‹ L'UniversChapitre 20 sur 60 · PATAGOISIE , TERRE-DU-FEU ET ILES MALOUINES · texte numérisé non relu

PATAGOISIE , TERRE-DU-FEU ET ILES MALOUINES

les mêmes parafes le groupe de Guayaneco , composé de petites îles, dont une contient une haute montagne nommée Nevada de Captana. Il a baptisé du nom de Wellinîiton une île que les Espagnols appellent Catnpana. Il a aussi visité les îles Lobos et Rocca partida. Ces terres sont situées à une faible distance du rivage occidental de la Patngonie, dans la airection du sud au nord, depuis le cap Sainte-Isabelle jusqu'au golfe de Penns. « On sait peu de chose de cet archipel , si ce n est u'il est rocailleux , montagneux, et *un aspect désagréable. Il est séparé du continent par le canal de la Conception , au bord duquel viennent se terminer brusquement les Andes , dont les flancs se couvrent ici d'énormes glaciers (*). »

Pour terminer cette description trop rapide du détroit de Magellan , nous devrions donner quelques détails sur les végétaux et les animaux qu'on rencontre sur ses borûs et dans ses eaux.

Mais les limiter que nous nous sommes tracées nous empêchent de nous étendre davantage. Wous nous contenterons donc ûe renvoyer le lecteur, pour la zoologie, à une lettre du capitaineKing, inséréeen deux fragments dans le Zoological journal de Londres, tome III , page 422 , et tome IV, page 91 ; pour la flore, à la relation de l'expédition du Beagle et de C Aventure, et surtout à la partie de cet ouvrage qui a été rédigée par M. Darwin.

Le détroit de Magellan a été longtemps négligé pour le détroit de Lemaire, situé entre la Terre- du-Feu et l'Ile nommée Terre-des-l^tats. Mais celui-ci a été à son tour abandonné, surtout depuisquelecapitaineKin^,qui fait autorité en cette matière, a nié positivement les avantages de la navigation dans ce dangereux passage. Aujourd'hui les navires, s'ils n'aiment mieux traverser le détroit de Magellan, ce qui abrège de beaucoup le chemin, doublent la Terre-des-Etats, puis descen-

(*) Mahe-BruQ, éditioa de x836, revue par M. UuoL ~ ■

dent plus bas, doublent lecap Horn, situéàrextrémitésud delà plus méridionale des îles rHermite,e.t remontent dans l'océan Pacifique en longeant, à distance, la cdte sud-ouest de laTerrcdu-Feii. Cette route n'est pourtant pas préférable à celle par le détroit de Magellan. Les difficultés pour doubler le cap Uorn sont très-grandes : les vents et les courants sont si ch.- njreantsdans ces parages, que le marin doit leur préférer les longueurs et les ennuis d'une navigation qui n'offre que peu de dangers et présente des avantages réels pour le reste du voyage.

En effet, lorsqu'on est sorti du détroit, les vents étant de la partie de l'ouest et plus fréquemment au nord qu'au sua, ils sont favorables pour prolonger la c6te; et dans le cas où ils ne garderaient pas constamment cette direction, on ne serait pas exposé à être abîmé par la mer, comparativement plus tranquille à cette hauteur; au lieu qu'un bâtiment qui a doublé le cap Horn doit, si le vent est nordouest, courir à l'est des îles Malouiues, où il est en butte à de fortes brises et à une mer terrible qui le prend en travers et le force à serrer le vent pour remonter vers le nord \ et à s'écarter ainsi de sa véritable route.

On comprend, d'après ceci, de quelle importance est aujourd'hui le détroit de Magellan, pour pénétrer dans l'océan Pacifique.^ Nul doute, en consé»

quence, que d'ici à quelques années cette précieuse communication entre les deux mers ne soit aussi connue que les autres points reculés du globe.

Peut-être même quelque puissance enropéenne songera-t elle à fonder sur ses rives, dans l'intérêt du commerce, un établissement sérieux. Le triste sort de la colonie du Port-Famine est sans doute un douloureux précédent, mais on n'en saurait rien conclure pour l'avenir. On a vu des établissements se maintenir et même prospérer dans des lieux bien plus inhospitaliers que le détroit de Magellan, et des colons intelligents pourraient tirer un parti avantageux des ressources qu'of»

frent en poissons, en gibier, en eaux potables et en bois, les innombrables baies de rextréiuité sud de laPataionie.

Description générale, La Terre-du- Peo, ainsi nommée à cause de la famée

3ue les premiers explorateurs virent, e loin, s'élever des buttes des indi-

âénes, est située par les 63* et 66*^ egré de latitude australe, «T* SO' et 77*76'dei1on^tude occidentale. Formée par une immense agglomération d'îles s'étendant dans un espace de cent trente lieues de long sur quatrevingts delar^e, elle est bornée au nord

ftar le détroit de Magellan ; à Test par 'océan Atlantique ; au sud par Tocéan Austral, à Touest parla mer du Sud. Les principales tles de cet archipel, celles que baignent les eaux du détroit de Magellan, peuvent être niiisi décrites quant à la configuration extérieure de leurs côtes :

A Test et en partant du promontoire de la Reine Charlotte, nui forme le côté sud de l'entrée du m troit, la côte de la grande terre appelée Kiiig Ckarlêi Soùthkmd, descend du nord au midi, en sinclinant sensiblement yers Test Jusqu'aux caps Saint- Vincent et Diego. A partir du cap Saint-Vincent jusqu'à celui de Bon-Succès, Ja ligne s'abaisse perpendiculairement vers le sud. La Terre-des-États, située en face et à peu près à égale distance de Saint-Vincent et de Diégo, forme le détroit de Lemaire. Du cap de Bon- Succès h la baie Valentin, la cÔte court horisontalement d'est en ooMt,

