‹ L'UniversChapitre 29 sur 60 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

A VAI9T de tracer rhistoire des ILES plusieurs endroits. » Les quarante et de décrire chacune d'elles , ii est à ayant oublié de dire que les eaux de la propos de parler de ta mer qui les Mer sont essentiellement salées , les eDviromie. On entend par ce mot la hues qui couvrent la terre en plusieurs totalité des eaux talées qui occupent eiMfrozVs^ seraient aussi des Afers selon la pins grande partie de la surface la décision de l'Acndéniie française, du globe. Le nom d'OcÉAN, employé Pour les premiers géographes dont dans beaucoup de livres comme sy- les écrits nous ont été conservés , la .Don^e, ne rest eependant pas ; sa Mer n'était pourtant que la Méditersignification est beaucoup plus res- ranée, qui sépare TEurope de T Afrique treinte, et doit s'appliquer seulement en confinant à TAsie. L'Océan , au à celles des Mers qui circonscrivent delà des colonnes d'Hercule , était une la masse des terras sans y pénétrer dtose I part; Hérodote le crovait un trop {rofondément, c^est-a-aire que grand fleuve; les poètes l'appelaient It ce nom d'Océan ne saurait s'appliquer Tieux père du monde, dont il circonà aucune Méditerranée , ou autres scrit les parties liabitables. On supétendues d'eaux, fussent-elles salées, posait à celles-ci une forme très-diffequi sont enclavées dans les terres, et rente de eeHe que les modernes leur pour lesquelles on doit réserver les dé- reconnurent, quand la boussole ouvrît sigoatioQS de Caspiennes, ou de Lacs, les routes immenses et si long-temps selon qu'elles sont amères ou douces, ignorées d'un hémisphère nouveau. £t La plupart des termes employés en géo» telles étaient les idée» bîzanes qn*on graphie ne sent pas mieux définis; se fatsaitde cette forme, dans les temps et nous ne voyons pas, dans ces trai- d'ignorance où des érudits prétenoités écrits sur le globe , où tout ce qui rent reconnaître les marques d'un san'est pas astronomique. Iiistoriquo YO&rfoitavancé, qu'on trouve, dans les ou stanstiqne, fut trop légmnent ton- livras hébreux , la t^po comparée à ché, qu'on ait jamais songé à pré- un livre qui se roule sur lui-même; ci?er la valeur des mots au moyen et, chez les Grecs, moins ignares que

le peuple de Dieu , cette même terre

dcs<^ueis on peut s'entendre, lorsqu'il s'aiEit de chacune des parties con-

fagit de chacune des parties con- représentée sous la figure d*un carré

stitunntes de l'univers. Il n'est pns jus- long. La fameuse carte appelée Tabula

qu'à l'ancien Dictionnaire de l'Acadé- Peutingeriana , qu'on prétend avoir

mie française, qu'il était convenu de été tracée ciiez les Romains au temps

prandra pour règle dubon langage, od de Théodose, c'est-à-dire ven la mi

ce bon langage ireût été fausse sous ce du troisième siècle de l'ère moderne,

rapport, ainsi que dans les deux tiers ne donne pas d'autre figure au monde

des noms par lesquels on y mentionna alors connu, qu'on supposait être fait

les corps naturels.C'est ainsi, par exem- ^ eomme une table, pie, que pour la définition dumotHèr, Pour rendre comprâiensiMe la po-

on trouve « l'Amas des eaux qui envi- sition, dans les diverses Mers qui bai-

ronneot la terre et qui la couvrent en gnent le globe • de chacune (les ll«f

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L*UNiy£B.S.

dont nous allons entretenir le lecteur, nous répartirons (Tabord ces Mers en trois sortes : V Océan y les MidUerra^ nées et les Caspienne!^.

Lesras/)?>««é.<r,qiii sont le contraire des îles, c'est-à-dire des étendues d cnu stiée environnées de terrey.iie4tfli>' rent des grands Lacs qu'en ce que leurs ondes ne sont pas douces. ÎSe communiquant avec aucun Océan ou I\léditer- ?anée , leur bassin fermé «eoolt nlan»

moins te tribut de fleuves qui doivent, dans la suite des siècles, en diminuer la salure. On avait jusqu'ici restreint ce nom de Caspienne à une seule Mer sans issue; il faut Tétendre à la Mer d'Ami et à la Mer Morte. Il serait fort curieux d'étudier les productions animales et végétales avec l'état physique de ces Mers intérieures ; mais encore

Se M.deCliAteauhriand ait visité nuîfois la plus célèbre, et M. de ilumboldt récemment la plus grande, on peut taanÉtvt que TuneOT fiutre demeurent aussi inconnues sous les points de vue les plus essentiels, qu'elles 4'étaien( après les voyages des chevaliers croisés ou de Paul Lucas. Les îles de ces Caspiennes, s'il en existe, n'ont point encore été signalées et ne sauraient être de la moinare importance.

Les Mtdiierranéei sont les Mers

3ui, ne faisant point partie immédiate e l'Océan, s'unissent néanmoins avec lui par un ou plusieurs détroits : elles différent des grands golfes par le ré- . trédsaement dé leur oommunicatioa, et sont plus nombreuses qu*on ne l'avait supposé, quand on restreii^nait le nom de Méditerranée à celle dgnt les eaux baignent les Baléares, la Corse, la Sardaigne,la Sicile, Malte, Gindie , Chypre , les îles de l'Archipel , et autres moins considérables.

La description de ces îles de la Méditerranée proprement dite ne fem point partie de la tâche que nous nous sommes imposée ; nous ne devons Darler ici que de celles de l'Océan. La Msr Rouge, le eolfeParsique, la Baltique sont aussi dés Méditsrra* nées , ainsi que l'espace contenu entre

la chaîne des Antilles 0t le double continent ^m^fiffl^n,

L'OCÉAM, à'EL^GVS,

On doit entendre par Océan , dans

un sens rigoureux du mot , cette immensité do Mers qui séparent, en les environnant de toute part, les diverses jMnrtteseontinentalrs du globe, lesquelles n'occupent guère que le quart de sa superlicie; l'étendue des terres étant évaluée à 1,400,000 m vriamètres carfés, tandis oua celle die TOeéan peut être portée a 5,700,000.

Essentiellement mobile , sans cesse agité par les courants qui en sillonnent la vaste étendue, ou par les vents, qui sont des courants aériens agia* sant impérieusement à sa surface, on lui a supposé en outre un mouvemont général résultant de lu rot^ition du globe. L*Ooéan obéit encore à d*autrès mouvements aussi résiés que manifestes , dont l'effet est subordonné à la forme de &e« côtes i^u'assié-

rt et abandonnent altemativemaat vagues majestueuses. Ces mouve* ments alternatifs dépendants de l'action qu'exercent les astres sur sa masse , sont appelés maréss ; les Méditerronées n y participent que peu ou poiatf les Caspiannas n jf sont pas aiûettes.

Idttnbuiiofi de f Océan en régions.

Jusqu'au temps de M. de Fleurieu , l'Océan avait été fort arbitrairement divisé par les géo^aphes. Cet illustre marin y Tonlut établir des régions mieux circonscrites, et, dans la plupart des mappemondes récentes, on s'est conformé à la nomenclature qu'il imposa. Ainsi Ton y appelle Océan gla* cial arctique, les mers circumpolaires du nord, par opposition à cellca du sud nommées Océan glacial antarctique : Océan aUantique, celui qui sépare Vaneien et le nouveau monde entre l'Europe et l'Afrique d'un côté, et les Amérique de l'autre ; grand Océan boréal ^ celui qui, du trçpique du Canaar, s*étend antre r Asie orientale et les côtes américaines du nordest ; grand Océan pacifique , la Mer entre les deux tropiques , rAmérique ^ équatoriale et la Polynésie ; enuin « .

