V. OCÉAN INDIEN
Cette partie de l'Océan, qui figure sur les mappemondes sous le nom de mer des Indes^ communique au sud avec l'océan Pacifique, dans la largeur de la ligne courbe qu'on tirerait de la pointe de l'Afrique jusqu'à la terre de Leuwin, en la faisant passer par les rives septentrionales de la Terre de Kerguélen. Elle est bornée à l'ouest par les côtes orientales du continent africain; à l'est, par l'Australasie; au nord, par les rives de l'Arabie, de la Perse, de l'Inde et des îles de la Sonde. Les flots y sont d'ordinaire si calmes, et leur surface est si unie, que les marins lui ont donné le nom significatif de mer cVhuile. Toutefois, des tempêtes horribles y éclatent quelquefois, et alors les vents déchaînés sur une mer en fureur font courir aux vaisseaux les plus grands dangers. Ce qui ajoute au péril, quand la tranquillité habituelle des flots a fait place à l'agitation, c'est qu'ici les lames sont extrêmement courtes et fatiguent beaucoup les bâtiments. Dans les environs du cap de Bonne-Kspérance, les lames sont, au contraire, les plus grosses de tout le globe; si les vents qui régnent dans ces parages étaient aussi violents que ceux qui soufflent près du cap iiorn , il serait impossible de doubler la pointe méridionale de l'Afrique, parce qu'un nouveau danger s'ajouterait à celui d'une mer sans cesse en furie. Du reste, ce n'est guère que lorsqu'on a remonté jusqu'au trente-sixième degré de latitude dans l'océan Indien, qu'on remarque la différence de longueur dans les vagues. Cette différence est si grande, qu'au lieu de l'aspect tumultueux qu'offrent les environs du cap des Tempêtes , on n'aperçoit plus qu'une mer couverte de petites lames en forme de pains de sucre . qui s'élè-
vent et s'abaissent tour à tour, et qui, MÉDITEEBAN^ES. par lair dapotement , toarnientfiit Mb
navires beaucoup plus que les vagues Bien que nous n'ayons à parler que
les plus hautes et les plus effrayniîtes. des îles de l'Océan, il nous paraît in-
A part ces coups de vent formidables, dispeosable , pour compléter ces no-
FooéMi ladiM ti'Ml sottmis i|u*à fin- tfons m la mer en général, de dite
flueoce d*utt vent réglé qui, à certaines auelqnes mots des méditemuiéei 6t
époques fixes de l'anuée, souffle dans des rnspiennes. certaines directions invariables. Ce Les niéditerranées sont, comme on
phénomène , connu sous la dénomina- sait, les mers qui, ne faisant pas partie
&on de mOËiStonSy favorise singuliè- immédiate d*un océan, communiquent,
rement la navigation du nord au sud, par un ou plusieurs détroits, avec
et réciproquement, lorsque les marins quelqu'une des grandes divisions ma-
savent profiter du vent qui doit les ritinies que nous avons établies, porter rapidement vers le but de leur Moins profondes que les océans, les
voyage. Aussi , les bâtiments qol quit- méditerranées sont aussi moins salées,
tent les cotes de Tliidc, et ceux qui et ne connaissent pas le mouvement
vont de l'île de France au Bengale, des ninrées, au moins d'une manière
règlent-ils leur départ sur le retour des aussi régulière que les grandes mers,
moussons, suivant que les vents doi- Elles nourrissent des espèces moins
vent les porter directement au nord ou considérables de poissons, dMiydro-
au sud. phytes et de polypiers; mais ces espè-
Mais ce ne sont pas les seuls carac- ces y sont proportionnellement beau*
tàres particuliers a foeéan qui nous coup plus multipliées. baleines et
occupe. L*aspect des terres que bai- les cachalots y pénètrent rarement;
Snent ses eaux, plus chaudes que celles qunnt aux oiseaux, ce sont les espèces es autres mers, constitue aussi un habituées aux émigrations qui les tratrait distinctil i en elïet , ces terres versent, et l'on ne voit guère sur leurs Représentent pas seulemeut la phy- bords, souvent plats et marécageux, sionomie commune aux climats chauds; que des échassiers, qui y trouvent une elles participent encore et tout à la nourriture abondante. On a observé fois de trois natures différentes : elles dans les méditerranées aue les vents réunissent les formes, les produits et suivent toujours la direction diescdtei. les caractères s|ï(cia(i\ de l'Asie, de On y a constate rexistcnOBd*un courant l'Afrique et de 1" Anstralasie. Il suffit général, ordinnirement parallèle à Fa d'avoir pnrcouru les îles Trials , des principale dirccliOn des rivages dont il Cocos, de rvicobar, d'Andaman , de fait incessannuent le tour, comme s'il Chagos, les Maldives, les Laquedives, voulait rapporter à Tocéan d*où II est Kodrigue , Maurice , Bourbon , les Sé- parti le tribut des fleuves qu'il a reçus chelles, C^omore et Socotora, points dans sa marche circulaire. On a dit exondés de cette mer, Madagascar et que rabaissement de la surface de ces Ceyian, grandes portions de continent mers , et leur tendance à sMsoler dea auiourdmi entourées des flota du océans voisins par un affaissement gé* même océan , pour se convaincre que néral , avaient pour cause l'évaporatous les pays enclavés dans ce vaste tion. Cette opinion ne nous parait pas bassin oui quelque chose d'essentiel* admissible; c'est plutôt aux amas de lement original et excentrique, qui en matières de toute espèce arradiées des fait une zone exceptionnelle. C'est une continents, et entraînées dans l'abîme des régions les plus intéressantes à p ir les rivières et les eaux des grandes étudier sous le rapport scientifique^ et ûluies, qu'il faut attribuer la diminuée sera la plus ricne du monde entier, tion des méditerranées et l'encombrequand la civilisation se sera définiti- ment des passages par lesquels ell«S vement installée et développée sur ses communiquent avec de plus grands bords. réservoirs.
DES ILES DE L'OCÉAN
De ces considérations générales, passons aux détails sur chaque médi« terranée en particulier.