O On dit communéoMU Tmrt-dg'fiuf

mais Terre-du'feu iradiiit mieux le nom espagnol qui est Tierra dei fue^o, D'aiileun Terr^4êfeu B*eipriiiie|»u eouMMaent ridée

des iiavifjateiirs qui baptisèrent crt assemblage, d'îles; car ces ruolâ désignent impliciteinenl une qualité , un attribut , taudis que les Espagnols ont voulu simplement consacrer le souvenir des feux qu'ils avaient

Eus sur le rivage , et Terrc-du-feu réttàea h oetle mtentioD. M. d'Orbigny mi Tênê'dufm,

puis descend vers le sud dans celte direction et remonte, en s'enfon-

gnt profondément, vers le nord, pour rmer la baie de Nassau. Hon loin , est remboucfanre du canal Saint-Gabriel , qui sépare l'île Dawson de la Terre-du-Feu proprement dite -, la cote méridionale de ce canal est bordée de hautes montagnes : elle est peut-étra la plus élevée de in Tcrrc-du-Feu. Dans le nombre de ses pics sont les monts Buckland et Sarmiento. îious avons parlé du premier à propos du détroit de Magellan. CTest un bloc pyramidal de schiste, dont le sommet e'st extrêmement aigu, et qui a environ douze cent vingt mètres de hauteur. Le mont Sarmiento s*élève d'environ deux raille soixante et dix mètres audessus du niveau de la mer; sa base est large, et il se termine par deux sommets pointus, Ton au nord-est, l'autre au sud-ouest, à une distance respective d'un quart de mille anglais.

Sarmiento, le premier qui Tait aperçu, loi donna le nom de volcan neigeux.

En effet, vu du Dord,il arapparenoed^uo volcan; maison n'a jamais vu de signes ni de traces d'éruption ; peut-être même sa forme volcanique n'est-eile que fortuite, car, vu du côté .du couchant, il ne ressemble nullement à uo cratère. Cette n)ontagne est le point le plus haut qu'on ait encore obser?é dans toute la Teire-du-Feu :

elle est comme le théâtre des principaux phénomènes météorologiques de ces contrées, et son aspect annonce aux marins la tempête ou le beau temps, suivant qu'il se Tolle ou qu il se dégage des vapeurs qui l'entourent.

C'est une espèce de baromètre que la nature a placé dans ces lieux, ou plus d'un danger menape le navigateur; uand le vent souffle du nohPest ou u sud-est, les nuages qui enveloppent sa cime se dissipent, et il pr&ente alors la perspective la plus luagoiûque.

Entre le mont Buckland et le Sarmiento, la crête de la chaîne est occu-

1>ée par un glacier fort étendu, dont a fonte continuelle entretient les

cascades dont nous avons pcurlé.

PATAGOr(l£, ï£Ea£-DU-F£U £T 1LE$ MALOUHIES. 40

Celle des Iles THennite, dont Ytx»

trémitc méridionale forme le véritable cap Uorn, est avoisioée à Test par une infinité d'autres moins consioérables, dont les plus importantes sont les îles Barnevelt, les îles d'E- Touts, et plus au nord l'île Nouvelle.

Du faux cap Horn jusqu'au cap Pillar, qui forme rextrémité nord-ouest dé la Terre -du - Feu , la côte décrit une portion de cercle, profondément accidentée par le canal de Ifoel, par la imie mSafnMarbe et le cap Glocester. A rentrée du canal de Noël, on trouve un archipel dont les îles principales sont, au sud et en allant d'ouest en est, la Catbédrale d'York, rtledes Nigauds et celle des Oies ; au nord de cette dernière, l'île de rCEuf, et nu nord -ouest de celle-ci l'Ile Brûlée. Au-dessus et à l'ouest de la baie de Sainte- Barbe est un groupe de cinq îles, dont la plus grande est terminée par le cap Noir. Derrière le cap Glocester, et en remontant au ttord, se trouve un vaste archipel dans leqna on peut placer l'île de V Atterrage ; non loin de cette île est le sondage le plus pro£oud qui existe sur ce littoral.

Pour ce qui est des côtes septen* trionales de la Terre-du-Feu, dont nous avons dit quelque chose en décrivant le détroit de Magellan, nous nousborferons à rappeler rapidement, et en allaiit d*ouest eu est, les points principaux, tels que la baie et le havre de Séparation placés presqu'à l'entrée du détroit; la baie des Iles ; le havre de niirondelle; l'entrée du canal Sainte* Barbe, située en face du Port-Gallant; l'entrée du canal Saint-Sebastien, en ùce du Port-Famine, mais plus au md ; le promon^oflfe de ta Rafle, qui Ibrme le second goulet de l'entrée orientale du détroit ; le Mondrain, qui plus au nord forme le premier goulet, et a partir duquel la cdte descend du nord au sud et d'ouest en est, pour aller rejoindre le promontoire de la Reine Charlotte, qui oous a servi de point de départ.