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DES ILIS B£ VQCÈA^,

prand Océan an<^traï, l'immensifé des eaux comprises entre les pointes opposées de l'Afrique , de l'Australie et ii PAinérlqw do tud Jusqu'au efvde l^alalfetiitarctique. La Mer ordinairement nommée des Indes n'est pas comprise parmi ces divisions. Quelles que MtoHl l«s autorités par leaoaeUeB on WNidnit faire prévaloir imeteHe nomendature, la raison la repousse, du moins en plusieurs points. !Nous devons nous hâter de le prouver, alin que l'usage n'en prenne point poaaenioB d*élat dans la science.

Il n'en est pas des Mers comme de la Terre, où la domination de 1 homme > s'était la plupart da tampa étaUia h force et perpétuée par ta tyrannie , les limites naturelles de chaque contrée ont dès long-temps disparu pour fthre place à des frontières politiques , •À dea citadelles s'élèvent ooimne nous plaçons des bornes autour de nos héritages et de nos usurpations :

de sorte que des peuples, apnartenant à des espèeaa différentes du genre humain, se sont trouvés confusément mêlés sous un même sceptre, miand leurs caractères physiques semblaient eomnMmder entM am une démaM»* iion éternelle. Nulle frontière stable n'ayant pu être tracée sur les flots , tous les parages sont également du domaine aes navigateurs ; oue les forteresses flottantes de qnelgue autre Carthage soient parvenues à s'approprier pour un temps la plaine liquide, celle-ci doit tôt ou tard redevenir comdMnr à tous. D'après cette communauté des Mers où les vents déchaînés sont les seuls dominateurs possibles, le géo«;raphe ne peut admet- U9 sur leur éKoatte^ des^dtyisioiis tos le gewa ée celles que le caprice fli la violence étnhlircnt à la surface de la terre immobile et soumise. Les distinctions entre les régions où se MsBcant deaflot^ tmijoufs agités, ne pouvant ^tre que géographiqiH-s , il faut en tracer les limites naturelienieut en ne consultant que la figure et les lelstiens physiques des cotes avoisinantes, le rapport des masses d'e:ui «ree les terres fu'on doit considérer

comme en étant le contenant, enfin l'influeiu e qu'exerce la température sur les productions de chaque espace inondé) et^ c'est alors que lu dtstrilmtfea géographk|ue des animaux et des vé« Çétàux marins appelés hydrophytes éclaire une science où l'on crut trop jusqu'ici pouvoir se passer des lumiêh res que lui peuvent fournir la aoologie et la botaniouc. ('e n'est en aucune partie du globe que de telles productions du règne animal et du règne véflétal a'arriteiit à tel eo tel cercle de la sphère. L'cquateur , les tropiques, l'écliptique , les eereles polaires , les méridiens, dont la connaissance est indispensable pour déterminer les climats horaires , les positions respecti* ves de charpie point du globe et la route d'un vaisseau, n'ont aucun rapport précis avec les productions aqu«r tiques ou terrestres de notre globe.

On ne saurait citer une créature organisée dont la patrie fiU ripoureiisement bornée entre tel ou tel degré de longitude ou de latitude, soit dana le sein de l'Océan , soit sur les continents ou dans les îles, pas plus qu'on n'en pourrait citer qui se propageassent d'un pdie à l'autre, sans qu'il y edt solution de continuité dans leurs lignes de dispersion. Toutes les productions de la nature ont leurs zones plus ou moins larges et sinueuse^ d'habitation, où m» vifent et se reproduisent isolément, ou comme en société, mais selon diverses inclinaisons sur tous les cercles.de la schere, souvent jus* qu'en des '|>oints fbrt éloignés. Noos n'en connaissons pas à qui les lois de la dissémination aient interdit la faculté de s'écarter de quelques minu*tes de degré d*un parallèle ou d*un mép ridien quelconque. Les productions de l'Océan étant astreintes dans leur propagation aux mêmes règles de sinuo* site et d'éparpiilenient que celles de la Terre, c'est dans la nmnière dont ces productions sont réparties qu'il faut rechercher les bases de la distribution

Séographique qu'on peut assigner aux iverses parties de l'Océan; mais avant de trneer les limites entre Ir^tjiiflles nous proposeroos de curcooficrirf

io

L'UNIYMS.

ces parties , il est à propos de montrer , par quelques exemples, combien était Tideuse la nomeiieiature employée jusqu'à ce jour. Ainsi, ce qu*oh appelait grand Océan , d'où l'on avait appelé Océanie ( archipel par excellence ) les nombreux groupes d'îles ^ui se sucoè* dent à Test de la Polynésie, n'est pas plus grand ni même si f^rnnd que les autres Océans. Le grand Océan boréal, qui n'est pas non plus fort étendu, méridional par rapport à de vastes parties de l Asie et de l'Amérique , n'est réelleuient boréal que p:ir rapport à un petit segment du tropique du Canœr, tandis que VOcéam atlan- Uquey que Ton n'appelait cependant ja* mais grand Océan comme les autres, est le plus grand de tous, etc., etc.

L'Océan est donc l'encadrement liquide, s*il est permis d'employer cette expression , des continents et de celles des îles qui vont nous occuper chacune a leur tour. ]Noris y admettrons cinq grandes régions physiques : rOoéan arctique, 2° l'Océan atlantique, 3' l'Océan antarctique, 4° l'Oréan indien, 6" l'Océan pacifique; et, pour rendre plus dair ce que nous avons à dire de chacune de ces grandes régions aquatiques , nous avons fait grn>'er comme indispensable pour montrer en même temps leur situation , le planisphère ( voy. pl. 1 ) où notre nouvelle nomenclature des Mors fera sentir la corrélation de ceiles-ci avec les parties terrestres du globe. On y verra que d'après cette manière d^enrisager rétendue fluide , quatre Océans s^y correspondent , opi)Osés deux à deux, sa- YOir : l'arctique à Tantarctifjue , et Tatlantique au pacifique, tandis qu*un seul , Impair et central, Tindien , demeure entre eux, isolé par une multitude de caractères naturels qui lui donnent un peu de la physionomie , sous le rapport de ses productions, avec les Mediterrnnées , où les eaux sont toujours un peu plus chaudes que dans les Océans des mêmes latitudes.

En s'affranchissant encore plus de Tancienne routine qui condamne les faiseurs de cartes et de traités de géograpliie à ne reconnaitre que deux

ou trois continents , on pourrait également en admettre cinq, dont un impair, isolé, et ne ressemblant à aucun des autres par la nature de ses productions en tout genre, tandis que quatre seraient analogues, et oppo< M8 deux à deux, comme le sont les régions océanes, savoir : TAfrique correspondant à l'Amérique du sud , l'Europe confondue avec TAsie à l'Amérique septentriowde, ^ TAystnlie demeurant à part. L'ancien monde le composerait donc comme le nouveau , de deux continents bien distincts, imis seulement chacun par un isthme , et la nomendature de la i|éo9nmhie se trouverait eofin plus Fanoaudle.

Nature des eaux de VOcéan,

Analysée par plusieurs habiles chimistes \ l'eau de l'Océan a été trouvée abondamment fournie de sels , parmi lesquels la soude nmriatée domine dans le rapport du quart ou même du tiers. De la chaux muriatée, sulfatée et carl>onatée, entre aussi dans sa comuosition, v variant en quantité selon les lieux où l'eau fut puisée. Faute d'avoir tenu exactement compte des localités , des profondeurs, des latitudes, du rapprochement des côtes, de l'influence des courants et du dégorgement de quelques grands fleuves voisins, les travaux chimiques dont l'eau de iner fut le sujet , ne présentent point de résultat parfaitement satisnrisant : on n'a sur une chose de cette importance que des observations peu liées , souvent contradictoires , dont on tira trop hâtivement des conséquences, et dont, selon Pusage, quel* ques-uns déduisirent des lois positives, qu'il serait imprndfnt de regarder comme réellement existantes, surtout pour en faire les bases de quelque système. On sait seulement que la salure de la nirr n'est pas la même partout; elle passe pour être plus forte dans les régions équinoxiales que vers les pôles. S<m eau contient encore un principe muqueux, auquel elle pourrait devoir cette amertume nauséabonde (^ui s'y mêle à la saveur saline ainsi qu'a cette

DES ILBS DB L*OCÉAN

ft

phosphorescence qui la particularise et dont nous devons nous occuper.

