcps; ils avaient résisté à la puissante Angleterre, et, parmi enx, il s'était trouvé des hommes capables de gouverner en temps de paix comme en temps de guerre. Ouel besoin avaiton de demeurer, à l'égard de la Péninsule, dans une scrvîle dépendance?

Kt, d'ailleurs, cette vieille Ksnagne, déchue de son rang , n'était-elle pas , en ce moment, hors d'état de se uouverner elle-même? Le rocher de Léon était devenu le dernier refn^e de la monarchie espagnole. Couimeut suj)porter l'idée de noonnattre la suprématie d'un pays qui n'obéissait plus à ses propres lois, et qui subissait le joug de l'étranger !

Les menées de quelques agent!

secrets de Napoléon entretenairut ce sourd mécontentement; mais ce qui contribua surtout à accélérer le moment de l'explosion , ftitl'indrgnatiiiM publique qui se manifesta à l'arrivée d'un nouveau vice-roi espagnol , D. Baltlia/.ar de Cisnéros : Amsi , disait-on, l'Espagne est fermement résolue à ne conférer les postes importants qu'à des hommes nés dans ses provinces d'£iirope!

Cisnéros apportait à Liniers te tf-

trede comte de Boénos-Avres et l'assignation d'unerenteannneflede 100,000 réaux , mais, en même temps, Tordre de quitter TAmérique et de se rendre en Europe. Liniers refiisa d'obéir; il se retira à INIendoza, où il ne tarda pas à être rejoint par d'illustres proscrits : Guttières de la Concha, l'évéque de ('ordova, D. Joachim Moréno, Sant-Iai^o de Allendé et Victoriano Rodrigue.

Nous avons vu que l'Angleterre s'était occupée, en plusieurs occasions , de l'émancipation des colon les espagnoles. Ce germe d" indépendance , favorisé par les événements d'Europe et les troubles de l'Amérique, avait fructifié. Quelques citoyens , passionnés pour cette idée de liberté, forment le projet d'une révolution , dont l'Indépendance de leur pays doit être le but. A leur téte figurent Juan-.Tosé Castéli et Manuel Helgrano. Le 14 mai 1810, les conjurés font répandre les bruits les plus alarmants sur la situation de l'Espagne, et insinuent au peuple qu'il est désormais ridicule d'obéir à un vice-roi qui tient son mandat d'un pouvoir qui n'existe plus. Une dotation se rend auprès de (jsnéros pour l'inviter à se démettre de son autorité. Celui-ci n'avait pas à hésiter, puisque, au moment où cette sominatton lui était faite, une assenablee de 600 notables décidait que désormais les pouvoirs du vice-roi seraient remis au cctbildo. il fut de plus arrêté que le cabUth s'oœnperaiC immctliatcnicnt à créer une junte , nui gouvernerait jusqu'au moment où les provinces auraient envoyé leurs dé*.

BUÉN05-ATKES, PARAGUAT, imUGUAT. m

putës pour former uo congrès général.

Ce fut le 1'-> mai aue Cisnéros se détermina enlin à abaiquer ; mais le cabildo le nomma président de la jimto du gouvernement , et lui adjoignit quatre collègues. Cette nommation ne fut, pour le vice-roi, qu'une transition du pouvoir à la dédieance, car une seconde Junte 8é forma peu de jours après, pur la volonté du peuple unie au désir du cabildo ^ et son nom n'y fut pas compris. Ce nouveau pouvoir signala son avènement par un acte qui excita un vif enthousiasme. Il s'agissait de l'abolition de la cour des comptes, du traitement du yice-roi , et des droits sur le tabac. Le second acte de la junte fut d'envoyer une force împosnnte à Cordova, ou Liniers était parvenu à reunir un corps de 2000 hommes. L'intention de ee chef, comme celle de ses compagnons d'exil, était de consener mtacts, dans rAriieri(]ue du Sud, les droits de la couronne d' Espagne. Si c^était là une erreur, elle doit lui être nardonnée, parce qu'il ai^issait de Donne foi , et sans ambition personnelle. Liniers avait encore a Montévidéo des partisans dévoués, qui étaient parvenus à rassembler une es end ri Ile, avec laquelle ils bloquaient le port de fiuénos-Ayres. On va voir que cet événement, qui devait servir ses projets , tourna à sa perte. L'armée des royalistes se débanda, et Liniers tonoba entre les mains de ses ennemis. Les autres cliefii eurent le même sort. En apprenant cet heureux résultat d'une campai^ne exempte de

Sérils, la junte voulut frapper un coup 'état pour intimider les partisans de Liniers , et leur éter tout espoir. Elle craignait d'ailleurs que le peuple, inconstant dans sa haine, comme il l'avait été dans sou alïectiou , ne s'appitoyât sur le sort de l'illustre prisonnier, et ne le rendit à l'escadre de Montévidéo. Juan-José Castéli reçut, en conséauence, Tordre de se rendre au-devant des eaptifr que Ton amenait alors à Ruénos-Ayres. Il les leooontra jtrès du vûOBXPafogaUo^

et les Gt mettre à mort , sans forme de procès. L'évéque de Gonlova fiit

seul éi)argné, non par respect pour son rarartere, mais afin <le nietiai;er les préjugés populaires. Ainsi périt ce noble étranger qui avait rendu de si grands ser\i( es a sn patrie adoptive.

Le nom de Liniers vivra dans l'histoire : il fut, sur les rives américaines, l'implacable ennemi de l'Angleterre, la consolation de FEspagne el l'orgueil de la France.

Cependant un ora^e se forma vers le nord. Le vioe-roi du Pérou avait eovoyé, contre les indépendants, un corps d'armée sous le commandement du colonel Cordova. Les deux partis se rencontrèrent, le 7 novembre, à Suiparha. La victoire se déclara en faveur des Buénos-Ayriens; la plupart des chefs rovalistes , et Cordova luimême, tombèrent au pouvoir des vainqueurs. Ceux-ci avaient été suivis dans leur marche par ce Castéli que nous venons de voir se souiller du meurtre de Liniers , de Concha , de Moréno et de leurs compa{^ns. Encore couvert de ce sang généreux, il voulut V joindre celui des nouveaux prisonniers ^ue le sort des ormes venait de lui livrer. Ces infortunés lurent fusillés sur le rbanip de Iwtaille. Le vice-roi ht alors demander une trêve que la junte voulut bien lui accorder.

RévobdUm du Paraguay' Fendant que Buenos- Ayres oj)érait sa révolution, les Para'^uays ne montraient aucune sympathie pour la cause de rindépendance. L'administration qui les régissait était douce et paternelle; le gouverneur, don Bernard de Vélasco, s'était concilié l'amour et la vénération du peuple. Aussi vit-on se manifester de toutes parts, dans cette province, unesubite indignation, lorsqu'on y apprit que la junte de Buéuos-Ayres envoyait un corps d'armée, sous les ordres de Manuel Belgrano, pour In réduire a l'obéissance. Lne armée de ô à GOOO volontaires s'organisa immédiatement, et se mit en nnirehe pour aller au-devant des indépendants.

JLa rencontre eut lieu au villi^ de

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