Depuis le cap Piiar jusqu'au cap

Hon, la edtB est très-irrégulière et

très-coupée ; elle est généralement élevée et exempte de hauts fonds et de banes. Sa nauteur varie de deux mille quatreeentquatorze à quatre cent cinquante-sept mètres; dans l'intérieur sont des chaînes de montagnes toujours couvertes de neige, et dont réievation est quelquefois de plus de douze cent vingt metres, et jamais de moins de six cents.

Quand on est près de la côte, on aperçoit plusieurs bras de mer qui coupent la terre dans toutes les directions et qui communiquent avec de

grands golfes situés derrière les îles tt large. On voit les montagnes voisines de la mer très-boisées du côté de l'est, tandis que du côté de l'ouest, qui est exposé aux vents dominants, elles sont tout à fait stériles. Ces montagnes sont rarement couvertes de neige, parce que les vents de mer et la pluie en amènent promptement la fonte. Les brumes sont rares dans ces parages, mais une température pluvieuse et sombre, accompagnée de vents violents, y règne presque tou- . ours. Le soleil s'y montre fort peu ; e ciel, même dans les plus beaux , ours, est couvert et nuageux.

Cap IIqtîi. — Le point le plus important de l'archipel de la Terre-du- Feu , vers le sud , est incontestablement le cap Horn , dont nous avons indiqué la position à l'extrémité de la plus méridionale des îles rHermite.

Elevé d'environ cent cinquante-deux mètres au-dessus du niveau de la mer, (présente .vers le sud des escar»

pements noirs, qui, vus de près, sont du plus iin[)Osant effet. ISous avons expose, a l'article du détroit de Magellan , les avantages qu'ofitre le passage à travers ce détroit; cependant, comme la question des deux routes n'est pas encore décidée pour beaucoup de gens, nous croyons qu'il ne sera pas inutile de donner sur le passage par le cap Horn les renseignenients les plus r^ cents et les plus positifs.

Ouelques marins pensent qu'il est préférable de doubler le cap Horn pen-

4* UV. (PaTAQOI^IB, X£AA£-J>U-F£U ET ILS8 MiXOIflUBt.)

dant l*été ; d*autres affirment , au contraire . qu'il vaut mieux choisir l'Iuver pour etfectuer ce passage. Comme dans tous les pays 4u inoMie, Im mois d*équinoxe sont les plus mauvais : de fortes brises se font alors sentir.

Les mois d'août, septembre, octobre, novembre et décembre, sont les pires de ratinée ; e'est elori ^ue régnent lei vents d*oue8t , la pluie , la neige et la grêle. Décembre , janvier et février sont les mois les plus chauds ; les jours sont longs , et le temps est quelqueftMs fort beau ; mais les vents d'ouest, parfois tres-vioients , et accompngnés de beaucoup de pluie, régnent durant toute cette saison , qui présente moins

£B dans toute antre partie do globe avantages ordinaires de Tété. Mars est peut-être le plus mauvais mois de l'année , à cause des tempêtes et des coups de vent qui s*y succèdent; il est pourtant moins pluvieux que les précédents. T>n meilleure saison est souvent la période des mois d'avril , mai et juin, quoiqu'elle ne soit pas exempte de gros temps. Les jours vont en diminuant; mais cela n'empédie pas que ces trois mois ne soient vraiment ceux dont la tejnpérature ressemble ie plus a celle de Veté. Juin et Juillet ont beaucoup d*analogie; toutefois, les brises d'est sont plus fréquentes en juillet. Le peu de durée du jour et la rigueur du froid rendent oette époque très-désagréable, quoi- <|u*elle soit peut-être la plus favorabld pour passer à l'onest, attendu que les vents y soufilent prc'-ique toujours de Test. En résumé , les mois d été , décembre et janvier , sont les plus Gon« venables pour passer de Tocean Pacifique dans l'océan Atlantique; et avril, mai et juin pour retourner dans l'océan PaciGque. Dans ces parafes , on connaît peu les éclairs et le tonnerre. De violentes rafides viennent du sud et du sud-ouest ; elles sont annoncées par des masses de nuages , et quelquefois accompagnées de neige et de grêle d'une grande dimension , qui les rendent plus terribles. Ajoutons que les naxires partant de rAlInntiqup pour se rendre dans le grand Oceau doi-

▼ent chercher à se tenir à moins de cent milles de la côte orientale de la Patagonie , autant pour éviter la grosse, mer , soulevée par les brises dVwesl' qui dominent dans l'est , et sont d'autant plus fortes qu*on est plus éloigné de la terre , que pour profiter de Tinconstance du vent , quand il est Ûxé dans is partie de fouest (*).

Malgré tous ces inconvénients, le passage par le cap Ilorn , tant redouté des anciens marins, n'est pas aussi effrayant que ravail frit croire !*«• mirai Ansoo. Dampier, Gook et la Peyrouse avaient déjà beaucoup contribué, par leurs observations , à diminuer la terreur inspirée par cet autre cap <lef tempéfet. Les vc^geurt modernes ont acnevé de dissiper ces frayeurs. Tous s'accordent à dire que le passage par l'extrémité de la Terredu -Feu u'otïre que les contrariétés ordinaires dans toutes tes hautes Istitii* des, et que les ouragans n'y sont pat plus terribles que ceux qui éclatent souvent, pendant la mauvaise saison, dans le voisinage de tous les grands caps (•*). Néanmoins , l'a route par le détroit de Magellan est préférable, surtout à cause des lenteurs qu'elle épargne aux navires qui veulent passer dans le grand Océan.

jiMpeade la Terre-du-Feu. — Dans son voyage au détroit de Lemaire , l'anural Anson a dépeint la Terre-du- Feu sous les plus sombres couleurs.