Deiapho^ahoreseence.

Dans toutes les régions de TCkréan, dèe i|ue la darté dnjoar disparaît, une

nouvelle lumière jaillit du sein des eaux, et vient tempérer la lugubre tristesse de l'immense étendue. Sur la oréte des vagues qui retoml)cnt les unes sur les au très , au remous continuel opéré pnr le trniivernnii des grandes ainsi que des moindres embarcations , nu travers des lames qu'entr'ouvre la proue do vaisseau , enfin dans l'épaisseur, ainsi que dans l'écume des flots, qui brisent tumultueusenœnt sur les récits ou qui se iéronlent sur de tergps plages, les parties agitées de l'eau brillent d'une multitude dépeints scintillants et toujours éblouissants, quoique souvent pres-

Îne imperceptioles ; d'autres fois on irait des éclairs préouraeurs de la fou* dre. Cependant un navire pousse par les vents au sein des Mers et des ténèbres laisse au loin derrière lui une trace comme laiteuse , mais éclatante, qui ne s'effare qu'avec lenteur. Des rivages sablonneux, baignés par l'eau salée, des algues ou autres productions dt l'Océan , qu'on vient (Ten retirer, paraiiaent toa^4N»ltp lumineuses dans j'obscurîté, pour peu qu'on les touche ou qu'on les agite; de façon que le pfed ou la main de l'homme, posés sur l'arène mouillée, v impriment des vestiges de feu , semblables à la lumière des lampyres vers-luisants ).

Il existe des parafes, et particulièrement ceux des n i} s brûlants et de la lijj;nc , où de telles binettes sans nombre causent en pleine nuit un éclat très- remarquable, une sorte de jour ftntastique.

Outre ces étincelles lumineuses, semblables à celles que lance la machine électrique , les Mers produisent encore une multitude de créatures vivantes qui répandent des lueurs inhérentes à leur orc^anisation. Kous avons le premier (Ie( rit autrefois un animal chez lequel cette propriété est

éminente ( le mono/7Aom noctîluca de notre voyage en quatre îles des mers d'Afrique, ou pyrosoma dessuteurs ); ce vérit^ible Lucifer apprtient à la série des êtres diaphanes et gélatineux dont Cuvier forma sa classe des mollusques Acéphales , qui, avec les Méduses, les Beroës, les Bij^ho* res , et autres innombrables tribus flottant dans la vaste étendue des Ilots, ressemblent, comme le disait pittoresquement Linné, à des astres d isîséminés sur l'incommensurable et obscure profondeur. Nous avons cru devoir faire figurer dans la pl. 2 du présent volume quelques espèces d'animaux de cette nature , se dessinant dans les ténèbres de la vague , par les feux qui s'ei^^happent d'eux-mêmes et qui éclairent ce qui les environne, comme dans les ma-

f^iques peintures du célèbre Morîllo, es personnages divins que ce crrand peintre savait si dignement y introduire sont ordinairement le foyer lumineux d'oîi émane le jour à l'aide duquel se distin?:ue le reste du tableau.

Tous ces animaux diaplianes et scintillants paraissent maîtres d'une lueur dont à leur gré ils augmentent ou di* minuent l'intensité, et qu'ils éteii;nent dès qu'ils paraissent le vouloir faire.

S'il n'était pas démontre que de telles créatures sont dépourvues de sexe , on serait porté à présumer qu'en leur donnant la faculté de manifester leur existence par une lumière qui leur est propre, la nature permit qu'ils pussent ûiire de cette lumière un signal d'amour, et qu'un sexe se servît de ses feux pour allumer les feux de l'autre. Il semble d'abord que des êtres à peine organisés, jetés sans défense et sans nioven d'érlinjiper au moindre danger , dans l'effravante épaisseur d'un élément dont les chocs sont terrîMes, et que peuplent des créatures voraces auxquelles une immensité de nourriture sans choix est nérrssnire pour alimenter leur masse uiunsU ueuse; il semble, disons-nous, que ces êtres n'ont reçu de ta nature une or* panisation diaphane qu'alln que, confondus par leur transparence avec le fluide ou ils vivent, les ennemis qu'ils

auraient à r(>douter ne puissent |)rofîter de leur inertie pour en détruire les nfias entières. Gepradant, par qaaile Tnaai apparence contradictoire la nature conservatrice leur a-t-elle donné une propriété opposée à celle qui leur permet de se confondre avec ce qui les environne? Pourquoi dans le Kileaoe et les ténèbres , les voyonf-nous , en quelque sorte , s'élancer hors d'euxmêmes, et reprendre au loin les indices de leur fragile existence? Il f a plus ; c'est à l'instant où se présente un péril, qu'on voit les anim.iux phonphorescents darder leurs lumières humides ; ils semUent avertir par leur émission qu'ils sont là; et foin que le timide sentiment de leur extrême faiblesse les porte h se tenir obscuré- .ment cpars dans les flots âont ils sont le jouet, ils y brillent à Tinstant du danger. En effet , ce n'est que lorsqu'on tourmente des animaux de ce genre qu'ils répandent leurs feux les plus vifs ; et c*est seulement quand ils se trouvent entre les vagues dont le choc les froisse , ou bien au sillage d'un vaisseau dont le remous les fatigue, qu'on voit toutà-eoup dans l'oMcurite éclater leur pompe incandescente.

On sent bien que les explications n'ont pas manqué pour un tel phénomène, déjà signalé par Aristotê. L*o> pinion reçue mais erronéo, est qiip la phosphorescence de la Mer résuite des animaux microscopiques, dont on .suppose ses flots tout pénétrés et qui raient en diminutif oans son sein l'efTet qu'y produisent en frrand les Méduses et les P} rosonies de notre planche deuxième! Cette opinion que feu Péron prétendit fahre prévaloir par beaoeoup de vrrbiane , que des circumnavigateiirs phis modernes, nourris des pages empliatiques de ce voyageur, soutiennent encore tous les jours , est pourtant radicalement fausse, comme nous l'avons prouvé par le secours du microscope, et depuis bien long-temps, dans plusieurs oe nos écrits. Les lueurs de la Mer sont dues an phosphore que celle-ci tient en suspension , et qui provient de la décomposition de tant de my-

riades d'animaux , la plupart énormes,

2ui s'y corrompant depuis tant de sièles, sont assimilés à ses eaux , par le mouvement continuel auquel on les sait être essentiellement sujettes. L'impulsion permanente d'orient en occident, qu on attribue a l'Océan, capa»

ble de rouler au hasard et sans Mtt* che toutes les molécules mortes qui s'y rencontrent, l'action des marées et d'impétueux courants qui se côtoient ou se contrarieait, le beurtraMOt povpétuel des vagues poussées m mit sens par des vents impétueux ; enfin d autres causes innombrables d'éter- ■eiiemobiUtéDe permettent pas dans la Mer ces juxta positions nécessaires pour la prompte recomposition des corps. Les débris de tout ce qui s'y désorganise, promenés , battus, frottés, roulés, mêlés en tout sens, ne tardent

f)as à se réduire à l'état moléculaire e plus simple. Ils se confondent , se pénètrent alors et finissent par s'amal* ipuner à Teau qui les tient èn diswlu* tion : de là le principe gras et oonmii huileux de la Mer; ae la encore cette' amertume affreuse et cette mucosité d'une odeur particulière que le simple tact suHit pour rendre appréciable : sa salure même n'a peut-être pas d'autre cause; et dans cette hypothèse, il était naturel de chercher dans le phosphore qui dât provenir de tant de putréÂM)tions vagabondes , un effet que nous lui voyons reproduire dans nos ^ardemaneer , quand le poisson y perd sa fifatchemr, et dans les amphitbéâtMS de dissection , oà parmi les autres débris humains, le cerveau tombant en

r)urriture se distingue par des lueurs la fois vives et tranqudles.