Cook , qui vjsita la même partie (sudest), en 1769, prétend que l'erreur de ses devanciers aoit être attribuée à la saison pendant laquelle ils se sont trouvés dans ces oarages. Il y élatl dans le courant de janvier, qui, i cette latitude répond à notre mois de juillet, et assure que non-seulement il y vit dts arbres, mais que, bien qu il y aperçât çà et là des espaces couverts de neige, les pentes des collines al

(*) Extrait de» obtervalion» nautiques da capitaioe King, u>«duîtes par Bl. Daroodoan, pour le ministère de la marine.

(••) To\ez, entre autn^s opitiions, celle du capilaine Duperrey, daus la relation dtt voyag« d« la Co^tùUê,

PATÀGONIE, TERRE-BTr-TEU JET ILES MALOUDŒS. il

les côtes voisines de la mer présentaient la ptat aisréable terdure. « Les baateus, dit-îi, sont assez remarquables,

mais ne peuvent être appelées des montacnes, quoique leurs sommets soient enlierenient nus. Le sol des vallées est lîebe et d*uiie grande profondeur ; m sied de presque tiMiles ces collines, on trouve un petit ruisseau dont l'eau a une couleur rougeâtre , comme celle qui coule à travers nos tourbières d'Angleterre ; mais eUe n'a aueuo mauvaia goût , et , en t(nit , nous avons éprouvé que c'était la mpilleure que nous eussions trouvée il a us notre voyage. » A l'époque oh naviguait Gook, 'le détroit de Lemalre n'avait pas enoore perdo son importance; nnssi le rapitnine anglais apporte-t il le plus grand soin à préciser la position de ce détroit , auquel il donne environ cinq lieues de long, et à indiquer tous les points qui peuvent servir à y diriger les marins, il prend également la défense de la Terre-des-Etats , qui ne lui a oas semblé non plus aussi sauvage qu à Tamt* ral Anson. La côte nord lui a paru offrir des baies et des havres , et le sol n*était pas sans bois, ni même sans verdure. Deux ans auparavant, leca*

f>itaine Wallis , qui reconnaissait alors es côtes du détroit de Magellan , s'exprimait d'une manière toute différente au suJetdelaTerre-du-Feu , bien qu'il y fKIt au mois de février , correspondant .'i notre mois d'aodt. Le maître du vaisseau, qu'il avait envoyé vUcvcher des mouillages, « trouva, dit-il, le pays qui borde la êdte, horrible, et plus sauN aire qu'aucun qu'il eOt jamais vu ; c'étaient des montagnes raboteuses , plus hautes que les nues , absolument dépouillées , depuis leur base jusqu'à leur sommet , et où Ton n'apercevait pas un seul arbrisseau ni un seul brin d'herbe. Les vallées ne |irésentaient pas un aspect moins aftreux; elles étaient entièrement couvertes de COUChM profondes de nei^e, excepté en quelques endroits où elle avait été emportée ou glacée par Ivs, torrents uui s'éciinupenldes crevasses de la montagne, et se précipitent des hauteurs «à ils se iamient par la fbnte des nei-

ges. Ces valkes, dans les endroits mémo où elles ne sont pas couvertes

par la neige, sont aussi dépourvues de verdure que IM lochers qui ks earî*

ronuent. »

Ces témoignages ne sont contradictoires qu'en a pparenoe, puisqu'ils por»

tent sur des points placés à une grande distance l'un de l'autre. Le c^npitaine Parker-King , qui a explore avec soin toute la Terre-du-Feu , confirme les ■ssertioas de Cook. Il dit que dans presque toute.s les îles qu'il a visitées, la vésetatiou est magniOque, et Qu'il y a vu la véronique et la ftisoiie, qui en Angleterre sont ro> gardées et cultivées comme des plan* tes fort délicates. Ces deux végétaux , ajoute ce nav igateur , étaient en pleine fleur à une très-petite distance de la haso d'une montagne couverte de neige aux deux tiers de sa linuteur. II a vu aussi des colibris suçant l'arôme des ileurs, après deux ou trois jours de pluie et de neige pendant lesquels le thermomètre avait été au point de conizelation. Enfin iSI. Fitz-Koy affirme qu'à aucune époque de Tannée, les feuilles des arbres de la ïerre-du- Feu ne tombent entièrement. De ces différents rapports, on peut conclure, que si cette contrée n'a pas un aspect bien hospitalier , elle est loin d'être aussi épouvantable que* Pont adOrmé certains voyageurs.

Le récit suivant d'une excursion faite par Banks et Solander, pour étudier les richesses végétales de la partie sud de ce pays, peut être considéié comme le côté effrayant du tableau :

Aventure de Banks et de Solanckr, M. Banks et le D' Solander , qui , en

Sualitéde naturBlistes,accompagnaient ! capitaine Wallis dans son voyage autour du nmnde. se trouvant vers le milieu de décembre 17G6, dans le détroit de Magellan et tout proche de la c6te de la Terre-du-Feu, vers un poimt oij le débarquement n'offrait aucune difficulté, resninrent de ne pas abandonner ce parage sans renouveler l'excursion qu ils avaient déjà tentée sur ce sol, oû ils espéraient déoouYrir de véritables richeases sctentiliqoes. Ub

mois de décembre , nous l'avons déjà dit , correspond sous cette latitude à nos mois de mai et de juio. Le temps

était beau, et ils avaient en perspective une petite montagne, boisée a sa baàe, aplatie et verdoyante vers le milieu de sa hauteur, aride et nue à son sommet. Partir au lever du soleil, explorer ces bois, rette prairie, ce rocher où jamais avant eux u^avait pépétré un Européen, et reTenir le aoir à bord, leur parut une expédition aussi glorieuse que facile. Le chirurgien du bâtiment VEndeavour.^ l'as- Uononie, le dessinateur de M. Banks, trois domestiques , deux matelots et deux nègres se joignirent à eux ; et le 16 décembre, de bon matin, la chaloupe les déposa tous les douze, pleins de eon0anoe, sur le rivage. M. Banks avait hâte d'arriver à la prairie, parce qu'il n'espérait rien trouver dans la partie boisée qui pût le dédommager de ses peines. La petite troupe pénétra donc dans le bois et eommença courageusement l'ascension de la montagne. La matinée y fut toute employée , et à trois heures anres midi lis marchaient encore au hasard et sans découvrir le moindre sentier qui les conduisit à l'endroit où ils de- Tafent faire leur première halte. Ils parvinrent enfin au lieu au'ils avaient pris de loin pour une plaine, et furent très-mortifics de reconnaître que ce n'était qu'un terrain marécat;eux couvert de petits buissons de l)ouleaux, Ijiaats de trois pieds, et si rapprochés, qu'il était impossible de les écarter pour g'v frayer une route. Ils étaient ooligés d'enjamber à chaque pas, tout eu enfonçant dans la vase jusciu a la cheville. Pour augmenter les difficultés d'un pareil voyage, le temps, qui s'était maintenu, devint tout à coup nébuleux et froid , et un vent très-piquant, accompagné de neige , se mit a souffler par bouffées. Malgré la fatigue déjà extrême et le secret décou- Tageinent qui commençait à s'emparer de quelques-uns d'entre eux, ils continuèreot pourtant k s'avancer, comptant touiours avoir franchi le pas le lins difliciie et touché au terme oc ieur

voyage. Ils étaient à peu près aux deox tiers du marais , lorsque M. Buehan, le dessinateur de M. Banks, fut pris

d'une attaque d'épilepsie. Il fallût s'arrêter, allumer du feu, et comme le malade, proniptement secouru et bientôt hors oe danger, ne pouvait pourtant continuer sa route ni être abandonné dans cette solitude, MM. Banks et Solander, l'astronome et le chirurgien se remirent seuls en chemin. IVos voya-

Seurs touchèrent enfin le sommet si ésiré, et leur attente ne fut point trompée. Ils y trouvèrent beaucoup de plantes aussi différentes de celles qui croissent sur les hauteurs du bord de la cote, que celles-ci le sont des productions des plaines dans nos climats.

Cependant le froid était devenu très-vif, la neige tombait toujours en plus grande abondance, et le jour était trop avancé pour qu'il fût possible de retourner au vaisseau avant la nuit. Il fallut donc se résigner, et, quelque danger que présentât ce parti, s'arranger de façon à ottciulre , le moins mal possible, le lendemain dans l'endroit ou Ton se trouvait. Lue fois cette détermination prise, le docteur et son ami Banks, charmés, au fond , d'avoir un peu plus de temps devant eux , ne pensèrent plus qu'à profiter d'une bonne ioituue si chèrement achetée. Leurs deux compagnons ne paraissant pas avoir un aussi ardent amour pour la science, et se souciant par conséquent fort peu d'herboriser sous la neiffe et le vent , ils les en* voyèrent rejoindre ceux qui étaient restés en arrière, et indiquèrent pour rendez-vous général, une hauteur par laquelle ils se proposaient de passer, pour retourner au bois , en traversant le marais. Ce nouvel itinéraire leur semblait des plus faciles a suivre La compagnie se rassembla , en effet , bientôt an lieu convenu , et quoiqu'on souffrît du froid , tous étaient alertes et bien portants. M. Buchan lui-même avait recouvré ses forces. Il était près de liuit heures du soir, mais il faisait encore assez jour . et Ton se mit en devoir de franchir le marais. M. Banks se chargea de ^re l'arrière-garde et de

PATAGONIE, TERBÏ-DU-FEU CT ILES MALOUmKS. 53

C>usser les traînards. Le docteur Sonder, qui avait plus d'une fois tramsé les montagnes qui sépareot la Suède de la Norwége , savait q^u'un ^rnnd froid, surtout quand il estjoint a la fatigue, produit dans les membres m engoanliasemeiit pi«iqu6 inaurmontable. Il conjura tes oomiMigiions de ne pas s'arrêter, quelque peine qui leur en pût coûter, ou qiiel(]iie soulagement qu'ils espérassent d'un moment de repos : « Quiconque s'aaaaoin, leur dit-il , s'endormira , et celui qui s'endormira ne se réveillera plus. « Après cet avis reçu, non sans terreur, on recommença a avancer , mats pkis on allait et moins on semblait avoir fait de chemin. On n'était point encore parvenu au marais, et déjà ie froid était devenu si vif, qu'il couimençait à produire les effets annoncés. Le docteur Solnnder fut le premier qui succomba au sommeil, contre lequel il s'était efforcé de prémunir les autres.

Priàrea ni remontrances , rien ne pat fenpécber de s'étendre sur la nei^ et son ami dut employer la violence pour le tenir à demi éveillé, liicliemond, un des noirs de M. Banks, commençait à son tour à se faire presser.