Mmàmikmdês Men,

Beaucoup de causes tendent encore à décomposer la Mer, en dépouillant graduellement sa masse de tout oe qui ne s'y trouve nu'en suspension sans y être essentiellement assimilé. Ces eauses agissent moins dirsetement sur les éléments qu*elle s'ineorpore, ponr ainfsi dire, que sur ceux qui demeurent susceptibles d'en être précipités.

DES ILES DE L'OC£A^

U est conséquemment probable qu'elle diminue de volume à mesure que notre monde vieillit, tandis que sa salure, sa mucosité, son amertume et sa phoa-

f»horcscence doivent devenir proporionnellement plus considérables. Les principes qui ne s'y trouvent qu'en suspension, comme les sutistanoes calcaires, entre autres, lui sont au contraire soustraits par la multitude des animaux qu'elle nourrit; ceux-ci ne sont , à proprement parler, que des espèces de ma* cliines organisées pour faire un départ, d'où résultent ces charpentes polvpîiîères, ces dures coquilles, ces tests, 00 ces squelettes de crostacés et 4e poissons, destinés h grossir les couches solides oui se déposent continuellement, et à l'heure m(hm qu'il est, sur des couches antérieures, composées des restes d*OM multitude d'animaux dontles types sont nujourd'hui |)erdus.

On a cité beaucoup d'exemples de la diminution des Mers, et la Baltique est celle des MédîtMrranées Où Ton en signala les marques les plus a]>parentes. On a souvent répété qu'Aîêues-Mortes, en Provence, d'où s'emoerqua le roi nint Loufs pioiir sa de^ nière croisade , et le port de Palos, tù Andalousie, d'où Colomb partit pour son premier voyage au nouveau monde, étant maintenant éloignés des flots, sont des preuves irréfragables de la retraite de ceux-ci; mais les obstinés qui ne veulent pus convenir gue la maîsse liquide puisse diminuer, citent, l'élévatfon du niveas de la Méditerranée cft d'autres endroits où l'on voit sous Tcau les débris de plus d'une cité riveraine antique ; ils citent aussi les invasions derOoéan dans la boœose SollaiMle*, enfin, ilss'appoleiitsorcet adage : « que la Mer reiîa2;ne d'un cMé. ce qu'elle perd de l'autre. * Mais c est encore ici le cas de dire que le préjugé se perpétue par i'expKsSHMi. L'exameu aes lieux nous enscifrne que In Mer, qunnd elle est haute, ne fait, en brisant les di<;ues qui lui furent imposées par la persévérance batave , que rentrer dans kê parties de son domaine dont elle s'était laissé dépouiller à marée basse. La forme de leurs rivages est la seule

cause des changements qui ont lieu dans nos landes aquitaniques , qu'on donne encore comme une preuve des empiéten)ents de la mer , tafidis que leur constitution géologique pourrait • servir à démontrer le contrajre. L'inondaliun évidemment récente de certains cantons littoraux de la Grèce, u'on nous donne également comme " es tnaK^ues de i'elevation des mers, doit venir de ce que l'évaporation ne sufilsaiit plus pour enlerer oe de grands fleuves apportent à la Méditerranée, celle-ci a dû s'exhausser de quelques mètres; enûnji il faut distinguer Rs attidents d'axée ms fiitts généraux , et sur quelque point qu'on porte ses regards , on y aperçoit les traces certaines de la diminution graduelle des eaux et du long séjour d'un Océan qui fat originairement sans limites.

Auv ciiiieM sourcilleuses du ('oucnse dans l ancien monde, sur celles des plus hautes Cordillères dans le nouveau , existent des bancs ooqoUlleia, et d'autres débris marins, où les re»»

tes des animaux qu'on y voit confondus se retrouvent a la place et dans la aituatfon où les êtres «mt ees rctftca •ont provenus durent naître, vivre et mourir successivement. Frnppés d'étonnement à la vue de telles rehques d'un Océan qui dut tout recouvrir, les hommes qui, les premiers, y devinrent attentifs, imaginèrent de grands cataclysmes pour cxpli(^uer la présence de tels débris accunuiles sur leurs monta^

n. L'usage pour expliquer Itt ûiits, . peler au secours de notre ignorance quelque intervention surnaturelle, s'est perpétue depuis les â^es les )lus reculés jusqu'à nos jours. Il n'eïlt )as un livre, entre ceux même dans es bonnes pages desquels la possibilité de changements à vue dignes de l'Opéra se trouve justement vouée au mépris, où néanmoins les mots da déluge universel, de grandes révolutions physiques et de cataclysmes , ne se rencontrent j;)arlois em ploy és comme argonmit. Il serait temps cependanî de faire disparaître toute supposition gratuite du langage circonspect qui, seul, convient dous les sciences. H

est incontestablement arrivé à la surfine du globe des soulèvements du sol parfois capables de faire saillir

de lonjzufs ohnînes de montagnes, des irruptions de Mers, des fracassements de continents entiers , des ruptures de grands lacs , des débordements de fleuves, des écartements, des engloutissements ou des apparitions d'iles et des bouleversements qui purent clian-

§er les rapports qu'avaient entre eUes e grandes régions ; mais ces catastrophes, toutes de localité, prodigieuses par rapoortànotre petitesse microscopique dans rimmensité de l*univers, n'ont probablement jamais causé de subversion totale. La destruction de la grande île Atlantique elle-même, à laquelle nous croyons fermement, ne fut guère sur le globe un événcmentproportionnelloment plus important que ne le sont , dans notre bois de Boulogne ou dans un marécage du Canada, h destruction d*une ftttrmillère ou la ruine d'une cité de castors. Quand le détroit de Gibraltar s'ouvrit, lorsque l'Angleterre lut séparée de l'Europe, si queiaues cabanes (T Atlantes ou de Celtes s élevaient sur les parties de pays qu'emportaient Irs flots en élargissant (les cassures, le petit nombre des Atlantes ou de ces Celtes qui purent échappei^au désastre, ne manquèrent pas de croire à quelque perturbation survenue dans l'ordre de la nature , et de supposer que le monde entier avait éprouvé le contre-coup du Tenverse> ment de leur roalbeureuse patrie. Ils attribuèrent au courroux des dieux la révolution dont ils étaient les victimes \ fls se soumirent i des expiations ; ils élevèrent des autels^ dans l'espoir d'apaiser le Ciel , an nom duquel leurs prêtres ne manquèrent pas de promettre que la chose ne se renouvellerait plus , tant que les peuples s'abandonneraient aveuglément aux volontés d'en haut, volontés mystérieuses et terribles, que ces prêtres se réservaient de transmettre et d'interpréter.

Cependant des déchirements pareils , ou même plus dévastateurs , occasionés par des soulèvements ou par des afiaissements opérés duos la croûte

du globe, ont eu lieu en mille autres endroits ; mais selon que te théâtre de tels événements était déia peuplé Oll s'était trouvé désert, l'histoire co perdit ou en conserva la tradition.

L'usage d'expliquer par des déluges accidentels le séjour des Ilots au-des* sus des plus hautes montagnes, vinit bien dii^ne de l'esprit grossier des temps primitils, ou des hommes, abru* tis par la superstition, s>n pouvaient seuls contenter. Et cependant, il est quelques livres où l'on y revient encore. £n admettant que la quantité d*eau versée par un déluge quelconaue edt été capable d'ajouter a la masse des Mers ce qui leur était nécessaire pour que l'Ararat, par exemple, s'en trouvât presque tout-à-coup recouvert, et

Îu*une autre grande inondation eût isparn assez promptement pour que Deucalion et Pyrrha, ou tout autre, échaj)péj miraculeusement au déiastre général, aient, en quelques années»

eu le temps de repeupler la terre comms elle l'était auparavant; on serait toujours dans l impossibilitéde rendre rai son d'une multitude de faits dont 1''^'^

men prouve que beaucoup de calme et des niillîer.s ae siècles furent nécessaires pour façonner sous les eaux la croûte terrestre, a la surface de laquelle le §enre humain est aujourd'hui disséminé.