Admirable de sang-froid et de courage dans cette situation qui menaçait de devenir d'instant en instant plus terrible, son mettre dépéclia aossitdt en avant cinq personnes, parmi lesquelles était M. Buchan, avecordrede préparer du feu au premier endroit convenable, puis, lui-même, avec quatre autres, resta auprès de Ricbemond et du docteur, et les fit marclier moitié de gré , moitié de force. Les deux malades touchaient au terme de leur pénible trajet, lorsqu'ils déclarèrent spontonémeot qu'ils n'iraient pasplui loin. M. Banks eut de nouveau recours aux prières, aux instances , aux menaces, à la violence; ce fut en vain. Quand on croyait effrayer Ricliemond, il répondait : « Je ne'désire que de m'arréter un peu et de mourir. » Le docteur ne renonçait pas aussi formdlemenl à la vie , et disait qu'il voulait bistt marcher, mais qa*il lui Cyiait auparavant piiodre un instant

de sommeil , et ni l'un ni l'autre ne voulaient faire un pas. Quelque affection qu'il portât au docteur Solander, quelque prix quMl attachât à la conservation de son nègre fovori , M. Banks sentit que s'obstiner à présent était compromettre inutilement l'existence des quatre autres : il rassembla à la hâte q^uelques broussailles et les y laissa s affaisser et dormir d'un sommeil qui pouvait être éternel.

Au même instant , quelques-uns de ceux par qui il s'était fisiit devanoer«. revenaient avec la bonne nouvelle que le feu était allumé à un quart de mille de là. H court au docteur, l'appelle, le frappe, le soulève : cinq minutes à peine se sont écoulées, il n'a pas encore rendu le dernier soupir, mais son réveil ne lait en quelque sorte que ressusciter un malheureux percltis de tous ses membres , et dont les muscles sont tellement contractés , que ses pieds ne peuvent plus retenir leur cbsussme. Reveou un peu à lui , le docteur qui, noalgrétout, se cramponnait à la vie, consent à se laisser traîner vers le feu qu'on lui montre de loin. Quant au uauvre Ricbemond, tous les efforts raient inutiles pour le faire relever. Après avoir tenté sans succès de le niettre en mouvement, M. Banks laissa auprès de lui son autra noir et un matelot gui semMaicHt avoir moins sonfSsrt da froid , leur promettant d'envoyer aussitôt vers eux deux autres de leurs compagnons

?|ui se seraient suffisamment réchaufés, et avec Taide desquels ils pourraient lui rapporter AiebeoMHMiy en»

dormi ou vivant.

11 avait tenu sa parole ; mais environ deux heures après , les éeax hommes qu'il avait envoyés revenaient seuls : ils avaient parcouru tous les environs; ils avaient crié , appelé « personne n*avait répondu , et ils nV ▼aient pu trouver m le matelot^ ni h second nègre, ni Ricbemond.

Alors Banks se reprocha de n'être pas resté auurès de Ricbemond , loi qui avait eu le bonheur d*étre épar»

gné par le froid ; il se reprocha surtout son projet d'excursion ^ et oepea*

4M y ëaos les cruelles perplexités , le jMtttraUito cepnaail le étmu\ Mt

.M M lamentant , il cherchait encore sous la nf^itîP, ft d'un regard furtif, .la tract' de quelque uinnte ignorée. ^

On se souvint enun qu'uoe bouteille éerfamiLiUBique provision de laoompe»

pnie , était restée dans le havre-sac de l'un des absents ; on pens;i que Ip noir

le matelot qu'on avait piaets auprès de RichéiBoiMl s*étaieat lerfis de oa noven pour at réveiUer« et que tous trois en «lyont bu un peu trop , s*étairnt écartes de l'endroit où on les avait laissés, au lieu d'y attendre les guides qu'on leur avait promis. La lieiçe avait rcconmiencé à tomber plus épaisse; deux heures s'étaient ecou- .lees» et tout espoir était perdu, quand, vers minuit , on entendit dee crie répétés. Banks court au-devant de la voix qui l'appelle, et trouve le mnîelot n'ayant plus que la force de se souteair en chancelant. A Taide des renieigneroents qu'il peut en arracher, il rt rommence ses perquisitions. Richemond fut découvert le premier ; il était debout , mais ue pouvait plus iranoer, et son camarade était étmidtt aHr le sol, aussi insensible qu'un cadavre. Dix bras s'offrent pour enlever ces deux hommes; la nuit était •entièrement noire , on ne pouvait se faire mi ebemin à travers lee brouasailles et sur un trrrnin détrempé où <*ha(|ue pas nmenait une chute. Il iallut renoncer à les transporter, et ftiredafeuaur le Heu mone; maia ^a nei;;e qui couvrait la terre, celle qui tombait dans les espaces libres, et celle que les arbres laissaient échapper

Far gros ilocons , rendirent impossible établissement de ce nouveau foyer :

force fut d'abandonner ces roameurenx à leur destinée, après leur avoir fait un lit de petites branches d'arbre, et les en avoir presque entièrement couverts. Lereste de la troupe se trouvait dans ime po<;ition rendue plus terrible par le souvenir de ce qui s'était passé et 1 incertitude de ce qui allait suivre. De douze hommes qui étaient partis le matin, pleina de vi« gueur et de santé i deos étaient n«

gardes comme morts; un autre était ai mal, qu'on doutait qu'il pdt Tlm

jusqu'au lendemain; et un quatrième, M. Biichan, était mennré d'une nouvelle attaque, par suite de la fatioiue qu'il avait easuyée pendant cette terrible soirée. Ils étaient éloignés du vaisseau d'une journée de ebemin; il leur fallait traverser des l)ois inconnus dans lesquels ils pouvaient craindre de s'égarer et d'être de mniveM surpris par la nuit; et , pour comMe de malheur, il ne leur r» <(riit . pour toute nourriture, qu un vautour qu'ils avaient tué la veille , au début de leur nouraion.