Ce fut une opinion reçue dès les premiers temps et dans les plus anciennes cosmogonies , que la Mer, sans bords , se balanij^tt au oommencement à la surface entière du globe ; les Pères dp l'église nous l'assurent, et nous pourrions invoquer ici le témoignage df saint Jean'Damascènes, de saint Ans* Inroise , de saint Bazile et du grand saint Augustin particulièrejnent. L'esppîT DE Dieu (abstraction sacrée qu'on peut traduire par sa volu.mb cbkâteice) se mouvait , dit ce dernier , ÉTAIT PORTÉ, dit la Genèse et Tapôtre saint Jean, a la slbfacb DES eaux; et rien ne saurait être plus conforme à ce qui dut résulter du mouvement impulsif d'un principe intelligent et souverain dans la création, que cet accord précieux entre tant d'auteurs inspirés ou profanes , et les (aits

DKS ILES DE L'OCÉAXf

lé

que noof enseigMat les flcienoes géo*

lociques.

Mais que sont devenues les eaux cn- Tironnantes? ont demandé les incrédates; quelques docteurs ont imaginé, pour leur répondre, qu'il s'était louta-coup formé de profondes cavernes afin d'en engloutir la surabondance ; d'autres ont eu recours à Téraporatîon subite : mais les philosophes ont cherché des causes de dessèchement plus conformes aux lots de la nature, van Hefmont, que ses eontemporains ne comprenaient pas, et quils regardaient même comme un cirtrava-

Sant, parce que son génie le rendait éia contemporain d un siècle plus éclairé, Vaa Helmont entrevit la cause de cette diminution des eaux , que les théologiens avaient expliquée par des impossibilités ; il en trouvait la raison dans une sorte de déeomposition chimique qui s'était opérée chez elles et dont la puissante action était incessante. Et Vimmortei Newton, adoptant les idéesdu savant Belge , nous dit «t'que les parties solides de la terre s'accroissent sans cesse, tandis que ses parties fluides diminuent journellement, et qu'elles disparaîtront enfin totalement du g]ol)e terrestre, comme elles semblent avoir disparu du globe lunaire, où il n'existe même plus d'atmosphère dans le genre de la nôtre, c'est-à-dire, composée de fluides vapo* risés. «

En effet , d'où ces faibles polypes muqueux et à peine visibles, aont les parues ,niolles se dissolvent si aisément, tirent-ils les matériaux des ham s énormes dont fis encombrent l'Océan par l'entrelacement de leurs rameaux de pierres? d*où tant de mollusques, d'huttres, de moules et ces triaachnes gigantesques , dont les deux valves, qui servent de bénitiers à l'é^ïlise de Sainl-Sulpire , contiennent seules autant de phosphate calcaire que six squelettes liiiinains; d'où toutes ces créatures au corps si mou, mais à l'enveloppe si dure, tirent-elles les éiéments des cogullles destinés à former la pierre de taille? Les flots amers leur eaioumiasent la sobstanoe aux dé-

pens Je leur volume. Malien reconnaissant l'intervention mécanique de la vie des animaux marins dans la diminution de la Mer et dans l'augmentation des roches, on sent que cette dirninu»

tion d'un liquide originairement ambiant ne put et ne peut être gue graduelle et fort lente; elle a lieu sans altérer cet équilibre , Tune des premières nécessités résultantes des lois de la nature , en vertu duquel les . fluides reclterchent toujours le niveau; aussi les Mers sont-elles, non-sealement loin <* de regagner d*un tÛté ce qu'elles perdent de I autre, " comme . le disait bonnement le grand Montesquieu pour ravoir probablement entendu dire à sa mère nourrice, mais elles ne s'abaissent pas de la plus petite partie de leur volume que l'abaissement ne soit réparti en même temps dans toute leur superficie. On peut conclure de cette din^inutfon ?:rnduelle nue les continents et les îles, tels qu'on les voit maintenant , ne présentèrent pas toujours les mêmes formes. Ces nés que nous allons décrire se rattacheront, chacimc n leur tour, à quelque continent voisin, ou deviendront le noyau d'iles plus étendues et de continents futurs ; a moins que les voûtes sous lesquelles ' bouillonnent les forces volcaniques qui soulevèrent la plupart d'entre elles, ne venant à s'écrouler sur les vides immenses qu'elles nous cadient , ne se brisent en jilusieurs morceaux , comme il arriva de l'Atlantide de Platon , ou ne s'enfoncent en forme de vastes cirques, tels que ceux que dans certaine école on appelle dés cratères de soulcrrnmif, encore qu'affaissement et soulèvement soient, daw la langue française , des mots dont la signitotion'est diamétralement opposée, et que de tels cirques n'aient rien de commun avec ces évents en forme de coupe appelés cratères qu'on trouve nécessairement à la dme des volcans.

De la profondeur de VOcéan et de sa température.

Le fond de TOicéan , qui s'encombre tous les jours au moyen des débris

Digitizùu by C(.)0^1e

IG

I/l NIVERS.

qu'y entraînent les fleuves et Us eaux fluviales dbnt la terre e&t souvent lavée , passe pour être conformé comme le peut être la surfÎBUSt des parties»

cxnndécs du içlobe ; on a été lusqu'à y supposer l'existence de inonisgnes, de vallées, de plateaux et antres acidents dont on ne saurait guère plus justifier qiip mer Tcxistence,

Cojisidcrei' sous le rapport de sa prol'oiiUcur, Thistoire de la iMer présente, oe nous semble, l'une des plus grandes singularités qu'il soit possible d'iniaguier. On n'a pas une seule donnée précise pour déterminer quelle peut être cette profondeur; et cef)endant de graves auteurs , l*ayant évaluée à leur manière, ont calcule à un pied cube, à une demi-livre près, pour combien la masse de ses eaux entrait, soit sous le rapport des quantités, soit sous celui de la pesanteur, dans l'ensemble de l'univers? .Nous ne tatiiiucrons point le lecteur eu rapportant ces évaluations , qui ne sont casées sur aucun fait , et qu'* l'énoni é le mieux prceisc, aarompagné des plus savantes l'oriuulcs, ne saurait élever au rang de choses seulement présuinables. On peut croire , tout au plus, que la Mer n*a point une proloudeur indéfinie, et qu'elle l'orme simplement sur la crodte oocidée, à Textrémité du rayon terrestre dont les continents et les îles sont des saillies, une couche fluide, comme latmosphère qui rcnviroime, en y surnageant à son tour ; au-delà de cette présomption, rien n'est plus qu'incertitudes. On est à la vérité parvenu , au moyen de la sonde , à trouver le fond de la Mer en plusieurs points de son éten* due ; mais la sonde elle-même , qui n'est jamais descendue autbentiquement au-dessous de tjuatre ou cinq cents mètres , est un instrument im* parfriit uui, Unissant par demeurer suspendu dans les £;randes profondeurs, ne nous apprend rien , sinon que le sol sous la lÛer n'est pas uni , et qu'il 8*y trouve des hauts-fonds à côté d'abtmes incommensurabh's.

On n'a pas non plus d'observations &ULUiiMUites. relativement à la tempé-

rature des Mers. Sur l'autorité d'Aristote Oii a cru longtemps que leur ciialeur augmentait dans la tempête par le frottement des vagues. Ce pr^ugé a de nos jours trouvé des défenseurs parmi d'babiles pbvbiciens. Pérou , le premier , fit connaître Terreur; à cet eprd ce voyageur doit faire autorité ; il démontre fort bien comment on a pu s'y méprendre, et de ses recbercUes rèsulteiit les faits suivants, qui cadrent parfaitement avec le résultat de nos jjroiircs expériences :

1" la température ue l'Océan, en un lieu donne , est générolemeut plus froide k widi <^ue celle de Tatmosphère observée a Tombre; 2^ elle est cxmstanmicnt |)lus baute à minuit ; 3" le iuatiu et le soir les deux tcuipénitures sont onUnairement en équilibre ; 4<> le terme moyeu de la température des eaux de 'la Mer à leur surface, cl loin des continents, est plus fort aue celui de l'atmosphère u\ec laquelle ces eaux sont en contact

Quant à la ternnérnture des grandes profondeurs , on l itinorc absolument.

Les uns, conduits par 1 analogie, et considérant que la dialenr du sol où noua habitons augmente à mesure qu'on s'y enfonce, et reconnaissant à notre planète un noyau eucore en fusion , pensent que les eaux de la Mer doi* vent suivre une progression analogue.

D'autres ont pensé qu'au contraire , toute chaleur v(Mi:ir^t du soleil, le Ibnd de l'Océan doit être une masse glacée. (Test encore feu Péron qnà avança, ou prétendit soutenir , en termes boursouflés , cette opinion extraordinaire, qui vieut d'avoir de l'éciio dans quelque <mvrage récent Dca masses d'uives ou autres plantes marines, retirées de trois cents pieds de profondeur, nous ont paru être, au simple toucher, sensiblement plus cbaudes que Teau en contact avec l'atmosphère, encore qu'elles eussent perdu, uans le trajet, la plus grande partie du calorique dont elltts avaient dd élre pénétrées au lieu d'où la drague les artacha.

T.es trrands atnas de glaces qui S9 forment dans les régions circunipoliùres, ue s'elèveat p<is du fond, luais

DES ÎLES DE L'OCÉAN

se 'détâchent de» oMoi oà Tean se

congèle, parce que !a glace y trouve un point d'appui: les rochers fusibles Que compose reeu gelée, disloqués au oegdv S^en vont flotter en îles , que les courants entraînent souvent au loin, mais ne prennent pas racine sur un fond solidifié, comme la cliose ne manquerait pas d'arriver si la température des eaux allait constnmment en s'ahaissantdelasurfiice au fond. Liilin, dans ces mers circumpolaires , où ratroosphère est si frmde, rooéan toujours plus chaud, malgré les bancs glacés qui l'encombrent, est habituellement couvert d'un brouillard, comparé par lès uavicatean h ces fumées oui s élèvent de la suiiacc d'une baignoire et qui ne sont que de l'eau vaporisée. A-t-on d'ailleurs jamais vu, quoique l'aient imprimé quelques mauvais observateurs, në^jivières se geler par le fond de leur canal ? elles se prennent au eontrnire par leur surface, et leur courant ne cessant point pardessous la croâte solide s*y trouve toujoiirs au moins à glace fondante, de sorte qu'abritées contre le froid, et comme en orangerie, les racines des végétaux dii lones tempérées s*y oonservent et s'y propagent jusque bien avant dans les régions boréales.

La température moyenne" des eaux de la Mer étant plus élevée que celle de l'atmosphère vers les cercles polaires, et plus basse entre les tropiques, est donc , à peu près , pareille en tous lieux, abstraction faite cenendant de la trop grande dtCtérencequy impriment les latitudes et l'alternative aes saisons. Aussi les productions marines varient-elles beaucoup moins que celles de la terre. Les animaux et les végétaux identiques qu'on trouve rép.'indus sur les points les plus opwkés de TOcian, sont bien plus nombreux que ce qu'on pourrait appeler les cosmopolites des parties exondées, qui sont au contraire en fort petit nombre. Il est des poissons , des moUusgues et des hydropbytes qu'on reneonore partout, depuis le capHom, le cap de Bonne-Esperance et la terre de Yan - Diémen , jusqu'au détroit

de Béring , au câp Nord , ou bien au Groenland. L'influence de cette moindre différence dans la température moyenne des Mers, réacît sur celle des côtes , où il ne fait jamais aussi froid ni aussi chaud gue dans Tintérieur des terres. Aussi le littoral des îles que nous ferons connaître est -il plus égpl que celui des continents voisins ; l'atmosphère , toujours un peu plus humide , y est aussi plus tempérée ; et pour en donner un exemple qui soit applicable à la latitude où noue vivons , il suffira de citer les îles de Jersey et de Guernesey, où, sous le même narallèle que Paris, on cultive, en pieine terre, des myrtes, des romarins, des nénonSfdes lauriers-tin , et autres véiiétaiix qui ne sauraient à l'air libre et dans nos jarduis résister aux hivers ordinaires.

On doit encore annoter un fait singulier , qui établit un contraste frappant entre les productions organisées de la iMer et celles des Continents : à la surfoœ de oeax-ci , les animaux et les végétaux semblent être généralement plus grands et plus forts vers les régions équatoriales: ils décroissent m puissance et de taille à mesure qu^iis se rapprochent dee climats glacés. Ainsi les éléphants, les rliinocéros , les hippopotames , les girafes tiabitent entre les tropiques; «indis que la zone tempérée ne nourrit aucune créature vivante qui puisse être comparée a ces colosses terrestres du règne animal ; les singes de l'équateur sont les pongos et ce^ sabres de taille plus qu'humaine ; ceux deiil;, lieux qui servent de limité'.aux quadrumanes, et qui, des otoit^e la BarlNirie passèrent jusqu'à 01 ne sont guère plus gros que deé pneuls. Lescliats de notre Eurone septentrionale , qui pourraient au oesoin pénétrer dans la retraite d'un lapin , sont, vers l'équateur, rqnrésentés par ces tigres et ces lions redoutables , vinct Fois plus crands. Les accipitres des régions boréales approclient-ils, pour la puissance de leur vol, de leur bec et de leurs serres , du condor des Andes? L'autruche , qui est

2« Livraison, (De§ il£S B'i l'Oce^ih.)

le plus ^rand des volatiles, est aussi Motertropicale. Et si nous passons en fevue le règne végétal dans les mé- - mes climats * c'est là que nous trouverons rra baobabs séculaires qui furent, dit- on, au cap Vert, Us contemporains d'Hannon le Cartha> ginois, le teck énorme, les fougères arborescentes , des plantes volubles semblables h des cibles ligneux, soutenant, conune les agrès d'un vaisseau, mille grands arbres que leur hauteur exposerait trop aux ouragans furieux , enfin cette iribii de niaiestueui palmiers, dont la lleclic, citez ^quel^es espèces, sëmble fendre la nue; éndis qu^en s'approcbant du nord, une fois qiir- les bouleaux , les pins et les genévriers y ont disparu , la vegetalion ne se compose plus que dÙiumbles mousses ou de petites plantes , véritables inini itiires des genres dont les espèces grandissent à niestire qu'on descend vers le midi. Au sein de i Ou;an fout est tnferse. Les espèces d'animaux et de végétaux des régions brûlantes sous re(piatcur sont, à la vérité, beaucoup plus nombreuses et variées de plus orillantes couleurs que dans le nord , mais elles y sont neauroup pluç petites. Aussi ce ne sont pas des poiî^sons énormes qui vivent sous la ligue , mais les plus beaux; tes espèces puissantes, et que singularise leur taille , se multiplient à mesure qu< n s'élève vers les régip|is circuniuolaires ; et quant aux dRacés, c'esi là qu'ils atteinient aux denrières limites de Téchellc a laquelle se peuvent mesurer les créatures animées. Les phoques gigantesques ne s'éloknent guère des" mers du Sud; mt KiléIneS colossales se plaisent aux parafées affreux du Spitzberg et de PAmerique du Nord; on les retrouve vers l'Océan antarctique. Les bydrophytes , ou végétaux marins , adiVent les mêmes lois; riches de teintes, élégants par leurs forrues et leurs découpures, ils eomposent dans les mers chaudes des pelouses éniaillées, sur lesquelles viennent paître les labres étineelants, les Inilist» s et les

cbétodons aux ù^m^ biMjrresi rele-

vées par des taches d'or, de lapis, d'argent, de pourpre ou d'améthyste; mais déjà, aur les roehen de dm pi> ragea luna septentrionaux , cet végétaux marins acquièrent de la consistance et de la taille, en perdant de leurs suaves nuances ; ils consistent dès le 45' degré en ce que les botanistes appellent fucus, ou laminaires, qui, semblables à des lanières de cuir, peuvent braver le courroux d'un Océan habitueUeroent tumuHueux ; dans les Mers du fiO" et des cercles polaires, qui sont plus furieuses encore, et dont la tempête est presque Tetat normal , 06 sont d^autres laminaires, -plus landes, de véritables arbres marins , géants de la vé<:étation a<juatique, qui couvrent les récifs des rivages ; leur couleur sombre imprime aux côtes une teinte d'autant plus austère, que les flots, brisant sur leur escarpement avec plus de violence, y répandent la blancheur d'une plus abondante éonme*.