Au point du jour, ils jetèrent avec inquiétude les recards autour d'eux, et ne virent que de la neige. Le froid eontînuait,et des booflKes de vent, ie succédant saMîatervalle, leorglaçaient le visage et les membres. Cependant, à six heures, ils conçurent une lueur d'e>poir en distinguant ie lever du adeil au travers des nuages qui oommenraient à devenir moins é^is.

Leur premier soin fut de courir aux malheureux qu'ils avaient ensevelis eons des branches : Ile étaient nM>rtsl

Quoique le ciel s'éelairclt toujours davantage, la nelL'e continuait à tomber, et nos voya?ieurs n'avaient encore ' pu reprendre leur route vers le vaisseau; mais, vers huit heures, il ^éteva une petite brise qui , secondée par l'action du soleil , détermina le dé^^el. La joie revint au cœur de tous, et avec elle le senthnent d'une souffrance que tant d'autres avaient fait oubHer jusqu'alors. Le précieux vautour était encore intact; il fut depet:é, partage entre les dix hommes oui restaient, et quand chacun eut avalé les deui ou troie bouchées jqui lui en étaient revenues, ils se remirent en route. Knlin, à deux heures après midi , ils débouchèrent inopinément sur le rivage , précisément en face du lieu oà était encore amarrée la chaloupe qui les avait amenés la veille sur cette terre funèbre.

HUMire natureBê, — On vient de voir à quel prix les docteurs Banks et Solander earicfairent la idenoe de

PAT AGONIE, T£E]^jUU-F£U £T ILES MALOUINËS. 46

piques plantes nouvel Irs. lis remarquèrent surtout une i'.s])cce de caniulle apt>eit-e vuuu^n auca uronuitica. Le wmier^ dont elle ui l'ëooroe, a la feuille large ^ ressemblant à celle du laurier; elle est vert pâle en dehors et bleuâtre en dedans. Us trouvèrent aussi IwHiroup de plantes antiacorbutiqutt, m nonbn desqueUei il faut mettre une sortH de cresson npprlé cardamius anti^corbutica ; le itjeri sauvage, opium antucorbuticuui ; et «oe espèce de çtmn^berfié rouge et blanche.

Le cresson croit dans les lieux humides i ou le trouve priocipalement dans la boie de Bon^uccés. C'est surtout quand il est jeune qu*il est le plus salutaire; il r:\mpe sur la terre; ses feuilles soutd'un vert clair ; elles sont disposées deux à deux , et opposées Tune à Tautre , avec une seule a Textréniité, qui, communément, e?^t (a cin(jiiî(;i)i(' snr rh;t(j!ie tige. La plante sortant de ct t ttai pousse des Jets qui 4>ot quelquefois detut ptedsde naat, et qui jportent à leurs extrémités de petites fleurs blanches suivies de longues siliques. Les arbres paraissent tous appartenir à la femittedu bouleau, anpelé bétmia anUaretica. Leur tige a de trente à quarante pieds de l'^ng, et deux à trois pieds de diamètre n la base. La feuille en est petite , k bois est Maoc, et se fend très-droit. Les rochers qui forrnrnt le fond de la baie Saint-Vincent sont couverts de fiocmons, parmi lesuuels le kelp* ou Jucus giganteus de Sounder, mérite crnedei* crintion détaillée.

Celte plante marine croît sur les rochers des eaux les plus profondes , sur les bords et dans llntérieur même des passes ou canaux. M. Darwin dit que p'Mid'int tnut le voyage du Beagle et de l'Aventure, il n'a pas aperçu un seul rocher qui ne lût couvert ae cette herbe flottante. "V^ fucus giganimu a été ainsi nommé à cause de la longueur de sa tiiîP , fjn? ntteint, dit le capitaine Cook, jusqu'à trois cent soixante pieds. Elle est ronde, visqueuse, polie, trèsibrta et n'est guère plus grosse que le poM. ta eoii(olt 4e ^elle utifité

est œtte singulière plante nour les vaisseaux qui naviguent dans ces canaux étroits, luceftsa^maei^t agités par les tempêtes; M|f pe» an besoin leur servir de câbles , et c*at que plu!^ d tm bâtiment lui a du sôn sà\ut. Comme, à une certaine haut£tt(,j^ s*affals8e sur elle-même « et Ibraie angle avec sa base en s'étendant dans le sens de h surface des eaux , î! nrrive souvent qu'elle arrête la ^unde des marins. On la trouve depuis les ties les plus méridionales, près du cap Horn , jusqu'au quarante - troisième degré de latitude vers le nord ; à l'ouest elle est aussi assez abondante; elle crott donc dans Tespace de quinze de* grés de latitude ; et comme le capitaine Cook la trouva à la terre de Kerguélen , il s'ensuit qu'elle occupe en lougitude cent quarante degrés.