Nous avons fait représenter di&s la pl. 3 de cH ouvra!:;e quelqties-uns de ces végétaux résistants et caractéristiques des deux mers glaciales opposée, mais dont quelques analogues s'étendent, en {ienl.mt de leur taille, sur divers poiiits de eûtes des deux zones tempérées. Leur feuillage y sert d'aliment aux pauma habitants, eî leur tient lieu de légumes. Les laminaires, semblables à de longues bandes de cuir, comme nous le disions tout à rbeure, sont particulièreffleiit propraa à Phémîapbère boréal , où , a cause de leur consistance, on les nomme vulgairement baudriers ou ceifUuron.s de Suisses, leur saveur est douceâtre, ^ eUes contiennent beaucoup de sucre qui , cristallisant à la surface, en se mêlant au sel marin quand on les fait sécher hors de Peau, prend un goût assez semblable à celui qu*a la manne devenue rance.

Les macrocystes caractérisent avec la <iurvillée les conlins de l'Océan antarctique. Les premières, qui aoquiè* rent,dit-0D, juaqu'à cent braraet de longueur, ont reni de la nature des véaicuiea peines d'air au bas de leun

DES ILES DE L'OCÉAlf.

DMilles, et cet appareil Icnr sert pour

â'éever (lutonddj's nhîrnes jiisqir;m\régions supérieures. Les secondes, lorméés de rameaux cylindriques trèsffntfbtes , se marjgent au Chili ainsi (|u\iM Pérou. Il ps;t des pnrnges où I entrelacement de ces diverses peintes est tel que, gênant Tetlort de fafiron, il ne permet que très-diflicilement In navigation des caDOls d autres embarcations légères.

Jtpeèi de POeêan,

Malheur à ( "lui qui , snns émotion, peut considérer le majestueux spectacle de rOcéan, lorsque du rivage, il foit les vagues mugissantes et protondes venant se déployer [mur mourir à ses pieds ! On le doit tenir pour homme insensible et de sens obtus. Une sorte ûe stupeur indéfinissable, à ee grand aspect , saisit au contraire tout être bien organisé, que la curiosité ou le hasard conduit sur la côte pour la première fois. Absorbé d'abord' dans nno longue méditation, ce n'est qu^en revenant à lui peu à peu , qu'il parvient enfin à diviser son attention sur les détails d'uo tibleau magique où tout ést noa?eaQ pour lui. Il en examinera d'nhord les enux , elles lui sembleront d'azur dans le !ointc»in, et d'une belle couleur verte sur les plaj^es. Sa surprise lugroentera, lorsque ayant recueilli de cette eau dans quelque vase il ne distinguera plus aucune teinte particulière dans sa transparence. Cette transparenee sft telle qo*aux lieux où nulle impureté ne la vient troubler, on distingue sur le sable, à de trèsgrandes profondeurs , les moindres cailloux, ou les plus petits coquilla- ^ tout resplendissants de teintes vacillantes et trompeuses. Les plantes niariiips, les polvpiers surtout y brillent d un grand éclat, et parmi ces proéoetioDS si élégamment nuancées des couleurs de Tarc-en-ciel, tant qu'elles sont immergées, la plupart perdent leurs reUets d'iris, des qu'on les retire de la Mer. Ijorsaoe la dorté du jour fénètie dans Tisseur des eaux, ■DUS ttD «îel tans nuages, et qu'on

Yogue à leur surface , les ondes làn^

gufmcnt et mollement balancées pnraissent tellement colorées autour de l'embarcaiion , qu'on serait tenté de s'y croire, en admirant Tintensitéde la verdure, sur une prairie liquide, sur un tapis de billard diaphane, ou sur des émeraudcs. A mesure que la nef gaffne les lointains parages , oà In profondeur s'accroît de plus en plus , 1$ teinte verte passe au bleu; et dans la haute Mer sa masse devient couleur d'asar. Le retour de la nuance verte annonce quelque banc, ou Tappror* che de plages ndourirs ; car le long des côtes qui sont coupées à pic , et près desquelles la sonde descend beaucoup , l'azur persiste et parait d^ venir d'autant plus intense que la profondeur est plus grande; mais ce bleu qu'où a coutume de regarder comme Tun des caractères de l'Océan, et qu'on attribue commiinémcnt à la façon dont se décomposent en y pénétraut les rayons solaires, ne lui est cependant pas exdnshrement propre ; toift grand amas d'eau ^^«creux en prend la teinte. Les lacs qui ne sont point salés, mais qui sont trèsprofonds, surtout ceux des hautes montagnes, resplendissent également cTone somptueuse couleur d'outremer.

On prétend qu'il est des lieux où l'eau de la Mer uarait rougeâtre, blanchâtre et jaunâtre, ce qui ralut à certains parages les noms de Mer Jaune, de Mer Rouae, de Mer Vermeille , ou de Mer filanclie ; cependant rOeéan , vu du rirage par un temps calme, est partout semblable à du lapislaz.uli qui serait fluide; on dirait un miroir colore par ce riche minéral; mais son immensité prend une teinte plombée sous la ligne, où trop de hinvcrc ardente remplit l'espace et pélu ivc dans les Ilots. Pour peu' que le moindre zéphyr vienne à rider sa face, tout à Theure si polie, «I ~ qui réfléchissait si paisiblement un ciel serein, l'azur harmonieux où se reposait l'oeil, se fonce et devient d'autant plus sombre que le vent re* double? et se change en bourrasques,, Alors de pesants nuages s'amoiMaUeQt

L'UiMVERS

de tontes parti» et viennent comme en volant obsciiïvir Patmosphère; des lames ternes, de plus en plus gonflées et tuentôt énormes, aocourml bruyamment des limites de IMiorizon rembruni; incessamment poussées les une? pnr !os autres , elles deviennent enfin pareilles à des Alpes qui seraient liquides et qui se déchaîneraient en se surmontant les unes les autres nvec leurs cimes altières et leurs vallées profondes , chan-

êeant ù chaque instant d'aspect selon I violence de la tempête. Dans la pompe de leur tuiiiulte, cps inontapjnes mohWfs se recourbent en voiUos profondes, se rabattent sur eiles-ménies , et .produisent œ murmure terrible, sourd et continu , maïs sans monotonie, que les livres sacrés appellent la voi.v des grandes eaua. . Lorsque les Ilots accrus viennent à déferler sur quelque plage pierreuse, le fracas provenant du choc des i;nlf'ts sans nombrequ'ils entraînent en rciitrciiit dans leur lif, ajoute à ce luiij^a^c iiiipusant un roulement sec

3uoiqueétouflë, dontaucun autregenre e tai)age ne saurait donner Tidée à qui ne Ta jamais entendu : c'est un vérîfable rugissement dont Torcille du marin le plus accoutumé au désordre des tourmentes n'a jamais été frappée sans émotion. Sj les vasques mutinées se brisent contre de noirs rorliers, poussées, élancées, repoussécs, rekmct'esen mille directions contraires, s^élevant en jets ou retombant en cascades de lait éblouissant , des Ilots de neiiie semblent en jaillir, et l'écume bouillonnante qu*en détachent les vents, brille même au coeur des plus épaisses nuits, ainsi qu'un météore sur un Océan d'encre, (.'est alors que de véritables éclairs jaillis.sent du sein des eaux , comme ceux d*un orage qui des gouffres do raljîine menacerait le ciel.

Tout navire qui se trou\e poussé dans un tel chaos est infailliblement perdu; et c'est aux attérissements que les naufra^ sont le plus à craindre. En.

pleme mer le navipiteur ne court pas d'aussi grands ^)énls; s'il monte une bonne embarcation, la fureur des flots Tassailllt en vain , il ne sera point en(|louti sous leur mobile pesanteur,

quelle <7ne snit !a violence des autans qui l'auraient forcé à serrer ses voiles; car un vaisseau qu'on croirait devoir s'engloutir entre les flancs verdâtres d'un précipice creusé dans les vagues, se trouve tout à coup porté sur la crête de quelque pic liquiae , prompte a s abîmer, mais d'oô ron fHNit diseemer au loin l'embellie qui doit bientôt rame* ner le c^nlme et rendre à la superficie des Mers ( elle sereine majesté qui leur est propre quand elles ne sont point

courroucées.

Des marées.

Uq mot sur ces grands mouvemente de rOcéan , qui deux fois dans vingt-qtiatre heures en font enfler la

masse , et deux auties fois la font rentrer dans son lit, doit terminer les

âénéralités par lesauelles nous avons d faire précéder l'histoire des ties, sujettes à riniluence des marées; par le mécanisme de celles-ci on voit le niveau des eau\ s'élever pendant l'espace de six heures environ, pour redescendre dans le même espieioe de tenïps à leur point de départ , ou à peu près. L'instant du liux ou flot est celui où la marée monte ; lorsoue le mouvement d'ascension s'arrête, la Mer étale, c'est-à-dire qu'elle est pleine ou haute ; puis, lor>que les eaux s'abaissent, on a le rctlux uu Jusant; et enfin pendant le moment très-court qui précède une nouvelle élévation graduelle , on dit que la Mer est basse. Les effets de ce grand phénomène ne sont cependant pas chaque, jour les mêmes oans un même lieu,* et ils y varient d'une manière tréssensibie dans le même moment d'un endroit à l'autre, soit pour l'instant de la haute ou de la basse Mer, soit pour la quantité d'élévation ou d'abaissemetit des eaux, dette quantité varie aussi dans un port déterminé , selon la saison et les jours ; toutes ces dif* férences et ces irrégularités tiennent,

d'une part, immédiatenient aux causes qui produisent les marées, et d'une autre, à des circonstances secondaires et locales qui modifient les effets diïs premières causes , telles que la figure

DES ILES DE L'OCÉAN

et le plus ou inoins d'étendue des bassins que forme cliacune des grandes divisions de i*Ooéan ; le volume et la profondeur des eaux mises en mouvement; la disposition particulière des côtes, des plages^ des falaises, des golfes ou des détroits; Taction des courants et des vents, etc. Ainsi, par Pelfet de ces causes variées, on remarque, par exemple, que lorsqu'à trois heures la Mer est pleine à Anisterdiun , elle Test à six heures quarantecinq niinutes à Anvers, à six heures à Saint-Malo, à onze heures quarantecinq minutes à Cherbourg, a trois heures trente-trois minutes à Brest.

En tel lieu la Mer s'avance lentement sur des bords qu'elle abandonne de luéuie ; en tel autre, notamment au mont Saint-Michel, dans la baie de CaAcale, elle se précipite avec une telle rapidité, qu'elle pourrait atteindrez la course le coursier le plus agile. Malgré le nombre presque inlini desmodilications de ce genre, etqut sontlerfeultat d'une tnuli.tudc de circonstances secondaires ou particulières, le calcul et Tobservation concourent pour rendre raison de toutes les anomalies , et Ton est parvenu à expliquer les causes produi triées de la man'c. Ce phénomène imposant que les anciens ne connurent

Kint tant qu'ils ne sortirent pas de la Miterranee,et qui occasiona tant de surprise aux Macédoniens qii Alexandre avait conduits de victone en victoire jusque sur les bords de l Océan indien, parut néanmoins, dès qu'on

f)ut l'observer, avoir des rapports avec es mouvements de la lune. Plus tard Piine l'attribuait à Tinlluence de cet astre et à celle du soleil. C'est en eifét à la pression qu'exercent l'un et l'autre sur notre atmosphère réagissant sur .la totalité de^ Mers que sont dus le flux et le reiiux; mais il était réservé .à Ifewton de le démontrer.

Comme il est des ports qui demeurent à sec pendant la basse nier, ou dont l'entrée ne présente asî>e/ de profondeur aux grandes embarcations que pendant la hante marée, on a dil rédiger des tables à I nsage des naviiinteurs, dans lesquelles se trouvent indi-

quées les hauteurs de la pleine mer les Jours de la nouvelle et pleine lune ; on y voit qu'à l'embouchure de la Tamise

cette plus grande hauteur est h onze heures et un quart, tandis qu'à Londres elle est a deux heures quarante-cinq minutes; au Havre c'est à neuf heures, pour la ville de Rouen à une heure quinze; à l'embouchure de la Gironde à trois heures quarante, devant Bordeaux à sept heures quarante-sept. D'après ces données, sachant que chaque marée avance ou recule U'un espace de temps connu , on ueut savoir pour ciiaque jour a quel instant préns doit avoir lieu le montant et le descendant d'une lune à l'autre. Ainsi l'on vient de voir

3ue la marée a lieu vers l embouchure 'un grand fleuve quelques heures avant qu'elle moilte dans les ports qui s'v trouvent sur ses rîves à quelque distance dans les terres. L'action du ilot ou l'arrivée des hautes eaux s'y fait sentir d'une manière proportionnée à la tonne des bords; s ils vont en se rétrécissant d'une certaine manière, le montant cause uu phénomène très-singulier, connu sous le nom de liarrCy a rentrée du Gance, du Sénégal, delà Seine, et de l'Orne, sous celui de Mascaret, dans la Garonne et dans la Doniognc, et de Pororoca dans le lleuvedes Amazones.

Ce Mascaret ou liarre consiste en plusieurs vatruts disposées comme des m urs parai I eles, transversaux d'un bord à l'autre, se succédant de près et remontant avec bruit en se gonflant de plus en plus pour o[)poser leur masse au poids de l'eau tluviale qui descend en suivant la pente fiÉtnM». Ceè lamés fort hautes devant Blaye, oii nous les avons observées plusieurs fois , le sont encore de dix^ de douze et même de quinze pieds devant Cubzac; elles en ont quelquefois de quatre à cinq devant Libourne, et cependant le Recd'Ambez les a comme partaj;ees par moitié, une partie venant expirer devant llordeaux, où le Mascaret est moins suhit et beaucoup plus faible que dans la Dordogne. On l'entend arriver en mugissant, il renverse tout

à son passage; les enibarcalions qui s.en trouvent atteintes» parviennent à' M soustrairt quelauefois au poids de sa niasse perpendiculaire en s'y présentant de pointe; mais la plupart sont chavirées et englouties : le.

grondement de ea marche s^entend à plusieurs lieues de distance, et nous en avons figuré l'aspect dans la pl. 4, en un lieu ou les bords d'une rivière se rapprochant , concourent à lui don* Mr plus d'él(^atiOB.

DES CINQ GRANDES Rl-GIONS DE l/OCKAN.

Après avoir dellni ce que Ton doit entendre par le mot Oc^^'on , et décrit Taspect que présente cette Immense ceinture n onde amère, étendue par la nature autour fir l.i partie hahilnble du slohe, nous devons Taire précéder riuKoire des lies 'quMI ciroonscrit en eipoeant les caractères généraux des cinq grnndes- réi'ioiis |)liysi([ues dont il se compose. Os caractères exercent une grande influence sur les rives limitrophes. Nous avons dit que ces régions étnîcnt au nombre de cinq, quatre opposées deux à deux, avec une ciFUjuieme impaire , comme le sont aussi les Continents.

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