Le nombre des créatures tîvânfea de toute espèce dnnt l'evistence dépend essentietienient du kelp y est Traiment prodigieux. On pourrait écrire no gros volume de descriptions sur les habitants d*un de ces lits d'herbe marine. Les feuilles ont quatre pieds de long; et chacune d'elles^ excepté celles qui flottent à la sur Atée de la mer , est tellement incrustée de coraux, qu'elle en est toute blanche.

Quelques- iiDf's donnent asile aux simples polypes ; d'autres nourrissent des animaux mieux organisés, et des masses de belles ascidies. D'innombrables coquilffs et (juelqnes bivalves s'y attachent aussi. Des invruuies de crustacés iréiBli>(l|W|| lewas b» parties #b la planta. Mlm^lf^sm ^u*m remuant une Ttnsst- îe ces Mnrnenses tiges , il en tomiia une quantité de petits poissons , de coquillages , de sèches , de crabes de toutes les espèces, d'oursins de mer, d'étoiles, de bi'lles holotliunes , de pinnaries et de néréides de f>lusieurs formes. « Toutes les fois , ajoute ce naturaliste, que j'exa minais un fragment du fucus giganteus, Yy découvrais des animaux de forme nouvelle et curieuse. De nombreuses espères de poissons vivent au miKeo des feuilles , et y trouvent mie

Doorriture abondante. Ces immenseï

oondies v^étales, chargées dTanimaax, sont aussi une ressource précieuse pour les cormornns et autres oiseaux de mer , pour les loutres , les phoques «t les manonins. Enfin , aans elles , le sauvage de la Terreau-Feu , privé de

aueiques-uns de ses aliments de préilection , se livrerait avec plus de fémité et de gloutonnerie à ses goûts de cannibale; leur nombre diminuerait infailliblement , et peut-^tre même leur race flairait -elle par s'éteindre. »

La soologie de la Terre-dihFea est

bien pauvre , comme on peut le penser. Parmi les mammifères, outre les cétacés et les phoques , on trouve une espèce de chauve-souris , une nouvelle souris (le reithrodondeWater-House), et lieux autres espèces ; le tucutuco , animal rongeur qui habite en troupes nombreuses dans la nartie orientale ; une espèce de renara, la loutre ma< rine « le j^uanaque , et un cerf dont on n'aper(^oit que de rares individus, au sud du détroit de Magellan. Les bois abritent peu d'oiseaux. Quelquefois l'accent plaintif du gobe-moiiche à liuppe blanche, perché sur le sonimot des grands arbres , est répété p:ir les échos de ces tristes vallées; plus sou- Tant, le eri singulier du pic noir, dont Ja téte est ornée d'une belle crête rouge , se fait entendre dans les forêts. Le scytalopus fuscus, ou roitelet, sautille en se cachant dans les buissons et parmi les troncs d*arbre8 tombés de vieillesse. Le grimnereau {synallaxù tupinieri ) est 1 oiseau le plus commun. On le rencontre dans les bois de bétres , dans les ravins les plus inaccessibles. Ce petit oiseau semble se multiplier pour ainsi dire sous vos regards , à cause de l'habitude qu'il a de suivre curieusement les visiteurs qui pénètrent dans ces sombres retraites. Il voltige d*arbre en arbre , à quelques pieds du voyageur , en faisant entendre une sorte de ricanement singulier. Il n*a pas les mœurs timides du véritable grimpereau (eerthia fàmiliaris) , et ne monte pas comme ce dernier le lon^ des troncs d'arbres; il sautille aUroiiement , et va cher-

chant des insectes sur chaque branche. Dans les parties du pays les plus découvertes , existent trois ou quatre espèces de pinsons, une grive, ua sansonnet ou ietenuy àmtjkmarii^ et enfin quelques oiseaux de proie el quelques oiseaux nocturnes.

L<es insectes sont en très-petit nombre ; quant aux rM>tiles , il n'en exl^ pas un seul dans toute Pétaidiie de la Terre-du-Feu.

Habitants. Tous les voyaf^eurs s'accordent à représenter lesFuegiens (*), ou babitantsdelaTerreHiu-Feu, comnMi les individus les plus misérables de Tesppce humaine. Ils ont la téte grosse , comme les Patagons, les joues saillantes, le ne^ plat, mais la physiono* mie plus douce. Ils sont plus petits, plus mal faits, et encore plus sales.

Ils barbouillent quelquefois leur corps avec un mélange de charbon, d'ocre Touce et d*buile de phoque , ce qui les rend non-seulement hideux, mais encore si horriblement puants , qu'on ne peut , pour ainsi dire, les approcher. Il en est qui se peignent certaines parties d'une terre argileuse blanche. D autres préfèrent la couleur noire; le capitaine King en a vu un entièrement peint ea blanc.

Ils portent pour tout v^ement des manteaux de peanx de guanaques ou

de phoques, moins adroitement faits que ceux des indigènes de Patagonie.

Il est vraiment étrange qu'un peuple soumis aux rigueurs drun dimat aussi rude n'ait pas encore songé à se Tétir plus chaudement.

Leurs cabanes ou wigwams ont la forme d*un pain de suere. Elles sont faites de longues branches fixées ciroulairement dans le sol , réunies à leur extrémité supérieure par des joncs, et recouvertes de broussailles. Deux ouvertures y sont ménagées, l'une da c6té de la mer, l'autre du côté des bois. Le foyer occupe le centre de la hutte, et la remplit constammentd'uneépais^ fumée, qui , mêlée aux exhalaisons ra* tides produites par les viandes gAtées

(*) Ce nom a été donné à ce peuple par le capitaine Weddell, qui Ta visité en iSaa,

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